SES TKAVAUX ÉV ANGÉLIQUES
Belley restât en possession de ce trésor incomparable : qu'il en soit à jamais béni î
Dès lors M. Vianney s'identifiera de plus en plus avec ses paroissiens; son horizon en ce monde se bornera désormais à ce petit coin de terre chrétienne où toutes les préparations providentielles de sa vie vont trouver leur dénoûment.
A répoqtie où nous sommes arrivés, il y avait eu un grajad travail de Dieu dans le cœur des habitants d'Ara. La paroisse n'était plus reconnaissable : les danses, les cabarets, la profanation du dimanclie et tous les autres genres de scandale en avaient été bannis. La guerre du mal contre le bien ne ^e faisait plus que dans l'ombre. Pourtant quelques âmes, que le zèle et la parole du pasteur n'avaient point encore atteintes derrière leur couche épaisse d'ignorance et d'insensibilité religieuse, restaient étrangères à ce mouvement; d'autres n'avaaçaient pas. Ces exceptions, si rares qu'elles fussent, désolaient le généreux apôtre; il les attribuait à ses péchés.
Ceux qui se souviennent de l'avoir vu alors, nous le représentent à peu près tel que nous l'avons connu plus tard D^à les grandes lignes de sa physionomie se dessinaient, mais avec un cachet plus austèlre et un ton plus énergique; la force en était le trait saillant, force exubérante encore, qui le rendait très-dur pour lui-même et très-rigide envers les autres. Avec le temps, avec la grâce, avec la pratiqiie des hommes et l'expérience de leur fai-
blesse , 011 verra graduellement s'adoucir ces rudeft^ contours, et M. A'ianney revêtir, par-dessus sa sévés rite native, les grâces de la mansuétude et TonctioHr consolante de la miséricorde. Et comme il y a généalogie des vertus, et qu'elles naissent Tune l'autre, la force enfantera l'humilité d'abord, Ka charité ensuite, l'indulgence, la longanimité, 1^ douceur; et Taiitorité du Curé d'Ars dominera d'autant plus qu'elle s'imposera moins. 11 profitait de . toutes les occasions pour faire rentrer «es parmssiens en eux-mêmes, rattachant leurs malheurs à leurs fautes et leur faisant entendre la voix de Dieu dans celle des événements qui traversaient leur vie. Nous trouvons, dans une lettre datée de cette époque , la description d'un affreux orage qui anéantit en un instant l'espoir des laboureurs, à la veille de la moisson. De mémoire de vieillard, on n'avait vu pareil désastre. Cette lettre ajoute : « Le saint Curé nous a conseillé, ce matin, de pleurer non sur nos pertes, mais sur nos péchés» qui en sont la première cause... « Vous faisiez vos « récoltes, s'est- il écrié, sans penser à Dieu qui vous « les donnait. La plupart l'offensaient. 11 vous a dit: « Je veux vous montrer qu'elles sont à moi , ces ré- « coites que vous recueillez en me méconnaissant, (c Sauvez- vous! courez de toutes vos forces !... Je vais « tout reprendre; je vais tout détruire I »
M. Vianney entretenait sans cesse ses auditeurs de la miséricorde et de la justice de Dieu ; il cher-