A LA MÉMOIRE D'HENRY CARMOUCHE
JE pense à la maison tranquille, ô mon ami, Où tu vivais parmi tes roses et tes livres, Songeur et souriant et robuste, affermi Dans le large bonheur d'être jeune et de vivre.
Ta maison claire, tes mains franches, ton visage Et tes livres s'ouvraient pour un exquis accueil : On entrait dans ton cœur quand on passait ton seuil. Esprit subtil, tu fus un bon entre les sages.
La mort paisiblement est venue, elle a mis
Ses lèvres sur ton front comme un baiser d'ami.
Héhis !... Mais si nos cœurs tremblent au vent d'automne,
Sache, toi qu'on aimait en aimant la bonté,
Dans l'espace où se fond en Dieu l'âme de l'homme.
Jouir du plein soleil de l'inunortel été.
30 septembre 1897-