‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 64 sur 87 · M. VTANNEY AU SAINT TRIBUNAL · texte numérisé non relu

M. VTANNEY AU SAINT TRIBUNAL

On pourrait supposer que des travaux si absorbants et si continuels détournaient forcément le Curé d'Ars de l'attention à donner à chaque àme en particulier : on se tromperait. Il n'était pas un seul de ses pénitents qui ne pût se croire l'objet d'une sollicitude spéciale. Au milieu de cette foule toujours près de dégénérer en cohue, il entendait la personne qui était à ses pieds comme s'il n'avait rien eu d'autre à faire; il donnait, il est vrai, peu de temps à chacun de ses pénitents, afin d'en avoir pour tous; il préférait les revoir plus souvent et les eutendre moins longtemps. La grâce accompagnait ses moindres paroles. Il savait l'endroit du cœur où il fallait frapper; et le trait manquait rarement son ^ut. Il y a des hommes à qui Notre-Seigneur ac- ^^rde, dès cette vie, une intuition des choses divines ^i imprime à leur voix un accent surnaturel et un *^ï*ésistible ascendant. On pouvait dire de M. Vian- ^^y ce que l'Esprit-Saint dit du prophète Élie, « que ^^ parole était de feu, et brûlait comme une torche ^'^flammée ; » ou encore, « qu'elle était comme un ^^»*teau qui brise la pierre. » Ce que d'autres n'au- ^^îent pu par de longs discours, il l'opérait d'un ^^^Imot. Ce mot était si plein de grâce et d'onction, ^^*îl lui suffisait pour entr'ouvrir une âme et y ^*t*e pénétrer les rayons de la lumière éternelle. u Que c'est dommage, disait-il, de perdre une *^ àme qui a coûté tant de souffrances à Jésus- ^^ Christ!... Dites-moi, mon ami, quel mal vous

3Si vit du CURÉ D'Arts.

n mit Notre 'SeignéUr pôti^ le tràitei* de là sorlel.. *< Si les pauvres daiiittés poUtàierit fèvenif sur la « tëtre!... s'ils étalent à totrè lilàfcëi... bli! Iftie « nblis sommes ingrdts ! Le bon Dieu ndtis appelle « à lui et nous le fujrons. Il veut ndiiâ reîldrë hélice reux et nous île vouloUs ^birii dé son btinllèut; (( il nous commandé de l'àiitiér et iloUS ûtimfB <( liotrë cœur au dérilôti. Nbiis ériiilloyons à nous « perdre un temps qu'il ilôu^ a méilagé poui" « nous saute^. NdUS lUi falsdfls là guerre atét t( les moyens qu'il iloils â donfiêS {Jour le sëhir!.-c( QUand ndûs difensons le bon t)léU, fei tioiisrë^ « gilMiôbs notre crucifix, riouS entéiidrîons Notreî-^ « Seigiléur ilous dire au fond dé l'âttie : TU rëu:* <( donc te illettré aussi du fcôté dé mes feiînenlis? t^*- (( teni donc me crliciflér dé lidùvéaù ? Jëtéz 1^ - « yéUx slif Rotre-Sëigrlèur rittàëHé à là ci'oix, ^ « dites-vous : Voilâ ce qdMl etl à (idûte à mdli Sàù ' <( Veur poùt* i*êj[)ârër ritijuré tiue niés fléchés ot^ ^ (( faite àU bOii Dieu ! .;. Un DiéU qUi déscehd stir 1^ « terre pOur être viëthîie dé tidS pééhés, titl tiièU « qUi Sduffre, lin bieii ctiii meui"t, uù DiéU tl»'' « enddrë tdiis les touMtients parce i^tl'il à tdulU « plorte^ le poids de bos crimes ... A la rUe de cette « croix, comprenez la tilàlicé dU péchê et là hài*i« « que tous devez en avoir. RéiltréiS eil vous-thêitle; (' voyez ce qUé voUs aVez à faire pour î'épal^er votre (t pâUvi^e tië:.. Le boil DiéU vous dira à lattiott: Pourquoi ttl'às-tu offensé, moi qUi t'aimdis taftt?

M. VIANKÉY AU SAINT THIHUNAL. 335

offenser Ife boti Dieu, qui iie nous a jditiais fait [ùe du biënl coiitèntel' le dérrito, qiil lie peut Idiis faire qùé dU mal : (Jiielle folie! »

le^ pat^ole^, sorties dU ecëUi' et prononcées dlhe X qui se perdait datis les larmes, bHsaieht les .ûl-es les plus flèi'ës et lë^ pIKs rebelles. >uëlquëfbis Dieu venait eil aide à réloqueiice de l tuinistre et hâtait le triomphe de Id grâ^e par î signes éclatants qtii tefrassaierït le tïoupable et Torçaient de se jeter dahs lés br^S de la îîiisérl- 'dé. Un jour que iïi ses prières, ni ses exhortàos, tli ses lërmes h'âVaient pa Vaincre l'obstinaï) d'un malheureux pécheur, le saint Gui'é le vit It à coup tomber à genoux etl sanglotant et proîtti^è de s'amender : il venait d'apparaître à cet durci la tête envirofiUée d'uh nimbé lumilîx.

Le curé d'ArS était bon enters tous, et tious Dfid dit dilleiit^s ses condescendances potlr les cheiirs; mais cette bonté universelle avait un 'ftctère plus toU(ihËnt à Tégdrd des persounes ISacrées h DieU par le vœU de chasteté et par profession des vertus évangéliques. il reconlësalt eii elles Thôte des régions que son âme bltait. Il les fe(^.evait dVet ilUe véritable effusion, nmè uii ami reçoit son ami. Il y avait dans cet »Ueil plus que de le. bienveillance, il y dvait de cbtdialité, cette Joie du cœur qui éclate à la vUe inë personne tendrement aimée.

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