CHAPITRE IV
41e M. vlABBcy, mm fï, tmm esperaBee, mb •■i«vr f«ar Jé«ii«-Gkrl«t, mm déY«il«D * la 4rè»HMlat« Vierge et aax salBis.
Le Curé d'Ars avait reçu le don de la foi dans une perfection éminente. L'Esprit-Saint répandait au centre de son âme une lumière si claire, qu'il voyait les choses divines d'une vue simple, avec une certitude, un goût et une suavité qui lui causaient des ardeurs intérieures» des ravissements, des larmes, et faisaient acquiescer délicieusement son esprit aux vérités qui lui étaient montrées. Son union intime avec Dieu lui avait pour ainsi dire rendu sensibles et palpables ces vérités. Ce que nous percevons de loin, vaguement, confusément, à travers un nuage et dans une énigme, il le voyait en luimême, d'un regard fixe et direct.
La foi du Curé d'Ars était toute sa science; elle lui expliquait tout et il expliquait tout par elle. De jour en jour son intelligence grandissait, attirée par
ténèbres sacrées et lumineuses, qui en effrayent t d'autres, et dans lesquelles il savait que Tesi; trouve Dieu, en se perdant lui-même.
La loi de M. le Curé est si vive, dit Catherine is ses Mémoires, qu'il gemble voir les choses. Il si pénétré de la présence réelle de Notre-Seigneur Très-Saint Sacrement, qu'il en parle dans pres- 5 toutes ses instructions. Alors l'amour lui donne
forces, et il ne sent plus son épuisement. « Si ous aimiez Notre-Seigneur, nous disait-il un jour, ous auriez toujours devant les yeux de l'esprit ce ibernacle doré, cette maison du bon Dieu. Lorsue vous êtes en route et que vous apercevez un locher, cette vue doit faire battre votre cœur, omrae la vue du toit où demeure son bien-aimé ait battre le cœur de l'épouse. Vous ne devriez •as pouvoir en détacher vos regards. »
je Curé d'Ars répétait souvent : * Que nos yeux ont heureux de contempler le bon Dieu ! » Et il ait ces mots avec un accent si profond et un vi- ;e si rayonnant de plaisir, qu'on pouvait croire 'il jouissait de la vision de Dieu. On voyait de aps en temps passer dans ses yeux des éclairs n bonheur que ne saurait donner l'aspect des >5ies créées. Il disait encore : « Nous n'avons u'une foi éloignée de trois cents lieues de son bjet, comme si le bon Dieu était de l'autre côté es mers. Si nous avions une foi vive, pénétrante, omme les saints, nous verrions comme eux
« Notre-Seigneur. Il y a des prêtres qui le vo'S<?^/ (( tous les jours à la messe... »
(( Ceux qui D*ont pas la foi ont 1 ame bien flm « aveugle, disait M. Vianney, que ceux qui n'ont « pas d'yeux... Nous sommes dans ce monde comme (c dans les brouillards; la toi est le vent qui les dis- « sipe et qui fait luire sur notre âme un beau '«soleil... Voyez, chez les protestants, comme tout « est triste et froid! c'est un long hiver. Chez nous « tout est gai, joyeux et consolant... »
On a remarqué que, lorsque M. Vianney prêchait du pied de l'autel, il était tellement impressioDoé par la présence réelle de Notre-Seigneur et le voisinage delà divine Eucharistie, qu'il en perdait pre^ que la voix. Son embarras était visible, et quelque effort qu'il fît pour parler d'autre chose, il en revenait toujours à ce grand objet.
Quoique retenu dans les liens du corps, le Cur^ d'Ars n'était guère moins appliqué à Dieu que ces pures intelligences qui brillent toujours devant lui par la lumière d'une charité éternelle. Il a parlé souvent d'écrire un livre sur les délices de la mor^' Tandis que les autres ont besoin de toutes leurs forces pour se résigner à mourir, lui, ii avait besoin de toutes les siennes pour se résigner à vi^e«
Dans ses catéchismes, les plus gracieuses conapa* raisons avaient trait à ce désir du ciel. Il se serrait souvent de celle de l'hirondelle qui m foit querasir la terre et qui ne se pose presque jamais, de cell^
la flamme qui tend toujours en haut, de celle du lUon qui s'élève dans les airs quand on a rompu s cordes qui le retiennent en bas.
Un jour, en parlant du ciel, de ce ciel ou nous irrons Dieu tout de bon^ il s'écriait, les yeux baiûés de larmes, avec un frémissement d'amour:
Alors nous dirons au bon Dieu : Mon Dieu! je vous voisl je vous tiens 1 vous ne m'échapperez plus! jamais 1 jamais! » Une autre fois, après une ivissante instruction sur le ciel, quelqu'un lui demandait : « Que faut-il donc pour obtenir cette récompense, dont vous nous avez fait un si magnifique tableau? -- Mon ami, répondit-il, la