CHAPITRE I
Le Rétrécissememt mitral. — Caractères cliniques et anatomo-pathologiques
L'endocardite est la cause la plus fréquente du rétrécissement mitral (il est, dit Stokes, comme la cicatrice d'une blessure) ; cependant, il est, de toutes les lésions valvulaires, celle qui peut se produire le plus facilement en dehors de tout processus inflammatoire. Dans ce dernier cas, il est de nature congénitale et ne s'accompagne pas d'insuffisance, comme cela a généralement lieu dans le rétrécissement d’origine endocarditique. Le rétrécissement mitral non inflammatoire peut se développer lentement, progressivement, surtout chez la femme (78 fois sur ro0,
d’après Duroziez, Landouzy). Duroziez a remarqué (1)
1. Dusroziez. Infl. des mal. du cœur sur la menstruation. Ann. de Tocologie, 1875.
SRE
que souvent,chez les jeunes femmes atteintes de rétrécissement mitral, les règles étaient abondantes, mais s'établissaient tardivement.
Le rétrécissement mitral pur ou tongénitai (1) est infundibuliforme (tandis que le rétrécissement inflammatoire est en boutonnière). Quelle en est la cause ? M. Potain pense qu'il pourrait être d’origine tuberculeuse (il a constaté souvent la présence simultanée des deux affections) ; mais dès que le rétrécissement apparait, il enraye la tuberculose en amenant la congestion du poumon. Il est quelquefois passager — au moins quant à ses symptômes cliniques; ainsi il existe fréquemment — surtout chez les jeunes filles chlorotiques — sans que la malade s’en plaigne, sans même que sa respiration soit gênée, et cependant l’auscultation en démontre l’existence ; puis la chlorose s’amende, le souffle présystolique disparait, et tout rentre dans l’ordre. (2)
Quoiqu'il en soit, le rétrécissement mitral pur est plus rare, et généralement le rétrécissement est con-
1. « Nous considérerons comme appartenant au rétrécissement mitral pur toute sténose progressive de l’orilice mitral, survenant lentement, caracté risée au point de vue anatomique par un infundibulum dû à l'union intime des deux valvules restées lisses et polies, au point de vue clinique par le
schème de Duroziez. » P. Toissier, in Clin. méd, de la charité de Potain, page 915.