‹ Le cœur droit: dans le rétrécissement mitralChapitre 16 sur 27 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

Alors commencent à se montrer les symptômes graves de la maladie, L'énergie du ventricule droit étant devenue insuffisante, ne contrebalancera plus la pression de la colonne sanguine retenue dans les vaisseaux pulmonaires. La circulation sera ralentie ; le sang restant plus longtemps en contact avec des tissus chargés d’acide carbonique, il y aura une moindre action des globules sanguins qui se chargeront d'acide carbonique et absorberont peu d'oxygène,

d'où tendance à la cyanose. Avec la stase sanguine

augmenteront la congestion et 1 œdème du poumon, et l'accroissement de la dyspnée en sera la première conséquence. Puis, si l’orifice pulmonaire se laisse

distendre à son tour, ses valvules devenues insuffi-

santes permettront le reflux dans le ventricule d'une partie du sang qu’il avait lancé et qui contribuera ainsi à son tour à la surdistension de cette cavité. Cette insuffisance pulmonaire, qui n’est pas très fréquente, sera diagnostiquée par un bruit de souffle diastolique, dont le maximum se trouve le long du bord gauche

du sternum, dans le deuxième espace intercostal.

Cette dilatation du ventricule droit à rapidement de graves conséquences. Nous avons vu au chapitre précédent qu'elle amène mécaniquement l'insuffisance de l'orifice tricuspide, qui se révèle par un brait de souffle systolique. Cette lésion peut n'être que passagère et disparaitre quand la contractilité du myocarde se réveille ; elle n’a pas dans ce cas d’inconvénients considérables ; mais elle finit généralement par devenir définitive. Alors se montrent des symptômes

d’une réelle gravité.

D'abord cette insuffisance tricuspidienne amène la dilatation de l'oreillette droite dont l’hypertrophie

compensait en partie la distension du ventricule.

L'ondée sanguine, lancée par la systele ventriculaire

passe en partie dans l'oreillette et de là dans les veines

caves dont les orifices sont béants à ce moment : le reflux se fait alors sentir sur le trajet de ces veines, dans les jugulaires, au foie (pouls hépatique), produisant le pouls veineux vrai. Mais ce caractère n'existe

pas dans tous les cas d'insuffisance tricuspidienne.

Puis, la dilatation de l'oreillette droite ayant atteint

un certain degré et la fibre musculaire n’ayant plus l’énergie nécessaire pour expulser la quantité exagérée de sang contenue dans cette cavité, l'engouement veineux devient général dans le système de la grande’

circulation.

L'œdème se montre aux membres inférieurs, autour

des malléoles, dépassant rarement les jambes ; il dis-

parait en général par le repos au lit, et surtout sous l'influence de la digitale « médicament des hydropisies cardiaques » (Huchard). Mais ilest des cas où la

contractilité du muscle cardiaque étant extrêmement

faible, l’ædème persiste, et peut mème envahir le

tronc, les bras, la face ; mais alors le malade est arrivé

au dernier degré de l’asystolie et bien d’autres symp-

tômes disent la gravité de la situation.

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