ENCORE CDAÉ HE VILLAGE
cifîques devoirs, aimés du clergé, dont l'un de nous était le père, et Tautre le frère affectueux et dévoué; ayant pacifiquement résolu le problème qui tourmente, depuis plus de soixante ans, près de quarante mille prêtres se succédant, comme des enïployés de quelques jours, dans les paroisses rurales, nous vivions dans Tespérance de l'apaisement des inimitiés d'une coterie violente^ lorsque tout nous fut dévoilé.
Monseigneur, avec le second vicaire général, homme fort inoffensif, dont je n'eus jamais à me plaindre, était en tournée q^iscopale. C'était en mars d851. Il se trouvait à Melun, chez l'archiprêtre, l'un de nos prêtres les plus instruits et les plus recommandables, dont nous avions éprouvé tout le dévouement. J'étais resté à Meaux pour l'expédition des affaires courantes. Monseigneur venait de donner la confirmation dans la charmante petite cathédrale de Melun. On lui annonça la visite de M. le préfet de Seine-et-Marne- Ce fonctionnaire aimait beaucoup i'évêque, et il le soutenait au ministère des cultes, où avait prévalu déjà depuis longtemps le projet de favoriser exclusivement Tultramontanisme dont la politique du moment espérait plus d'appui.
Le préfet venait de Paris. On savait au ministère tout ce qui se passait; et l'ambassadeur de Rome
ayant consulté sur ce qu'il avait à faire dans le cas grave d'un procès canonique intenté, devant la Sacrée Congrégation, contre un évêque français, le ministre avait répondu qu'avant tout il fallait s'abstenir, et qu'il fallait par conséquent laisser à l'évêque de Meaux le soin de défendre lui-même sa cause.
Le préfet raconta ces choses à Monseigneur. Le coup fut terrible. Le digne homme ne put résister à cette secousse. Il se vit perdu, déshonoré. Son cerveau s'échauffa; et la nuit même qui suivit cette révélation, il eut une attaque d'apoplexie qui l'emporta en quelques heures.
Je fus terrassé; et sans cet amour filial qui me forçait de vivre pour une mère, le désespoir qui avait conduit mon pauvre évêque au tombeau fût venu m'atteindre. Mais je résistai. Félicie, de plus en plus dévouée et aimante, me supplia de ne pas m'abattre devant une adversité si imprévue, qui venait m'arrêler dans toutes mes espérances. Elle me demanda d'être fort pour ma mère et pour elle. Je dus vivre en effet.
Mais, cette fois, je compris toute l'étendue de mon malheur. J'étais le survivant dans cette tempête. On rendrait tous les honneurs funèbres à l'évêque vaincu par la mort. Mais on s'acharnerait sur le débris d'une administration, demeuré seul
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