‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 40 sur 87 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Coiiiment M. Vlanney fui iperséenté par les déaM**-

Il y avait six ans que M. Vianney était à Ars: î*^

venait d'ouvrir aux petites orphelines du pays s chère maison de refuge, quand des bruits étranj commencèrent à troubler le repos de ses nuits et 1 silence de son presbytère. Voici comment on lui entendu raconter à lui même l'origine de ces perse cutions diaboliques : u La première fois que le dé « mon est venu me tourmenter, c'était à neuf heu fi res du soir, au moment où j'allais me mettre « lit. Trois grands coups retentirent à la porte de m^ « cour, comme si on avait voulu l'enfoncer avec une? « énorme massue. J'ouvris aussitôt ma fenêtre et je « demandai : « Qui est là?.. . » mais je ne vis rien, et «j'allai tranquillement me coucher en me recom- « mandant à la sainte Vierge et à mon bon ange Je

* ^ étais pas endormi que trois autres coups plus ' Violents me firent ressauter. Je me levai et m'é- ^ ^riaî une seconde fois : « Oui est là?... » Personne "i^e répondit.

^^ Lorsque ce bruit commença, je m'imaginai que

'* ^ étaient des voleurs qui en voulaient aux beaux'

" ^^ements de M. le vicomte d'Ars, et je crus qu'il

" ^^«'iît bon de prendre des précautions. Je priai deux

' "^ïïimes courageux de coucher à la cure pour me

P^'êter main-forte, en cas de besoin. Ils vinrent

P'^sieurs nuits de suite; ils entendirent le bruit,

'^^is ne découvrirent rien et demeurèrent con-

*^*ï:icus que ce vacarme avait une autre cause que

^ ^Malveillance des hommes. J'en acquis m^-

^^ Kae bientôt la certitude ; car, pendant une nuit

|*^îver qu'il était tombé beaucoup de neige, trois

^'^ cormes coups se firent entendre vers le milieu

^^ la nuit. Je sautai précipitamment à bas de mon

> je pris la rampe et descendis jusque dans la

^^Ur, pensant trouver cette fois les malfaiteurs en

^^^ite et nie proposant d'appeler au secours. Mais,

' '^ mon grand étonnement, je ne vis rien, je n'en-

' Rendis rien, et, qui plus est, je ne découvris sur la

* ïieige aucune trace de pas... Je ne doutai plus ^ alors que ce ne fût le démon qui voulait m'ef- ^ frayer. Je m'abandonnai à la volonté de Dieu, le ' priant d'être mon défenseur et mon gardien, et de < s'approcher de moi avec ses anges quand mon en- ' nemi viendrait de nouveau me tourmenter. >»

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SES JUITTES|AyEGifcE> DÉMON. 171

du presbytèï^ ItaYerlîssaient de la présence de l'ennemi; et, suivant que son sommeil était profond Ou léger, d'autn^s- ewps plus ;0u m^ns rudes se succédaient. «nappifoclîMint : Après s'être donaéle ^avertissement . dAun horrible tintamarre, dans Tes- ^îer, le déaKïn'<eirtrôit;.il sa- prenait au3ù rideaux du lit et leseôecottaitiavec foreur, comme s'il avait voulu les arracheur.» Le* paavre patient ne pouvait comprendre! qu'il anr^tât un lambeau. Il arrivait souvent que l'esprit = malin heurtait comme quel- *ïu*\:inqui veut entrer; un iastant après, sans que '^ Porte fût^ ouverte, il était dans la chambre re- ^^^nt les chaises,. dérangeant les meubles, furetant P^ï^tout, appelant d'une voix moqueuse : « Yianney ! ^*^tineyl » et ajoutant. des mienaçes et des quali- "^ étions outi?ageantes i^aJUangeur de truffes! nous * ^*aurons bienl... «nus te tenons 1 nous te te- ^^ ïions!... » D'autres fois,- sans se donner la peine ^^ monter, il : le hélait du milieu de la cour, et, ^près avoir longtemps vociféré, il imitait une charge ^e cavalerie ou leibruit d'une armée en marche, ïantôt il enfonçait .des elous dans le plancher, à grands coups de marteau ; tantôt il fendait du bois, rabotait des planches, î8ciait des lambris, comme un <5harpentier activement occupèdans l'intérieur de la '^maison ; ou bien il4^aBaudaitl;oute la nuit, et il sem- :blaità H. Vianney qu'il allait, le matin, trouver son plafond criblé de trous ; ou bien encore il battait la générale sur la table, sur la cheminée et principale-

Mî VIE DU CURÉ D'ARS.

nient sur le pot à eau, cherchant de préférence les objets les plus sonores.

Quelquefois le Curé d'Ars entendait, dans la salle basse au-dessous de lui, bondir comme un grand cheval échappé, qui s'élevait jusqu'au plafond et retombait lourdement, des quatre fers, sur le carreau. D'autres fois, c'était comme si un gendarme chaussé de grosses bottes en eût fait rés'^nnerl^ . talon sur les dalles de l'escalier. D'autres fois ea^ core, c'était le bruit d'un grand troupeau de moa^ tons qui paissait au-dessus de sa tête. Impossible d^ dormir avec ce piétinement monotone. Une nuit qu^ M. Vianney était plus agacé que de coutume, il dit "^ « Mon Dieu, je vous fais volontiers le sacriflce d « quelques heures de sommeil pour la conversio « des pécheurs. » Sur-le-champ, l'infernal troupea s'en alla, le silence se fit, et le pauvre Curé put repo ser un instant. Pendant plusieurs nuits consécutive il entendit dans la cour des clameurs si fortes et menaçantes qu'il en tremblait d'effroi. Ces voix par 1 aient dans une langue inconnue et avec la plu grande confusion, en sorte qu'elles réveillaient e lui le souvenir encore récent de l'invasion. Il com parait leur tumulte au bruit qu'aurait fait une ar- — mée d'Autrichiens, ou bien il se servait d'un autr^^ mot non moins cai*actéristique, disant que de^^ bandes de démons avaient tenu leur parlemen ^ dans sa cour.

Ces histoires, on le pense bien, firent grand bruit ^

elles excitèrent, comme il arrive toujours, des ru- Daeurs en sens divers et de vives contradictions. Toutefois il n'est pas permis de supposer que M. Vianney se soit trompé, ni qu'ilait voulu tromper. Ceux qui l'ont connu savent que la mort eût été pour lui préférable au mensonge. Il n'avait pas le tempérament d'un visionnaire; il n'était point du tout crédule ; il possédait toutes les qualités d'un l>on témoin. Ces choses ne se passèrent pas une ft>is, mais cent et cent fois par an, pendant trente ^Ds; elles furent attestées par lui des milliers de ^^îs; il n'y avait rien dont il parlât plus volontiers. N'importe! les démentis persévérèrent; ils partaient ^^rtout des rangs du clergé. Les confrères du Curé ^'Ars se montraient, en général, peu disposés à ^duxettre la réalité de ces manifestations diaboliques; ^^s leur cherchaient des causes naturelles et physiologiques, et croyaient en trouver dans les jeûnes et les veilles immodérés du saint homme. « Si le Curé '* d*Ars vivait comme les autres, disaient-ils, s'il * prenait sa dose de sommeil et de nourriture, son ^ Cerveau ne se peuplerait pas de fantômes. »

Il y avait à Saint-Trivier-sur-Moignans un vé- ^^ï*able curé, nommé M. Granger, qui s'était mis ^^ rapport avec l'abbé Vianney, dès les premiers J^^rs de son ministère à Ars ; il avait su l'apprécier ^^ il le voyait souvent. Jaloux de procurer à ses P^ï*oissiens le bienfait de la présence au milieu " ^tix d'un prêtre si mortifié et si zélé, il e pria de

sejoifidie aux irnssionnaires qui donnaient aloFsJ^^ esercices du grand jubilé. C'était dans l'hiver d^ 1820. M. Vianney consentit à- tout ce que son voisi*^ voulut; il resta Irois semaines à Saint-Trmeï*i prêcha de temps en temps et confessa beaucoup* Comme les yeiations auxquelles il était en buU^ ' delà parts du démon, faisaient alors grand brul'^) ses confrères s'en amusaient €t lui disaient surJ^ ton du badinage : « Allons ! allons ! faites eommel^^ « autres; nourrisse^-TOUS mieux: c'est le moy^^^ « den finir avec toutes ces diableries. » . Un sofc^i la discussion s'anima du côté des contradicteurs, i^ ^ leur raillerie s'échappa en jets plus amers. Il fi*^^ convenu- que toute cette mystique infernale n'éta^i qu'une fantasmagorie absurde, et le pauvre Gu:<r^ fut traité, en toutes lettres, de visionnaire et d^ maniaque. Il ne répondit pas un mot à ees savante^ diatribes, se retira dans sa ciiambre^ inseasibla à tout, sauf à la joie d'avoir été humilié. Un iastafl^ après, messieurs les rieurs se souhaitaient une boaD^ nuit et gagnaient' leur appartement respectif, avec l'insouciance de philosophes» qui, s'ils croyaintau démon, n'avaient du moins qu'une foi très-médiocre à son intervention dans les affaires da Curé d'Ars. •^Mais voilà qu'à minuit iis sont réveillés en sursaut par un ^affreux vacarme : la cure est «sens desws ilessous; les portes 'battent; les vitres ^grincent ; les* murs chancellent; 'en un instant, tout le HMmde est debout. On' se souvient ique* le Curé d'Ars a

SES UJTTfcS AVEC XE DÉMON. 175

Ait : . « Vous aie; îSerez ,pas: étonnés si, par hasard, ^**^ous .entendez. du. bruit, cette miit. » On se pré- ^iptte .dans ; fia lebaanbre... il imposait tranquUle- ®^ût. ((.L6\ez-y«us,4ui me-tn0n,;la cure \atom- " ber ! — Oh î^^e ^ais'fcien ce. que c'est, répond-il « eu souriante 11 faut aller vous coucher; il n'y a ^^ ^i^aà crAiiûdre. «WiOasernssure, et le bruit cesse. ^Uxie heure de. là,. .quand tout est redevenu silen- '^luc, un léger coup- de sonnette retentit. L'abbé '^xaney se lève et trouve à la porte un hommetqui •^^ît fait plusieurs iiôues pour venir se confesser ^'Vt i. Il ge Tcnd aussitôt à l'église et y reste jusqu'à = ^*^es6e, occupera fC«iteodre.unf.grand nombre de '^^Itents. vC'éiait chose ordinaire : chaque fois ^^-les taqwineïies du démon redoublaient de fré- ^^nce et dîintensité, le Guré d'Ars prévoyait que ^-^râce lui idmènerait bientôt quelque grand, pé- '^^ur à convertir : ses pressentiments étaient rarement trompés.

L'esprit du mal iiariait ses moyens d'attaque : il Qe^se contentait plus de frapper, aux portes et de troubler le r^)os de M. Vianney par dos bruits effrayants, il était sans cesse à imaginer de nouveaux tours dont l'audace déguisait mal la faiblesse. Souvent il se cachait sous son lit, voire sous son chevet, et faisait, .' toute la nuit, retentir à son oreille kantôt des cris 9igas, tantôt des gémissemeiits lugubres, des plaintes étouffées, de faibles soupirs ; quelquefoi^s il l'entendait geindre bruyamment

176 VIE DU ce RÉ D*ARS.

comme un homme qui se livre à un travail pénible. d'autres fois râler comme un malade à Tagonie. a Le démon est bien On, disait-il un jour, dans ^ son catéchisme» mais il n'est pas fort. Un signe « de croix le met en fuite. Tenez, il n*y a pas enu core trois jours qu'il faisait un grand tapage au- « dessus de ma tète. On aurait dit que toutes les « voitures de Lyon roulaient sur le plancher... Vas « plus loin qu'hier soir, il y avait des troupes de A démons qui secouaient ma porte. J'ai fait le signe M de la croix ; ils sont tous partis. »

11 V eut une nuit où le Curé d*Ars fut réveillé en sursaut et se sentit soulevé en l'air : « Peu à peu j« « perdais mon lit, dit-il ; je m'armai vitement du u signe de la croix , et le grappin * me laissa. » Une autre nuit, le diable imagina de prendre !& forme d'un coussin très-doux, très-moelleux, dans lequel la tête du pauvre Curé enfonçait voluptueusement comme dans de la ouate ; en même temps il en sortait un gémissement plaintif. Il avoua qii^ celte fois il eut grand'peur ; il lui sembla que ce nouveau genre de piège mettait son âme en péril- Il invoqua le secours du ciel, et l'illusion disparut*

M. Vianney ayant été appelé à Montmerle, le démon le suivit sur ce nouveau théâtre de son zèle. Dès la première nuit, il le traîna dans son lit tout autour de sa chambre, en sorte qu'il ne put pas fer-

* Nom de gaerrc sous lequel M. Vianney avait rhabilude de désigner le démon.

Tœil. Le lendemain, le saint prêtre se rendit 2;lise de bonne heure, suivant son habitude •cuva la foule entourant son confessionnal; à peine y fut-il entré, qu'il se sentit sou- 3t ballotté comme s'il avait été emporté dans frêle barque sur un courant rapide. Quand a à Saint-Trivier pour y prêcher le jubilé, lit à pied, avant le jour, et sans être accomé; il marchait en récitant son chapelet. L'air ir de lui était rempli de lueurs sinistres; osphère était comme embrasée, et, de chaque le la route, les buissons lui paraissaient en rétait Satan qui, prévoyant les heureux fruits L Yianney allait faire dans les âmes, enveloppé lide ardent qui le dévore, le suivait pas à pas, haut à l'effrayer et à le décourager. Lui, cemt, n'en continuait pas moins son chemin, ►yant dans ces nouvelles manœuvres de l'enque le présage des bénédictions de Dieu sur avaux. En effet, son passage à Saint-Trivier fut ué par les plus con solants triomphes de la grâce. 3 des fantaisies les plus bizarres du démon, qui trahit le mieux ses ignobles instincts, est )ire du tableau contre lequel il s'est acharné gtemps. Le Curé d'Ars avait sur son palier une 5 de la sainte Vierge qu'il aimait beaucoup; es Jours le démon la couvrait outrageusement ue et d'ordure. On avait beau la laver, on la ivait, le lendemain, plus noire et plus macu-

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SES L6TTBS AJVtC LE DÉMON. ^ 179

1 neyl VianBByi -vknft'doate'! » lui donnant à entendre que (kiaoMkreu^ pénitents rattendaleiit)'

On se demanda, si Sateniaf quelquefois^ priB^ûn

<iorp8 pour tourxHeoiWîsatvictime, s'il lui est apparu

^îsiWefflaenrt et>:sd«sqiïeUe formev Nous ne pmivons

^oudfeque pat deuifails. M; Vianney-vit, un-

Mr^ à troîB^heureB dUimatin, un gros chien noir^

^^'ye^X' flamboîantôy le poil hérissé, gravant là'

^^e-da cimetièi», à 'l'endroit où avait été déposé»,

9Qôlqijes*semaiiies auparavaiit ■ le corps d'un^hontone

^ï*t sans confeBsion. Il' a encore raconté qtt'e le'

Wàbie lui était apparw so«fS la forme-de chauves-

^^^îs qui remplissaient sa chanAre et voltîgea*entM

utociirdeson lit; les^murailtes en étaient toutes-

toii^es.

^^ est une autre question que le leetetirse sera

Es^lt.^ sans doute. Le Curé d'Ars a-t-il été seul à

^ûtendre les bruits* dont nous avons parlé, ou bien

^**^on des exemples que d'autres personnes aient

^^è témoins immédiats de ces manifestations sur-

ï^uturelles?

En 1829, au plus fort de cette lutte, un jeune' prêtre du diocèse de Lyon vint à Ars faire une retraite auprès de l'homme de Dieu. M. Vianney le ireçut avec bonté, et voulxit qu'il logeât chez lui. L'abbé' Bîbost assure qu'il a entendu le diable toutes les nuits : « Il avait, dit-il, une voix aigre et sau- « vage imitant le cri d'une béte fauve. 11 s'attachait 4i aux rideaux de M; le Curé' et les agitait avec vio-

180 VIE DU CURÉ D'aRS.

« lence. 11 l'appelait par son nom; j'ai saisi très^ « distinctement ces paroles : « Vianney! Vianuer/ u que fais- tu là? Va-t'en! va-t'en! »

En 1842, il vint à Ars un ancien militaire, attaelle dans ce temps-là à une brigade de gendarnierie. Ce brave homme s'était levé à minuit, et, môle à un groupe de pieux fidèles, il attendait, à te porte de l'église , l'arrivée de M. Vianney- Gomme le saint confesseur tardait à paraître, il avait fait quelques pas autour de la cure. Cet homme avait eu des chagrins; il lui en restait uo sentiment vague d'inquiétude et de terreur religieuse dont il ne se rendait pas compte. Ge senti' ment le poussait vers Dieu, mais il hésitait sur 1^ seuil du confessionnal. La vérité l'attirait et ell^ lui faisait peur. Tout à coup, il est arraché à s» rêverie par un bruit étrange qui semblait partir d^ la fenêtre du presbytère. Il écoufe... une voix forte, aigre et stridente répète, à plusieurs reprises, ces mots qui arrivent très-distinctement à son oreille - « Viannevl Vianney! viens donc! viens donc!... » Il s'éloigne, en proie à la plus vive agitation. Un^ heure sonnait en ce moment à l'horloge du clocher. Bientôt le Curé d'Ars paraît, une lumière à la main. Il trouve cet homme encore tout ému ; il le rassure, le conduit à l'église, et avant d'avoir entendu le premier mot de son histoire, il le renverse par c^s paroles : « Mon ami, vous avez des chagrins; vous « \enez de perdre votre femme, à la suit€ de ses

couches. Mais ayez conflance; le bon Dieu viendra

à votre aide. .. Il faut d'abord mettre ordre à votre

conscience ; vous mettrez ensuite plus facilement

ordre à vos affaires. — « Je n'essayai pas de

^sister, dit le gendarme, je tombai à genoux comme

n enfant, et je commençai ma confession. Dans

aon trouble, je pouvais à peine lier deux idées ;

ûais le bon Curé m'aidait. Il eut bientôt pénétré le

ond de mon âme ; il me révéla des choses dont il

'e pouvait avoir connaissance et qui m'étonnèrent

^ delà de toute expression. Je ne croyais pas qu'on

ût lire ainsi dans les cœurs. »

A Idi Providence, au dire de Catherine et des au-

'Çs directrices que nous avons interrogées, on

•^tendait, la nuit, des bruits de pas dans les esca-

^rs et dans les dorloirs; on faisait enquête sur

iquête, et l'on ne découvrait rien.

l^armi tant d'âmes bourrelées qui ont trouvé le

'Pos à Ârs, nous savons deux malheureux qui, la

-Ule du jour où sont tombées leurs chaînes crimi-

^Ues, ont entendu toute la nuit des bruits affreux,

^s coups frappés à la porte et contre le mur de l'ap-

'^rtement où ils avaient leur dernière entrevue.

-«e moment était grave; il décidait de leur éternité.

Cette étude serait incomplète si nous ne rappe-

ions qu'il est venu à Ars, à différentes époques

ilusieurs personnes donnant des marques de pos*

ession. Deux de ces infortunés, un homme et une

3mme, sont connus de tous les habitants d'Ars ;

ét^<élM»JUiilit|»»M

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