‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 47 sur 87 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Orlgliie du pèlerliuise. — Sa physionomie peudanl

vlngl-elnq ans.

Ils ne sont pas rares autour de nous les hommes qui, tout en ayant au fond du cœur le respect et l'amour des vérités religieuses , se laissent aller à penser et à dire qu'elles n'ont plus, de nos jours, l'influence que Dieu leur a donnée autrefois. Il n'y a , pour répondre à ces chrétiens timides et découragés, qu'à montrer les signes éclatants qui font de notre siècle un de ceux où Dieu a le plus manifesté «on pouvoir. Parmi ces signes, je crois qu'il nous «8t permis de compter le pèlerinage d'Ars.

ta VIE DU CURÉ d'ars.

Sans doute ce n'était pas la première fois qu'on In avait vu se produire dans le monde ce grand phéiio- b mène d*attractioa.qui soulève les masses, les arrache I li à leur indifférence et les précipite tout émues |î sur les pas d'un saint. Ces mouvements populaires remplissent le moyen Age. Dès qu'un homme parait avec l'auréole de la sainteté, le bruit qui se fait autour de son nom, le courant qui s'établit autour (fc sa personne, continuent sur son tombeau. Tels furent Pierre l'Ermite, saint Bernard, saint Dominique, saint François d'Assise, et, à une époque moins éloignée de nous, saint François de Paule, saint Philippe de Néri, saint Vincent Ferrier, saint Jean-François Régis. Mais on pouvait croire que ces temps avaient fui sans retour ; que l'affaiblissemeat où les cœurs étaient tombés protestait contre toute manifestation d'enthousiasme et de foi ; que, devant une génération désabusée, étala lumière d'une iitt" pitoyable liberté d'examen, les peuples n'étaient plus susceptibles de ce degré d'exaltation qui petmet de les dominer et de les conduire.

A cette opinion aussi fausse qu'affligeaDte le pèlerinage d'Ars est venu donner un soLennel démtfiti> Dans un siècle où l'indépendance de la peneée a (^ portée à ses dernières limites, n'est-ce pas chose merveilleuse que de voir, au sein da peuple le plus spirituel et le plus éclairé de l'Ëiurope, obe hautes et fières intelligences se courber devant un pauvre curé de campagne comme devant un Père de.rÉglise?

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