LE PETIT BERGER
dont il connaissait la charité, pour l'un un pantalon, pour l'autre une chemise, pour celui-ci une veste, pour celui-là des sabots. Après l'aumône de la main, il n'oubliait pas l'aumône du cœur, mais l'une ne venait jamais qu'après l'autre qui lui servait de véhicule. Quand il avait affaire à des enfants de son âge, il leur apprenait Notre Père..., Je vous salue^ Marie. ..^ les actes du chrétien, les priiaici^les- vérités de la religioa; il leur disait qu'il ftilfeiilf *ien mimier te bon Dieu, ne pas se plaindre de leur sort, et en supporter patiemment les rigueurs en vue de la vie éternelle. Quoiqu'il s'adressât discrètement aux petits, il était écouté des grands avec un intérêt qui tenait à la fois de la reconnaissance et de l'admiration. A leur départ tous le bénissaient, et comme la bienfaisance ne procédait pas en lui du désir de mériter des éloges ou nne gratitude purement humaine, mais d'une inspiration céleste, il se dérobait au. plus vite à ce concert de louanges.
Tfel fut, dans sa première enfance, ce juste à qui le Seigneur réservait une destinée pure et éclatante devant lui. il l'y préparait par toutes ces grâces, rosée matinale que Dieu accorde souvent à sa créature, pour qu'elle sache plus tard résister au poids et à la chaleur du jour.