UNE GRANW CHOSE SE FAIT PETITE
<iroils qui, parinstincU eussent été pour mes doctirines et pooi ma méthode, je pc^uvais naturellement coDckure que, a'ayaiit pas seul le privilège 4b voir les absar<Ktés du ayBtème gouvernemental (tes paroisses généraleflaeaat adopté, une notable partie du clergé, surtout dans les rangs inférieurs, où il y a Bnx^tias à Ititter coatre l'ambition, pensait 4ans le fond comme moi. Je me croyais en cela dans les limites d'uoe logique rigoureuse.
Quoiqœje n'eusse pas, dèsles premières années de mon ministère, Texpéarience que j'ai acquise depuis dans mon existence si troublée, ye voyais très-clairement alors que TÉglise se traînait dans un cercle nnsérable : ne toucher à rien de ses routines, faire creStre encoffe le dévotisrne par •des innovations incessantes, et vouloir en même temps ramener le monde à la foi^ celle prétention oontradietoire m'irritait, ef j'aurais dit volontiers alors au pape, aux cardinaux, aux érêques, à mes plus humbles collègues, coname Sully à Henri IV : « On ne saurait perdre plus gaiement un royaume.»
Cette intuition si nette de la question religieuse ^u dix-neuvième siècle devait, dans une nature sévère et logique comme la mienne, amener d'incessantes crispations, des impatiences douloureuses. On ne voit pas coraproeniettre maladroitement une grande cause, une cause qu'on aime, et
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dont on pressent l'avenir, sans que le cœur saigne, sans que le cerveau bouillonne, surtout quand on a le cœur chaud, et la tête auvergnate.
Félicie, par ses lettres, me calmait un peu.
Mais cela durait les vingt-quatre heures pendant lesquelles j'étais sous le charme de cet esprit vigoureux et de ce grand cœur. Le lendemain je redevenais un lion intraitable.
Les lettres de Félicie seraient un livre autrement curieux, autrement capable de passionner mes lecteurs que ces modestes pages où je retrace les souvenirs de ma vie. Malheureusement, je ne les ai pas toutes conservées. Voici l'une des plus anciennes, dont je dégage tout ce qui était intime, pour ne laisser que la partie qui se rapporte aux questions religieuses. Nous étions alors à la fin de la première période du règne de Louis-Philippe. Le calme était à la surface, le clergé commençait à revenir de ses frayeurs. Il était facile de prévoir que les ambitieux et les habiles se ménageraient les faveurs de ce gouvernement nouveau; que l'affaire de leur avancement serait leur grande affaire, et que cette belle occasion pour le clergé français, libre désormais de tout lien politique, d'inaugurer une ère nouvelle, serait perdue.
J'avais écrit dans ce sens à Félicie. Elle me répondit.