‹ Le curé de campagne, par l'abbéChapitre 12 sur 39 · FIN DU ROMAN DE LA STIGMATISÉE · texte numérisé non relu

FIN DU ROMAN DE LA STIGMATISÉE

miraculeuses, dues les unes à des médailles placées sur le lit des malades, souvent à leur insu, les autres à des eaux de fontaines de guérisons comme celles de Vassivière, de la Salette et de Lourdes. Pas de Notre-Dame, d'ancienne ou de nouvelle fabrique, sans fontaine guérissant les malades. Cela dure dans le monde depuis les temples d'Esculape, et nous menace de durer longtemps encore.

Les prêtres se gardent bien d'éclairer sur cela les peuples : ils craignent de nuire aux pèlerinages. Et les pèlerinages, ayons le courage de le dire, rapportent toujours quelque chose en cire, en évangiles, en honoraires de messe. Cela rentre dans le mouvement de reUgion extérieure et bruyante, qui est maintenant de mode, et qui va si bien aux femmes avides, en général, de sensations.

Le moins déraisonnable des théologiens modernes, parce qu'il a été homme du monde et médecin, le Père Debreyne, reconnaît que beaucoup de maladies peuvent guérir par une imniense perturbation de Tâme. Et quelle plus grande excitation que les espérances reUgieuses? 11 y a alors guérison par l'action puissante de l'âme sur les organes. « On a vu, dit-il, des épileptiques guéris ainsi, subitement et sans retour. On cite un para-

lytique, abandonné tout seul dans une maidea incendiée, qui se sauva en courant à travers h& flananae»» »

Ce théologien affîriae qu'il peut se rencontrer un certaia nombre de faits de guérisons extraordinaires et merveilleuses qu il ne faut pas se hâter d'attribuer à l'intervention d'une cause surnaturelle, qu'en d'autres termes il ne faut pas proclamer comme des miracles certaifts et indubitable» (1).

Il cite le fait récent d'une religieuse, à l'agonie, depuis quelques jours, par suite d'une phthisie pulmonaire* Son suaire était tout prêt pour l'ensevelir; on l«i présente Timage d'un saint,, qu'elle invoque avec une ardeur extraordinaire. Au bout de vingt-quatEe heures elle est guérie; elle marche et mange comme ses compagnes. Quel splendide miracle ! Le grand vicaire fait dresser un procèsverbal; le médecin wdinaire le signe et atteste que cette guérison e^ surnaturelle. Uii autre médecin se refuse à signer cette pièce, parce qu'il ne voit pas de raison d'admettre du surnaturel dans cette guérison subite. Deux mois après, la malade retombe et meurt de sa phthisie.. L'altorite diocésaine en avait été pour son procès-wrbal,

li) Essai sut la théoUgie tiioraiCy page 289.

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