‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 46 sur 87 · COMMENT ON SUPPRIME L'ORPHELINAT · texte numérisé non relu

COMMENT ON SUPPRIME L'ORPHELINAT

élever un temple au Seigneur; il ne Ta pas fait : c'est Salomon qui Ta bâti. »

Dette conversation était-elle une échappée de vue r l'avenir, une sorte d'intuition prophétique? [ parlant de saint Joseph, qui lui demandait quel- .6 chose, M. Yianney faisait-il allusion à la Gonégation de Bourg? Le projet de lui céder sa Proience était-il en germe dans ces paroles? Quoi l'il en soit, ce que l'on ne peut dissimuler, c'est le le serviteur de Dieu ne se rendit qu'à la derère extrémité, lorsque des avis qu'il devait reseter exercèrent sur lui une influence telle qu'il lit par consentir à la transformation jugée nécesire.

La douleur qu'il en éprouva fut très-vive; le ciel, at que nos sacrifices nous coûtent ; mais cette uleur resta sainte ; il ne mêla pas d'amertume à sa nteté. Bien des années après, s'en ouvrant à une rsonne qui possédait sa confiance, à propos d'un Qseil qu'elle lui demandait, et qui avait quelque pport à cela, il lui disait, avec sa figure souinte : « J'avais là soixante à soixante-dix enfants ramassées dans les chemins de la Bombes. Ces pauvres Ûlles ignoraient les premières vérités de la religion : il y en avait qui, à l'âge de la première communion, ne savaient ni Pater ^ ni Ave, ni Credo. Il en est sorti beaucoup de religieuses, bon nombre d'excellentes domestiques, de braves i&ères de famille. Le monde criait contre les plus

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4c grandes, les traitant de fainéantes : ce sont celles « qui ont donné le plus de consolation. Je n'aW u rien pour entretenir tout cela que la Providence : <c elle ne m'a jamais fait défaut. » Et il continiiaà parler un instant sur ce précieux abandon à la Pîovidence qui n'est jamais trompé : « Que No\ieu Seigneur, disait-il en unissant, nous donne la a joie du sacriQce I Jamais il ne prouve son amour u autrement que par les souffrances. Il semble tt qu'il ne saurait parvenir à son but sans cette « voie : c'est la seule qui conduit au ciel. Tout est « bien si nous portons bien notre croix. »

On lui a entendu répéter souvent : « Du temps « de ma Providence^ j'avais soixante personnes à « nourrir : les choses allaient un peu à la bour- (( difaille^ mais l'argent venait de tous les côtés; « j'en avais plus qu'il n'en fallait. Depuis qu'on « a voulu y mettre de l'ordre, les sources ont bien K diminué. »

Dieu ne laisse jamais l'épreuve sans couâolatiou. Si le Curé d'Ars ne vit plus le bien s'accomplir sous la forme qu'il avait d'abord conçue, il le vit se perpétuer et s'étendre sous une autre forme. Sa Providence, devenue une école gratuite et un pensionnat dirigés par les Sœurs de Saint-Joseph, dont la France entière connaît le dévoûment, produisit parmi les jeunes filles d'Ars des fruits excellents, qui adoucirent un peu ses regrets. Son plan avait été modifié et restreint, mais il subsistait dans une

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tie essentielle. Dieu lui accorda le surcroît proi à ceux qui ne cherchent ici-bas que le triomphe lajustice en lui inspirant de fonder des missions, vait semblé, dans ses conseils adorables, lui en- 3r le moyen de sauver des âmes, et c'est, au traire, qu'il préparait le salut d'un plus grand ibre. A côté des grands sacrifices il y a toujours grandes bénédictions. Le pèlerinage d'Ars en la preuve.

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