‹ Le Cœur SénileChapitre 36 sur 42 · LA · texte numérisé non relu

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limitées à l'effort, ne s’exagérant ni dans leur longueur, ni dans leur intensité ; leur tolérance est alors souvent étonnante.

Dans d’autres cas les paroxysmes se précipitent el leurs caractères doivent faire soupçonner une évolution rapide.

Parfois encore la crise douloureuse se complique d'accidents dyspnéiques et de crises d’ædème. Elle en partage le pronostic sévère.

Enfin on peut se trouver en présence d’une crise grave, d’un véritable état de mal angineux qui éclate rarement sans que de graves perturbations objectives soient constatées (galop, chute de la tension artérielle, troubles du rythme, crise tachycardique), Il s’agit là d’infarctus du myocarde dont il est inutile de souligner l'importance.

Toutes ces formes montrent que l’angine de poitrine chez le vieillard comporte souvent un pronostic: fâcheux, et, ‘de fait, les cas ne manquent pas qui ont confirmé des craintes fondées.

En voici d'autres, en dehors des cas précédemment signalés, qui montrent la facon dont le vieillard se dérobe souvent aux pronostics graves les plus légitimes.

Obs. XLI. — M. G .. 82 ans, consulte le 28 janvier 1918 pour des douleurs précordiales irradiant au bras gauche et survenant au moindre effort.

Appareil cardio-aortique normal.

Tension 23,9 ;

Aucune dilatation cardiaque à l'écran ;

Aorte légèrement déroulée :

Traitement par le régime, les calmants, l'iodure.

De 1918 à 1920, malgré le traitement, les crises persistent sans exacerbations, sauf l'apparition, tous les deux ou trois battements, d'extra-systoles, d'abord gênantes, puis passant inaperçues.

De 1920 à 1926, état stationnaire, sans aucune modification, ni tensionnelle, ni objective.

En 1926, âgé de 89 ans, le malade meurt d’une pneumonie.

Obs. XLII. — M. T... 75 ans, examiné le 27 juin 1922, présente depuis six ans des crises angineuses sous forme de douleurs rétro-sternales d'effort, avec irradiation dans le “bras gauche. à

Les premières crises ont été motivées par des efforts assez violents, marche rapide en montée. Elles ont été assez rebelles pour exiger des injections de morphine.

Aucune altération du rythme, les bruits du cœur sont sourds, lents, permettant d'entendre dans la diastole un redoublement du second bruit interprété comme un galop proto-diastolique.

Tension 16,9 ;.

Aucune modification radiologique. *

De 21 à 22, sans intervention thérapeutique inaccoutumée, les crises sont devenues à la fois moins vives et moins fré quentes.

En 1924, les crises ont presque totalement disparu. M. T.… fait quelques promenades en terrain plat sans souffrir, semblant s’accommoder d'une vie calme etagréable.

Il meurt en 1927 (80 ans), d’une attaque d'hémiplégie.

Obs. XLIII. — M. J... 68 ans, observé à Périgueux en 4923, pour des crises d'angine de poitrine subintrantes

exigeant l'emploi de la morphine et le repos absolu au lit.

Gros souffle systolique mitro-aortique.

Tension 20,11.

Au cours d’une consultation, M. Laubry porte un pronostic très réservé du fait de la répétition et de l'intensité des crises, de l’immobilité et de l'insomnie persistantes qu'elles entraînent.

Cet état de mal angineux dure plusieurs semaines, et, contre tout espoir, s'atténue.

Les crises s’espacent au bout de trois mois. Le malade, avec d'infinies précautions, reprend une certaine activité, gardant toujours une douleur d'effort qui ne survient d'ailleurs que lorsqu'il ne surveille pas sa marche.

M. J... meurt en 1928 d'hémorragie cérébrale.

Ces observations contradictoires et paradoxales indiquent avec quelle circonspection il faut considérer le syndrome angineux chez le vieillard, et combien le pronostic ne peut se fonder sur lui seul, mais sur son évolution, sa récidive, et surtout sur les signes concomitants.

Les autres signes fonctionnels

Il ne s’agit pas de passer en revue les difiérents troubles qui n’appartiennent, chez le vieillard, qu’indirectement aux cardiopathies séniles et qui trahissent l'insuffisance circulatoire des différents appareils.

Certes, les vertiges, les céphalées, la respiration de Cheynetoks, les troubles de l’athérome cérébral, les signes de déficience rénale, ont en eux-mêmes leur valeur et indiquent, quel que soit l’optimisme imposé

= Ti

par le cœur, que des méiopragies organiques multiples sont là pour le ruiner etsont pour le vieillard des occasions de mort rapide ou subite.

Ce qui importe, par contre, c'est de savoir que les . Signes fonctionnels d'insuffisance ventriculaire gauche, les congestions et les œdèmes périphériques constituant les éléments les plus redoutables du pronostic, peuvent s’observer alors même que le cœur semble apparemment sain; ils viennent confirmer ce que les signes objectifs permettaient de soupçonner ; ils ont vraiment une signification des plus fâcheuses, et si, en les décrivant, nous avons encore souligné les cas où, contre toute attente, ils donnaient au vieillard quelque répit, s’il est encore pour eux permis d’invoquer des cas d'espèce, (ceux notamment où les toni-cardiaques entraînent des régressions et des accalmies merveilleuses), il faut bien avouer que dans la majorité des cas, c’est pour le vieillard, lorsqu'il les voit apparaître, et se confirmer, une question de mois, rarement d'années.

En conclusion, chaque symptôme envisagé en luimême ne permet qu'un pronostic ambigu.

Il faut une réunion de symptômes pour se montrer moins réservé, et surtout il faut ne se prononcer qu'après plusieurs examens successifs, à quelques jours ou à quelques semaines d'intervalle,

Si impressionnant que soit un syndrome, et noûs n’en connaissons pas de plus impressionnants que les

signes d'insuffisance ventriculaire gauche où l'élément fonctionnel ne le cède pas à l’ensemble physique, on ne peut lui assigner d'échéance qu'après avoir observé le malade à plusieurs reprises, et avoir noté la façon dont il se comporte dans ce laps de temps, sous l'influence du régime, de l’hvgiène, et du traitement toni-cardiaque.

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