Justin, XVIII
7. Sur les Kinyrades et leur dynastie en Cypre, voir Hésychius, voc. Ktw-jpaç et KtwupâSai; Scholiaste de Pindare, Pythiques, ode II. ad versum 27.
LE CULTE PHALLIQUE DANS LES FÊTES d’aDÔNÏS 17 L
paâ&v, — et sa femme Eunice, de leur fille à la déesse de Paphosh En Phénicie et en Syrie, les fêtes d’Adônis étaient marquées par la même obligation. Les femmes qui, pendant le deuil des Adônies, n’avaient pas consenti à couper leur chevelure, devaient se prostituer aux étrangers pendant toute une journée. Seuls, ces étrangers avaient droit à leurs faveurs, et le prix de la prostitution était offert à la déesse*. Les Carthaginois avaient conservé cet usage de leur pays d’origine et l’avaient répandu dans la Numidie. En Grèce, la prostitution religieuse était liée au culte d’Aphrodite, à Cythère et à Corinthe, et au culte de la déesse du plaisir, ITopvrj, à Abydos. En Sicile, au mont Eryx, le culte phénicien d’Astoreth avait de même conservé cette particularité. A Rome même, la grande liberté de mœurs des Saturnales n’était que le souvenir d’usages plus anciens, où survivaient des pratiques analogues. En réalité, le monde antique tout entier a connu cette prostitution sacrée. Cet usage, né de la religion, a, avec elle, survécu à toutes les vicissitudes des empires et des races, il s’est prolongé, avec des dieux nouveaux, jusqu’au cœur de l’Occident et jusqu’aux extrémités des temps païens.
Ce caractère même d’universalité donne à cette coutume sa véritable importance historique. Elle était née avec les premières manifestations religieuses des peuples de la Haute-Asie, chez lesquels les grands phénomènes de la vie humaine, comme ceux de la vie universelle des choses, formaient un ensemble d’idées mythiques d'autant plus
1. Maury, Hist. des religions de la Grèce antique, III, p. 22o, note.