LA UNGÈRE DE LA CURE
cinq âmes pour troupeau; n'en serai-jepas chassé encore?
Dans ce cas même, il ne faudrait pas trop me plaindre : il y a des prêtres qui ont fait, sous certaines administrations, jusqu'à douze paroisses. Je dois ajouter que souvent il y a de leur faute, et qu'on s'est renvoyé de village en village ces natures inconstantes et difficiles. En était-il ainsi de moi? Je n'avais jamais eu l'ombre d'un conflit avec les maires et les membres des conseils municipaux de mes communes. C'était ma règle et j*y avais été fidèle. J'avais été bon pour le peuple. Etant petit moi-même, j'aimais les petits, les écrasés de ce monde. Le spectacle de leur misère dans la vie civile me faisait supporter ma propre misère dans la vie cléricale. Etais-je plus que le dernier d'entre eux, et Dieu me devait-il plus de joie?
J'étais scrupuleusement fidèle à mes devoirs de curé de paroisse. Etranger dans cette Bretagne, j'en acceptais les coutumes religieuses. Je n'étais plus frondeur, comme à Picherande; et, sans avoir à me reprocher aucune flatterie, j'étais plein de respect pour mes nouveaux maîtres.
Toutes ces précautions que m'avaient indiquées l'expérience ne m'avaient conduit à rien. La lutte était venue. Elle me serait venue pour mes fautes;
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elle stai^ait devast raod pour les (fautes des afutsefi. <]'est que le mal, quand il est attaché aux ifiBtàhi- (âcMis, »e s'arrête ^pas mêiBè devant àa »vepta el devant lies .ppudeaces de ia vie. J'étais la >Âctii»e évidente d'usé, discipline à lOHÉsfe^^enh.
Si toutes leB cupes étaient êérieusemes^t iânanno vibles^ je fusse resté à Picheraxide. ^Sous A'aaicîea diroit, il eût £aiUia un procès en «^gle tpour na'eik lever mon bénéfioe "à chai»^ d'âmes. €e procès oc m'eùl pas été io^teaxté pour des La^teUes, pour des propos de dfisier evÉxe oaarés^ mais bien pour des actes jgrav«6 au si^iest de la foi »et des moeuips, pour un dékl.ccmûmijpÀe. Le «droit ecdésiastiqiie «s4 ipréds «ur oefai. Depuis plus d'iun demi-'siècle, <îe droit que ridû n'a pu faire preeierire , puisqu'il est encore en pLein «sercice, dans le reste (k monde catholique, malgié les tendances à l'asservissement du sacerdoce inférieur, ne se trouve €omplétementiniéeQfnnu qu'an Fraoce. J'aidoiae eu raisooft «da m'éiever ibôem haut tcontK la irûoktion de ce dmiU à laquelle, des milliers d'autres coraïne moi, dans le. sacerdoce, nous devons les fcunûiiations les ^us doulouveuises de la (vie. iamais oe jeu cruel de .tant d'^odsteaioes ne -s'était praliqué daiCfcS rjEgliâe^ et j'espère fcien qu'ien publiaaartces «ftémoires, j'arriverai à «Kciter dans ohaqoe ooor «îieaaœ de chrétien, comaie cela «st dé|à daœla
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conseienûe de diftc^ prêtre -de i'nrdie kiieaûeiur, i'jionieiir légitime de oe régime nouFeau qm est tm t)\Mi des droits les pins sairéB, et la oégation directe de toutefi ies k>is dûciplinuKsdei'f^iifie ita&tdaiis l'Orient que dans ïOociitid.
Ma pkdnle ne se fera fa» enteadT^e «en vain. On le Yoâit, «lie n'est pas aecueatrîtie a¥ec wcq^io- {inent et «wiec violenoe oontre les hommes. jEUe n'attaque qu'uB abus mant de diseipliiae. ie n'ai eu de haine ni eontre m&& persécuteur JU* Dumoyefltt ni ooatre l'évéque de Rean^s. Ils ovd disposé de moi comme le teiboureiir dispose du taureau qui laboure les clramps, que l'on vend en foire, quand on trouve qu'il est diiffidie à se laisser Uer. Homme etchrétiea, jeteur pardonne; iîi«nbre Au sacerdoce, |c ne leur pardonne pas. Moias eiacore je pardonne à tout répisoiDpat firançafts de maintenir, qiadnd les artides organiques fleiir laisôent sur cela toute liberté^ une 'Organisaiiion fcoateadictoôre avec le droit comimui da^a J.É^de, droit que Rouie veisonnait ioujoiurs len principe, lors même qwe, sur la pente glissante de la pratique, elle serait disposée à £iiredudespol^me'eit il consacrer odui de i'épisooipat.
Âubigné eslum misérable ipetit village, auaMird de Rennes, dans le bassin de l'IUe, ayant dans squ v-oisinage des étangs et des forêts. Un ehemia de
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fer est venu plus tard traverser le pays. Un petit ruisseau passe à Aubigné se rendant à la rivière de rille. Je me suis toujours bien trouvé, dans mes aventures malheureuses, d'avoir au cœur un saint amour de la nature. En arrivant à chacune des stations où la Providence m'a fait dresser ma tente, j'ai commencé par faire mon pacte d'alliance avec les eaux, les bois, les rochers, les fleurs. J'ai toujours eu ainsi des amis nombreux. Pas un recoin d'un pays, en apparence sauvage, ne m'a été indifférent. Croyez-vous que c'est une petite consolation de se demander si on ne trouvera pas sur les bords des étangs du pays, tels et tels insectes, telles et telles plantes rares; s'ils sont tapissés des larges corolles blanches des nymphéas, si l'on y trouve la vallisnêria, la ményanthe aux pétales ciliées, la grande ményanthe plus belle encore. Tune et l'autre d une éclatante blancheur? Et puis quelle était la flore de cette partie élevée du plateau breton? Et n'était-ce pas tout un monde à parcourir que les coteaux accidentés de riUe dans la direction de Hedé, où il y avait tant à faire pour la géologie? Tous ces petits problèmes me passionnaient; et les six premiers mois étaient une grande occupation pour bien poser mes jalons, et savoir' à quoi m'en tenir sur ce monde nouveau qui, tout borné qu'en puisse