ACTE PREMIER, SCÈNE IV
ROSE, de plus en plus troublée
Tu n'as pas le droit de parler de cette façon, tu n'çs pas juge, tu...
J'ai dit un vrai père.
ROSE Jean ! (Un silence)
JEAN
On aurait tout de même pu me le dire.
ROSE
Quoi ?
JEAN
Que j'étais son fils; j'avais le droit de l'apprendre autrement que par des phrases de domestique. D'ailleurs il y a des années que je m'en doutais. Vaguement. Je n'osais pas le demander ni à toi, pour ne pas te faire de la peine, ni à lui, parce que j'avais peur qu'il ne se moquât de moi si ce n'était pas vrai.
ROSE
Si tu avais cette pensée-là, tu devais me la dire.
JEAN
Oh ! j'ai failli bien souvent t'en paHer... Et puis... Je ne sais pas...
ROSE
Alors, c'est par des racontars de bonne...
JEAN
Oui, un mot de Clémence.
Il y a plusieurs jours ?
JEAN
Avant-hier.
ROSE
Comment. Clémence sait-elle seulement ?...
JEAN
Alors je n'avais pas l'esprit à sa pièce. D'ailleurs, même sans cela, ce qu'il fait ne peut pas m'intéresser.
ROSE
C'est-à-dire que tu es trop jeune.
JEAN
Il me méprise trop. Si... j'en suis sûr... Seulement il y a une chose que je voudrais tellement savoir. Quand je suis venu habiter avec vous, il y a sept ans... après la mort de maman.
ROSE
Oui, mon chéri.
JEAN
Est-ce vraiment lui qui a tenu à me prendre ?
ROSE
Mais... naturellement.