M. VIANNEY AU SAINT TRIBUNAL. SS
pelles du bas de Téglise, où il donnait encore audience à quelques personne». On s*y portait à sa suite avec une telle impétuosité, que deux homnes étaient presque toujours nécessaires pour contenir ^^ régulariser ce mouvement.
l^e Curé d'Ars rentrait chez lui pour prendre son repas en fendant la presse comme il pouvait. Quelquefois il trompait l'attente des pèlerins, soit en allant visiter un malade, — et encore sa cohorte le suivait-elle, — soit en rentrant au presbytère par un chemin détourné. Souvent il trouvait dans la cour quelques privilégiés qu'on y avait furtivement introduits, afin qu'il lés vît à l'insu des autres. Pendant qu'il dînait, une multitude impatiente stationnait au 'i^hors, surveillant toutes les issues, et, lorsqu'à une heure moins un quart, il passait sur la place pour se rendre à la Providence^ où l'attendaient ses ^isBionnaires, afin de s'entretenir avec eux de ce ^ui intéressait la paroisse et le pèlerinage, on se précipitait à sa rencontre, on se ruait sur lui ; il fallait '^ftbituellement deux hommes pour le protéger. Il ^ faisait que traverser la salle à manger des missionnaires et ne s'y asseyait jamais. Les quelques 'Minutes qu'il consacrait à cette visite étaient partagées entre ses collaborateurs et les pèlerins qui ^^aient obtenu une entrée de faveur, et qui remplissaient sur son passage les chambres et les couloirs. Lorsque M. Vianney revenait à l'église, il trouvait '^s deux inévitables lignes de fortifications vivantes
qui s'étaient reformées en son absence. C'est là sutout que l'emploi de la force devenait nécessa^î pour comprimer de véritables émeutes, et l'instal^ï dans sa chapelle à travers les murmures des un^. les violences des autres. Il disait d'abord ses vêp*: à genoux, et confessait ensuite jusqu'à cinq heur^ De là il passait à la sacristie, où déjà, le matin, avait entendu les hommes, et, par intervalle, il i cevait encore derrière le maître-autel quelqx femmes qui ne pouvaient pas attendre. Il y avi toujours presse devant ses pas lorsqu'il se porté d'un endroit de l'église à un autre.
Le grand nombre de ceux qui venaient à Ars faisaient une confession générale. M. Vianney î prétait volontiers à ce rude ministère. Il savait q* c'était le moyen d'arracher bien des âmes à TenfS par la réparation des sacrilèges. Peut-être ce fri« du pèlerinage a-t-il été le plus consolant. On a so« vent comparé l'église à un hôpital : Ars était vrament le grand hôpital des âmes. Toutes les inflmi tés, toutes les plaies morales, toutes les formes • toutes les variétés de la casuistique s'y étalaien comme dans un cabinet d'anatomie s'étalent le membres humains avec leurs maladies et leurs le sions diverses. Malgré la sublime sainteté du serr leur de Dieu, les pécheurs se sentaient attirés à 1' comme en dépit d'eux-mêmes, et tous recevaient ^ ce contact béni quelqu'une de ces heureuses ble; sures qui ne se ferment plus.