‹ Le curé Meslier [microform]Chapitre 11 sur 29 · CE QUE SONT LES PRÊTRE · texte numérisé non relu

CE QUE SONT LES PRÊTRE

vr ces effets surnaturels, et son imagination préyenue vît ^t sans cesse tout ce que ses Prêtres voulurent lui faire jTpir. De là cette foule de prodiges, de prestiges, .de •miracles, que l'on regarda comme des signes indubitables de la volonté du ciel, qui s*expliqualtpar le désordre pou la suspension que les Dieux, à la voix de leurs Prêtres, mettaient dans les lois de la nature. Ces merveilles prétendues assurèrent de plus en plus la puissance saeer" r dotale, confondirent la raison des peuples, et les disposèrent à croire aveuglément tout ce qu'on voulut proposer à leur crédulité. En effet comment résister des hommes auxquels la nature elle-même est forcée d'obéir? Comment douter de la vérité de leurs^ paroles, tandis que le ciel et la terre leur rendaient les plus éclatants témoignages ? Comment refuser de soumettre sa raison à des personnages capables d'opérer ?^^ des merveilles si propres à la confondre? C'est à force , dèprodiges que l'on peut venir à bout de dompter la raison; une œuvre surnaturelle, qui n'est jamais qu'un effet dont le peuple ne connaît point la cause, sera toujours pour lui un argument plus fort que les raisonnements les j)lus sensés ; la raison ne parle souvent qu'à des hommes incapables de l'entendre et de suivre les preuves dont elle s'appuie, un miracle parle aux yeux des hommes les plus grossiers, et porte la conviction avec lui.

La plupart de ceux qui ont donné des Religions aux hommes ont donc prouvé leurs missions par des miracles; mais toutes les Religions du monde datent des temps d'ignorance ; plus les peuples sont ignorants, plus le merveilleux a de pouvoir sur eux, et on est en droit de récuser leur témoignage ; cependant dès que nous doutons de la vérité d'une Religion, on nous ferme la bouche en nous citant des merveilles que ses fonda- , teurs ont opérées aux jeux d'une multitude, dont on reconnaît l'ignorance et la stupidité : on veut que des \ prestiges, dont une populace sans lumière fut témoin, servent encore de preuves à des hommes plus éclairés que la réflexion et re*xpérience ont détrompés du mer-

veillenx. Ce ne fat jamais que dans lesiemps de ténèlires - ^ que les PrÔtres eurent le pouvoir de faire descendre du . ;j ciel les titres dedeur grandeur ; mais ces titres s^effacent,s ,v s- anéantissent et peuvent difficilement se renouveler, , lorsque les nations sont parvenues à s'éclairer. Dans les \ sociétés instruites il ne se fait plus de miracles ;alovSc ~ le sacerdoce, faute de pouvoir en opérer de nouveaux, . '^ est réduit à faire usage des miracles anciens *.

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