‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 7 sur 87 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Jean-Marie berger. — Son amoar de Dieu et dea

L'âge était venu où Jean-Marie devait commencer ^ payer sa dette au travail commun ; à la campagne Cet âge vient de bonne heure ; à sept ans Tenfant est berger, Matthieu Vianney avait dans son étable quatre ou cinq vaches, un âne et trois brebis le frère aîné les avait gardés ; c'était au tour de Jean- Marie de les mener brouter Therbe du petit endos.

Le voyez-vous, son bâton d'une main, tandis que de l'autre il serre contre sa poitrine sa petite statue de la saintç Vierge, qui ne le quitte pas? Les bergers, ses compagnons, saluent de loin son arrivée de leurs bruyantes acclamations ; ils l'entourent avec "une sympathie déjà respectueuse, car sa bonté, sa douceur et sa complaisance lui ont gagné tous les cœurs;- et c'est un désappointement général quand il n'est pas là. Mais lui, au milieu des témoignages naïfs de leur affection, il est occupé de plus graves

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pensées. Il avise un petit tertre, il court y déposer religieusement sa chère madone sur un autel de gazon; puis, lorsqu'il lui a offert, le premier, ses hommages, il invite toute la bande h en faire autant. Il ne se sentait pas de joie, quand il voyait ses compagnons à genoux autour de l'image vénérée. C'est alors qu'un naïf enthousiasme s'emparant de son cœur, quelque chose de cette flamme dont Tâme du prêtre devait être l'inépuisable foyer s'allumait déjà dans l'enfant. Après avoir récité la Salutation angélique avec une ferveur communicative, il se levait gravement et se mettait à prêcher à la troupe recueillie la dévotion à la sainte Vierge, dans un Tangage empreint de la plus expressive tendresse.

D'autres fois, il se retirait à l'écart, installait la sainte image dans le creux d'un arbre, se mettait à genoux et passait à ses pieds de longues heures en prière. Souvent, pour le faire avec plus de recueillement et de liberté d'esprit, il confiait son troupeau à lâ garde du plus raisonnable de ses camarades, à qui il promettait de rendre à son tour le même service.

Un jour, le petit berger, — il n'avait encore que sept ans, — conduisait, avec Marion Vincent, une voisine du même âge que lui, son âne chargé de blé au moulin de Saint-Didier; il faisait très-chaud, et lés deux enfants s'arrêtèrent dans un chemin creux pour s'y reposer à l'ombre; leur petit babil devint alors plus intime.

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