‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 44 sur 87 · COMMENT ON SUPPRIME L'ORPHELINAT · texte numérisé non relu

COMMENT ON SUPPRIME L'ORPHELINAT

•mme le royaume des cieux dont il est la prépara- )ii, souffre violence en ce monde. Cela même était ur le fondateur du petit orphelinat un gage d'esrance : il y voyait le cachet ordinaire des œuvres

Dieu : w L'essentiel, disait-il, est de savoir que 3e que Ton fait est bien. Après cela, il faut laisser lire, et marcher en avant avec la prudence nécessaire. »

Mais le moment allait venir où les préventions qui talent lentement amassées contre cet humble asile valent en amener la transformation. Ç*a été là ut-être répreuve la plus douloureuse de la vie du iré d'Ars. Dieu ne pouvait l'atteindre plus profonnaent et à un endroit plus sensible que par la desiiction d'une œuvre où son zèle puisait un aliment lotidien, en même temps que son esprit y trouît une agréable diversion, et son âme une conso- Won et un repos. Dans tQutes les circonstances fficiles et importantes, il mettait en prière ses ères petites filles, et toujours, a-t-il avoué depuis, était exaucé : le cri de l'innocence et de la fai- Bsse est si puissant auprès de Dieu ! C'était une •s pratiques favorites du serviteur de Dieu de •ïnander des neuvaines à la Providence pour la ►nversion des pécheurs. On voyait, à la suite de 'S neuvaines, arriver à Ars des flots d'étrangers. €st ainsi que le pèlerinage s'est formé durant les lnées1825, 1826 et 1827.

Il faut donc, pour comprendre cette dure épreuve,

îli VIE DU GDRlt D'ARS.

remonter d*abord à la volonté adorable qui, pour lit enrichir de nouveaux mérites Tâme d'un saint, lui |«i: impose les sacrilices les plus incompréhensibles au sens humain. Voulant Ater à cette âme prédestinée jusqu'aux derniers vestiges de Tamour-proprej Dieu permit que les préjugés contre la pauvreté de cette maison se répandissent et s'enracinassent partout. Ce n'était pas de la pauvreté aux yeux du monde et de la société officielle de ce temps-là, c'était du désordre, de la mauvaise tenue, une intolérable hygiène, quelque chose d'illégal enfin... Que d'illégalités de ce genre n'y a-t-il pas dans l'Évangile'- Nous ne croyons pas aux pouvoirs humains la force de les supprimer.

A ces reproches, mis en circulation par les ins^ pecteurs de l'Université soutenus de l'administra-' tion civile, le public faisait écho. Quelques-uns de^ habitants d'Ars contribuèrent aussi, par un senti -^ ment de vanité et d'orgueil mal entendu, à discré^ — diter l'œuvre de M. Vianney. Il leur répugnait d'en^ — voyer leurs enfants en classe dans une maison oiX on élevait les pauvres. Toutes ces causegi firent croira à la nécessité d'un changement.

Laissons ici parler Catherine. Jamais le langage (le cette digne fille n'a eu un aussi touchant carac^ tère de sincérité ; il revêt un charme de plus, quand on songe qu'elle a eu une part si grande et si personnelle dans le sacrifice :

« Le démon, jaloux du bien qui s'opérait dans

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