‹ Le curé d'Ars: Vie de m. J.B.M. VianneyChapitre 71 sur 87 · GRACE ET LA CROIX · texte numérisé non relu

GRACE ET LA CROIX

Pour donner une idée de ce que fut en M. Vianey l'amour de Notre- Seigneur, il faudrait dire ce ui peut se concentrer dans une âme humaine , idée par la grâce, de plus doux, de plus fort et Bplus grnéreux. Toutes les facultés de son âme, >utes les lumières de sa raison , toute l'énergie c sa volonté étaient au service de ce sentiment jprême, Jésus-Christ était sa vie , son ciel , son renir, et l'adorable Eucharistie le seul étanchelent possible à la soif qui le consumait. Il ne mvait cesser de penser à Jésus-Christ, d'aspirer à isus-Christ, de parler de Jésus-Christ ; et alors ce étaient pas des paroles, c'étaient des flammes qui irtaiënt àê son cœur et de sa bouche. Il y avait dans

manière dont il prononçait l'adorable nom de

iOO VIE DU CURÉ D'ARS.

Jésus et dont il disait : Notre-Seigneur ! un ac^rjâ?/ dont il était impossible de n'être pas frappé. 11 semblait que son âme se répandit sur ses lèvres.

Ce que M. Vianney avait le mieux retenu de ses lectures, ce qui revenait le plus souvent dans ses discours, c'était les paroles enflammées par lesquelles l'amour des saints envers le divin Maître s'est le plus vivement exprimé. Il aimait à citer ce mot de Notre-Seigneur à sainte Thérèse : « J'attends « le jour du jugement pour faire voir aux hommes « combien tu m'as aimé ! » Et cet autre : « Quandles « hommes ne voudront plus de moi, je viendrai me « cacher dans ton cœur. » Il ne les citait jamais sans être interrompu par ses larmes. Il racontait, en s'attend rissant beaucoup, que sainte Colette disait à Notre-Seigneur : « Mon doux Maître , je voudrais « vous aimer, mais mon coeur est trop petit.» Aussitôt elle vit descendre un grand cœur tout enflammé et en même temps elle entendit une voix, qui lui dit : «< Aime-moi maintenant tant que tu voudras. » Et son cœur fut inondé d'amour.

« Jésus ! s'écriait-il souvent, les yeux remplie « de larmes, vous connaître, c'est vous aimer!... Si « nous savions comme Notre-Seigneur nous aime, « nous mourrions de plaisir! Je ne crois pas qu'il y « ait des cœurs assez durs pour ne pas aimer en se « voyant tant aimés... C'est si beau la charité! c'est « un écoulement du Cœur de Jésus, qui est tout « amour... Le seul bonheur que nous ayons sur la

SA FOI, SON ESPÉRANCE, SON AMOUR DE N.-S. iOI

terre, c'est d'aimer Dieu et de savoir que Dieu nous aime... »

Il disait encore avec tristesse : « Je pense quelquefois qu'il y aura peu de bonnes œuvres récompensées, parce qu'au lieu de les faire par amour pour Dieu, nous les faisons par habitude, par routine, par amour de nous-mêmes... Que c'est dommage !

« Pauvres pécheurs 1 quand je pense qu'il y en a qui mourront sans avoir goiïté seulement pendant une heure le bonheur d'aimer Dieul... Quand nous nous lasserons de nos exercices de piété et que la conversation avec Dieu nous ennuiera, allons à la porte de l'enfer, voyons ces pauvres damnés qui ne peuvent plus aimer le bon Dieu. Si Ton pouvait se damner sans faire souffrir Notre- Seigneur, passe encore! Mais on ne le peut pas. » M. Vianney finissait souvent son catéchisme par 3S mots : « Être aimé de Dieu, être uni à Dieu ; vivre en présence de Dieu, vivre pour Dieu : belle vie!... et belle mort! »

Un jour qu'il entendait les oiseaux chanter dans i cour, il se prit à dire en soupirant : « Pauvres petits oiseaux 1 vous avez été créés pour chanter, et vous chantez... L'homme a été créé pour aimer

Dieu, et il ne l'aime pas. Pouvons-nous dire que nous l'aimons tant que nous ne sommes pas arrivés à ce degré d'amour où tout ce qui coûte

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