G. Sée, Traité des mal, du cœur. Tome I, p
sécutif à une endocardite, le plus souvent rhumatismale.
La lésion porte, non pas sur l’anneau fibreux, mais au niveau des bords valvulaires : elle consiste généralement dans l’adhérence des bords libres des valvules au niveau de leur commissure : sous l'influence du processus inflammatoire, la commissure se rapproche peu à peu du centre de l'orifice. Un pareil rétrécissement est essentiellement progressif; il peut aller très loin, puisqu'on a vu des cas où il ne pouvait admettre une plume d'oie. Pendant ce travail, la valvule s’épaissit, ses parois finissent par être à peu près complètement privées de mouvement, et l'insuffisance s'ajoute au rétrécissement. ci
Quels sont les signes physiques de la sténose mitrale?
Le pouls est petit et régulier; cependant cette régularité peut disparaitre quand la maladie tend vers l’asystolie.
Le cœur est hypertrophié, mais cette hypertrophie étant quelquefois faible, la percussion ne donne que des renseignements peu caractéristiques.
A la palpation, on perçoit souvent à la pointe une sorte de thrill diastolique — frémissement cataire diastolique — dû à la vibration de la colonne liquide
au niveau du rétrécissement.
Je passe rapidement sur les signes précédents, pour
arriver à ceux bien autrement importants que fournit
l’auscultation.
A lJ’auscultation, on. perçoit trois modifications caractéristiques (rythme mitral de Duroziez) : (D). à 1° Dédoublement du secend temps ; 2 Souffle diastolique à la pointe ; 3 Souffle présystolique. |
Le dédoublement du deuxième bruit à la base (bruit
de rappel de Bouillaud) existe tantôt à droite (rétré-
cissement modéré), tantôt à gauche (rétrécissement serré). À quoiest-il dû ? Sous l'influence de la sténose
mitrale, il y a une tension énorme dans le système de
la petite circulation, ét au contraire une tension
minimum dans la grande circulation ; il résulte de cette différence de tension un défaut de synchronisme dans la chute des valvules sigmoïdes ; quand le rétrécissement est modéré, les valvules sigmoïdes de l'aorte tombant avant celles de l’artère pulmonaire, le dédoublement s'entend à l’orifice aortique (dédoublement à précession aortique de Potain); c'est l'inverse quand le rétrécissement est très serré, et le dédoublement
s'entend alors à gauche.
1. Durosies. Du rythine pathol. du réfr. mitral. Arch. gén. de méd., 1862. : f
EE fu
Le souffle diastolique s'entend à la pointe : il est dù au passage du sang de l'oreillette dans le ventricule à travers l'orifice mitral rétréci. Ilcommence faiblement et augmente, à l'inverse du souffle de l'insuffisance aortiqne qui commence fortement et diminue ensuite.
Le souffle présystolique, bref et plus rapide, n’est que le renforcement pendant la présystole du souffle diastolique; il se produit quand les battements du cœur sont rapides : la systole de l'oreillette doit alors être plus active pour chasser dans le ventricule tout le sang qu’elle contient, ct eette contraction plus énergique détermine ie renforcement du souffle du second
temps.
Ces deux souffles, diastolique et présystolique, se suivant sans interruption, constituent souvent le roulement présystolique, qui est d'autant plus prononcé que l'oreillette gauche est plus hypertrophiée.
M. Potain a insisté sur un autre signe que révèle parfois l’auscultation et qu’il a appelé claquement d'ouverture de La mitrale ; ce bruit sec, qui se produit au début du grand silence, immédiatement après le second bruit, peut être confondu avec le dédoublement du second bruit ; mais le dédoublement s'entend à la
base et le claquement d'ouverture de la mitrale, à la