CHAPITRE PREMIER
^^iMAiiee de J.-M. Vianney. — 8a première enfanee.
Matthieu Vianney et Marie Beluse, le père et la ^ère de celui dont nous écrivons l'histoire, étaient deux justes devant Dieu, qui marchaient, comme Zacharie et Elisabeth, avec fidélité et sans reproche, dans les commandements et les ordonnances du Seigneur. Aussi avaient-ils reçu la bénédiction des patriarches; et, dans l'espace de dix années, le ciel leur avait envoyé six enfants.
Pendant qu'elle portait dans son sein le second de ses flls, Marie Beluse l'avait souvent offert à Dieu
et lui avait demandé de le prendre au service de ses autels. C'est en conséquence de ces désirs maternels qu'à son baptême, qui eut lieu le jour même de sa naissanc<î, le 8 mai 178(1, Fenfant reçut le double prénom de Jean-Baptiste et de Marie.
Madame Vianûey s'était fait un devoir de nourrir tous ses enfants : elle ne voulut pas qu'un autre sang que le sien coulât dans leurs veines; Jean-Marie ne devait pas être exclu de ce bienfait; mais, en même temps qu'elle tirait de son sein pour lui la nourriture qui fortifie le corps, elle tirait de son cœur le lait spirituel qui entretient dans toute sa grâce et toute sa fraîcheur l'innocence de l'âme.
Un jour que le vénérable Curé d'Ars revenait avec attendrissement sur les souvenirs de son enfance : « Vous êtes bien heureux, lui disions -nous, d'avoir « senti de si bonne heure le goût de la prière. — «Après Dieu, répondit-il, c'est l'ouvrage de ma « mère : elle était si sage! ... «Mon petit Jean-Marie, « me disait-elle souvent, si je te voyais offenser le « bon Dieu, cela me ferait plus de peine que si c'é- « tait im autre de mes enfants. »
« La vertu, ajoutait-il, passe du coeur des mères (c dans le cœur des enfants, qui font volontiers ce « qu'ils voienl faire. »
Il nous souvient de lui avoir entendu dire, en d'autres rencontres, qu'un enfant ne doit pas pouxmr regarder sa mère sxss pleurer.
A trois ans, Jean-Marie recherchait déjà la soli-