‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 68 sur 87 · CHAPITRE ïï · texte numérisé non relu

CHAPITRE ïï

QWÊÊiAéti iiAiarelleft de M. Vianney. — La Ylvaellé de ••n esprii el les gfràeeu de mi eonverMiiioii. — Ses reparties aliDable0. ^

.^ C'est une grande erreur de se figurer que la piété nuit dans Thomme au développement régulier de ses qualités naturelles; qu'elle comprime et étouffe J'fissor de la pensée ; qu'elle est incompatible avec tfne certaine étendue d'esprit. On ne suppose |hs qu'il puisse y avoir chez les personnes vouées à Dieu j^ une intelligence élevée, un cœur noble et généreux; quelle singulière distraction I comme si l'idéal de la beauté des sentiments humains ne se formait pas de leur lutte contre eux-mêmes, en présence du devoir qui les exalte et les domine 1 comme si c'était tarir les sources que de les4IKnctifierl La sainteté, loin de déflorer ce qu'elle touche, l'élève et le purifie; elle ajoute aux heureuses disposîlions qui sont en nous l'œuvre de la nature , un sUlteroît de force et de sagesse qui est l'œuvre de l'Esprit-Saint.

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Ce perfectionnement intellectuel et moral, cet agrandissement des facultés humaines sublimisées par la grâce était frappant chez M. Vianney. Nous avons vu ce qu'il était, jeune homme ; nous l'avons suivi dans sa maturité; nous ne faisons aucune difûculté d'avouer qu'il n'avait pas des connaissances humaines variées et étendues ; où, quand et comment les aurait-il acquises? Mais il avait, ce qui supplée le savoir et au beâoin l'expérience , la foi qui a tout prévu et qui sait tout ; il avait une grande sagesse pratique, un sefl^ profond des voies de Dieu et des misères de l'homme, une sagacité admirable, un coup d'oeil sûr et prompt, un esprit fin, judicieux, pénétrant. Il était, en outre, doué d'une mémoire surnaturelle, d'un tact exquis et d'une finesse d'observation qui aurait pu devenir redoutable auX personnes qui l'approchaient , si sa grande charité if avait pas été là pour imprimer à tous sesjugemelft^ le cachet de l'indulgence. Du petit coin de terr^ ignoré où la Providence l'avait placé, plutôt sou^ le boisseau que sur le chandelier, il n'a pas laissa que de briller aux yeux du monde d'un incompa--^ rable éclat; il a montré en lui-même une tripla représentation de Notre-Seigneur, en portant devant les âmes, avec la bonté qiSî captive et la vertu qu ^ é^fie, la vérité qui éclaire.

«t II y a de la sainteté dans le Curé d'Ars, » di sait-on devant un savant professeur de philosophie, « mais il n'y a que de la sainteté.

<^ — Il y a, répondit-il, des lumières, de grandes '' lumières. .. Il en jaillit de ses entretiens sur toute f< espèce de sujet, sur Dieu et sur le monde, sur les « hommes et sur les choses, sur le présent et sur « l'avenir... Oh ! que ToifToit clair et beau quand « on voit par le Saint-Esprit 1 à quelle hauteur .de « sens et de raison la foi nous élève I »

Bien qu'absorbé par les fonctions de son ministère de prière, d'enseignement et de direction, le Curé d'Ars ne restait indifférent à aucune des questions extérieures qui intéreésent soit directement, soit indirectement, l'ordre religieux et Tordre social. Il avait des aperçus clairs et nets sur une ttiultitude de questions , indécises souvent pour les plus habiles, qui se résolvaient toujours, dans s^ pensée, au point de vue de la gloire de Dieu et du salut des âmes. Au sortir d'une entrevue avec ^•Vianney,un homme d'une grande distinction écrivait : « Nous avons été dans l'admiration de Tes- Prit progressif de votre Saint, Rien de tel que la sainteté pour élever très-haut les idées du plus "^nable des hommes I »

Cet homme, si dur à lui-même, qui portait sur *^ute sa personne les traces des plus effroyables péni- ^^Uces, était aimable ; il savait sourire ; il avait des P^Tolesgracieuses, des à-propos charmants, des repar- *^es fines et spirituelles. La séduction la plus douce ^^posait sur ses lèvres en même temps que la vérité ^^ la consolation s'en échappaient. Quand il se trou-

Zli VIE DU GuaÉ d'abs.

vait avec des prêtres ou des chrétiens qu'il connaissait et qu'il aimait, il s'ouvrait volontiers. Il apportait dans ce commerce intime une aisance parfaite, une galté de bon goût, un tour naïf, une ingénuité pleine de grâce, le don heureux de raconter en soa' idant, en s'attendrissant, ces vives saillies, ces mot3 bienvenus, qui vont au cœur de tou s et qui foat. le charme de la conversation du monde, avecL^ raillerie de moins, et de plus, la tendre effusion A>^ la charité.

Il y aurait ici un chapitre admirable et doux ^ faire. Que de traits ravissants ! que de délicieuse s j)aroles à enregistrer I que de parcelles d'or à recuei 1' lir !... Malheureusement il nous manque beaucou^-P de détails qui porteraient la lumière jusque dansl^ ^ derniers replis de cette belle et sainte intelligence Eussions-nous tous ces détails , la tâche restersi^^ encore au-dessus de nos forces. Le sourire ne se raconte pas, et les conversations du Curé d'Ars étaient comme le sourire de son âme. Il ne riait jamais, sinon de ce sourire de Tâme qui quittait rarement ses lèvres, encourageant la gatté , inspirant la conflance et provoquant l'abandon. L'esprit de Dieu qui était en lui donnait à ses moindres paroles une justesse, une simplicité et une opportunité incomparables. Les mots heureux viennent du cœur ; comme le cœur de M. Vianney était doué d'une sensibilité exquise , cette sensibilité se faisait jour à travers l'expression; elle l'animait,

l'échauffait, la colorait. Oa ferait un recueil de ces bots.

Ainsi, le bon Curé pleura longtemps mademoiselle d'Ars ; il lui garda toujours un souvenir plein de tendresse et de vénération. Lorsqu'il fit sa première visite aux nouveaux habitants du château, il se laissa aller devant eux à toute la vivacité de ses l'ôgrets; puis, craignant d'avoir manqué de délicatesse envers les héritiers de sa bienfaitrice, et se reprochant tout à coup sa sensibilité et ses larmes, il ajouta avec un tact suprême : a Et cependant!... ^ nous avons tort de nous plaindre. Le bon Dieu ^ nous traite comme il a traité son peuple : en lui ^ retirant Moïse , il lui laissa Galeb et Josué. » ^eu de temps après, en répondant à des souhaits de Nouvel an , il disait encore à la famille, qui allait iiientôt prendre place dans son cœur à côté de ma- ^moiselle d*Ars : « Je voudrais être saint Pierre; je «vous donnerais pour étrennes les clefs du paradis.»

L'évêque de Belley , dans une de ses fréquentes >dsites, lui ayant dit avec cette bonne grâce qui relève les plus petites choses : « Mon bon Curé , vous « me permettrez bien de célébrer la messe dans c votre église ? » il répondit aimablement : « Mon- « seigneur, je regrette que ce ne soit pas Noël pour « que vous en disiez trois. »

Lorsque le P. Hermann parut à Ars pour la première fois, on voulait le faire prêcher. Le bon Curé lui offrit de catéchiser la foule k sa place. Le reli-

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QUALITÉS NÀfURELteS DE M. YIANNEY. 377

nation formé la veille. Il dit en montrant la jeune famille qui entourait les degrés du trône préparé à Notre-Seigneur : « Voilà des flambeaux ar- « dents et luisants que lèvent n'éteindra pas. )r Au retour de la procession, qui avait été très-longue, on voulut lui faire prendre des rafraîchissements ; il les refusa, disant : « C'est inutile : je n'ai besoin « de rien. Comment serais-je fatigué? je portais « Celui qui me porte. »

" Pendant les inondations du mois de mai 1856, il Se trouva qu'une nuit les pèlerins, qui attendaient dans l'église, avaient tiré sur eux le verrou de la Porte. A une heure du matin, le serviteur de Dieu Représente et heurte doucement; on ne l'entend Pas ; il heurte encore. La pluie tombait par torrents : U la reçoit pendant quelques minutes, et se met au Confessionnal sans s'inquiéter davantage des suites de sa mésaventure. A l'heure de la messe, quand il Vient à la sacristie pour revêtir les ornements sacrés, on s'aperçoit que l'eau ruisselle de sa soutane. On le presse de se changer ; on lui fait mille questions. Il se contente de répondre en souriant : « Laissez, a laissez donc! ce n'est rien... Cela prouve que je ne « suis pas de sucre. »

M. Vianney faisait un jour sa tournée de malades par un rude soleil du mois de juillet. Le prêtre qui l'accompagnait, voyant sa tête nue, lui offrit son chapeau. « Vous feriez mieux, mon ami, lui dit « M. Vianney, de me donner votfè science et vos

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lail et sa croix d'honneur : « Pour que ce fût complet, dit-il, il faudrait écrire dessous : vanité,

ORGUEIL, néant. »

Une autre fois, on faisait encore allusion à ces ifférentes dignités : « Oui, répondit-il, je suis chanoine honoraire par la trop grande bonté de Monseigneur , chevalier de la Légion d'honneur par une méprise du gouvernement, et... berger d'un âne et de trois brebis par la volonté de mon père. ))

H. Vianney savait faire à propos des réponses auxluelles on ne résistait pas. Un soi-disant esprit fort ^înt lui déclarer un jour qu'il y avait dans la religion des choses auxquelles il lui était impossible de ciboire.

« Par exemple î lui dit le bon Curé.

« — Par exemple : l'éternité des peines.

« — Mon ami, je vous conseille de ne jamais par- * 1er de religion.

« — Et pourquoi n'en parlerais-je pas?

(( — Parce qu'il faudrait auparavant apprendre ^ votre catéchisme. Que dit le catéchisme? Qu'il « faut croire à l'Évangile,- parce que c'est la parole *t de Notre-Seigneur. Groyez-vous à l'Évangile ?

« — Oui, Monsieur le Curé.

« — Eh bien I l'Évangile a dit : « Allez au feu u éternel 1 » Que voulez-vous de plus? Il me semble « que c'est assez clair. »

Un jour qu'ime entrevue avait été ménagée à un

riohe protestant avec le Curé d'Ars, le serviteur de Dieu ignorant que Thomme à qui il venait de parler de Notre-Seigneur et des saints, comme il savait en parler, eût le malheur d'appartenir à une secte dissidente, lui mit en finissant une médaille dans la main. Celui-ci dit en la recevant : « Monsieur le a Curé, vous donnez une médaille à un hérétique; « du moins je ne suis qu'un hérétique à votre point « de vue. Malgré la diversité de nos croyances, j'es- (( père qu'un jour nous nous retrouverons au ciel.»

M. Vianney prit la main de son interlocuteur, et fixant sur lui des yeux dans lesquels se peignaient la vivacité de sa foi et l'ardeur de sa charité, il la^ dit avec un profond sentiment de tendresse compa^ tissante : «Hélas! mon ami, nous ne serons unl'^ « au ciel qu'autant que nous aurons commencé « l'être sur la terre ; la mort n'y changera rien. OC^ « l'arbre tombe, il reste.

« — Monsieur le Curé, je me fie au Christ, qui a - « dit : « Celui qui croira en moi aura la vie éternelle.»

« — Ah 1 mon ami, Notre-Seigneur abien dit autre « chose. Il a dit que celui qui n'écoutait pas l'Église « devait être regardé comme un païen. Il a dit qu'il « ne devaity avoir qu'un troupeau et qu'un pasteur, « et il a établi saint Pierre pour être le chef de ce « troupeau. » Puis, prenant une voix plus douce et plus insinuante : « Mon ami, il n'y a pas deux ma- « nières de servir Notre-Seigneur, il n'y en a qu'une « bonne : c'est de le servir comme il veut être servi.»)

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« — mon ami ! gardez- vous en bien, repartit /e ({ serviteur de Dieu. L'entrée du ciel est étroite, - « et il jetait un regard malin sur son interlocuteur, « — nous resterions tous deux à la porte, n

Il craignit ensuite que ces paroles, dites en riant et de la meilleure grâce du monde, n'eussent affecté son visiteur; il lui en fit ses excuses dans les termes les plus humbles et les plus polis.

Malgré son goût prononcé pour la solitude, M. Viaimey avait un esprit ouvert et prodigue d'épanchements. Dans la conversation , il était à la fois abondant et réservé. Pour éviter les remarques dont son humilité aurait eu à souffrir, et auxquelles, par expérience, il savait être exposé, il n'interrogeait jamais et ne donnait pas aux questions le temps d'arriver; il gardait le plus qu'il pouvait la parole, et paraissait craindre de fournir la réplique. S'il parlait de lui, ce qui arrivait rare-

ment, l'amour-propre dont il n'avait plus le germe, n'embarrassait pas la spontanéité de ces commuaications : au contraire, c'était de son humilité que provenait en partie son besoin d'expansion. La liberté de s'ouvrir à quelques-uiîs lui semblait un appui accordé à sa faiblesse. Ne pouvant pas dire à tout le monde ce qu'il pensait de lui, il se soulageait en le confiant à des cœurs discrets; et la matière de ces confidences était toujours ce qui l'effrayait et l'humiliait le plus. D'ailleurs, il ne se révélait jamais tout entier; il vous condoi-'

t jusqu'à la porte de son âme et vous arrêtait là. 1 la fin de ces journées lourdes , fatigantes, c'iét le moment 6ù le Curé d'Ars se manifestait avec plus de familiarité et d'abandon. Debout, au in de la cheminée ou devant sa petite table, suittt le besoin qu'il avait de sentir la flamme du rer siu* ses membres engourdis, le visage rayonnt, le regard dilaté, l'innocence et la joie de son le s'épanouissaient en mille jets étincelants, en lie propos pleins d'images et de suavité. Nous avons remarqué que, suivant le conseil de int Paul, il évitait les discours vains et profanes, 5 questions oiseuses qui prêtent à la controverse qui passionnent plus qu'elles n'édifient. Si quelle léger débat s'engageait devant lui, il gardait I modeste silence, comme s'il eût craint, en * énonçant, de désobliger l'une des parties. LorsiSi en était prié, il intervenait par un mot gra- 3UX et conciliant, ou par un de ces grands prinpes qu'on ne discute pas et qui remettent la paix tre les adversaires, en les amenant non sur le Tain qui divise, mais sur celui qui unit et où la tte n'est plus possible. Son âme planait toujours rdessus de la mêlée des passions et des intérêts Igaires. Il envisageaiet tout de ce point de vue, nilier aux saints , où réside 4a lumière sans nbré. La conscience était son seul horizon.

Depuis la maladie si grave qu'il avait faite au dis de mai 1843, après laquelle il passa quinze

3Si VIE DU CURÉ D'ABS.

jours de convalescence et de demi-repos dans sa famille, à Dardilly, il n'avait plus quitté sa cure et son église ; il n'avait pas dérogé un seul jour, une seule heure, à son mode de vie habituel, que tout le monde connaît. Son unique récréation était la visite des malades et une courte apparition cbez les missionnaires. Il ne trouvait de bon, d'agréable, d'intéressant, que ce qui lui parlait de Dieu. Le cœur est là où est le trésor. Le Souverain Bien l'attirait à ce point qu'il ne pouvait en détourner sa pensée. Sa conversation était plus divine qu*hunvaine ; elle était tellement dans le ciel qu'elle en exhalait tous les parfums. Il parlait des mystères de l'autre monde comme s'il en fût revenu, et des | vanités de celui-ci avec une ironie si douce et si plaisante qu'on ne pouvait s'empêcher d'en rire. A mesure qu'il parlait, l'intimité se faisait plus grande, la chaleur de son âme augmentait» et l'effusion ipi^ lait à plein bord.

Si quelque fâcheux venait à parler des choses humaines, pour peu sérieuses et importantes qu'elles fussent, le serviteur de Dieu ne l'interrompait pas; il était trop honnête et trop, condescendant pour cela; mais il souffrait visiblement; il était mal & l'aise; il se taisait, et rien ne saurait mieux peindre son état que le 4icton populaire du poisson hoK^ de l'eau. Du reste, ces rencontres étaient rales.4 régnait autour de lui je ne sais quelle atmosphère divine qui ne permettait pas d'y introduire ^>

lestions de l'ordre profane, de peur d'en troubler puçeté.

Dans ce siècle de mouvement, de nouveauté et J progrès industriel, le Curé d'Ars ne formait aum souhait; il n'éprouvait aucun désir, il ne senit aucun besoin de rien connaître de ce monde, •nt là figure passait autour de lui sans qu'il y fit moindre attention; tant il en était venu à user s choses comme n'en usant pas, à joi^ir comme

jouissant pas; tant son esprit, son cœur, son le étaient tendus et appliqués à un autre objet l ions parlez quelquefois de cliemin de fer, Mon*^ sieur le Curé, lui disait-on, savez-vousce que c'est? -- Non, ni je n'ai envie de le savoir; j'en parle parce que j'en entends parler. » Cet homme, à qui

chemins de fer amenaient tous les jours de m à trois cents étrangers, est mort sans avoir ||||i vu un. chemin de fer et sans être à même de il faire une idée. Mais, s'il demeurait étranger X choses du monde matériel, tout ce qui Uu aait au contraire de cet autre monde divin, qui . l'Église de Jésus-Christ, l'intéressait, le passionit, faisait battre son cœur. Si sublime que fût atretien, le bon Curé y conservait la simplicité i est le vrai caractère des enfants de Dieu. Tout "pqjcknt ^u ciel et des choses dtfines, il gardait I langage familier et ne connaissait que les comfaisons populaires. Dans ces longs et doux épanipents^ les délices eucharistiques, la félicité des

bons, le malheur des méchants, Tattcntc des joies éternelles se mêlaient à de nobles sollicitudes pour Taccroissement du règne de Jésus-Christ, Teialtation de la sainte Église et le triomphe de la justice et de la vérité dans le monde.

M. Vianney pariait souvent des saints ; il n'en parlait qu'avec des larmes. A entendre ses récits pleins de drame, de menus détails et de poésie touchante, on était tenté de croire qu'il avait connu ces bons saints, jju'il avait vécu avec eux dans la plus étroite intimité. Il savait d'eux des choses complètement inédites et qu'on croyait entendre pour la première fois. Dans la vie des serviteurs de Dieu, le côté légendaire charmait son imagination et son cœur. D levait ce courage de la foi qui n€ recule devant rietf de ce qui peut renverser l'orgueil de la raison hH' maine et scandaliser les impies. « Le soleil, disait-il, « ne se cache pas de peur d'incommoder les omÊS^ « de nuit. » Pour lui cette puissance adorable qii se joue dans l'univers et qui est si souvent en Dieu au service de la bonté, ne brillait jamais d*un assez vif éclat. Ce qu'il y avait de plus prodigieux et de plus contraire au cours ordinaire des choses était ee qui le ravissait le plus. fl^Je crois que si nous « avions la foi, disait-il, nous serions maîtres des « volontés de DiSh ; nous les tiendrions 4iich||Dée9, « et il ne nous refuserait rien. » Puis il ne tarissi* plus sur le chapitre des condescendances dnines à l'égard des saints; il avait mille histoires k^raixiâl^i *'

outesplus belles et plus merveilleuses les u»s que es autres. Ces histoires eussent rencontré peut-être les esprits dédaigneux. Pour nous, nous avouons le bon cœur qu'elles nous édifiaient et nous charttiaient, qu'elles nous faisaient rire et*pleurer. Elles Empruntaient une séduction de plus de la tendre simplicité avec laquelle cet homme, resté enfant parle cœur, nous les racontait, s'animant par degrés, s'exaltant et s'attendrissant aux bons endroits. Men ne nous paraissait plus délicieux et plus atrayant que ces larmes si fréquentes, ces Sourires l*ange, ce naïf abandon à toutes les impressions, es jeux innocents de Tâme , qui s'épanouit dans B sein du Père céleste, mêlés à des pensées si hautes, des habitudes de vie si austères, à des sacrifices si énibles, à un apostolat silaborieux. Dans un temps ù la simplicité est morte dans les cœurs et tend à ^paraître des rapports qui lient les homnws, quijûque a conservé le sens chrétien ne saurait étuier, sans émotion et sans envie, comment s'est îvélée à l'âme de ce saint prêtrq l'adorable parole IX Seigneur : qu'il faut devenir semblable a des

ÎÏEANTS.

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