CHAPITRE III
Des guérlfloiifl obteoaefl à Ar».
lous savons qu'il est très-facile de faire hausser épaules à une foule ignorante en prononçant ant elle le mot de miracle. Mais qu'est-ce que 1 prouve contre la raison, contre l'histoire et itre la toute-puissance de Dieu ? Dieu peut-il faire miracles et peut-il, comme il l'a promis, accorder Ion des miracles à qui il lui plaît? Cette question résolue en même temps qu'elle est posée, pour conque croit à l'existence de Dieu. Et quant à la lité du miracle, c'est un fait qui se constate, ime tous les autres faits extérieurs, par le témoige. Ce chapitre ne sera donc qu'une longue aum de témoins, devant lesquels nous nous hâtons iéposer la plume, heureux de n'avoir pour le nent qu'à écouter.
est d'abord Catherine Lassagne que nous allons indre: c'est le plus ancien et le mieux renseigné témoins. <cM. le Curé, écrivait dès 1830 cette
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simple et digne fille, cache autant qu'il peuples grâces de guérison qu'il obtient, mais il en obtient beaucoup... Je crois qu'il aimerait mieux guérir les âmes. » Catherine ne se trompait pas, et M. Viaimey disait souvent dans son langage naïf : u J'ai demandé « à sainte Philomèue de ne pas tant s'occuper des <( corps, et de penser aux âmes, qui ont bien plus « besoin d'ôtre guéries. »
(( Une des directrices de la Providence se mourait d'une fièvre maligne accompagnée de délire et de transport au cerveau. Les médecins l'avaient abandonnée. Elle ne voyait plus, n'entendait plus; on pensait qu'elle ne passerait pas la journée. C'était un samedi. Quand l'heure de l'agonie parut arrivée, on lui fit la recommandation de l'âme; elle ne s'en aperçut pas. Mais voilà que tout à' coup elle onm les yeux et dit : « Je suis guérie !... m Le cierge, qui devait éclairer ses derniers moments et veiller auprès de son cadavre, brûlait encore. Elle demanda: « Qu'esl-ce que ce cierge fait là?» On lui dit qu'on venait de réciter les dernières prières pour son âme. Elle voulut se lever, ce qu'elle fit avec l'aide A sa compagne ; elle resta assise un moment ne sentant plus aucun mal. On appela le médecin, qui ne lui trouvant pas de fièvre ne pouvait en croire ses yeux. Il déclara que c'était un miracle. M. le Curé avait dit la veille : a J'ai presque grondé sainte Philo- « mène. J'ai été tenté de lui reprocher la chapelle « que j'ai bâtie en son honneur. » Ce qui foit Toir
l'ai
GUfiJUSONS OBTraUEB A ARS 2i3
^u*i| avait prié pour cette guérison. Elle arriva ^^ 1838.
u Une de nousy continue Gatherinç, fit un jour à ^HepauTre femme l'aumône d'un vieux bonnet qui ^ servait plus à M. le Curé. Cette femme, en coiffîmt de ce bonnet la tête de son fils, pensait: lie Curé d'Aps est un sainU Si j'avais la foi, mon enfant guérirait. Ce petit garçoa s'étaiît fait une blessure à la tête. Quand la mère voulut visiter l'abcès et faire te pansement, le mal avait disparu et la plaie était sècbe. »
Deux protestants de marque vinrent à Ars et funeat introduits dans la pauvre cbambre du serviteur de Sieu^ L'un d'eux, ministre de la religion réformée, mit la conversation sur les miracles, et ne voulait pas les admettre : a Comment I dit M. Viande, aey, vous niez, les miracles? Mais je puis vous H jeôrtiûer que j'en ai vu moi-même, et des plus Il étennaaits. » Où avait-il vu des miracles, si ce n'est à itrsl Naus prenoins acte de cet aveu qui confirme Ifis faits que nous allons raconter.
4c <Au mois de juillet 1 8i2, nous écrit un respectable Curé de notre diocèse, je Asie pèlerinage d'Ars pour la première fois ; je n'oublierai jauauis l'impression que j'en ai rapportée. Le saint Curé faisait son catéobisme dansime gi*ande saUe de la Providence; j'eus le bonbfeuT d'y assister en compagnie de quatre-
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vingts orphelines. Au sortir de là, j'eus un quart d'heure d'entretien avec M. Vianney. J'arnseatendu parler beaucoup et diversement delaguéïisoU miraculeuse d'une dame de Bourg; je lui fis part d^. quelques velléités d'opposition que ce fait avait' rencontrées.
« Mon ami, me répondit-il, laissons dire lesgen^ (( du monde. Hélas I comment verraient-ils? Ils son '^ « aveugles. Notre-Seigneur ferait aujourd'hui tou^ « les miracles qu'il a faits en Judée, qu'ils n'y croL— « raient pas. Celui à qui tout pouvoir a été donné- - « n'a pas encore perdu son pouvoir. Par exemple 1 <( semaine dernière, un pauvre vigneron de l'auti « côté de la Saône a apporté sur ses épaules uc^ « petit garçon de douze ans, estropié des deu^ « jambes et qui n'avait jamais marché. Ce brav^ (( homme a fait une neuvaine à sainte Philomène^ « et son petit a été guéri le neuvième jour; il s*esCM « est allé en galopant devant lui. .. Autrefois Notre- (( Seigneur guérissait les malades , et ressuscitait (( les morts. Il y avait des gens qui étaient présents, « qui voyaient de leurs yeux ces prodiges et qui « n'y croyaient pas. Les hommes sont toujours et « partout les mêmes. Si le bon Dieu est puissant, « le diable l'est aussi; il se sert de son pouvoir « pour aveugler le pauvre monde. »
Un homme se présente un jour à M. Vianney pour implorer la guérison de son enfant qui était
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lOrme. Le Curé d'Ars l'engage k se confesser. Il a - la peine à s'y résoudre, parce que son métier t de faire danser les villageois et qu'il ne veut i s l'abandonner. Cependant il s'exécute, et la grâce trie à son cœur, ainsi qu'il arrive toujours après t, acte d'humilité et de repentir. De retour chez î, il prend son violon, le met en pièces sous les 'Ux de sa femme et en jette les débris au feu. A ^^ure même son enfant saute de joie et s'écrie : !"€ suis guéri I »
Xjà guérison suivante reporte naturellement la 'Usée sur l'officier de Capharnaûm, qui demande •- divin Maître, avec une confiance si ferme
une humilité si touchante, la guérison de son B. L'homme dont nous allons parler n'était qu'un ïiiple gendarme, mais sa foi était aussi vive que -lie du Centenier. 11 venait de perdre sa femme et 'avait qu'un fils âgé de six ans, dont les jambes Paient nouées, et qui ne marchait pas. Son humble >lde ne lui permettant pas de payer une domestique,
allait être forcé de quitter le service pour prendre >in de son petit orphelin. Il eut l'idée de faire le ^lerinage d'Ars ; il obtint une permission de trois ►urs et se rendit à Lyon. Quand il fut au bureau des >itures, quelques personnes le virent portant son ifant sur ses bras et lui dirent : « Où allez-vous
avec ce petit malheureux ? Vous êtes bien simple !
Le Curé d'Ars n'est pas médecin. C'est aux incu-
« rables qu'il faut le porter. >> Le bon gendacme ne se laissa pas détouroer par ce persiflage ; il se rcnilit auprès de M. Yiaaney et loi raconta sesmalheurs : « Mon cher ami, lui dit le servitevr de « Dieu,votre fils guérira. » Cette phrase n'était pis achevée qu'un léger craquement se fit entendre; 19^ jambe infirme se redressa, et l'enfant se mit à mar — cher.
En 1 8t8, un jeune homme fit ime chute dé chevi qui occasionna des lésions graves. Après avo inutilement fait appel à l'art des médecins, parents prirent le parti de le conduire à Ars. C3< malheureux souffrit crueUement pendant le tr&" jet. Le saint Curé ayant conseillé une neuvaiP^ en l'honneiir de la sainte Vierge et de sainte Philomène, chaque jour on le portait^ l'église pour f faii^ les prières prescrites. Ses douleurs étaient parfois si aiguës qu'elles lui arrachaient des cris i fendire l'âme. Dès les premiers jours, il avait eoni' mencé sa confession, mais de grands obstacles â'Gtpposaient à son retour à Dieu.. La première Q^vaine fut inutile. Le malade en commeuca une seconde avec des dispositions moins écpivoqnes; son élat s'améliora sensiblement ; il put marcher à l'aide de béquilles. Un sentiment ée FeconniûsBance le porta à faire uiîe troisième neuvaine, au bout de la€(Mlle il finit sa confession, commuma avec beaucoup de piété el recouvra en môme temps la sauté
GUÉïaSOK& OBTENUES A ARS. 247
de;l*àiie et dn corps. Il voulut rester encore quinze iours à Ars pour recervoir les conseils dei son bien- &itjeur; il y édifia tout le monde par son recueilteiiaeirt, sa ferveur, sa présence continuelle à l'église. **tZ9ieurs témoins disent avoir vu ce jeune homme *Pï^8 «a guérisôn. Rien dans sa démarche ne trahissait les suites de son terrible accident.
Dans les premiers jours de mai 1851, il vint à
'^ï's un homme dans la force de Tâge, dont les
rx étaient malades par suite d'une congestion.
^s médecine avaient épuisé smr lui tous les genres
^^ traitement. Après deux jours passés à Ars, il
^^ se trouva point soulagé et partit sous le poids
^*ani dfeauragement profond. Une jeune nièce, fort
'l^ieuse, qui l'accompagnait, ne partageant pas sa
fléfiaoce, le suivit au départ ; mais elle revint presque
aniflsitôt, et, Bur l'avis de M. le Curé, elle fit une
leavaine à l'intention de son oncle. Cette neuvaine
toadiait à son terme, et il n'arrivait aucune nouvelle
satisfaisante. Tout à coup liL Vianney lui dit : « Ma
« petite, je crojs que vous pouvea partir. La persoime
« à Iftqaelle'vous vous intéresseu ne soutft*e plus. »
Asnà^fé^ cbtz fton. oncie/la jeune flUe eut la joie de
le trouiferpaferftiitemient guéri.
Cet homme ne fut point tegrat.il vint à plusieurs
. reprises vesnersieriDieu <te sa^éri^on dans le lieu
oà il l'avtit' obtenu«« Il avait déjà fait trois fois
le pèlerinage d'Ars en f ^5. Ses yeux étaient par-
iïH VIE DU CURÉ D'ARS.
i'aitemcut sains : » Je suis convaincu, disail-\l, « (jue c'est aux prières du vénérable Curé d'Ars '( et de mon angélique nièce que je doismagaé- <« rison. Je l'attribue aussi à la sainte Yierge qu& « j'ai toujours invoquée, même quand le soucide^ (( affaires me détournait de mes devoirs. C'est pou^ « m'y ramener que Dieu a permis cette épreuve. n Je neveux plus m'occuper désormais que du salti^ « de mon àme. »
Une jeune veuve, du Puy-en-Velay, était venui-^ à r hôpital de Lyon demander sa guérison à la scient ^ des médecins. Depuis six mois, elle souffrait cru^l' lement d'une tumeur au genou et ne marcha^i^ qu'avec des anilles. N'obtenant rien des remèdes ^ des soins prodigués par les Sœurs de l'hospice, ell^ arrive à Ars. Pendant quinze jours, elle prie ;ell^ se recommande à M. le Curé, à sainte Philomène, a Notre-Seigneur, avec qui elle s'était mise en grâc^ par le bienfait de l'absolution et de la communioU' Enfin elle s'en va guérie, ayant déposé ses bâtons sur l'autel de la thaumaturge.
Pendant son séjour à Ars, cette veuve avait parié d'un de ses cousins, atteint depuis dix ans d'une affection de la peau. Tout le monde admirait sa patience; mais personne ne pouvait l'approcher, tant ses plaies étaient infectes et repoussantes. « Il « est peut-être mort maintenant, disait-elle, ou aban- «donné de tous... S'il guérissait, ce serait un des
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plus grands miracles qu'on ait vus. » Encouragée ir la bonté du serviteur de Dieu, elle lui recomanda son parent, en lui dépeignant sa triste situa- >» : « Oui, mon enfant, dit M. Vianney, je prierai pour lui. Vous lui remettrez, de ma part, une médaille de sainte Philomène, en lui conseillant de faire une neuvaine à cette bonne petite Sainte.» le partit tout heureuse, et en arrivant au Puy, première visite fut pour son cousin, a Je suis guérie, lui dit-elle, mais Thôpital de Lyon n'y est pour rien. Je ne dois ma guéri son qu'à M. le Curé d'Ars. Tenez, voici une médaille qu'il m'a chargée de vous remettre. Faites une neuvaine à sainte Philomène et ayez confiance. Celui qui m'a guérie, priera pour vous. » Le malade commença L neuvaine avec ferveur. Bientôt il se trouva îeux. Trois mois après il vaquait à ses travaux.
Au mois de février 1857, une femme du peuple nt à Ars, portant à son cou un enfant de huit ans li ne marchait pas. Pendant vingt-quatre heures itte femme s'attacha avec l'opiniâtreté du déses- )ir à tous les pas de M. Vianney, faisant sentinelle IX abords de son confessionnal, se précipitant à . rencontre dès qu'il apparaissait, et lui montrant n enfant avec un geste et un regard si expressifs ins leur suppliante énergie, qu'on en était ému squ'au fond des entrailles. Rien d'aussi miséble et d'aussi touchant que ce groupe, et nous
thO VIE DU CURÉ D'AB5.
a*avions pas le courage de faire comme lasaj^Uegr ï qui s'indignaient des cris de la Ghananéenne et 4. auraient voulu que le Maître la renvoy&t. 1%
Le Curé d'Ars avait souvent béni cet enfant, ei il 1 P avait adressé h la mère des paroles de conselatkm et li*] d'espérance. Après qu'ils furent rentrés tous dem k dans le gite qu'ils avaient choisi pour lani&it: L « Mère, dit l'enfant, vous m'achèterex des sabot£> |} « parce que M. le Curé m'a promis que je marche- (( rais demain. » Soit que vraiment M. Vianney eut fait cette promesse au petit malheureux, soit que celui-ci l'ait conclu, dans sa naïve confiance- Il des paroles et des regards (^'encouragement qu'il |} avait reçus, quoi qu'il en soit, les sabots fùreat achetés d'après le conseil des habitants chez qui ce couple infortuné logeait.
Or, le lendemain, à la stupéfaction générale, l'enfant qu'on avait vu porté si péniblement surles bras de sa mère, courait dans l'église conmie uB lièvre, disant à qui voulait l'entendre : « Je sois (( guéri 1... Je suis guéri 1 » La pauvre mère cachait dans Tombre d'une chapelle sa joie et ses larmes. Nous la vîmes, nous rint^rogeftmtfi nous voulûmes la présenter au serviteur, de Dieu, au moment où il se préparait à dire la messe. G^ femme avait besoin de le voir, de lui parler, défie jeter à ses pieds; sa reconnaissance rétouftait. M. Vianney accueillit notre demande avec un silence froid et presque sévère qui ne nous penooit
3 d'insister. Apjrès k messe nous fimes une noulle tentative plus heureuse. « Monsieur le Curé, îette femme vous prie de l'aider à remercier sainte ^hiiomène. » Il se retourna et bénit silencieuse- Bnt la mère et Tenfant. Puis, de Tair le plus déppointé ^t sur le ton du mécontentement le plus Xfève : (( Sainte I%ilomène^ dit-il, aurait bien dû ptéfir ce petit chez lui!... »
Dans Tété de 1858, il y eut une guérison soudaine ïot furent témoins tous les pèlerins et tous les hatentB d'Ars. C'était un jeune homme du Puy-de- 6me qui ne marchait qu'avec peine, à l'aide de âquilles. Il se présenta au serviteur de Dieu en diint : (( Mon Père, croyez-vous que je puisse laisser ici mes béquilles? — Hélas ! mon ami, vous en avez bien besoin , répondit le serviteur de Dieu. » Le mvre infirme ne se rebuta point. Chaque fois qu'il 1 avait l'occasion, il renouvelait sa demande. Enfin jour de l'Assomption, à l'heure où la foule s'asimblait pour l'exercice du soir, il saisit encore . Vianney au passage de la sacristie à la chaire, et li fit son éternelle question : « Mon Père, faut-il quitter mes béquilles? — Eh bien 1 oui> mon ami, lui fut-il répondu, oui, si vous avez la foi....» . l'instant, le jeune homme se mit à marcher, au pand étonnement de tout le monde ; il alla déposer 3S béquilles au pied de l'autel de Sainte-Philomène, t oncques il n'en eut besoin. Par reconnaissance.
il a fait depuis profession à Belley, dans llDStitat des frères de la Sainte-Famille.
Le 28 du même mois, une paralytique Tint de Cette à Ars; elle ne pouvait faire aucun moimment ; ses articulations étaient monstrueusemeni nouées et gonflées. Après avoir vu M. Vianney, elle assista à la messe, dans la chapelle de la Sainte- Vierge; elle s'approcha de la sainte table en se traînant péniblement sur ses béquilles. Mais à peine eut-elle reçu Notre-Seigneur qu'elle se trout» guérie. Il y eut dans Téglise un mouvement d'admiration si peu contenu, que le célébrant fut foreè de s'interrompre; il acheva de donner la communion après la messe.
Voici un rapport intéressant que nous devons à la reconnaissance de la personne même qui a été l'objet du miracle :
Lapai ud, le 2 octobre 185S.
« Mon Père,
« Ma maladie, qui durait depuis près de huit ans, était jugée incurable par les médecins que j*ai consultés et qui en ont suivi le cours. Le seul espoir qu'ils m'aient donné, c'est que les soins pourraient améliorer un peu ma santé ei me procurer un léger soulagement. C'est au mois de décembre 1 850 que j'en ressentis les premiers symptômes. Je commençai à éprouver des douleurs d*eslomac et de violents maux de lêlc ; je devins d'une impressionnabilité tellC; que
loindre contrariété ou la moindre surprise nfaiïectait au it de me causer les plus vives souffrances. Je perdis ïge de mes jambes et je fus sujette à des spasmes et à des aouissemenls, qui se succédaient d'heure en heure. Cet
dura huit ans avec des phases et des alternatives diverses, s sans amélioration décisive; et si la science a pu, par irvalle, et pour un temps bien court, me procurer quelque lagement, elle a été impuissante à me guérir. Je n'avais s de recours qu'à Dieu et de remède que dans la patience la résignalion. Je méditais depuis longtemps le projet 1er aux pieds du vénérable Curé d'Ars ; diverses circonsces m'avaient retenue. Peut-être Dieu Ta-t-il voulu ainsi, t de me forcer à épuiser tous les n.oyens humains, et par ipuissance reconnue de ces moyens m'amener à mettre en toute ma confiance.
' Je partis pour Ars, le 18 août dernier. 11 y avait un is environ que j'étais revenue des eaux de Lamalou, et k le faible bénéfice que j'avais cru retirer de mon traitent avait disparu. Ce ne fut que le 2-1 que je pus voir Vianney. Je lui expliquai le but de mon voyage, et lui deadai instamment le secours de ses prières, afin d'obtenir Jrâce de pouvoir me mettre à genoux, lire et entendre , assister à la messe et au sermon. Il me donna une daille de sainte Philomène, m'engagea à faire une neune et dit en me quittant : u Je penserai à vous. Si vous ïz la foi, vous guérirez. » Ces dernières paroles me rappeent celles du Sauveur : • Tout est possible à celui qui »it. » Et je demandai au bon Jésus d'augmenter ma foi. « Le même jour, je commençai ma neuvaine : c'était un ïiedi. Le vendredi suivant, je fus assez heureuse pour voir
le Curé. Je lui demandai s'il pensait que sainte Philomène accordât bientôt la grâce que je sollicitais : « Oui, mon
qui souiTrit toutes les contradictions et supporta toutrs les douleurs sans se plaindre et sans éti*e un seul jour diirrrent de lui-même; qui fut humble dans la plénitude des dons de Dieu et dans le rayonnement d'une popularité à laquelle nulle renommée contemporaine ne peut se comparer; qui vécut quarante ans sans nourriture, sans sommeil et sans repos, dans un labeur de seize à dix-huit heures par jour, et qui acheva sa carrière de souffrance, de ftitigue et de gloire sans avoir laissé échapper im signe d'impatience ou un mouvement d'orgueiJ... En vérité, s'il faisait des miracles, le bon Saint, ce n'était pas sa faute, et surtout ce n'était pas à soff profit : de toutes les croix qu'il porta, ce fut assurément la plus lourde. A cause du don des miracles, il fut cruellement exercé dans sa patience, effrayé daï*^ son humilité, tyrannisé par les exigences de la foul^ Certes, nous concevons qu'il se soit plaint à saitt*^ Philomène qu'elle les multipliât trop; qu'il l'ai* conjurée de les faire plus loin, à huis clos, sanscp>^ le monde s'en aperçût ; de ne pas tant s'occuper d^ corps, mais de signaler plutôt sa puissance sur 1^^ âmes; et qu'enfin il ait traduit et résumé cesset^' timents dans un mot d'une incomparable et ravi^' santé naïveté : Sainte Philomène aurait bien p^