GUÉRIR CE PETIT CHEZ LUI
une qui s'est manifesffcée par des prodiges. Chaque née, des milliers de malades y soat accourus des dtrées les plus lointaines, avec une confiance qui &*est pas démentie pendant trente ans, et que eu s'est plu souvent à récompenser. Sans doute, i& n'en ont pas rapporté lia santé qu'ils étaient lus chercher, mais tous y ont trouvé, dans la «ure de leur foi, des grâces de résignation et de ce, une notion plus chrétienne de la douleur et ^ vue plw idâire des prérogatives qui y sent attaîes* Nul, que nous sachions, ne s'en est allé deçu^ >jans le monde peut-être on ne croira pas ces >ses; les chrétiens qui savent ce que vaut l'huité devant Dieu les croiront. Ils n'ignorent pas ju'il en coûte pour faire un saint, et ils estiment t la guérison d'un malade désespéré est un mile moins grand que celui d'un homme complélent mort à lui-même, ne se recherchant jamais rien, humble sans murmure dans l'humiliaa, heureux de souffrir au milieu de continues souffrances. A ceux qui leraient quelque Bculté d'admettre les récits et les preuves que as venons d'accumuler, nous nous contentercms rappeler qu'il y eut à Ars, pendant un demicle, un miracle plus surprenant que tous les faits * lesquels leur doute et leur négation s'exercent : Qairacle de la vie de cet homme si austère et si i> si doux et si fort, si simple et si éclairé, si plein -andeur, d'aimable gaîté et d'invincible courage;
l'a fait revivre. Aucun prodige, à notre sens, n'est comparable à ce prodige. Eh bien I voilà quelsfaits se sont accomplis à Ars pendant trente ans, dins des milliers et des milliers d'âmes; voilà ce que rincrédulité du lecteur aurait à combattre.
Eli général le Curé d'Ars a trouvé les hommes faciles, bienveillants, préparés à la conquête qu i^ souhaitait faire de leur âme à Dieu et à la vérité- Le Seigneur Jésus voulut que ce cœur si humbl^ et si doux entrât en jouissance de l'empire prom* à la douceur. Réservant pour lui les saintes vi^^ lences qui gagnent le ciel, M. Vianney répandaitsiT^ ceux qui l'approchaient cet esprit de mansuétu(^ et de paix qui possède la terre. Avec quelle tendres^ son âme s'ouvrait sur les pauvres pécheurs î le b^ soin de pleurer était toujours le premier qu'il éproi^ vât en leur présence. Il y avait dans ses yeux con:^ tinuellement voilés de larmes, quelque chose de ^ doux et de si pénétrant, qull convertissait par •-* regard autant que par la parole. Mais quand i^ parlait, c'était avec des mots qui faisaient fondra les cœurs.
« Que c'est dommage I Encore si le bon Dieu i n'était pas si bon I... mais il est si boni... Noo, on ne peut pas comprendre tant de méchanceté <( et d'ingratitude I...
« Mon Dieul qu'aimerons-nous donc, si nous a n'aimons pas l'amour?... Nous fuyons notre ami « et nous aimons notre bourreau... Que c'est dom-
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aiage !... Le pécheur est vraiment trop malheureux!... »
St sa voix s'éteignait dans les larmes, et il les uyait sur ses joues du revers de sa main. Un Li* qu'elles coulaient avec plus d'amertume sur pauvre pécheur agenouillé à ses pieds, celui-ci, at le cœur était demeuré sec et froid, se sentit uué à la fin. Regardant son confesseur avec nnement : a Mais, mon Père, dit-il, qu'avez-voùs ant à pleurer I — A.h ! mon ami, lui répondit le saint prêtre, je pleure de ce que vous ne pleurez pas. »
)û le voit, c'est bien moins par les séductions et artifices du langage, que par toute cette vie de parole humaine, par tout ce feu qui sort du cœur des yeux d'un apôtre, par cette grâce divine que œuvres de la foi et de l'amour font surabonder is les saints et qu'ils répandent sur leurs audirs, que le Curé d'Ars atteignait les âmes, qu'il
éclairait, les touchait, les transformait. Un iple mot sorti de sa bouche , produisait en un tant des miracles que tous les livres et tous les M>urs n'auraient jamais opérés.
A première conquête que M. Vianney fit àNotre- ^eur fut une femme janséniste de Fareins, im- I de tout l'esprit de la secte. Cette femme, à qui
orgueil et son entêtement tenaient lieu de nce, était connue pour son attachement à l'err et l'ardeur indiscrète de son prosélytisme. Elle
vint à Ars, on ne sait pourquoi, un jour de fêle de la sainte Vierge. Elle observa beaucoup le nouveau Curé pendant les vêpres. Quel ne fut pas l'étonnément du public en la voyant après roffice s'approcher du saint tribunal! La séance qu'elle y fitfa^^ longue naturellement. Chacun se disait : Notr^ saint Curé viendra-t-il à bout de faire entendre raî^ son à cette entêtée? Il y parvint à force de patience - Ses paroles achevèrent ce que son seul aspect àvai^ commencé. Après les épreuves nécessaires, celt:'^ femme reçut les sacrements de pénitence et d'ei"*- ^ charisLie; elle se convertit solidement. Afin d'c^^ chapper aux sollicitations de ses coreligionnaire^' elle prit le parti de se fixer à Ars, où elle fut ii.* sujet d'édification pour tout le monde. Elle ne ce^ ' sait de gémir sur le malheur de son infidélité passè^ et de remercier Dieu d'avoir daigné ouvrir ses yeif.^ à la lumière. Elle mourut dans le baiser du Seigneu^^ avec les sentiments de la foi la plus vive et de l^ charité la plus ardente.
Quelque temps après, la réputation de M. Viaoney commençant à s'étendre, il y eut un événement qui émut beaucoup les esprits : ce fut la conversion d'un savant lyonnais, nommé Maissiat. Un curé de nos amis se trouvait à Ars dans le moment; il désira savoir de cet homme les détails de son retour à Dieu. Voici ce que le nouveau converti lui raconta: « Il y a huit jours que je quittai Lyon pour faire
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Qe excursion géologique d'un mois à travers les 'ontagnes du Beaujolais et du Maçonnais. Dans la iture qui me conduisait à Villefranche se trouva, ^ hasard, un vieillard qui se rendait à Ars; il me des instances pour que je l'y accompagnasse : ^ï^ez, me dit-il, vous verrez un Curé qui fait des ^i^acles. —Des miracles? répondis-je en riant.
e crois pas aux miracles. — Venez, vous dis-je;
s verrez et vous Croirez. — Oh 1 pour le coup,
ous réussissez à faire de moi un croyant, c'est
^^s qu'il faudra crier au miracle!... Eh bien! va
^^r une promenade à Ars... Ars n'est pas loin du
^Ys que je dois explorer; je vous accompagne. »
*^ Arrivé ici, mon ami me case chez la veuve
^^Uard; nous occupons la même chambre. De
^^^d matin il me réveille et me dit : « Voulez-vous
^e faire un plaisir? c'est de venir à la messe avec
ftoi. — A la messe? je n'y ai pas été depuis ma
première communion. Ne pourriez-vous pas me
demander autre chose? — Vous y viendrez pour
me faire plaisir. C'est là que vous pourrez voir et
juger le Curé d'Ars. Je ne vous demande que de
le bien regarder. Je vous chercherai une place
d'où vous puissiez le faire à votre aise. —
Quant à cela, j'y tiens fort peu ; mais je tiens
à ne pas vous désobliger. Vous voulez me mènera
la messe? Soit; je suis à vos ordres. »
« Nous voilà dans l'église : mon vieil ami m'ins-
ille dans le banc qui fait face à la sacristie. Bientôt
la porte s*ouvrc, et le Curé d'Ars en sort a\ecte 1 ■ ;^ ornements sacrés. Ses yeux rencontrèrent lesmW* I * ce ne fut qu'un regard, mais il pénétra jusqrf^w^
fond de mon cœur. Je me sentis écrasé sous ce ^^ regard ; je m'inclinai profondément, je cachait» 1 ' tête dans mes deux mains. Pendant toute la messe je restai immobile ; après la messe, j'essayai des0Qr lever ma t(He appesantie et je voulus sortir, mais en passant devant la sacristie, où se pressait la foule, j'entendis ces mots : « Sortez tous, sortez tousU En même temps une main osseuse se posa sur ma main, et je fus attiré comme par une force invincible. La porte se referma sur moi; je me trouvai vis-à-vis de ce regard qui m'avait foudroyé. Je balbutiai quelques mots : «Monsieur le Curé, j'ai sur les épaules un poids qui m'écrase. » Une voii d'une douceur angélique, d'un timbre inconnu, qui ne me semblait pas sortir d'une poitrine humaine, me répondit : « Mon ami, il faut vous en débarrasser « au plus vite. Mettez-vous à genoux; vous me ra- « conterez votre pauvre vie, et Notre-Seigneur se (( chargera de votre fardeau, car il a dit : « Venez à «moi, vous tous qui êtes chargés, et je vous sou- (dagerai. »
(i Alors mon trouble disparut, et sans penser que je faisais une confession, je me mis à raconter à ce saint homme l'histoire de ma vie, depuis ma première communion. Pendant ce tempslà, il m'arrosait de ses larmes, et par moments il
-riait ; « Que le bon Dieu est bon ! comme il vous
^ aimé 1 » Et moi, je ne pleurais pas ; mais mon
Aorme fardeau disparaissait; je finis par en être
ûtièrement soulagé. « Mon ami, ajouta le Curé
' d'Ars, vous reviendrez demain. Allez devant l'autel
* de Sainte-Philomène; vous lui direz de demander à
« Notre-Seigneur votre conversion. » Je n'avais pas
pleuré à la sacristie; mais j'avoue que je pleurai
beaucoup aux pieds de sainte Philomène. Oh î qu'il
y a de volupté dans les larmes I...
« Monsieur l'abbé, ajouta le converti en s'adrcssant à son interlocuteur, c'est demain que je dois recevoir mon pardon, et, après mon pardon, le corps de Jésus-Christ; auriez -vous la bonté de dire la messe pour moi, afin que je ne sois pas tout à fait indigne d'une si grande faveur? »
M. Mais.siat assista au saint sacrifice que le Curé offrit à son intention, et alla recevoir la grâce à laquelle il se préparait depuis neuf jours. Il demeura encore quelque temps à Ars ; il renonça à sou exploration savante et retourna chez lui pour savourer dans la solitude les joies de son retour à Dieu.
En 1838, un homme attaché à la navigation de la Saône avait accompagné à Ars quelques personnes de sa connaissance. Ce marinier payait un large tribut à l'indifférence et aux préjugés des gens de sa classe et de son époque. Il avait en horreur les prêtres et la confession, et il s'emportait contre
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bonne heure dans un collège de TÉtat, comme at d'autres jeunes gens de son âge il avait été is en contact avec tous les genres d'incrédulité, îndant huit ans, Terreur lui fut présentée sous s formes les plus variées et en même temps les ius imposantes. Les bonnes habitudes qu'il avait intractées au foyer de la famille tournèrent bienit contre lui, Les sentiments de déférence et de -spect qu'on lui avait inspirés pour les hommes ses, le livrèrent sans défense aux enseignements G ses maîtres. Il ne put échapper à une influence tti l'enveloppait de toutes parts ; il commença par 'i^e honteux de ses croyances ; puis il devint maté- ^liste et sceptique. Sorti récemment de l'école, il '^it en train de faire des essais, lorsqu'il entendit ^rter du saint pèlerinage. Il vint à Ars comme un ^^rcheur de vérité, ne s'attendant guère à la trouver •ï et « disposé |plutôt à rire du comédien et de la
Deux guérisons eurent lieu le jour de son arrivée.
voulut nier, mais plus il examina, plus il in-
irrogea, moins il lui fut possible de douter que
eux personnes étrangères comme lui, venues ma-
ades à Ars, s'en fussent retournées guéries. Il se dé-
ida à avoir une conférence avec le serviteur de Dieu
Monsieur, lui dit-il en l'abordant, je n'ai pas la
foi ; pourtant je dois vous avouer que je suis un
peu embarrassé pour expliqueras guérisons dont
je viens d'être témoin. Je ne demanderais pas
iGG VIE DU CURÉ D*AES.
« mieux que de croire à quelque chose, et je \o^ « serais obligé de me dire comment il faut lï^ \ « prendre pour cela. — Mon ami , lui répou^^ «M. Viauaey, approchez^vous de Dieu, il s'appT^ (( chera de vous. Sa grlce éclairera votre esprit, « vous croirez. 11 faut vous confesser. »
Ces paroles, aidées sans doute de la prièn&iint rieure du saint prêtre, allèrent droit à rame jeune incrédule. Il se troubla, il balbutia, et, apr^*^ un court moment d'hésitation, il tomba à genou.^ Ou le vit sortir du confessionnal les yeux en larme^ un chapelet à la main. Il ût à Ars un séjour d*ui^ mois pour achever de s'instruire et de s'aHermc: dans la pratique du bien. A. son départ, Notre-S^ gneur était formé en lui.
Une dame incrédule, victime dans son enfant d'une éducation qui n'avait développé en elle 4 ^ les instincts, et plus tard, dans le monde, victiin^ de ces pratiques corruptrices et ,de ces maxinoâ» complaisantes qui divinisent tous les mauvais penchants et encouragent toutes les faiblesses, en était venue à blasphémer les vérités qui la condamnaient, ' les vertus qu'elle n.'avait pas, Jes devoirs dont elle s'était affranchie. Elle fut amenée à Ajs par un sentiment de curiosité, ou plutôt parce que l'heure de la miséricorde avait sonné pour elle, sans qu'elle s'en doutât ni qu'elle l'eût mérité, Elle chercha, dès son arrivée, à obtenir une audience du saint Curé.
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coup servir ses bons désirs. Des intérêts commerciaux appelèrent M. N... à Lyon; elle Ty accompagna. Ses affaires terminées, elle lui dit au moment du départ : « Mon ami, si vous vouliez, nous « passerions par Ars, en nous en allant : ntiné- « raire n'est pas plus long. Il y a ici des voilures « qui y conduisent. Nous verrions ca bon Curé dont « on parle tant. » La proposition fut dcceptée : c'était une première grâce de Dieu.
En arrivant à Ars, madame N-. eut une entrevue avec M. Vianney. De retour à Thôtel, elle dit à son mari : « Vous devriez aller voir M. le Curé. C'est « un homme extraordinaire , un saint du temps « passé ; vous ne serez pas fâché de le connaître. » Le mari ne se fit pas prier : la grâce était présente, et c'est à elle qu'il cédait pour la-seconde fois sans s'en
douter. Introduit à la sacristie, seul en face du serviteur de Dieu, il lui offrit ses civilités, comme pouvait le faire un homme bien élevé, et le complimenta sur sa réputation. Le Curé d'Ars reçut cet hommage en rougissant, avec la timidité d'un enfant qui s'ignore. On parla de choses indifférentes. Le visiteur se disposait à prendre congé, lorsque M. Vianney le retint en lui disant: « Mon ami, vous partez déjà? « Mais vous avez encore quelque chose à me dire. « — Monsieur le Curé, je vous demande pardon; je « n'ai plus rien à vous dire. Je ne suis venu ici que « pour avoir l'honneur de vous présenter mon res- « pect. » Le saint prêtre arrêta sur lui un de ces
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çards profonds dans lesquels il y avait toute la idresse d'un père et toutes les lumières d'un proète: « Mettez-vous là, lui dit-il en lui montrant son confessionnal. — Monsieur le Curé, lui répondit 5on interlocuteur visiblement ému, je ne suis pas irenu pour me confesser; je le ferai peut-être un jour, mais je ne suis pas disposé pour le moment. » Cependant le regard de l'homme de Dieu était ujours fixé sur lui, et il lui semblait lire dans la tmme expressive de ce regard : « Pourquoi différez-vous? Je n'accepte point votre refus, et vous ne me quitterez pas que vous ne soyez à Dieu. » Il reprit: « Mais, Monsieur le Curé, je ne peux pas... Je n'y ai pas songé... Il faut que j'y réfléchisse. )) Et, tout en disant : « Je ne peux pas, » tombait involontairement à genoux et commen- Ut son Confiteor. Le lendemain, il y eut une scande séance, dans laquelle le pénitent fit les derîers efforts pour lutter contre la grât:e. A peine it-il demeuré quelques minutes au saint tribunal, u'il sortit brusquement de la sacristie et traversa chœur sans saluer l'autel. Sa pauvre femme était 'osternée dans un coin de l'église. En le voyant irtir si précipitamment, elle ne savait que craindre 1 qu'espérer. Elle le suivit, dans un trouble exême: « Qu'avez-vous? lui dit-elle, êtes-vous malade? — Non, répondit le mari d'un ton bourru, mais partons vite. »
Bouleversée par ces paroles, madame N. . . mit tout
en œuvre pour calmer son mari et pour le distraire; I quelques personnes se joignirent à elle. Cette grande émotion s*apaisa: M. N... ne parla plus de partir-^ Le jour suivant, il consentit à entendre la mes^^ du saint Curé ; il ne l'eut pas plutôt vu à l'aut^^
que son cœur se trouva changé* Il se rendit spo tanément à la sacristie pour continuer sa confessiez interrompue la veille. A partir de ce moment, ne fut plus le môme homme* On le vit, pendantu longue suite de jours, dans la chapelle de la Saint^^ Vierge, un catéchisme à la main, étudiant, sous le^ yeux de la céleste Avocate des pécheurs, ces vérité sublimes auxquelles il n'avait pas accordé depuis^ longtemps un seul quart d'heure d'attention s^ rieuse. Il acheva sa confession et communia aTC^ une ferveur édifiante. Nous renonçons à peindre ]0 joie de sa femme. Pour perpétuer le souvenir d'un^ si grande faveur, elle fit construire dans sa maiso: -* un petit oratoire où elle plaça la statue de la sainte Vierge. Chaque jour la prière s'y fait en commune Et quand des amis viennent le voir, M. N... n — manque jamais de les conduire devant la saint^> image et de leur demander un Ave pour sa perses vérance.
En 1842, un personnage important vintàArs^ attiré par la grande réputation du Curé. Il fut introduit dans la sacristie où M. Vianney confessait. Je ne sais ce qui se passa en ce moment dans l'àm^
CONVEKSK)N& OPÉRÉES A ARS. 271
du visiteur, mais il ssuita au cou du saint prêtre en l'abordaut et le tint embrassé quelques secoudeg. Le Curé d'Ars se laissa faire, sans témoigner ai ^lïibarras ni surprise. Après cette étreinte, il montra son prie-Dieu et dit: « Mon ami , mettez-vous à '* genoux; je vais entendre votre confession. » L'-é- ^^fuiger n'objecta pas un seul mot. La vue du serviteur de Dieu, sa parole et son geste, avaient plus ^^it en un instant que tous les raisonnements. Cet '^^mme, qui ne s'était pas confessé depuis quarante ^ï^s, fut tellement touché de l'onction du Curé d'Ars, 9^'il lit une retraite de plusieurs jours sous sa di- ^^ctlon, et ne partit qu'après avoir rempli tous ses ^Voirs de chrétien-
Au mois de mai 1853, nous fûmes témoins de la ^^Uversion subite d'un vieillard octogénaire. Il était **^ès-impie et ne faisait que blasphémer. Le nom de ^ieu et celui du Curé d'Ars le mettaient en fureur. ^ appelait M. Vianney un vieux sorcier^ un vieil hypocrite... Le bon Père, qui avait été prévenu, eut la charité de venir voir, à son hôtel, ce malheureux «ûdurci ; car il était impossible de l'amener à l'église. Il monta dans «a chambre, se jeta à genoux devant lui^ en pleurant à chaudes larmes et lui disaut : « Sauver? votre pauvre àme 1 1 ! sauvez votre « pauvre âme 111 » Le vieillard se mit à pleurer et à réciter ïJve^ Maria^ qu'il n'a presque pas cessé de dire pendant le temps qu'il est resté à Ars. M. le
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la sainte communion sur le marchepied de
el, il fut porté dans la sacristie, auprès du
i. Il s'écria alors: « Que je suis heureuxl je
A jamais éprouvé de ma vie un pareil conten-
Qentl. .. » Reconduit à l'hôtel, il se jeta dans les
de sa mère, et lui dit en pleurant: « La joie
cette communion m*a fait oublier mes souf-
.nces. Je ne veux plus quitter ce saint homme.
veux mourir ici. » La nuit suivante, il rendit
ime à Dieu.
5 lendemain était un dimanche, le 6 décembre i, et M. le Curé, dans son catéchisme, fit al- )n à la mort de ce jeune homme : « Pauvre faut, dit-il, il est bien heureux maintenant! îtait juste. Il a dit beaucoup de mal de moi; je i devais de prendre soin de lui. Oh î qu'il est ureuii I »
le autre fois, le Curé d'Ars vit entrer dans sa istie un personnage en qui il était facile, à son
à sa tenue , à son langage , de reconnaître nme du grand monde. L'inconnu s'approche
respect, et le bon Père, croyant deviner son utioUj lui montre, de la main, la petite escabelle l avait coutume de faire agenouiller ses péni- 5 : Monsieur le Curé,» se hâte de dire l'homme belles manières, qui comprit parfaitement ce ce geste signifiait, « je ne viens point me cont; je viens raisonner avec vous.
te
27i VIE DC CURÉ D'aRS.
— Oh ! mon ami, tous vous adressez bien mal; hw c] je ne sais pas raisonner... mais si vous avez besoin M. 1 de quelque consolation, mettez-vous là... (son doigt -^ le: désignait l'inexorable escabelle), et croyez que bien ^hm d'autres s'y sont mis avant vous et ne s'en sont uluî pas repentis. 1^ ^
— Mais, Monsieur le Curé, j'ai déjà eu Thon- 1^^* neur de vous dire que je ne venais pas pour me P^^^ confesser, et cela par une raison bien simple : c'est w^^ que je n'ai pas la foi.
— Vous n'avez pas la foi, mon ami? Oh! qu^ je vous plains! vous vivez dans le brouillard... U^ petit enfant de huit ans en sait plus que vous av^^ son catéchisme. Je me croyais bien ignorant, mai^ vous l'êtes encore plus que moi , puisque vot^"^ ignorez les premières choses qu'il faut savoir. -^ * Vous n*avez pas la foi? Eh bien! mettez-vous 19^^' je vais entendre votre confession. Quemd vous voiu ^ serez confessé, vous aurez la foi.
— Mais, Monsieur le Curé, c'est une comédi que vous me conseillez de jouer avec vous.
— Mettez-vous là, vous dis-je 1 w La persuasion, la douceur, le ton d'autorité tem
péré par la grâce avec lesquels ces mots furen répétés, firent que cet homme se trouva à geno sans s'en douter et presque malgré lui. Il fit signe de la croix qu'il n'avait pas fait depuis longtemps, et commença l'humble aveu de ses fautes Il se releva, non-seulement consolé, mais parfaite-
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>nt croyant, ayant éprouvé que, pour arriver à foi, le plus court chemin et le plus sûr est d'en re les œuvres, selon Téternelle parole du Maître 5 hommes : « Celui qui fait la vérité vient a