LES SURVIVANCES DU CULTE ET DES FÊTES D’ADONIS
comprendre l’influence et l’action qu’elle pouvait exercer sur une mythologie encore fluctuante qui se livrait d’ellemême à toutes les invasions morales du paganisme syrophénicien. De plus loin encore, l'inspiration des mythes assyriens pénètre la religion naissante. Le poisson divin Oannès, c'est Jésus, l’îyGûç des premiers chrétiens, représenté sous cette figure mystique du poisson, dont le nom même n’est que la formule anagrammatique du dogme de l'Incarnation ; la colombe divine Sémiramis, c’est l’Esprit-Sacré qui voltige, sous cette forme ailée, à travers les traditions chrétiennes, comme 1’ I sis de la légende de Byblos. Et si l’on songe aux rapports étroits qui unissaient à Oannès le Thammouz giblite et le Doumouzi babylonien, aux liens qui rattachaient l’Astoreth syrienne à la Sémiramis orientale, toute la filiation, toute la généalogie des divinités de l’Asie Antérieure s’éclaire et s’explique .
Ainsi Adonis s’avance dans les temps modernes à l’ombre du christianisme. Les coutumes de ses fêtes se' perpétuent, déformées, atténuées, mais reconnaissables encore et plus vivantes que jamais. Ce sont elles que l’on retrouve dans le fanatisme sanglant de certaines peuplades du Caucase et de l’Arabie. Les mutilations qui s’accomplissaient au cours des fêtes de Byblos ou d’Hiérapolis la castration par laquelle on s’unissait mystiquement au dieu défaillant, ce sacrifice humain qui accompagnait le sacrifice divin, le voici encore dans les blessures volontaires, dans les effroyables pratiques fidèlement transmises et conservées dans certaines contrées de l’Asie