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L'ÉLECTROCARDIOGRAPHIE DU CŒUR DES OBÈSES

La clinique montre quelquefois une hypertension, on pourrail supposer qu'il existe un surcroît de travail du ventricule gauche, la radiographie peut faire conclure à une hypertrophie des cavités droites; enfin pendant longtemps on a soupçonné le cœur des obèses de faire, du fait de sa surcharge adipeuse une myocardile. Est-ce que l’électrocardiogramme peut mettre en évidence une de ces trois lésions. De nombreuses statistiques ont été données à ce sujet.

Disons de suite que nous considérons toujours les cœurs des obèses ne présentant pas de signes caractérisés d'insuffisance cardiaque.

Nous pouvons éliminer les troubles du cœur droit, car jamais la prédominance droite n’a été signalée dans les cas qui nous intéressent. Il n’en est pas de même de la prédominance gauche. Nous savons qu’elle se décèle par un accident R très marqué en dérivation I, alors que l'accident $ est très petit. En dérivation II, il se produit le contraire : R est petit, $ est très marqué. On pensait autrefois que cette modification du tracé traduisait une surcharge fonctionnelle du cœur gauche et qu’elle se voyait surtout dans l'hypertension.

L'’électrocardiogramme nous fournit fréquemment un résultat semblable. Master et Oppenheimer ont retrouvé cette déviation gauche dans 86% des cas. Romberg l’a notée dans 42 cas sur 60 malades observés. Enfin Proger l’a étudié minutieusement. Le problème qui se pose à ce sujet est diflicile à résoudre. Cette déviation correspond-elle réellement à une souffrance du ventricule gauche ou est-elle due à un changement de direction de l’axe électrique. Nous savons que cet

axe va normalement de l'épaule droite à l’hypocondre gauche, mais nous avons vu dans le chapitre précédent que le cœur est fortement déplacé dans l’obésité.

Nous trouvons dans presque tous les cas une onde T inversée en dérivation III; cette modification est associée à la prédominance gauche du complexe. Cette onde T peut être aussi bien positive que négative dans cette dérivation, et son changement ne signifie par lui-même rien de pathologique.

Antonio Battio, à ce sujet, fait la remarque suivante : En provoquant le va-et-vient de la position du cœur dans le thorax chez des sujets normaux en expiration forcée, et en prenant un tracé avant et durant l’acte respiratoire, on peut observer l’inversion simple de T en D$ qui ne peut être imputée à autre chose qu’au changement de l’axe électrique cardiaque. En même temps, il a observé un applatissement de l’onde. Bloud et White, chez les sujets au cœur horizontal ont observé l’inversion totale de l’électrocardiogramme en D. L’amaigrissement de l’obèse amène souvent une diminution du crochet , l’onde T°, par contre, n’est guère modifiée. Enfin dans les cas où il existe une hypertrophie du ventricule gauche avec hypertension le crochet T* est souvent posiie

Cette déviation à gauche du complexe semble due en grande

partie à un changement de position de l’axe électrique, et lorsqu'elle est associée à une inversion de T en dérivation IIT, elle n'aurait pas sa signification habituelle. L’électrocardiogramme ne peut pas à lui seul nous faire poser le diagnostic de surcharge fonctionnelle du cœur gauche. Il faut avoir recours à la clinique et aux autres examens.

Actuellement l'opinion des auteurs a changé et de moins en moins 1ls interprètent la prédominance gauche du complexe comme une surcharge fonctionnelle du cœur gauche mais comme un déplacement de l'axe électrique du cœur. Ce revirement d'opinion vient donc soutenir les conclusions que nous posons plus haut.

D’autres anomalies du tracé électrocardiographique ont

ot

été observées. Romberg a montré que le crochet QŸ serait très augmenté, chez les obèses et qu'il serait susceptible de régresser par l’amaigrissement. Il ne semble pas toutefois que ce fait ait fréquemment été signalé.

Les troubles de myocardite chronique ne sont jamais mis en évidence par le tracé électrocardiographique.

Les recherches électrocardiographiques faites par de nombreux auteurs français et étrangers ont été négatives. Les modifications du tracé n’ont jamais porté sur ce point qui présente une importance particulière. Parmi les nombreux cas publiés sur ce sujet, un seul signalé par Marcel Labbé présentait un allongement de PR. Il semble donc que nous ayons le droit de conclure de la facon suivante : le cœur obèse ne présente pas de myocardite chronique décelable par l’électrocardiogramme du fait de sa surcharge adipeuse.

Toutes les autres anomalies des tracés étaient nettement en rapport avec des lésions myocardiques caractérisées, et les sujets ont été emportés par des affections qui n’ont rien de spécial à lobésité.

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