‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 92 sur 138 · Renan, Mission de Phénicie, p · texte numérisé non relu

Renan, Mission de Phénicie, p

LE CULTE PHALLIQUE DANS LES FÊTES d’aDÔNIS 175

« Les « hauts-lieux » d’Aschera, les cavernes d’Astarté où avaient lieu les prostitutions sacrées se voient encore à Sarba, à Sayyidet el-Mantara, à Moghâret el-Magdoura, aux grottes de la Casmie et d’Adloun, à Belat. Sur la hauteur de Belat gisent les ruines pittoresques d’un temple dédié à quelque Baalath, peut-être à cette déesse céleste dont M. Renan a lu le nom sur un précieux monument, ou à la déesse de Syrie assise sur un siège orné de deux lions. Quoi qu’il en soit, le sanctuaire de cette « Notre-Dame » est le plus bel exemple de « haut-lieu » cananéen. Le petit bois de lauriers fleurit encore : c’est à l'ombre de ces arbres verts que les prêtresses de la bonne déesse dressaient leurs tentes peintes’. »

S’il faut faire à ces coutumes de la prostitution et de la castration une place aussi importante dans l’étude du culte adônique, c’est que c’est véritablement par elles et en elles que nous retrouvons les vestiges les plus expressifs, les plus vivants, les plus complets, de tout un cycle mythique dont a vécu, pendant des milliers d’années, l’imagination religieuse des peuples de l’Asie Antérieure. L’Adônis androgyne, participant à la fois à la nature du dieu et à celle de la déesse, l’Adônis châtré et mutilé, mort sous les coups du sanglier hivernal, puis renaissant dans une gloire nouvelle, le dieu fécond, répandu sous mille formes dans les multiples phénomènes de la vie et des saisons, le dieu symbole simultané de la jeunesse, de l’amour, de la joie, et aussi de la mort et du désespoir, éternellement mêlé à une

1. Jules Soury, La Phénicie {Revue des Deux-Mondes, 15 décembre 1875).

LES FÊTES d’aDÔNIS-THAMMOUZ

déesse parèdre, à la fois sœur, épouse et mère, synthétise, pour ainsi dire, toutes ses formes, toutes ses images, toute son action, dans des manifestations d’une expression farouche et forte, comme la castration* et la prostitution. C’est à travers les usages de cette sorte qu’apparaît vraiment la réelle physionomie du Thammouz solaire, résumant en lui toutes les énergies de la nature, victime des vicissitudes des saisons, et père de la fécondité et de l’amour.

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