‹ Le Curare dans les mouvements choréo-athéthétiques et les ticsChapitre 10 sur 16 · RD · texte numérisé non relu

RD

moments affectifs, non plus par la volonté, mais elle disparaît pendant le sommeil.

L'examen somatique est négatif, seule une hypotonie légère existe. Le syndrome de débilité motrice de Dupré s retrouve à l'état d'ébauche.

Le 6 avril 1950 :

— Tous les deux jours on injecte 15 uni-

tés d'Intocostrin retard qu'on porte pro-

gressivement à 25 unités, dose définitive.

Le 8 avril : on constate que :

— le tic oculo-buccal (c'est-à-dire le pre*

mier décrit) et le tic crural ont disparu.

— le tic scapulo-huméral est bien moins

fréquent.

— Seul le tic palpébral persiste au nom-

bre de 20 à la minute.

Le 27 avril :

— au 20° jour de traitement : tic palpébral : | par minute.

Le malade est suivi régulièrement pendant’ une quinzaine de jours : le tic oculaire, seul, persiste sur un rythme de 2 à 3 toutes les deux minuies, que nous n'avons pu réduire complètement.

Observation 2

Jean-Jacques, de Tarbes, âgé de 12 ans, est amené en consultation à l'Hôpital, le |” avril, pour des tics importants qui font le désespoir de ses parents.

En 1949 et 1950, il a présenté une chorée d'une durée de deux mois environ, traitée par le Parpanit et le Salicylate.

Les tics ont apparu quelque temps après au

Le, 48 ie

niveau du visage puis d'une facon progressive ont diffusé sur toute la moitié droite du corps.

À la face

— Jes paupières clignotent d'une façon continue ;

—— es commissures labiales se relèvent, s’abaissent, déformant constamment la bouche :

— Je maxillaire inférieur lui-même est animé de ces mêmes mouvements convulsifs.

— Le membre supérieur droit se mobilise dans tous ses segments, entraînant une forte maladresse des mains. É

—. Le membre inférieur droit, réalise une extension rapide et brutale en « violent coup de pied postérieur ».

Ces mouvements sont difficilement coercibles, freinés quelque temps par la volonté avec une espèce d'agacement dont se plaint l'enfant: ils réapparaissent par salves irrésistibles.

Au |” avril, premier jour d'application curarique, on compte 25 clignotements par minute.

Quinze unités retard d'Intocostrin sont injectées dans la fesse, dose que l’on répète chaque deux jours. De facon capricieuse, le nombre des tics passe à 2, remonte à 10 le 17 avril après uue absence d'injections de 10 jours et successivement 8, 10, 6, 7, 3, puis 2 tics palpébraux se reproduisent à la minute au 27° jour de traitement.

[l est à noter qu'à partir du 20 avril, soit après 20 jours de traitement, les tics des lèvres et des membres ont disparu totalement, seuls persistent

sg

donc les clignotements au rythme de 2 à 3 par unité de temps.

Quinze jours après l'arrêt de l'Intocostrin, l’amélioration persiste.

Observation 3.

Il s'agit d'une dame d'un certain âge, hospitalisée pour artériosclérose et hyposystolie gauche.

Depuis trois ans environ, elle présente des tics palpébraux très importants qui s’accompagnent d'une diffusion convulsive à la plupart des muscles peauciers : lèvres et commissures, nez, frontal, massif malaire, muscles masticateurs.

L'alimentation exagère l'ensemble de ces manifestations en un mimique effrayante, à tel point que la cuiller hésite, tâtonne devant une bouche maladroite incapable de happer et répand à terre son contenu. La parole est elle-même hachée, bégayante.

Le 10 avril 1950, la curarisation de la malade est entreprise sur la dose initiale de 25 unités-retard que l'on augmente progressivemnt jusqu'au seuil d'intoxication, soit |40 unités injectées en deux fois à 5 heures d'intervalle.

L'amélioration est certaine mais lente, irrégulière, amélioration de base sur laquelle se greffent de soudaines reprises qui n'atteignent jamais l'intensité primitive.

Le 17 avril : 112 tics à la minute.

Le 8 mai : on en compte 42; le lendemain 72

pour la même dose d'Intocostrin (45 unités), cependant les autres convulsions ont peu à peu disparu, en particulier, celles

Le AD

des lèvres qui permettent une alimentation bien plus facile.

Le 27 mai : on compte 15 tics à la minute; puis 9 quelques jours après; 15, le 14 juin pour une dose de 140 unités du produit.

À cette date, nous interrompons les injections après deux mois de traitement.

Page 1