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LES SURVIVANCES DU CULTE ET DES FÊTES d’aDÔNIS 189
Movers rappelle à ce sujet que, dans certaines contrées de la Pologne, la statue de la déesse Marzana était précipitée dans un étang, aux approches du printemps1.
L’Europe Méridionale offre de nombreux exemples des survivances du culte d’ Adonis. 11 n’est peut-être pas téméraire, par exemple, de rapprocher de l’usage des fêtes d’Adônis certaines coutumes caractéristiques. Dans le Piémont et dans toute l’Italie du Nord, l’ancien culte phallique, qui est si vivant et si intense dans le mythe d’Adônis, se retrouve dans un usage fidèlement observé: dans la nuit du 2 août, les femmes ornent les parties génitales de leurs époux ou de leurs amants, pendant leur sommeil, de rubans et de fleurs, honorant ainsi, par cet hommage, la loi et la force delà fécondité universelle. Et, à ce propos, il faut noter la curieuse image de Priape, sculptée dans le roc d’un tombeau de l’ancienne Tarquinies, et accompagnée d’une inscription en caractères étrusques. Une bandelette, offrande pieuse, est nouée autour du phallus du dieu. C’est là, en quelque sorte, le seul exemple ancien d’une coutume encore vivante2.
En Sardaigne, le culte et les fêtes d’Adônis sont demeurés si vivants qu’aujourd’hui l’antique usage des «jardins d’Adônis » s’y transmet encore d’année en année, sans altération sensible. « Quelques jours avant la Saint- Jean, raconte le général La Marmora, on sème du blé dans un vase ou muid fait d’écorce de liège et rempli de terre, de sorte que, dans la nuit qui précède le 24 juin, il se forme une touffe d’épis. On le place alors sur les