ARRET
Le pronostic porté lors des premiers examens par Huchard, est sévère. Il est loin de se vérifier puisque M. Laubry ayant l'occasion d'être appelé auprès de la malade, à 80 ans, constate dans l'intervalle d’une crise un cœur normal, une tension absolument normale, et put ainsi s'assurer par lui-mème du peu d'influence exercé par la crise sur la capacité fonctionnelle du cœur, et somme toute de l'importance toute relative de ces crises tachycardiques.
En somme, ces crises qui ont leur origine, soit dans les premières années, soit à l’orée de la vieillesse, peuvent être considérées comme d’origine neurotonique. Au point de vue pronostic, il faudra tenir compte des données suivantes :
Longueur des accès.
Il est bien entendu que des accès qui s’allongent avec le temps comportent quelques réserves.
Fréquence des accès.
Lorsque les accès ont tendance à s'éloigner tout en gardant leur durée, ils sont d'autant plus rassurants.
Il en est tout autrement si les intervalles sont raccourcis avec des accès qui se prolongent.
Forme des accès.
Quand l’accès de tachycardie garde son caractère de tachycardie régulière, l’optimisme est davantage de rigueur. Il doit diminuer si, à la régularité, fait place l’arythmie ou un flutter.
SU FER Siège des excilations.
IL en est chez le vieillard comme chez l'adulte et les tachycardies auriculaires restent, toutes choses égales d’ailleurs, d’une signification moins sévère que les tachycardies ventriculaires, celles-ci étant fort rares et s’observant dans des circonstances qui ne permettent pas de douter de leur origine nettement organique.
Signes d’intégrité.
Les signes d’altération myocardique seront systématiquement recherchés dans l'intervalle des accès; leur existence assombrit le pronostic.
3° type. — Le vicillard est capable de présenter des crises imprévues ne faisant suite à aucun état arythmique antérieur.
Quel que soit l’état fonctionnel qui accompagne ces crises, qu’elles soient bruyantes, éclatant au milieu de symplômes dyspnéiques douloureux, angoissants, ou bien qu’elles soient plus discrètes et ne donnent lieu qu’à des manifestations confuses ou à de la dyspnée, elles n’en doivent pas moins donner l’éveil sur un processus myocardique. Elles sont l’équivalent plus ou moins avéré des tachycardies expérimentales qu’on obtient après ligature des coronaires. Elles ont la valeur des tachycardies permanentes et insidieuses du vieillard dont nous avons déjà signalé l'origine myocardique. Elles indiquent des altérations cardiaques plus localisées peut-être, mais leur signification n’en est pas moins sévère, soit qu’il s'agisse d’une poussée :
inflammatoire, soit qu’on les considère comme l’expression d’une thrombose coronarienne localisée.
Chez un malade de 74 ans qui présenta, à la faveur d’une crise angineuse d’ailleurs discrète, un tel accès de tachycardie paroxystique impressionnant par sa durée, qui dépassa 48 heures, malgré la disparition des accidents, le minimum de symptômes objectifs constatés après l’accès (assourdissement du premier ton), malgré la disparition de la dyspnée et de la douleur qui permettait une récupération relative de l’activité, la crise en question, n’en sonnait pas moins le glas de la mort puisque celle ci survint subitement six mois après, sans avertissement préalable.
Il faut connaître cette éventualité redoutable pour assigner à ces crises de tachycardie leur rang dans la symptomatologie de l'insuffisance ventriculaire.
Elles n’ont pas toutes la même évolution. On peut voir les crises se renouveler, soit par lambeaux, soit avec toute leur intensité, sans changer de caractère et se montrer compatibles avec une certaine durée de vie, en sorte que, malgré ces réserves, justifier un certain optimisme reste possible.
3° Arythmies complètes
L'arythmie complète est la forme la plus fréquente d’arythmie chez le vieillard et celle qui présente les particularités les plus intéressantes.
Elle se distingue tout d'abord par son début, et à cet égard on peut distinguer deux grandes modalités.
CRD
Première modalité. —.La plus fréquente. C’est'celle à’ début latent dont il est impossible de préciser la date. On constate en auscultant, souvent par hasard, ou à l’occasion de palpitations banales, une arythmie complète et il est difficile de dire alors si l’arythmie s’est installée d'emblée ou si elle n’est que la dégradation, d’une première phase extra-systolique ayant elle aussi. passé inaperçue.
. Voici deux observations typiques à cet égard.
- Obs. XIX. — Mme J...,67ans, vient nous consulter, en-' voyée de l'Hôtel Dieu, pour savoir si elle peut subir une opération de cataracte. -
Cette femme, âgée, a cependant un aspect floride. Elle se trouve étonnée d’être considérée comme malade. Elle habite au cinquième et jamais n’a senti la moindre gêne pour: gravir ses cinq étages, Elle n’a pas d'insomnie et les seuls signes dont elle se plaint relèvent probablement de sa cataracte et consistent en mouches volantes.
A l'examen le diagnostic ne fait aucun doute sur l’arythmie constatée par les ophtalmologistes qui nous l’adressent : battements inégaux et irréguliers, pouls reflétant assez fidèlement l’arythmie cardiaque.
Les artères ne sont pas sineuses mais la tension est 26,9, le chiffre de 26 relevé lors d'assez rares contractions cardias ques.
Aucun autre symptôme qu'une leucoplasie commissurale droite, une aorte faiblement déroulée à la radioscopie, avec un ventricule gauche moyennement augmenté de volume,
Antécédents : deux fausses couches, cinq enfants bien portants, urée sanguine 0,50, cholestérinémie normale : 0,75, réaction de Bordet négative:
- L'électrocardiogramme ne donne aucun renseignement