A LUMIÈRE
En sortant de cette petite sacristie où il avait trouvé la paix de l'âme si longtemps et si vaineent cherchée ailleurs, l'incrédule de tout à l'heure • pouvait contenir sa joie: « Quel homme I disaitil... Si on s'y était pris de la sorte, il y a long- ^mps que je me serais confessé. »
Ces scènes étaient de tous les jours et de tous les Plants. Un curé nous a dit qu'il comptait (^s sa ï*oisse dix hommes convertis par le serviteur de -U, Un autre assurait qu'il lui était facile de dis- 'Uer parmi ses ouailles celles qui avaierft fait le erinage d' Ars ; que c'était sans contredit ce qu'il Vait de mieux dans le pays, ^ous ne savons pas si jamais personne a échappé, 'S de M. Vianney, à cet invisible réseau de la perision que le divin Maître a donné pour toute arme es disciples, quand il les envoya par le monde en ï annonçant qu'ils seraient pêcheurs d'hommes^ Cjue notre humble apôtre lançait autour de lui ^ tant d'adresse et de bonheur.
tl aimait à citer ce mot d'un pauvre pécheur qui . disait, dans les transports de sa joie : « Mon ?ère, que je suis heureux 1 J'avais un creux ici,
s. Jca!i, X, SI.
« — il montrait son cœur, — vous avez rempli ce « creux ; je ne le sens plus. Il ne me manque rien. « Tout est plein... »
C'est aux grands coupables que s'adressaient de préférence son zèle et sa sollicitude. Plus une âme était enfoncée dans le vice, plus sa pitié pour elle était vive et tendre, plus il tâchait, à force de boni& et d'effusion, de Tarracher à Satan, pour la jeter dans les bras du Seigneur Jésus, le divin ami de& pécheurs. Il comprenait que si dans sa détresse TiO' nocent a deux aides qui ne peuvent lui manquer-» Dieu et sa conscience, le coupable n'en a point: il n'ose lever les yeux vers Dieu qu'il a offensé; i^ n'ose descendre en lui-même où il est sûr de ren-'' contrer le remords; son dernier asile est la piti^ du prêtre.
Les larmes du bon Père tombaient sur les plaie^ delà conscience comme l'huile du Samaritain. Ei^ même temps qu'il sondait ces plaies, le 'Curé d'Ar^ les guérissait ; il guérissait avec la même facilita et les blessures les plus récentes et les affreux ra — vages de la corruption la plus ancienne et la plu^ profonde. Les conversions qui se faisaient à Ar^ avaient cela de particulier qu'elles étaient durables. Des hommes abandonnés à leur sens réprouvé, enclins à des passions presque inguérissables, comme l'intempérance et la débauche, des êtres immoraux, tombés au dernier degré de Tabrutissement, cédaient tout à coup à la force de la grâce
agissait et exhortait en lui. Ceux mêmes dont telligence était moins appliquée aux choses dies, ou que les erreurs du monde rendaient inca- >les de bien comprendre le Curé d'Ars, éprouvât, sous la suave autorité de sa parole, un rme qui les troublait doucement et les invitait ne vie meilleure. Beaucoup sentaient le besoin \foir la conscience pure pour s'approcher du dteur de Dieu, de la garder pure après l'avoTr et entendu. Leur âme rendue délicate était plus intive du mal et plus accessible au bien, our d'autres, l'éclat de sa vertu était un re- :ds. Ils rapprochaient involontairement leur vie type si pur qu'ils avaient sous les yeux, et les eurs en ressortaient par le contraste : de là un aise et un embarras douloureux. L'admiration ait point un sentiment auquel ils pouvaient er leur âme en liberté; ils se reconnaissaient ) différents et trop indignes de leur objet.
DUS se sentaient subjugués près de lui ; et n'aunt plus voulu s'en aller. Une force mystérieuse haînait leur âme et leur corps. Ils n'étaient pas iis qu'ils songeaient à revenir. Il était plus facile ivre sans connaître cet aimable Saint, que de se gner à ne plus le revoir quand on l'avait connu.