COMMENT IL RENOUVELLE SA PAROISSE
à nous, SOUS l'apparence du pain qui est l'aliment le plus familier de l'homme, c'est pour nous familiariser avec son corps ressuscité et glorieux (i ) ; » Il n'ignorait pas que, dans un de ses canons (2), le saint concile de Trente avait exprimé le vœu formel que les fidèles qui assistent à la messe y communiassent, non-seulement en esprit et d'alffection, mais encore par la réception sacramentelle de l'Eucharistie, afin qu'ils reçussent un fruit plus abondant du saint sacrifice. Enfin, il était convaincu, par tout ce qu'il avait vu et senti, que la divine Eucharistie est le fondement de la vie chrétienne, le secret de toutes les merveilles de foi, d'abnégation et de dévoûment que le catholicisme enfante tous les jours, sous les yeux du monde qui ne s'en étonne plus, tant il y est habitué, le foyer où s'allume le désintéressement des apôtres, la constance des martyrs, la générosité des confesseurs et la pureté des vierges. 11 ne cessait de répéter :
(i Allez, mes Frères, allez à Notre-Seigneur avec « amour et confiance I allez vivre de lui, afin de a vivre pour lui I — Ne dites pas que vous avez «trop à faire. Le divin Sauveur na-t-il pas dit: a Venez à moi, vous qui travaillez et qui n'en pouce vez plus ; venez à moi et je vous soulagerai. » Pour- « riez-vous résister à une invitation si pleine de ten- « dresse ? — Ne dites pas que vous n'en êtes pas
* Lettre sur la fr(?quente communion.
* Sess. XXII, cati. 6.
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« dignes. C'e^t vrai, vous n*eu êtes pas dignes; Mais « vous EN AVEZ BESOIN. Si Notre-ScflgDeur atvâit a eu en vue notre dignité, il n'aurait jamais inali- (( tué sou beau sacrement d'amour ; car persconne a au monde n'en est digne, ni les saints, ni les anges, « ni les archanges, ni la sainte Vierge elle-même;.-. (( mais il a eu en vue nos besoins, et nous e» «vofis « tous besoin. — Ne dites pas que vous êtes pé- « ckeurs, que vous avez trop de misères et qœ c'^est <i pour cela que vous n'osez pas en approcher^ Jî«- (( .merais autant vous entendre dire que vous êtes « trop malades , et que c'est pour cela que voas « ne voulez ni faire de remède ni appeler de :iiié^ « decin. »
Il disait encore : « Mes Frères, tous les êtres ^de « la cjréation ont besoin de se nourrir pour vivre: (( c'est pourquoi le bon Dieu a fait croltoe i6S « arbres et les plantes ; c'est une table bien ser^ « où tous les animaux viennent prendre chaounia a nouiTiture qui lui convient. Mais il fàiit que (( rame aussi se nourrisse. Où est donc sa mmeti- « ture? La nourriture de l'âme, c'est Dieu. 0» ia (( belle pensée!... Vàxne ne peust se nourrir <que<dft « Dieu I il n'y a que Dieu qui lui sufOse^i il nbf a « que Dieu qui puisse la remplir ! il lui fautaftiscéii* (( ment son Dieu !... Il y a dans louites les maÎMMi» (( un endroit où l'on conserve les provisions^ de la ({ famille : c'est l'office. L'Église est la maison des (( âmes : c'est notre maison à nous, qui somjQCiçs
GOMMENT ÏL *RENÔ!UV:EL,liE SA PAROISSE. 87
<( clMétiene. Eh bien i dans cette maison, il y a un <i offlce. Voyez^Tous le taberuacile? siron demaaidatt u aux âmes des chrétiens: Quest-ce que eela? vos « âcaes répondrait : c'est roffice... »
Telles étaient en .suMance les îEàsti^victiong qoe M. YJanney donnait à son peuple pottralluimerdaiis tous les cœurs le décret ramour>de la sainte eueiiaristie. U ne pensait pas que les travaitix défi chamjps et les soins du ménage fusse0>t incompatibles mtc la eoimnuniion fréquente : comes^ si»le trai^ail of feirl à Dieu et sanctifié par Tesprift de foi, de prière et de sacrifice n'était pas la meilleure de toutes les préparatio&s I II ne se montrait pas non plus d'une e&igeBce outrée dans les coniiiitions aux^u<es id Mtachait cette. faveur. Trouvait^l une ime iaMià, sisads qui ae défiait de sa faiblesse, une ima imparfaite, mais qui géiaissait sur ses imperiectionâ et tramiUait à s'eu 'Corriger, il tâchait déformer en elle la vie intérieure, puis il lui cooseiiUait d'a^voir recours à l'âliaieni; céleste pour se fortifier.
Hefitait un ti^isième moyen de.sadOkctification .pour son peuple, non moi&s cher que ks au/tres au ^èle de rintbtigable .pasteur: c'était rétaUisdemeiniti.ée queUjues confréries. Parmd cellas qui sontAes pdi&s autorisées daiks TËgliâe, il en estdi^ux gm ont-pouf eUes la consécration du tes^, lies 0»coittragQ(0euta du tSaint-Siége ^et resiâma^s .fidèles: ctestiacan* fpécie du Rosaiire et celle du;Saàat-Sacj;em6nt^ ftit à ûés^eotfrériâs qu'il s'aitaeha : -plur la ipiremière:,. âl
voulait atteindre les mères et les filles; par la seconde, il espérait s'entourer des hommes et des jeunes gens.
Déjà nous l'avons vu, au milieu de son troupeau d'élite, faire précéder la prière du soir de la récitation du chapelet; mais il ne voyait pas jusque-là figurera ces réunions beaucoup de jeunes personnes dont la légèreté l'avait souvent fait gémir. Le ciel lui fournit un jour l'occasion de tenter contre elles un coup décisif. C'était un dimanche soir, à l'issue des vêpres; plusieurs, et non pas des plus ferventes, étaient restées à l'église pour se confesser. M. le Curé était au chœur comme à l'ordinaire, et, en les observant du coin de l'œil : « Cette fois, pensait-il, « je les tiens ! voilà ma confrérie trouvée î » Quand elles se furent rassemblées autour de son confessionnal, il s'approcha d'elles : « Mes enfants, leur (t diWl, si vous voulez bien, nous réciterons ensem • « ble le chapelet, pour demander à la Reine des « Vierges qu'elle vous obtienne la grâce de bien « faire ce que vous allez faire. » Puis il commence les prières, et la petite troupe de répondre. Il n'en fallut pas davantage. « C'est de ce jour dit Catherine Lassagne, que date la conversion de plusieurs. L'une d'elles, et c'était la première aux plaisirs, m'a avoué souvent qu'elle fut si émue et si déconcertée, lorsque M. le Curé leur proposa de réciter le chapelet, qu'elle se trouva heureuse d'avoir su y répondre. « Je croîs « bien, ajoutait-elle, que ce fut alors qu'il obtint