‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 33 sur 87 · IL ÉRIGE PLUSIEURS CHAPELLES. MO · texte numérisé non relu

IL ÉRIGE PLUSIEURS CHAPELLES. MO

veurs et tous les prodiges qui ont contribué à lu -célébrité du pèlerinage d*Ars.

Nous ne décrirons pas la chapelle de Sainte-Philoïïiène, non plus que celle de ïEcce Jîomo, qui lui fait face, ni celle des Saints- Anges , qai est la première topographiquement et la plus récente par son ordre d'érection. L'art n'a absolument rien à voir dans ces créations naïves, du style le plus simple et le plus populaire. Leur architecte n'a pu y mettre uu sentiment qu'il n'avait pas et qui manquait à beaucoup d'autres, dans le temps que ces travaux s'exécutaient. Son culte pour les saints et leurs images y respire dans un paradis de statues et de tableaux. Le peuple aime la dévotion qui entre par les sens, et il est particulièrement accessible à cette prédication du bois et de la pierre. L'inaugurateur de ces chapelles désirait avant tout qu'elles parlassent le langage de la peinture, qui est entendu des ignorants et des petits; que le ciel s'y rendit visible; que les anges et les saints y demeurassent présents par leurs images, afin de consoler et de prêcher les peuples.

On serait tenté de croire que M. Vianney, prévoyant l'avenir, voulait aussi marquer d'avance aux pèlerins qui viendraient un jour prier dans son ' église les différentes étapes par où ils s'achemineraient, les uns jusqu'à la vie de la grâce, les autres

jusqu'au complet apaisement des douleurs de l'àme ^tdu corps. Il y a dans la disposition de ces clia-

pelies comme le symbole prophétique des opérations divines dont chacune d'elles a été le théâtre. Ordinairement les conversions, commencées dans la chapelle de la Sainte-Vierge, se continuaient dans celle de Saint-Jean, et s'achevaient aux pieds de Celui (i qui a porté nos langueurs, et qui nous a guéris par ses meurtrissures. • Dire quelles scènes se sont passées là, entre Jésus-Christ et les âmes, est impossible. On est ému en pensant combien de fronts fatigués se sont prosternés en ce lieu, combien de larmes généreuses ont coulé sur ces] dalles, combien de coupables y ont retrouvé la paix , combien de malheureux y ont déposé leurs espérances et leurs douleurs.

La -chapelle de ïEcce Homo est particulièrement aimée et connue de ceux qui, éprouvés déjà par les mystérieuses duretés de la Providence, pressentent que des tribulations encore plus amères les attendent là où le devoir les rappelle. « Je me trouve ici, « disait un pèlerin connu de nous, à l'ombre de la « croix, sur le Calvaire, à côté de Notre-Seigneur, H et si loin du monde , que je n'en aperçois plus la € figure et n'en entends plus les bruits; c'est à peine « si je me souviens qu'il y a un monde. »

Telles étaient les inspirations qui sortaient de ces saintes images pour qui voulait entendre leur lan- ' gage instructif.

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