‹ Le cœur des autres: trois actesChapitre 71 sur 77 · ACTE TROISIÈME, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME, SCÈNE V

JEAN

Comme tu me regardes !

ROSE

Je suis un peu étonnée, mon chéri, voilà tout.

Je n'aurais peut-être pas dû te dire que j'avais raconté cela à Râblé.

ROSE

Au contraire, tu ne seras jamais trop franc avec moi. Seulement... il me semble que tu as changé, depuis que tu n'habites plus ici.

JEAN

Je suis moins gosse qu'il y a quatre mois.

ROSE

Les mots même que tu emploies...

JEAN

Qu'est-ce que tu dirais si tu entendais mes camarades '!

ROSE

Tu ne crois pas que c'est un peu... dommage que tu aies insisté pour être interne ?

JEAN

Non. Comme dit Râblé, c'est tout de même un apprentissage. L'an prochain, de toutes façons, il aurait

fallu en passer par là. Comme ça, je serai au moins tout préparé.

ROSE

L'an prochain ?

Oui, en spéciales préparatoires.

ROSE

Je ne comprends pas pourquoi il faut être interne dans cette classe-là. -

JEAN

On travaille tous ensemble, on se pose des colles, on se sent les coudes, il y a de l'émulation, quoi ! et puis, on n'est pas tenté de se laisser distraire.

ROSE, avec une ironie voilée

Tu es vraiment quelqu'un de très sérieux.

JEAN

Il ne faut rien exagérer.

ROSE

Pourquoi souris-tu, ?

JEAN

Pour rien.

ROSE

Est-ce que cela a aussi un rapport avec Râblé, puisqu'il y a du Râblé partout, maintenant ?

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