‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 42 sur 87 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Comiiient le» hommes eontredlreat M. VUbbcT'

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ni* m

La vertu de M. Vianney n'était pas ordinaire; l aussi a-t-elle été extraordinairement persécutée* | Il a connu tous les procédés de l'injustice et de 1^ haine; il a été poursuivi, décrié publiquemeD^î troublé jusque dans ses souffrances, dans sa pa^' vreté, dans l'exercice de son zèle, dans les œuvres de sa charité, dans le sanctuaire intime de sespl^J^ humbles et de ses plus discrètes vertus, sans pi*'^ pour sa douceur, sans égard pour sa simplicité et sa bonté. Dieu l'a permis, pour faire voir que leâ merveilles d'Ars furent toutes de sa main, et que les hommes n'y ont été pour rien, puisque ceux qui semblaient intéressés à favoriser ce mouvement régénérateur de tout un pays se sont efforcés au contraire de le combattre et de l'étouffer dans son germe.

Pendant que la renommée de M. Vianney amenait à ses pieds une foule de chrétiens toujours phi»

ibreux et plus charmés, ses confrères murmunt. A leur insu et sans qu'ils s'en rendissent i compte sans doute, ils puisaient, dans une ise inquiétude du salut et de la direction de 'S ouailles, un prétexte spécieux pour justifier :ois d'amères critiques et des sentiments d'huir mal déguisés. D'autres, et il faut dire que iit le plus grand nombre, s'alarmaient d'un ouement si nouveau et si étrange. Désabitués ils étaient des prodiges que la sainteté opérait refois au milieu des peuples, ils s'étonnaient ; ne comprenaient pas; ils redoutaient l'effet que irrait produire sur une société incrédule et leuse la réapparition soudaine d'une puissance >liée.

Ine chose contribua beaucoup aussi à fortifier préventions. Parmi les étrangers qui affluaient rs, il y avait dès lors, en proportion considéie, de cette classe de pénitents et surtout de pénites, qui ont de tout temps assiégé le confessionde M. Vianney, comme si elles avaient eu la sion de faire reluire sa patience par leur imporité. Ces victimes plus ou moins volontaires d'une 5se conscience et d'un faux christianisme, prolent leur incurable malaise de pèlerinage en jrinage et de confesseur en confesseur, partout les pousse le vent de l'instabilité, soutenues par poi.r de rencontrer non pas une parole qui les ne, car leur mal est de ne vouloir pas être

1«fi VIE DU CURÉ D'AR^

calmées, mais une décisioQ qui consacre leur plan de conduite, sanctionne leurs idées de perfection, justifie leurs alarmes et leur permette de continuer à trembler en liberté. Ars devint bientôt le refuge de ces imaginations tourmentées et le centre 4^ leurs pérégrinations inquiètes. On comprend le toC^'^ que cela dut faire à M. Vianney avant qu'il fûtpa faitement connu. Au retour de leurs voyages, ce^ habituées d'Ars faisaient parler leur confesseur tort et à travers, dans un sens qu'elles s'efforçaient*^ de rendre favorable à leurs étroites visées.

C'est ainsi que d'excellents esprits, trompés pa -^

les clameurs qui commencèrent à assaillir le sain^*' prêtre, se trouvèrent amenés à prendre parti contr**"^ lui, et que ceux mêmes qui rendaient justice à L -* droiture de ses intentions, ne laissèrent pas que *^ * suspecter l'opportunité de son zèle, la sagesse d- ^ ses conseils et la prudence de ses moyens de d :î' rection.

Un jour que nous causions ensemble de cctt^ époque douloureuse de sa vie, nous lui demaii ^ dames si la contradiction ne l'avait jamais ému a»-^ point de lui faire perdre la paix. Nous n'avons pa^ oublié l'admirable réponse qu'il nous fit : « € croix? s'écrla-t-il avec une expression céleste « la croix faire perdre la paix! C'est elle qui « donné la paix au monde ; c'est elle qui doit « porter dans nos cœurs. Toutes nos misères viea-^ « nent de ce que nous ne l'aimons pas. C'est l^

SE8 CONTRADÏOTIONS. 1HT

ft crainte des croix qui augmente Jes croix. Une

• croix portée simplement, et sans ces retours d'amour-propre qui exagèrent les peines, n'est Î)lu8 une croix. Une souffrance paisible n'est plus une souffrance. Nous nous plaignons de souffrir I nous aurions bien plus de raison de nous Tilaindre de ne pas souffrir, puisque rien ne nous

^ reind plus semblables à Notre-Seigneur que de ^ porter sa croix. Oh I belle union de l'âme avec ^ Notre-Seigneur Jésus-Ohrist par l'amour et la

* Vertu de sa croix I... Je ne comprends pas com- ** Qieot un chrétien peut ne pas aimer la croix '* 6t la fuir î N^est ce pas fuir en môme temps ^' Gelui qui a bien voulu y être attaché et y mourir ^' Pour nous?»

tîne autre fois il disait : « Les coqtradictions ^ ^ou8 mettent au pied de la croix, et la croix à l«i porte du ciel. Pour y arriver il faut qu'on nous ^•^larche dessus, que nous soyons vilipendés, ^^:>néprigés, broyés... Il n'y a d'heureux dans ce ^^onde que ceux qui ont le calma da Tâme, ay ^^nnilieu des peines de la vie : ils goûtent la joie ^es enfants de Dieu... Toutes les peines sont douces quand on souffre an union avec Notre- Seigneur... Souffrir ! qu'importe? Ce n'est qu'un moment. Si nous pouvions aller passer huit jours dans le ciel, nous comprendrions le prix de ce moment de souffrance. Nous ne trouverions pas •- da croix assez lourde, pas d'épreuve assea

188 VIE DU GCRË D'àRS.

« amère... La croix est le don que Dieu fait a (( ses amis.

« Que c'est beau de s'offrir tous les malins ^^ « sacriflce au bon Dieu, et de tout accepter en e'5^' K piation de ses péchés I ... Il faut demander Famoi^^ « des croix : alors elles deviennent douces. J*en ^ a fait l'expérience pendant quatre ou cinq ans. V^ « été bien calomnié, bien contredit. Oh ! j'avais d^ fc croixl . . . j'en avais presque plus que je n'en pouvsu i ^ te porter. Je me mis à demander l'amour des croix. ^ • a alors je fus heureux. Je me dis : Vraiment, il n'^'î « a de bonheur que là... Il ne faut jamais regarda ^ « d'où viennent les croix : elles viennent de Dieu*-* « C'est toujours Dieu qui nous donne ce moyen (ï ^ « lui prouver notre amour. »

Avec de pareils sentiments, on conçoit que le se^^*" viteurde Dieu restât calme au milieu des orages- La sagesse humaine la plus sublime n'a pu inspira ^ à l'homme que de la patience et une froi(ï^^ sérénité ; mais le SaintrEsprit, par la force de 9^^ grâce, l'élève jusqu'au contentement dans les doi^" leurs. M. Vianney acceptait les siennes avec un ^ joie pieuse : « Oh! quand le jour du jugemea * « viendra, disait-il, que nous serons heureux d^ « nos malheurs, fiers de nos humiliations, et riche^ « de nos sacrifices ! »

Ces épreuves lui étaient encore bonnes et précieuses à un autre point de vue. Elles le délivraient de la crainte qu'il avait d'être hypocrite, quand il

•e voyait l'objet des empressements de la foule : < Au moins, se disait-il, je ne trompe, pas tout le 't monde. Il y en a qui me mettent à ma place et « m'apprécient à ma juste valeur. Combien je leur ^^ ai d'obligation ! car ce sont eux qui m'aident à me « connaître. »

Un jour, on lui remit un pli dans lequel se 'isait cette phrase : « Monsieur le Curé, quand on a aussi peu de théologie que vous, on ne devrait '^^ais entrer dans un confessionnal... » Le reste '^it à l'avenant. Cet homme qui ne trouva jamais ' ^^mps de répondre à aucune lettre crut qu'il ne ^^X^ait pas se dispenser de témoigner la joie et la Connaissance qu'il éprouvait d'être traité enfin '^Xie manière conforme à ses mérites. Il prit immensément la plume et il écrivit : a Cher et vénéré onfrère, que j'ai de raisons de vous aimer! vous

.TES LE SEUL QUI M'AYEZ BIEN CONNU. Puisque

A^ous êtes si bon et si charitable que de daigner ^ous intéresser à ma pauvre âme, aidez-moi à fDbtenir la grâce que je demande depuis si longtemps, de pouvoir me retirer dans un petit coin ^ pour y pleurer ma pauvre vie.. . Que de pénitences ^* à faire! que de larmes à répandre !... »

Vers le même temps, il fut résolu, dans une réunion d'ecclésiastiques, qu'on informerait l'évêque de Belley des entreprises maladroites et du zèle intempestif d'un de ses curés, à qui son ignorance et son incapacité auraient dû inspirer une conduite

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plus prudente et plus discrète. Un des membres de la conférence crut devoir en prévenir M. Viant:»^/ dans une lettre officieuse. Gomme ce n'était pas /a première fois qu'on le menaçait de la disgrâce et des censures de son évoque, et que, d'ailleurs, il jie trouvait rien en lui-même qui ne fût digne de^ dernières rigueurs, le saint homme ne douta plu ^ qu'on ne vtnt un jour le chasser honteusement J ^ sa cure : « Je m'attendais d'un moment à l'autr^^ ' « disait- il, à être mis à la porte à coups de bàiort ■ (c interdit et condamné à finir mes jours dans le- ^ « prisons. Il me semblait que tout le monde aurai vr dû me faire les cornes^ pour avoir osé demeurer ^^^^ « longemps dans une paroisse où je ne pouvais êtr^ "^^ « qu'un obstacle au bien. » Une de ces pièces accir:^^^' satrices tomba un jour entre ses mains; il l'envoy- ^*^^ à ses supérieurs, après l'avoir lui-même apostillée « Cette fois, dit-il, ces messieurs sont bien sûrs d a réussir, puisqu'ils ont ma signature. »

Mgr Dévie était l'homme le moins disposé à s laisser prendre à de faux rapports. Il n'eut pas plu tôt vu M. Vianney qu'il aima sa simplicité, sa moi tiflcation, sa piété ; il ne jugea pas qu'elle fût exî gérée, il n'y vit rien de bizarre ni de ridicule, Ew^"^ toute rencontre, il se déclara pour lui et prit sa i^^' fense avec éclat : « Je vous souhaite, Messieurs » « dit-il un jour, dans une réunion nombreuse i'eC^' « clésiastiques, d'un toaqui ferma la boyche axm-^ « railleurs, je vous souhaite un peu de cette IMî^

SES QONTRADICTIONS. 191

dont VOUS VOUS moquez : elle ne nuira pas à votre sagegge. Le Quré 4'Ars est un saint que nous de* vons admirer et prendre pour modèle. »

Quant à la question du zèle et de la science, avant

l'avoir approfondie par lui-même, Mgr Dévie vaitfait éolairoir par d'autres. Ses grands vicaires tient venus à Ars ; ils avaient suivi de près le bon ré, ils Pavaient vu à l'œiîvre, ils l'avaient interné. Trop modeste pour justifier sa conduite.

"Vianney s'était contenté de la leur exposer avec ^plicité, les priant ensuite de lui permettre de ré ïier ses tondions : « Je voudrais, répptait-il, me acher dans un trou pour pleurer mes pauvres léchés. »

Dn parlait une fois devant l'Évoque du peu de ^pce et d'autorité du Curé d'Ars ei^paatière de ^uistique : « Je ne sais pas s'il est instruit, reprit- 1 vivement, mais il est éclairé. »

Cependant M. Vianney continuait d'opposer aux itrages qu'on faisait pleuvoir sur lui la même fer- 3té douce et inébranlable. Il savait agir avec cette ble indépendance qui place une âme au-difcsus toute craintIPhumaine, souffrant tout en silence, :ribuant toiit à ses péchés, ne répondant à tous Le pir des pamks l'espectueuses.

Kentôt les épreuves deviB|ent plus sensibles. Dccupatioli d'un grand nombre de personnes, dont serviteur de DlfeU troublait le repos coupable, en igellalt leurs vices ou on révélant rhypocrisie de

leurs vertus, en gênant leurs passions ou en leur liiîên enlevant des complices, fut d'épier et de faire épier 1 -icha ses discours et ses démarches. On en vint à le dé- l^tesl' crier jusque dans ses mœurs; on lui écrivit deslet- m^^ très anonymes remplies d'injures; on couvrit d'in- l^^- ^ fâmes placards les murs de son presbytère. P ^^

« De pareilles horreurs ne pouvaient être le fait P°^ que d'hommes bien pervers , lui disions-nous u^ P* jour pour éprouver sa chante. . 1 ,

— Oh! non, répondit-il avec une grande dou- 1"' ceur, ils n'étaient pas méchants; ils en savaient plus que les autres ; ils me connaissaient miette- Que j'étais content, ajouta-t-il, de me voir ain^^ foulé aux pieds de tout le monde comme laboti-^ des chemins !

— Mais Qjifin, Monsieur le Curé , comment po vait-on vous reprocher votre mauvaise vie?

— Hélas 1 ma vie a toujours été mauvaise, f menais, dans ce temps-là, la vie que je mène core. Je n'ai jamais rien valu. »

Un prêtre vint un jour demander des conseils a serviteur de Dieu : t Monsieur le Curé, lui dit-il, j « suis las d'être en butte à la calorittiie et à la per - « sécution; ma patience est à bout; je veux me rer « tirer. Avant de prendre un pactii je désii^^ avoi ((votre sentiment. -^.Mon ami, faites comme jftoi -» « répondit le Curé d'Ars, laissez tout dilfe. Quand iJ (( n'y aura plus rien à dire, on M tttira. »

Au milieu de ce déchaînement, rien n'fliterrom -

it en M. Viâuney runiformité de ses habitiido^ oâchâit dans son âme, désolée mais tranquille, Jtes les douleurs dont il ressentait la pointe, et raissait au dehors toujours aussi calme, aussi ux, aussi peu soucieux de sa propre gloire. Jaais on ne vit poindre dans ses paroles aucun sénaent d'aigreur, de mécontentement ou de tris- Jse. Il pratiquait à la lettre ce mot qui revenait ivent dans sa conversation : « Les saints ne se LIGNENT JAMAIS. » Il ne couuut pas même ce trouet ces défaillances qui, dans les grandes crises, ut souvent la liberté d'action et la présence d'est nécessaires pour bien s'acquitter des emplois on est appelé à remplir. Quand on lui demandait ament il avait pu, sous le coup d'une menace per- Uelle de changement, en butte à tantcle tracasies, conserver l'énergie de son âme et ce qu'il t d'empire sur soi-même pour se livrer à ses tra- Lx avec la même application et la même ardeur : n fait beaucoup plus pour Dieu, répondait-il, en lisant les mêmes choses sans plaisir et sans g^t. *est vrai que j'espérais tous les jours qu'on viénrait me chasSA"; mais en attendant je faisais omme si je n'avais jamais dû m'en aller. »

y est ^ ce prodigieux degré d'humilité, d'abné- Jofiiet d'acquiescement en DieSque la grâce avait I arriver leïuré d'Ars, et la force qu'elle lui cominiquait est d'auiitt plus admirable que la violée et la Continuité de ses douleurs étaient de na-

19i VIF DU CITRÈ T)*AR».

tmo h l'Abattre davantage, et que sa sensibilité Imv exquise, son extrême délicatesse, sa grande défiance Imc de lui-même, les lui rendaient plus vives et plus |\pi plus pénibles à supporter. Mais au contraire, jamais son cœur n'était plus haut et plus ferme, qu'aux heures où sa volonté se courbait plus humblement sous les coups redoublés qui l'accablaient. Comfli^ sa confiance n'avait pour fondement que Dieu scttV rien de ce qui lui arrivait de la part des hommes ne pouvait en ébranler la solidité. Cette expérience de l'injustice des créatures devint comme un lien de pins entre Notre-Seigneur et lui; il y puisa d^ nouvelles forces pour le servir et pour l'aimer. A 1^ manière dont il parlait de cette époque de sa vie.oï^ est autorisé à penser que ce fut celle où le ciel 1^ favorisa des grâces les plus extraordinaires. Ce qu'i^ y a 'de certain, c'est que ce fut le temps où le pèl^' rinage s'accrut au delà de toute proportion. Plus oï^ attaque la sainteté, plus on la met en relief. On cotomença à venir de tous les pays, et des pays les plu^'^ lointains, à cet homme perdu, à cet ignorant, à ce fou, h cet hypocrite, pour lui découvrir ce qu'oiî avait de plus secret dans la conscience, pour lecofl* sulter dans les situations les plus diffloiles, pour le recommander à ses prières. C'était à qf(i aurait de lui un conseil une lumière, une décision, la promesse d'un souvenir devant Notre^eigneur ; lui, de son cAté, a souvent déclaré' qîCi'il obtenait de Dieu et des hommes tout ce qu'il souhaitait. *fees grands

SFS CONTRADICTIONS. 195

ïiiracles et ses grandes œuvres, alimontés par de grandes aumônes, datent de là.

Après avoir vu s'amonceler, sur cette douce et chère existence, tant de sombres nuages, il serait intéressant de savoir par quels moyens Dieu mit fin

i la tourmente et dissipa l'aveuglement de ceux qui s'étaient laissé tromper; mais cette action directe et ^uveraine de la Providence, qui opère le triomphe ^rnaturel du bien sur le mal, n'est pas toujours ^^sible; le plus souvent Dieu cache sa main.

flcLtons-nous aussi de le dire : les passions sou- '^^'ées contre le plus inoffensif et le plus vertueux '^s hommes fermentaient à Tombre et au loin. Il tétait pas possible de Tinsulter en face; la ton- '^^nte sérénité de son visage et la transparence de ^^ regard faisaient tomber le soupçon. La foule de ^^ admirateurs se recrutait chaque jour parmi ceux l^i étaient venus à Ars avec Tintention de railler et '^ blasphémer. Depuis huit ans que durait Té- ?^^uve, on n'avait jamais vu M. Vianney descendre ^^ ce degré sublime de résignation où il n'est doBné Wà un saint d'arriver et de se maintenir. A peine ^Vaient-ils contemplé de près ce spectacle que les détracteurs de la veille devenaient les amis du lendemain. Le clergé surtout a été remarquable dans ce retour. Le prêtre peut se laisser influencer par des sentiments humains; il ne résiste pas à la vérité, quand elle se dégage des ombres qui l'enveloppent. Ainsi, tous les curés du voisinage, tous ceux du dio-

cèse, furent bientôt gagnés à l'homme qu'ils a\a\eiil contredit; s*ils ne donnèrent pas l'exemple d'une confiance aveugle et empressée, ils donnèrent, ce qui vaut mieux, celui d'une conQance éclairée et persévérante. Le simple cours des choses devait donc amener le terme de ces odieuses persécutions. La justice allait se retrouver pour le serviteur de Dieu dans Texcès d'injustice avec lequel on le traitait. C'est la victoire promise à l'humilité, cette l'orce miraculeuse de la faiblesse.

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