‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 36 sur 87 · SES TRAVAUX ÉVANGÉLIQUES · texte numérisé non relu

SES TRAVAUX ÉVANGÉLIQUES

^^^it, partous les moyens possibles, à leur inspirer ^ terreur de ses jugements. Il ouvrait tour à tour iciurs regards les sombres profondeurs de Tenfer '^ les radieuses perspectives du ciel; il parlait des ^i^s du juste et des malheurs de l'impie avec une ^^î^itable éloquence. Il écrivit longtemps ses prônes ^^ dijnanche ; il a avoué que ce travail lui coûtait '^^aucoup ; il les composait tout d'une haleine et y employait les nuits, enfermé dans sa sacristie. Il

^tait convaincu que le prêtre, pour devenir apôtre, doit préparer à la sueur de son front le pain de la parole, et que le mérite de ses efforts attire la bénédiction de Dieu sur son ministère.

Ne voyant pas au gré de ses désirs ses paroissiens croître dans l'amour de Dieu, et craignant que son ignorance et ses péchés ne fussent la cause ^e leur indifférence, il appelait souvent à son secours ses confrères du voisinage. Il n'aimait rien tant que d'être rassuré contre la crainte de mal faire par la présence d'un prêtre qu'il estimait plus sage et plus éclairé que lui. C'est ainsi que Ton vit paraître successivement dans la chaire d'Ars les curés de .Saint-Trivier, de Jassans, de Ghaneins et d'autres encore. Dieu bénissait toujours ces pieux exercices. Les pécheurs se convertissaient, les bons devenaient meilleurs et plusieurs embrassaient la pratique des conseils évangéliques.

« Je crois, dit un témoin, que jamais on ne pourra savoir les grâces de conversion et de salut que

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*ïient ou par la mort du titulaire, il se chargeait de l'icàtérinu C'est ainsi qu'on Ta vu desservir à plusievirs reprises, et pendant plusieurs années, Savi- P^eiix, Rancé, Saint-Jean-de-Thurigneux, AmMne lax-en-Dombes .

I-ée curé de Misérieux se nommait M. Ducreux. ^*ét.ait un aimable et beau vieillard de quatre -vingt- <*ô\xxans, qui avait les manières distinguées et Tex- ^^ise politesse de l'ancien clergé, et qui relevait ce ^^xite, commun à la plupart des hommes de son ^-•^ps, par beaucoup de piété, de savoir et d'esprit. ^^ Yianneylui servait de vicaire; il en avait les ^--^rds, la soumission et la respectueuse condescen- ^^Xice.

Comme la plupart des curés de campagne, à ^^tte époque de rénovation où Ton comprenait ^^^^eux la nécessité de réparer les vides du sanc- ^Maire, M. Ducreux aimait à s'occuper d'enseignement- Il avait chez lui deux ou trois élèves, qu'il initiait au chant et aux cérémonies de l'Église, en ïïiême temps qu'il leur apprenait le rudiment Le Curé d'Ars était pour ces enfants un objet d'étude pleine de remarques, de surprises et de naïves découvertes. A leurs yeux, ce n'était pas un homme ordinaire, c'était un saint. Ils voulaient savoir comment parlait, agissait et se comportait un saint. Quand il était là^ tout le petit collège avait l'oreille tendue et l'œil au guet, en sorte que pas un geste n'était perdu, pas une syllabe ne tombait par terre. L'un

(l'entre eux nous a raconté que ce qui le frappait le plus, outre le visage exténué et l'effrayante maigreur de M. Yianney. c'était son refus immuable d'accepter les invitations du bon M. Ducreux et de s'asseoira sa table frugale. Sa complaisance sans borne sur tous les autres points s'arrêtait à cette limite inflexible; elle n'alla jamais au delà d'une goutte de café sans sucre, qu'il consentait à prendre après qu'on l'avait bien tourmenté.

Souvent on venait le chercher au milieu de la nuit pour confesser les malades; il partait alors, quelque temps qu'il fit. Une fois, il était si malade lui-même qu'il fut obligé en arrivant de s'étendre sur un lit : c'est dans cette posture qu'il entendit la confession du mourant. On dut le ramener en voiture.

Les premiers jours de l'année 1823 ouvrirent à son activité un nouveau champ, fertile en fruits de salut. Il fui appelé par M. Pasquier, curé, de Trévoux, à prendre part aux travaux de la grande mission que donnèrent à cette époque les prêtres delà Société des Chartreux de Lyon. M. Yianney ne consultait pas ses forces; quand le bien des âmes et la gloire de Dieu l'invitaient, il multipliait ses fatigues, se confiant en la vertu divine. Il partait le dimanche soir ou le lundi matin, et faisait neuf kilomètres à pied, son surplis sous le bras, par un temps très-rigoureux, car on était au conir de l'hiver. Le samedi soir le retrouvait à son poste, passant la nuit à entendre les confessions de sespft-

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