‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 50 sur 87 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Comiueiit la ^éoérallOD et la conflance publiques tarent attestées par les lettres que le Garé d*Ars recevait de tontes les contrées de l'nnlvers.

Tous les jours , à l'heure du courrier, la petite table de chêne, qu'on voit encore dans la chambre du Curé d'Ars, se couvrait d'une masse de lettres venues des quatre parties du monde. M. Vianney les ouvrait en dînant et les parcourait d'un œil rapide. Quelques-unes de ces lettres commençaient par des formules laudatives : « La grande réputation de sainteté que vous vous êtes acquise... La vénération que j'ai pour vous... L'estime que vous mUnspirez... La confiance que j'ai dans vos lumières... » Alors il n'en achevait pas la lecture, il les froissait avec une sorte d'indignation et les jetait au feu. Débuter par un compliment ou un hommage était , comme on voit , le bon moyen de n'être pas lu. Un grand nombre l'ignoraient, et, croyant écrire à un homme ordinaire , ils usaient sans défiance des phrases obséquieuses qui sont de

de vie religieuse et rester dans le monde pou:**' chercher à y faire une alliance. On voit par cel^*^ lettre que ce jeune gentilhomme s'est converti à Ars, et qu'il a fait une retraite chez les Pères jésuite ^ d'après le conseil de M. Vianney. Ce sont trois vieillards, bien respectables d'ailleurs, et trèshonorés dans le pays qu'ils habitent, qui refusent les secours de la religion. Leur famille se désal€ pour eux, à la pensée que le grand jour approclie, et les recommande avec instances aux prières du saint Curé.

Là, c'est une pauvre victime du mqnde, une jeune fille gâtée par les lectures qui voudrait revenir à Dieu ; mais les passions les plus violentes la retiennent à l'entrée de la voie étroite. Elle tournç autour de la vertu, voulant la connaître et n'osant l'approcher : « vous qui êtes l'ami de Dieu, ditelle, et qu'il écoute favorablement, priez-le pour moi ; obtenez que mes pensées incertaines se Aient en lui... Le monde m'appelle, il me sourit... Je suis encore jeune ; on dit que j'ai de l'esprit. De faux amis ont applaudi à mes premiers essais, littéraires et m'engagent à écrire encore... Mon Père, que Dieu aie pitié de moi ! Si cette lutte se prolonge, je deviendrai folle... J'avais eu la pensée d'aller à Ars pour vous raconter ma vie, — c'est une lamentable histoire! — pour prendre vos conseils, entendre ce que votre expérience sacerdotale vous suggérerait... Au nom de Dieu, mon Père, dites-

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