CHAPITRE PREMIER
PoHrall 4a Curé 4'Am.
M. Vianney présentait dans sa personne tous les caractères qui constituent, s'il est permis de parW ainsi, la physiologie du saint. On se rappelait ente voyant cet éloge que M. Olier a fait du P. de CoD" dren : « Il n'était qu'une apparence et Une écorcede ce qu'il paraissait être. Il était comme une hostie de nos autels : au dehors, on voit les accidents et les apparences du pain, mais au dedans c'est Jésus- Christ *. » Le Curé d'Ars fut favorisé à un très-
* Mém, auth, de M. OliBr, t. I, p. 938.
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jré de ce don merveilleux de paraître aux toufi rimage de Jésus-Christ, un autre Jést. C'est Ift ce qui e}y)lique son étonnan(p ;e sur les cœurs. Lorsqu'on avait une fois 'é son regard ou entendu sa parole, cette t ce regard vous fascinaient. L'œil restait ébloui et l'oreille sourde à tout le reste. On t, on n'entendait plus rien. Des hommes du accoutumés à subir d'autres séductions, ont avoué que, depuis qu'ils avaient approché d'Ars, cette image ne les quittait plus; ce :• les suivait en tous lieux; ils ne pouvaient . autre chose. On aurait eu peine, en effets résenter une figure qui éveillât plus vivons l'esprit l'idée du saint.
mney était petit de taille ; ses formes étaient a complexion, sans exclure l'idée d'une cei^gueur, indiquait une nature éminemment B. L'âge et les travaux n'avaient rien enlevé imbres de leur souplesse et de leur élasti- ; ressorts étaient neufs, les articulations lies mouvements vifs et prompts. On voyait ,é de ses membres que son enfance robuste âveloppée au milieu des mâles exercices de lampêtre. Par un rare privilège, il conserva i dernier moment le plein exercice des ordes facultés dont il avait besoin ^pour remlission. Ainsi l'ouie chez lui avait toute sa la vue toute sa netteté, l'esprit toute sa lu-
cidité et la mémoire toute sa fraîcheur. Pourtant sou corps était arrivé à ce degré d'exténuatioa ^u'on l'aurait cru presque immatériel. La soutane du Curé d'Ars semblait ne rien cacher sous ses larges plis. Sa démaréhe, quoique pesante, était rapide comme celle de l'homme qui cfcmpte les heures et qui, épuisé, se hâte néanmoins de reprendre le service de Dieu. Sa tête allongée , anguleuse , empreinte de la pâleur des macérations et des veilles, tombait légèrement sur sa poitrine par Thabitude du recueillement et de l'adoration. Sa chevelure était restée abondante : c'était une sorte de blanche auréole qui entourait cette tête calme, expressive, rayonnant d'une majesté douce, où Ton pouvatt démêler peut-être quelques traits de la rudesse primitive, propre à l'habitant des campagnes, mais d une rudesse désormais vaincue et tempérée parla bienveillance. Sur cette face amaigrie et détruite, pour ainsi dire , on ne lisait rien de terrestre ni d'humain, on ne voyait que le sceau de la grâce divine : c'était comme l'enveloppe fragile et diaphane d'une âme qui ne tient plus à la terre. Les yeux seuls marquaient la vie; ils brillaient d'un incomparable éclat. Ce qui caractérise l'âme , le regard, était en M. Vianney je ne sais quel éclair d'un feu surnaturel qui variait d'intensité et d'expression. Ce regard se dilatait et dardait des étincelles, quand le saint homme parlait de l'amour de Dieu; il se voilait d'un nuage de larmes, quand c'était du
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il était tour à Umr perçut et doux , terrible ssant, naïf et profond. C'était un foyer de ise et de mTséricorde, quand il té fixait suf 'un. Il avait alors cette puissance mystérieuse ! candeur attractive que le Seigneur accorde qui lèvent souvent leurs yeux vers lui . Chose blé ! ce regard, qui scrutait les cœurs et sous les froifts s'inclmaient, n'a jamais effrayé
lie le Curé d'Ars avait de plus remarquable es yeux , c'était le Çrofil , dont les lignes grandes, harmonieuses et fortement accu- )uoiqu'on devinât , à la douceur et à la séréj son visage , la paix divine dont il jouissait urement, le cachet propre de sa physionomie, 'elle était au repos, son expression la plus fa- 3 était cette mélancolie surnaturelle qq(B le sentiment des choses invisibles. Le considu de tant de misères et la vue de tant de augmentaient encore cette disposition et le aient souvent dans d'amères pensées : leur riste apparaissait alors sur sa figure, dont le nerveux et mobile traduisait dans ses plus ;es nuances toutes les émotions de son âme.
[uand il sortait de son recueillement pour conavec la foule, il se présentait «gracieuse- )rné de l'Esprit-Saint, » suivantes mot d'un les premiers siècles. Il avait un sourire de qui répondait de côté et d'autre à tous les re-
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