LES FÊTES D’ADÔNIS-THAMMOUZ
Les l'êtes d’Adônis ne confondent pas toute leur histoire avec l'image troublée du dieu de Byblos. Elles se séparent d’elle et continuent à se répéter chaque année, à une époque où le dieu Adonis n’est plus qu’un souvenir confus. Elles concordent avec la marche et la signification des saisons, et ce lien naturel les prolonge et les vivifie encore, à un moment où le symbole solaire et tellurique d’Adônis s'est effacé pour faire place à de nouvelles figures mythiques. Les sanglots qu’Ezéchiel 1 entendait retentir contre la muraille du Temple n’ont point cessé. A travers les siècles, la même coutume s’est perpétuée fidèlement, inébranlablement, et aujourd’hui encore, les femmes et les vieillards de Jérusalem viennent se lamenter et pleurer contre l’épaisse muraille qui reste à leurs yeux le dernier vestige du temple antique. Qui pleurent-ils ? Ils ne le savent pas eux-mêmes, mais la tradition est plus fidèle que leur mémoire. C est encore la fête douloureuse de Thammouz qui traîne ici sa dernière image, et, comme aux jours d’Ezéchiel, les plaintes des femmes se répondent dans la nuit. Les dieux se sont succédé, mais la coutume a persisté, comme le symbole lui-même s’est transmis, éternellement identique, dans les formes changeantes des divinités.
A Alexandrie comme à Athènes, la fin des- Adônies était marquée par un détail caractéristique. A Alexandrie, la statue d’Adônis était précipitée dans la mer; à Athènes, on jetait dans les fontaines tous les « jardins d’Adônis », et les statuettes de cire ou de terre cuite dont on avait orné les maisons. Cet usage lui-même a laissé des traces.