Voir Hésiode, Théogonie
LE CULTE PHALLIQUE DANS LES FÊTES d’aDÔNIS 169
du tombeau, comme Adonis, comme Melkarth, comme Osiris.
C’est sur cet ensemble de traditions mythologiques qu’est basée la coutume, dès lors facilement explicable, de la castration des prêtres d’Adônis et des divinités analogues. Le mysticisme ardent et réaliste de l'Orient en favorisait encore l’extension, et, aujourd’hui même, c’est à un semblable besoin d’excès dans les manifestations religieuses qu’il faut attribuer l’usage persistant des lacérations volontaires chez diverses peuplades du Caucase, de l’Arabie et de l’Afrique.
A cette coutume de la castration, qui rappelait la victoire de la stérilité et de la mort sur le dieu de la fécondité et de la vie, s’opposait un autre usage qui rappelait en retour le triomphe définitif de l’amour. Dans toutes les religions orientales, la prostitution des vierges ou des femmes, dans certaines fêtes, était devenue une loi universelle1 . Plus répandu encore que celui de la castration, cet usage se rattachait au culte d’Aphrodite, sous toutes ses formes étrangères ; et, à Babylone comme en Cypre, en Asie-Mineure comme en Syrie et en Grèce, partout oii une Mylitta2, une Baalath, une Astarté ou une Aphrodite était adorée, on retrouvait, jointe au culte, la pratique spéciale de la prostitution, considérée comme un hommage à la déesse3. Primitivement, c’était là sans doute un usage propre aux races cananéennes, mais, en même temps qu’elles, il se propagea vers l’Occident, en Phénicie,