‹ Le Curare dans les mouvements choréo-athéthétiques et les ticsChapitre 12 sur 16 · ACCIDENTS DE LA THERAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE LA THERAPEUTIQUE

Ils étaient fréquents, à cette époque où la drogue conservait sa sinistre réputation de « mort violente » poison magique des flèches indiennes, « poison effrayant » dont parlait Velpeau.

Claude Bernard, cependant, vantait déjà les qualités thérapeutiques du produit en ces termes :

&« L'activité du curare n'a rien qui puisse le faire exclure de la thérapeutique. On emploie tous les jours, avec prudence, comme médicament, l'acide prussique, la strychnine, l’atropive, qui sont des poisons plus énergiques et par conséquent plus dangereux que le curare. »

Contrairement au sentiment traditionnel qu'il inspire en général, le curare est un médicame:t remarquablement inoffensif (Benda), s’il est bien manié, parce que son action est essentiellement fugace : propriété qu'on déplore dans certaines indications thérapeutiques.

De plus, cet alcaloïde, à élimination rapide, ne provoque aucune lésion organique et son passage dans le corps ne détermine aucun effet irréversible, si l'on assure une oxygénation suffisante.

Seuls les sujets atteints de myasthénie, très sensibles au curare (d’ailleurs moyen de diagnostic) représentent une des rares contre-indications.

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En effet, le seul danger est la paralysie respiratoire qui peut se produire même avec des doses modérées, par un mécanisme mal élucidé..

Elle est rare, cependant, quand on utilise la voie intra-musculaire : Schlessinger, auquel on doit toute une série de mémoires sur ce sujet, a pu pratiquer dans 500 cas, plus de 5.000 injections sans ennuis notables.

Ces progrès sont dus

— à un titrage soigneux de son activité physiologique, selon la méthode du « head drop » chez le lapin;

— à une meilleure application thérapeutique.

Malgré cela, il existe toujours des accidents, dus surtout à des erreurs thérapeutiques, mais parfois aussi à certains facteurs mal identifiés âge, sexe, tonus musculaire, tonus neuro-végétatif.

L'effet curarisant se manifeste par l'apparition de ptosis, de pseudo-presbytie, par paralysie des muscles ciliaires du cristallin, avec vision brouillée, souvent de strabisme avec diplopie et nystagmus; puis le relâchement musculaire intéresse successivement la musculature des membres supérieurs, des membres inférieurs (en débutant par la partie proximale), les abdominaux, les intercostaux, les muscles de la glotte et en dernier lieu, le diaphragme; ainsi se déroule le rythme classique des paralysies curariques, suivant un mode qui rappelle celui de la myasthénie.

Pour notre part, nous n’avons vraiment observé que des accidents mineurs, diplopie, vue brouillée, faiblesse générale des membres, déterminés par des injections allant de 70 à 90 unités.

Une fois cependant, chez un enfant de 5 ans,

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atteint de maladie de Little, une injection malencontreuse de 80 unités d'emblée déclenchait une paralysie progressive typique jusqu'au stade laryngé : yeux mi-clos, masticateurs abaissés, nuque ballante, voix rauque. Le tout disparaissait à une injection de prostigmine sous-cutanée.

Dans deux cas, nous avons observé les accidents du type histaminique : céphalées, étourdissements, sueurs, améliorés par deux comprimés de Phénergan.

En définitive, il est inutile de souligner l'importance de ces accidents mineurs de la thérapeutique; à eux seuls ils constituent l'indice auquel s« repère tout praticien pour arriver au résultat escompté sans encombre, avec le maximum de sécurité pour le malade.

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