DE LA. THEOCRATIE OU DU GOUVERNEMENT SACERDOTAL
Telles senties armes avec lesquelles le sacerdoce est parvenu à conquérir les nations/ et à se placer sur letrône de Tunivers, à côté dès Dieux devant lesquels il
1. Oà voit par là pourquoi les Prêtres ont toujours été ennemis de la science et des nouveUes découvertes. A mesure que les hommes deviendront plus instruits, la puissance sacerdotale doit nécessairement dimi« nuer; rétu|[p de la nature doit surtout déplaire auxPrètres, elle est propre à renverser leurs systèmes métaphysiques, et à leur 6ter àjamais le pouvoir de faire des miracles.
A l'égard de l'esprit mystérieux que l'on voit régner dans tontes les Reliions, tant anciennes que modernes, il est fondé, comme on a dit, sur ce que les hommes se font une haute idée de ce qu'ils ne comprennent pas; les choses qu'on leur cache font travailler leurs cerveaux. Synésius dit avec raison c que le peuple méprise toujours ce qui est facile à coM' • prendre, et par eontiquent il faut que la Religion lui présente quelque € chose de surprenanf et de mystérieux pour frapper sesyàuxelpoùf « exciter: sa curiosité. > La Religion Romaine est bien plus populaire que' la ReÙgion Protestante, vu que la première est plus absurde et plus hérissée de mystères, tandis que la seconde s'est rendue difflçile sur quelques Dogmes insensés, quoiqu'elle en admette tant d'autres, aussi contraires au bon sens. Peut-être que l'obscurité, la bizarrerie, .l'absurdité mystérieuse du Christianisme sont les causes de l'aviditô avec laquelle il fut reçu. En matière de Religion, la plus divine est là plus msryeilleàse, la plus inconcevable est la meilleure.
1 et rtondyées dans lé méprisont fait place à? des fôliiss^ nouvelles ; les Dieux eux-mêmes ont changé^ mais- quel que fût leur sort, les artifices jles^ressonrees et lè-poor voir de leurs Ministres furent toujours' les mêiues ; les^ espérances et le& craintes des peiiples> leur ignorance
: et leur crédulité, leur passion pour le merveilleux rendirent les Prêtres en tout temps les maîtres et les gui- ■ des des nations ; toujours ils commandèrent à leur imagination, ils enchaînèrent leurs esprits, ils partagèrent iè pouvoir et la majesté des Dieux qui furent en règne. Si comme on a vu dans le chapitre précédent, les Législateurs des peuples en furent les premiers Prêtres ; par une suite nécessaire ils en. devinrent souvent les
r premiers Souverains. Plus on s'enfoncera dans l'antiquité plus on y verra le sacerdoce et le pouvoir suprême exercés par les mêmes hommes. Rien en effet ne fut plusnaturel que de se soumettre en tout et sans réserve à l'autorité de ces personnages respectables donton avait
c reçu tant de bienfaits, que l'on supposait les favoris des
'Dieux, qui opéraient tant de merveilles, par le minisr
tère desquels on recevait les volontés du ciel. Que de
titres pour leur accorder la soumission' la^ plusi aveuglé,
la confiance la plus entière, la vénératfon lieii plus pro-
. . ff>B.àe i quels ascendants ne doivent pâsi donner à ceux. qui possèdent, sur une multitude ignï)rante, la connais-^ sance des secrets de la nature, le talent de la parole, l'art d'allumer rimagination, le seeTet d'iEâ)atti*e l'âme* et suttout le privilège de faire parler les Dtéudo! KieiL nepeutySans doute, égaler le pouvoir; ipi'une âme forte bu rusée, à l'àid-el dé Tenthousialsm-e et der prodiges, sait prendre sur des âmesi faiblesv tremblftate^. dénuéies^ d^èxpérÎTênce et dé' la faculté de penser;
Né soyons donc point surpnsiSinoustrQuvonsiprdsçpô partout de» vestiges plus ou moi^s marqué» du' gwïvap'iiement sacérdb tàï; il dut être absolu et dèspaUq^e parce que la volonté des Dieux^daiiétreE^ lai réglé d^è»4<
hommes et n'estrpointifaite' proiir- rencontrent dés: <dïsta^ ;r clés ; il' dut eire-dlUmité dans-son pcfuvair, parce- que - , ce serait ua crimre que d'oser faire un pacte ou; des con*^ ~l yentions^avecun Dieu, que sa puissance suprême dispense , de toute oMigation, et qui: n© peut 's'asservir à^ ancnn^:! devoirs. Les lois pénales durent êireef&'îyjrantes^^parcê^ qtifii n^est point de plu» grand crime qufe^ de' désobéfeSà^" son Dieu ou de se révolter contre lui ; cegouVemenienti ^ dût être violent et tjrânnique parce que la^ TBRREDK^ônf;^ ^ fut la base ; il dut être insenséparce qu'il eut pourrègfer " ^ et pour modèle des êtres fantasques et déraisonnables^^ ^ copiés d'après les plus mécliants des hommeS'; eiiÉiaf^^^^ l'impunité enhardissant sa licence, 11^ dut tout^ se ^peaji^v : mettre et faire éclore les abusées plus^ criants^
Tant que le gouvernement siacerdotat n'eut poinfc diff r concurreuty on lui donna> le ncntù d^ Th;émratie'^ ofJ^ éè ' gouvernement divin. Dieu fut censé gonvernerparrlui*^^ même toutes les fois qu*ili n^eut quo^ ses minisires pour r^^^ représentants^ des Prêtres pour' interprètes de se» yîqé«^ .^ lontés ; cependant à la longue des profanes amhitieiKE^t respectant peu les droits du saceafdoce^ sont presqileîpîBP?-^ tout parvenus à lui ravir une portion de sa puissance^ divine. Gefut sans< doute Vs^rkS' que le» représentants^ de la Divinité firent dé leur pouvoiri ce furent! l?iit** dolénce présomptueuse et le^ excès des Prètres^souvé^ rains, qui engagèrent les peuples et les^ soldats^ ^ consentir àvce^ partage dé- rantoritésou^erainef^Êé:
i: Les livres des Hébreux nous montrent un Législateur envoy.é par un Bieù tout' sâbérdotàl unî<jUéMémr otfdtip-S' dîf si6ïrPî«ti?er «juï-veaniwriKHr peuple choisi n'obéisse ^«'à des Prêtres. Ce ne fut qu'à la longue que iès Hë)>reuSv dèVëUttS' gaerridPs, arrachèïisnt^ &tK^ I^'ëtrlBs^ lettP poavOHPÎrti' fbr(&èïiân( lirnieu eV'son Propfaôte de<leir dxmaevnmKoi'gui^eoiiàK^i^: âletir (é^eîXiié^Dàirl deB> Japonais fût- loiigtdmpftle Pontif» et Ie<Roiid«:<l^ pfi^â^ à^' 1«- fin la- pvissancô civile f»^ Attsét^éé d« sàr maittf-^ ^ax^mi\ général' ftilAittieu:^. I^a^hébôratie sobiràa^ foi«:lottgtOBip»eles^i«l Bfkh»^
hommes trop indolents pour l'exercer. Dan^'l'ltftflâtâs^lfl^'esitd-debtllnir*'
t'^8^ ~ ' CE Qràî'SONT.LBS'^ItÊrkBS."
V sacerdoce fit une faute irréparable pour avoir négligé , de toujours réunir la force dès armes à celle de Topi-
nion, ce qui aurait rendu son empire éternel. Ainsi la tyrannie sacerdotale se détruisit elle-même •en grande partie; des guerriers actifs, ambitieux, arra-
V chèrent peu à peu le sceptre des mains trop faibles pour le soutenir, ou qui en avaient visiblement abusé;
ï ils dépouillèrent les Dieux et leurs ministres d'un pouvoir trop étendu, ils laissèrent à ceux-ci le soin de gouverner les esprits , et se chargèrent eux-mêmes de l'administration politique; par-là il s'établit deux Législateurs et deux puissances dans toutes les nations. Mais ' le sacerdoce conserva toujours le droit de parler au nom des Dieux et de faire chanceler les rois mêmes sur leur, trône, sa puissance spirituelle., fondée sur l'opinion j fut toujours assez forte pour ébranler les empires Jus-^ que dans leurs fondements.
. Les Prêtres, néanmoins, peu contents du pouvoir qui leur était resté, cherchèrent toujours à remonter sur le trône dont une force profane les avait chassés ; dans
: toutes les nations, la puissance spirituelle fut la rivale, l'ennemie de la puissance temporelle : le prêtre n'oublia jamais que ses droits venaient du ciel; jamais il ne fut véritablement soumis aux Souverains de la terre. Toutes les fois qu'il se sentit trop faible pour combattre ; l'autorité politique à visage découvert, il cabala sourdement contre elle ; il regarda toujours les Rois profanes comme des usurpateurs, et il ne leur pardonna que lors-
. que ceux-ci se laissèrent guider par lui, et lui permirent de régner sur eux-mêmes.
mines ou prêtres de l'Indostan, se prétend supérieure à celle des Rajas ou princes ; il fat un tems où le sceptre était entre les mains de ces Prêtres. La Théocratie subsista longtemps en Europe; le Pape, au nom de son Dieu, dont il se dit le Vicaire, y exerça le pouvoir le plus absolu sur les Rois de sa secte. Son insolence et son avidité révoltèrent peu à peu les Souverains et dégoûtèrent quelques peuples de son joug; cependant Ton ne peut douter que les Gouvernements chrétiens ne soient encore partout honteusement soumis aux Prêtres.
CXQuâ^ SONT. LES 'PHisJTEESr ' ' "^ - ." " ~ -40¥o^
Les annales d-*un grand nombre de peuples nous.fonr-.^ nissent des exemples mémorables de l'ascendant que le-saeerdpce sut prendre sur les Rois. Dio dore de Sicile! nous apprend que les Prêtres de Méroë ordonnaient à leur monarquel de se donner la mort dès qu'il avait; ^ii^ le malheur de déplaire à la Divinité ; le Souverain, sans répliquer, était obligé de se conformer à ce terriblearrêt. Nous voyons chez les Hébreux un conflit perpétuel entre les Rois d'un côté, et les Prêtres, les Inspirés, les Prophètes d'un autre ; tout Prince qui ne fut point aveuglément dévoué aux Ministres du Très-Haut fut communément traversé dans toutes ses entreprises j et n'eut pour l'ordinaire qu'une fin tragique à espérer. Parmi les, Chrétiens le sacerdoce donna dans tous les siècles des preuves fréquentes de son pouvoir; souvent les hommes de cet ordre ont jugé et déposé leurs Souverains. Aujourd'hui même encore, dans les pays qui se flattent d'être les plus éclairés, le levain de la superstition est toujours assez fort pour embraser l'Imagination des peuples fanatiques, disposés à venger les outragés prétendus que la puissance souveraine ose f air e^ à leur Dieu ; ce Dieu fait cause commune avec ses jMinistres, il est bien rare qu'il laisse impunies les injures qu'on leurv fait ou le mépris de leurs ordres.
Tout favorisa ^le sacerdoce dans ses entreprises, ses. précautions, ses attentats ; les préjugés qui lui atta-i chaient le vulgaire furent bien plus forts et plus enracinés que ceux qui les soumettaient à leurs souverains" temporels. H n'est guère de contrées où l'intérêt des Pré^re^ n'ait fait couler à grands flots le sang des nà^ tiens. Les peuples plongés dans l'ignorance eurent communément dans leurs guides spirituels une confiance opiniâtre, fatale à leur propre tranquillité. L'intérêt du Prêtre fut toujours l'intérêt de son Dieu, les droits du Prêtre furent les droits de ce Dieu, ses prétentions furent fondées sur l'autorité divine, ses opinions passèrent en tout temps pour des oracles du ciel, ses crimes mêmes furent sacrés et les lois civiles n'eurent point le droit
^: 1^ de^IéSvpttiiiri iSnsi lô ckd^ la tfepp^^^nîèrBnt d^ cïài- ^"^ ^^"^ CBTt lorspi^il fu^^^^ lés ^
Xl'RwSi eux-mêmes n'y touchèrent point imputtémentî ils ^ 'lacent obligés de se soumettre^ comme les autres à ses^ - J: décisions ; ils s'exp osèrent à une perte certaine dès (ju'ilg .: voulurent y résister. Quels droits plus incontestables que ceux qu e la Divinité a formellement donnés ? quelle V force peut résister à l'épée du Seigneur ?
{Toutes les fois que des Souyerains essayèrent dé limiter le pouvoir de ces hommes indomptés, méprisèreat leurs opinions futiles, voulurent arrêter leurs ; excès et dompter leur opiniâtreté, en un mot crurent devoir les empêcher: d'abuser de leur puissance, aussitôt .: mille clameurs s'élevèrent de toutes parts.. La majesté dé l'être suprême se trouvait outragée, le culte était en ' danger, les fondements du temple étaient ébranlés, les nations\étaient menacées des plus affreux désastres. Lés . noms àHmpieSyàe sacrilèffesyd'enneînis du ciel j à^usurpateur&j dett/rans^ furent prodigués aux Monarques qui : n'eurent point pour TOre^re sacré la déférence qu'il -exigeait. Vous allez tous périr! le ciel est irrité! les i Dieuûs sont attaqués! le temple est profané! la puissance civile met la main à l'encensoir! tels sont lés cris - delà GL'ERRE DU SACERDOCE ; à ces- mots effrayants, dans les temps d'ignorance et de vertige; le fanatique aiguisa ses couteaux, les peuples se soulevèrent, ils suivirent sous leurs guides spirituels l'étendard de la' révolte, et mille bras se présentèrent pour servir contre le trône la vengeance des ministres des autels. Le ciel fut toujours prêt à prendre parti pour ses serviteurs irrités; tout - Prince qui leur résista se révolta contre Dieu même, il devint dt"' s lors indigne de vivre ou de régner.
Ne soyons point surpris de ces maximes si nuisibles au repos des Etats, ni des excès qui en furent les conséquences nécessaires ; dès que les Dieux sont les maîtres des Rois ainsi que des sujets ; dès que rien n'est plus important que leur culte ; dès que la Religion est supposée d! institution divine; dès que les Prêtres senties seuls
teinporelie doit ^tre en iott;^ ànboï^ifliées à^lJt^^niét*^ sance; spirituelle; tout: Prince qniluL résisterait^ sepait^^g un rebelld insensé^ qui inéconnaîtrait la sourceL dôssâi.= v:^ propre autoritéJ^ Si le pouvoir des Rois n'esti^ conffli<|v.Jf tantcde SouverîÀns ont' fbUement prétendu, qu^unenéma^^ivil: nationsde celui du Trèa-Haut, si c'est^à Dieu- seul qu'ils? ^^^ reconnaissent devoir leur autorité, et si d'un atUtrep p^ côté les Prêtres- sont les uniques interprètes des volontjS% :^ P de ceDieuv il n*est point douteux que d'après ces prîi^ î cipes un Monarque est déchu dé son pouvoir dès quôî^ c ciel^déclare sa volonté par la^ bouclie de ses ministres^ 5 si sur leurs ordres il reftisaitr de déposèr^le sceptre^etMÙts ^^^ couronne; il ne serait plus qu'un usurpateur ;,. si c^eit y ^ Dieu qui fait les Roisj Dieu doit avoir en tout temps le? c droit de les défaire. V ^^
D'où l'on voit que les Souverains ett^prétendantnfétML^?; redevables de= leur pouvoir qi^àDiett seul, n^étre- çomp^ î; 2 tables qu'à lui de leurs actions, se sont mis dans une^ :^: dépendance réelloducaprice des Prêtres, toujours seûte ' /; en droit de faire parler la Divinité ; mais lorsque coll«- ; >;; ci se sera une fois expliquée, lorsqu'elle aura^ regeté ouk ^ proscrit le Souverain qui lui déplaît, quel parti pren-^^i: : dront les peuples? Gombattront-ils contre Dieu même?!; : S'exposeront-ils à sa colère éternelle? Non sans doute;, jj il vaut mieux obéir à Dieuqu^auoc Aommes. Les Rois * ' ne sont à craindre qu'en ce mondes la vengeance^ divine ' s'étend au delà même du trépas. D'après ces notions les peuples ne peuvent donc hésiter à se déclarer pour k leurs-PrêtreSi et chaque fanatique religieux- doit se persuader qu'il fait une action méritoire en détruisant le t*rince que les Prêtres lui désignent comme un rebellé, un tyran, un être proscrit par sott Dieu même. Dans un pays superstitieux les^ort des Rois doit être perpétuel^ lement dans les mains du Sacerdoce; si les peuplefr étaient conséquents, les Théologiens seraient toujours^ lés seuls arbitres des Empires et dé ceux qui les. gour- . vernent; ceux qui parlent au nom de» Dieux sont faits-^
'92 - "' ' CE" QTJS SONT'-'LEà- PRÊTRES. -^ - -^ '"'
pour être les vrais maîtres des Nations et pour n'en point reconnaître ici-bas**.
V En effet le pouvoir sacerdotal est partout établi sur les fondements les plus solides; il a pour lui les craintes et -lès espérances des hommes ; l'éducation, l'habitude, rignorance et la faiblesse viennent continuellement à son secours et affermissent son empire. Gébes nous représente l'imposture comme assise à l'entrée de la porte qui conduit à la vie, et faisant boire à tous ceux qui s'j présentent la coupe de l'erreur. Cette coupe c'est la: superstition ; ses ministres s'emparent des premières années de la jeunesse, l'éducation des citoyens est par tout confiée aux interprètes des Dieux; elle n'a pour objet que de les infecter delà contagion sacrée, de les prémunir contre les remèdes afin de les mettre pour la vie sous la dépendance de leurs Charlatans spirituels. Ainsi dès l'enfance l'homme s'accoutume à ne rien voir de si grand que son Prêtre; les premiers soins des instituteurs de la jeunesse se bornèrent à lui inspirer un attachement servile pour des chimières utiles au sacerdoce, une soumission profonde à ses ordres, une confiance aveugle dans ses décisions, un respect insensé pour ses mystères, une aversion très forte pour la raison. Ces Instituteurs sentent que c'est dans un âge tendre et dépourvu d'expérience qu'il faut semer les idées sur lesquelles l'importance du sacerdoce doit un jour se fonder. C'est ainsi que dans tous les pays les Prêtres se forment une pépinière d' esclaves ^ qui dans
1. Les prêtres, dans les nations modernes, ne portent point les armes; le Papisme (c'est-à-dire la secte la plus sacerdotale et la plus sanguinaire du Christianisme) a pour maxime que l'Eglise abhorre le sang; il est vrai que ses Prêtres ne le répandent guères par eux-mêmes ; ils ont communément à leurs ordres des Princes et des Magistrats qui les dispensent de cette peine; ceux-ci se trouvent trop heureux d'être les vils exécut«urs de leurs vengeances divines. Les Druides, chez les Gaulois et les Cermains, exécutaient les criminels et les immolaient aux Dieux. Les Prêtres du Paganisme et du judaïsme étaient de vrais bouchers, que leurs sacrifices dégoûtants devaient familiariser avec la cruauté.
rage mùr seront prêts à embrassée leur cause,.à-seconrt,^„. der leurs passions et à produire les révolutions qu*ils,se croiront intéressés à exciter; Par l'effet d'une politique p insensée l'éducation n'est que l'art de faire des supersti^-J tieiix des fanatiques et de mauvais citoyens.
La vénération des peuples pour les ministres de la dir^Ji vinité ne fut jamais stérile] ils ne tardèrent point à^ cQmgV^ bler de présents, de donations et de récompenses les^i! favoris dû ciel, aux instructions, aux intercessions^ et^:^ aux importants services desquels ils s'imaginèrent qu'ér;;-^ tait due la prospérité des Etats. Il ne faut donc point ^j: s'étonner des richesses qu'en tous lieux la superstition^^ généreuse des Monarques et de leurs sujets accumula jdë: siècles en siècles sur les Prêtres, dont les sacrifices, les jt^ prières, les méditations, que dis^e! dont l'inaction et :J l'oisiveté furent regardées comme les causes de la favéur^^, du Très-Haut. On crut enrichir Dieu lui-même, en com^ J ;: blant ses amis et ses serviteurs d'honneurs, dé pouvoir, r-î de bienfaits, et en les faisant nager dans rabondancoi ^^ On ne vit rien de plus légitime que de les faire vivre v dans une splendeur qui répondit à la dignité d^ maître ; qu'ils servaient*. i^
L'oisiveté tranquille, abondante et honorée dont lés ^^ bienfaits des Rois et des peuples firent jouir le sacerdoce, lui procura le loisir de méditer; une vie dégagée" : de soins et de travaux dut êti^é favorable à la rêveriez v la Divinité fut, sans doute, le principal objet de celle, des Prêtres qui lui devaient leur existence, la considé^^ ration, les richesses dont ils jouissaient. Il fallut s'en occuper, afin de prescrire aux peuples ce qu'ils devaient; faire et penser ; mais comment s'accorder sur les choses ~
.1. La plupart des Monastères ^ue l'on trouve en Europe, ont été fondés ' dans des siècles d'ignorance et de superstition par des scélérats puissants^ qui après avoir vécu comme des^tyrans et des bètes féroces, croyaient racheter laurs péchés en dotant richement des Prêtres fainéants. L'empereur Constantin, cpii fut un scélérat, fut le plus grand bienfaiteur du Clergé' Chrétien ; en récompense, le CSÎergé le montre comme un Saint.
toasïleshoDiffles sont foMés de "voir ^^^ n'^^ eut. donc aucune harmonie entre les systèmes 4U0 firent éclore les contemplations sacerdotales; ils. furent sujets à des contestations éternelles; on ne put jamais convenir de. rien, et la force seule fut capable de terminer les querelles. Les ministres de la superstition raisonnèrent et disputèrent toujours entre eux sur le Dieu qu'ils annonçaient aux mortels, sur ses attributs, sur. la façon d'entendre ses oracles, sur le culte qui lui plaisait le ;plus, sur sa façon d'agir, etc. ; ces objets prirent dans les espritsdes modifications peu uniformes; les Prêtres, uniquement d'accord sur la nécessité de proscrire la raison, ne purent convenir d'aucun autre point, leui's vaines hypothèses ne présentèrent en tout temps qu'une mer de conjectures et d'incertitudes, dans laquelle l'esprit^humain fut forcé de se perdre. La vanité, l'intérêt, l'entêtement sont les vraies sources dés sectes,, des hérésies et des divisions entre les Prêtres. Les brigands se battent communément quand il s'agit de partager le butin.
Ces inconvénients eussent été peu fâcheux si les querelles du sacerdoce, réservées aux hommes de cet ordre, n'eussent point intéressé le repos des nations ; mais rien de ce qui regarde le ciel ne doit être indifférent aux mortels; ainsi les souverains et les sujets se crurent indisp ensablement obligés de prendre part aux disputes de leurs guides spirituels ; ils se seraient fait un crime de rester les spectateurs indifférents de leurs combats ; ils crurent qu'il s'agissait de leur propre bonheur, tandis qu'il ne s'agissait que dé l'ambition des Prêtres, de leur vanité puérile, et de leurs offrandes. On supposa follement que le bien-être des Etats devait nécessairement dépendre de leurs opinions. Des mots inintelligibles pour ceux mêmes qui les avaient inventés, des explications arbitraires, des cérémonies ridicules, suffirent en tout temps pour faire naître le trouble; le sang des citoyens coula pour cimenter les systèmes bizarres de
quelïiiss fQurlites J|fiiQrants qui jamais:û« p«rAfttpai?tagér -^ paisiblement entre eux les. dépouilles ji«s nàtions/J^es^ .; souverains dévois se crurent intéresses ii faire ^valoir .les opinions de leurs Prêtres et à se .eonformer .à Jeurs yuea, se prêtèrent lâchement aux passions, à l'orgiioîl -^ et aux vengeances des plus indociles et des plus Inutiles J; de leurs sujets ; ils leur immolèrent de:gaieté de cceur^^ des hécatombes Immaines ; ils devinrent les pcoteoteûçs"^^ de leurs folies, les champions de leurs querelles, les: ministres de leurs passions, les persécuteurs, lesibon^reaux d'un grand nombre de citoyens utiles, vertueux / et tranquilles, dont tout le crime consistait à refiiseradè : ; se soumettre aux décisions hautaines, aux cjérémonies capricieuses, aux opinions étranges qu'un sacerdoce ar-^ rogant voulait leur imposer. L'humanité est révoltéexà la vue des vexatioitSt des prescriptions et des massacbes ; que rambition, rorgueil et l'opiniâtreté des Prêtres a? produits dans ce monde ; la raison estinterdite et çohsternée en parcourant les annales de ces hommes^révérés qui, couverts de l'égide de .la Divinité, ont depuis des milliers d!années inquiété, persécuté, exterminé siesl malheureux habitants de la terre, et qui furent conatamr ment les fléaux des Souverains et des sujets. ■
De siècle en siècle on vit sortir du sein de rQrdre; sacerdotal des spéculateurs extravagants, qui prétendirent avoir fait de nouvelles découvertes sur la Divinité et ses voies ; ils ne firent que diversifier les .erreiurs et lesozêveries du genre humain, et les Nations payèr^ent ; de leur sang les systèmes inconcevables qu'ils leur anr:: non§aient comme, les objets les plus intéressants pjour elles. Les peuples ne furent jamais que des instrumerUs , aveugles et vils de leurs Prêtres, qui les enivrèrent de leurs proprespassions, de leurs délires ou de leurs im-^ . postures; ils se crurent trop heureux de périr pour une '. si belle cause ; ils ne s'aperçurent jamais que ce qtt'on leur donnait pour des oracles de Dieu n'était véritablement que les folies de quelques mauvais citoyens, -enthousiastes, opiniâtres, ambitieux et fourbes.
>^' "96 ' ;^ ' / ' CE :que sont lés^prêtres. , "
De toutes les voies que le sacerdoce a suivies pour retenir les peuples sous le joùg, il n'en fut point de plus efficace que l'ignorance, le mépris de la raison et cet -'•r abrutissement honteux où toujours il s'efforça de les plonger et de les retenir. Si les ministres des Bieux furent jamais d'accord sur quelque chose, ce fut dans le projet d'aveugler ceux qu'ils voulurent guider. Le pre- .mier de leurs principes fut toujours de décrier la raison, d'en interdire l'usage, de la soumettre à leur propre autorité. Il faut au sacerdoce des esclaves qui ne voient ' que par ses yeux. Si en cela il consulta ses propres intérêts, il fit au genre humain une plaie profonde et incurable ; celui-ci ayant une fois appris à se défier de la seule lumière que lanature lui ait donnée pour distinguer r le vrai du faUx, le bien du mal, l'utile de ce qui est nui- . sible, ne connut plus d'autre règle que l'intérêt de ses Prêtres, et se porta au crime avec ardeur toutes les fois qu'ils l'ordonnèrenc.
Cessons donc d'être surpris des obstacles que le sacerdoce mit en tous temps aux progrès des connaissances humaines, de la haine invétérée qu'il voua à laPAilosopMe, et des persécutions qu'il suscita dans tous les siècles contre ceux qui voulurent instruire, éclairer, , détromper leurs citoyens, les arracher à la superstition : ' pour les ramener à la raison. Les vrais amis du genre humain trouvèrent toujours dans lesPrêtres des ennemis implacables, qui à force de clameurs ou de violences étouffèrent les plaintes de la sagesse et de laliberté outragées. Leur amitié n'est réservée que pour les complices de leurs sinistres projets, ou pour des âmes abjectes qui auront pour leurs ordres une obéissance respectueuse, faite pour tenir lieu de talents et de vertus • . Tout homme qui pense, ou qui fait penser
1. Socrate mourut la victime des prêtres ; Aristote fut obligé de se condamner à un exil volontaire, parce qu'Eurimédon, Prêtre de eérès, l'accusa d'impiété. Descartes fut forcé de s'expatrier, etc. Mahomet se vantait d'être Je Prophète sans lettres. Omar, son successeur, fit brûler la
les autres, est Fennemi naturel de tons ceux dont le pour' ^ voir n'est fondé que sur l'absence totale de la réflexion. - Les siècles les plus avantageux au ëacerdoce furent ceux ' où leis nations abruties ^t l)arbar es ne virent que par lies^ i^^ yeux de leurs Prêtres; ces temps heureux furent pour i; eux des siècles d'or ; ce fut dans ces temps dé ténèbres?;^ et de superstition que l'on vit des Pontifes hautains ^ fouler aux pieds lestâtes des Monarques avilis, leur i^^ ordonner insolemment de descendre du Trônci les coU;^^^^ vrir d'un habit de pénitent, soulever les peuples contré ? les Princes assez hardis pour leur désobéir, enfin attirer ''' dans leurs trésors les richesses et la substance des peu- [ ples,~ ré duits à l'indigence pour enrichir les favoris dé ^ : leur Dieu*. i
L'abus suit toujours le pouvoir, et la licence est la ' compagne fidèle de l'impunité ; le Prêtre, regardé par-v^^ tout comme l'organe du ciel, ne fut jamais celui de là raison; l'orgueil, l'avarice, la vengeance, la fourberiedictèrent continuellement ses arrêts; quand le pouvoir 3 sacerdotal fut une fois établi, la Divinité ne fut plus occupée que du soin d^étendre l'autorité de ses serviteursi ' -s d'augmenter leur considération et leurs richesses, de menacer et de détruire tous ceux qui eurent la témérité, de leur résister. Que dis-je ! la bonté desDieux s'occupa -
bibliothèque d'AJexandrle. Saint Grégoire, pape, détruisit autant qu'il ' Put tous les ouvrages des anciens. De tout temps la superstition et la politique ont déclaré une guerre éternelle à tous les auteurs et aux. livres qui pouvaient éclairer les hommes. Saint Paul nous met en garde contre, la science qui, selon lui, n'est propre qu'à enfler j c'est-à-dire à donner du ressort au& esprits. >
1. Alexandre III, Pape, mit le pied sur la gorge de l'Empereur Frédéric •Barberousse. Le même Pape fit fouetter le Roi d'Angleterre Henri II. Le pape. Célestin lïl se fit mettre une couronne entre les pieds, et la posa ainsi sur la tète de l'Empereur Henri VI,- qui se tenait à genoux devant lui; il la renversa aussitôt, pour lui apprendre ce qui lui arriverait s'il n'était pas soumis au Saint-Siège. Samuel déposa Saûl, qu'il avait fait Roi d'Israël, et donna sa couronne à David. Les Bvéques Français déposèrent Louis le Débonnaire, dans un Concile tenu à Soissons. Le Grand-Prètre de Congo est en droit de déposer le Souverain du pays, etc., etc., etc, ■
Ji^ V - 3^^ ûrdonn^e en leur nom ; Je& abpiniualions les j?lus ^^y étranges furent couvertes du manteau delà ;Il!ivinité;Jes ï|x^ 'hommes ne raisonnent plus et se soumettent ;à tout dès jî^i. qu'on leur impose le silence en son .nom *. ^y ; - En un mot si l'ambition des Rois dépouilla le sacer- Jx^ doce des apparences de la souveraineté, il lui resta ton- ^v' jours un pouvoir assez grand pour en imposer aux Moyf . nargues eux-mêmes; ceux-ci furent obligés de trembler Vr-: "^ devant des hommes assez puissants pour les précipitor
du trône, pour armer les peuples contre eux, pour rendre f leurs projets inutiles . Dans presque tous les pays de la |j - terre les souverains pour régner eurent besoin de Tati^i; tache de la Religion; les peuples ne virent communément
?r - dans leurs Princes temporels que des hommes profanes, Xf peu faits pour leur commander ; à moins que la Divinité ^•-. n'eût par la voix de ses ministres annoncé qu'elle ap- V prouvait leur choix; ceux-ci par des cérémonies donnè-
- rent leur sanction à la Royauté, et rendirent les Rois
plus respectables aux yeux des Nations 2 .
1. Chez les Babyloniens, la Religion voulait qu'une fois dans sa vie, <;haque femme allât se prostituer dans le temple d'Astarté. Les mystères des Païens n'ont été très souvent que des scènes d'impudicités. Le Pon» ■tife de Galicut a le privilège de déflorer pour son Dieu la femme du Souverain. Partout oU les Prêtres ont du pouvoir, leurs mœurs ne tardent pas  se corrompre. Chez les Juifs, les Prêtres, enfants d'Héli, dormaient avec les femmex qui venaient invoquer le Seigneur à Ventrée du Taber- ^tOcZe. Les Prêtres Espagnols et Portugais vivent, comme on sait, dans la plus grande licence, sans que les maris jaloux osent trouver à rêdîire aux débauches que ces guides spirituels commettent avec leurs femmes <lhez les Papistes, la confession auriculaire fournit aux Prêtres mille moyens de corrompre les femmes. Pères imbéciles, envoyez donc encore vos filles à de jeunes corrupteurs.
2. La cérémonie du Sacre des Rois, regardée comme si nécessaire chez quelques Peuples, est une marque indubitable de leur dépendance du sacerdoce ; elle annonce au Peuple que la Divinité consent à son choix et le ratifie; cet usage, établi chez les Hébreux, subsiste encore parmi nous. Le roi d'Ethiopie est obligé d'être agrégé au sacerdoce pour parvenir à la couronne. Le Sultan des Turcs reçoit du Muphti le droit dô commander aux Musulmans ; ce Prêtre lui ceint le cimeterre. Platon dit qu'en Egypte on choisissait d'abord les Rois parmi les Prêtres; quand par la suite on, faisait choix d'un homme de guerre, il était aussitôt agrégé "à
raveii même des Souverains tetnporéls. La forçe^d^ï:v*^ l*5giMon est pliis grande que celle des Souvërainsfl^à:' ; plus atisalus : lès ^E%illces se croient obligés de jriier lèsf^l ^^ gôiïoui: devant les Prêtres, de fermer les yeux sur letirsl^ ^^ excès, de laisser leurs crimes impunis, et souvent même -• ;dé leur donner un pouvoir fatâï àtt reste de leurs Etait. * , 'Eii éf^et, dès que lès ministres dh ciel sont akmés '•DtJ^ - POUVOIR, ils ne tardent point à devenir lès plus insûp^^ portahles des Tyrans. Daîûs lés contrées où règne là? i superstition, le Prêtre est ombrageux et cruel; sofii; intérêt exige qu'il soit inhumain et impitoyable^; if : s'arroge le droit de fouiller dans la pensée, parce qtiéFij c'est là que son empire doit se fonder ; ennemi de W liberté de penser, Une doitjamais la tolérer; les discours les plus équivoques sont faits pour alarmer ses soupçons; toujours en défiance il doit éteindre avec Célérité' i le germe desluinièreâ qui pourraient éclairer sesimpds- V^ tures; sou intérêt Veut qu'il cï^^riezW tout ce qui lui fait ombrage; M devenir suspect est déjà un crime assez; ^ând pour mériter lamort *. La pitié, la justice, f m-; diligence seraient des qualités nuisibles aux intérêts dB ces fourbes, dont Texistence, la considération et ïe pouvoir sont attachés à 7V^worancô de leurs concitoyens; leur politique leur commande d'étouffer la sensibilité et les remords ; il faut que les ministres d'unDîeu colère '
l'Ordre sacerdotal. Y. Plutarch. dé Isicte et Oéiriâè. Lsl méiae cl.osë,sa pratiquait en Perse ; les Rois étaient initiés parmi les Mages. V; PrideaUx^ On assure que l'Empereur d'Allemagne a le droit de faire les fonctions de Diacre lorsqu'il aissiste à la Messe célébrée par le Pape. Les Empereurs Romains prenaient le titre de Souverains Pontifes. /
1. ta Jurisprudence àe Vinquisition n'apour objet que de trouver des. coupables; d'oti l'on voit que la Jurisprudence diffère des lois civUeSi qui sont communément favorables à l'accusé. Elle n'est pas moins contraire àla justice naturelle qui veut qu'on laisse plutôt échapper un coupable que de puBiP un innocent.'. Le tribunal Infernal de l'Inquisition fut-invénté P*Tl® *^^P® ®*^® GlergéRomain, mécontents du peu de zèle quelesPrince».' séculiers montraient contre les ennemis de l'Église.
l^^soiènt^erriblés comme lai: dès crae le Prèti^ est nieli^- - prî^ idole ne tarde point à Têtre, et son temple est
?|f^- ^d^sert.- - -■ ■^/ \ -■■..;.
g^f^ Telles sont les maximes que les ministres de laDivi- ^i> nité mettent en pratique dans les Etats, où la stupidité ^^ religieuse des peuples et où la politique fausse etbar- |; - bare des Souverains laissent au sacerdoce le droit de ïi-l - juger dans sa propre cause. La vie de chaque citoyen fx:\ est à la merci de quelques tyrans impitoyables qui, vigies t - lants et environnés de délateurs, détruisent souvent sur. \; des soupçons légers tous ceux qui leur sont suspects. Du ; r. consentement des Rois, des prétendus Pères des peuples, ': > ces monstres disposent insolemment des biens, de la ,- personne et du sang de leurs sujets qu'ils immolent à {: / leur propre sûreté. C'est ainsi que nous voyons les Ministres d'un Dieu, que l'on dit humain et rempli de .^ bonté, r^^j'wé'rparles prisons, les tortures etles âammes ■^ et répandre dans les esprits une sombre terreur, qui avilit les peuples, qui les rend inhumains, qui brise en eux tout désir de s'instruire. Mais qu'importe à la superstition que les peuples soient humains, industrieux ou fortunés, que les Etats soient florissants et peuplés, que les royaumes passagers de la terre jouissent de Ta- '' bondance et de la considération, que les sciences, l'activité et la puissance leur donneraient ? Les intérêts du ' ciel sont-ils faits pour céder à des vues si frivoles ? . Qu'importe au sacerdoce que les peuples soient pauvres, affamés, ignorants pourvu qu'il soit lui-même opulent et respecté ?
Le Prêtre et le Tyran ont la même politique etles mêmes intérêts : il ne faut à l'un et à l'autre que des sujets imbéciles et soumis y le bonheur, la liberté, la prospérité des peuples leur paraît inquiétante ; ils se ;^ plaisent à régner par la crainte, la faiblesse et la misère : ils ne se trouvent forts que lorsque ceux qui les entourent sont énervés et malheureux. Tous deux sont corrompus par le pouvoir absolu, la licence et l'impunité ; tous deux corrompent, l'un pour régner et l'autre pour
expier; tous deux &Qr réunissent pour ^étouffer les; lu^ mières, pour écraser la raison et pour éteindre jusqu'au désir de la Liberté dans le cœur des hommes.
Tels sont les véritables traits sous lesquels daiis tons les âges, dans tous les'pajSt dans toutes les superstitions le sacerdoce s* est montré. On pourrait le définir iiné| ligue formée ^ar quelques imposteurs contas laLibeb^^ le bonheur et le repos du genre humain. Le mensonger;' la TERRBUR, rignorance et la crédulité furent les yrais soutiens de son pouvoir ; le désir de dominer, Y a.\sœiépi, Torgueil, la i76n^«ance furent ses vrais mobiles; quelquefois sa politique fut obligée de se prêter aux cir', constances et de déroger à ses propres idées. Le Prâtre fut un vrai Prêtée ; tantôt il voulut séduire ou éblouir; les peuples par sa douceur, sa modération, son ^ésinr^ téressement, sa pauvreté, sa tempérance, son aversion pour les plaisirs, enfin par ses mortifications et ses au»f térités ; tantôt il frappa leurs jeux par de prétendus: miracles, par des oracles du ciel, par des extases, des visions, des inspirations, des prophéties ; tantôt il leur: en imposa par son pouvoir, son luxe, ses richesses, par la pompe de ses cérémonies ; mais sous quelque forme que le sacerdoce se soit montré, son projet fut toujours visiblement de tromper et d'asservir les mortels;. ses membres, tantôt enthousiastes, fanatiques et dupes de leur propre imagination, n'en furent que plus propres à rendre les peuples complices de leurs folies ; tantôt hypocrites et fourbes, ils méprisèrent, au fond du cœur, les Dieux qu'ils annoncèrent, et se moquèrent de la simplicité des malheureux qu'ils dépouillaient et trompaient. L'habitude démentir les identifia avec l'imposture ;rintérêtles força toujours à détester la vérité. L'impunité les enhardit aucG plus affreux attentats, Dêponryna souvent euxmêmes de lumière et de raison, ils substituèrent à la vraie morale une foule de cérémonies, d'expiations, de dogmes et de pratiques avantageuses pour eux seuls 'j. ils ^mirent des systèmes et des opinions à la place des actions; les Dieux j complices et fauteurs de leurs pas*
^ïa-P2?!^vr ,-:.:; ;,;;:• ■}:rmm^^^smT!mE0T'immi&i:
^^Srrir leurs fôrfaitsv a sanctifierlèurs^ iBr^udés, itrfusttf^r^ i^ leurs crimeSj à les mettre à couvert de la rengëatfce' i" publique. Les Rois et lés peuples combâttii'ent pour eux, prirent en main leur cause, et se flrent un- devoir dë'^outenirlàbonté de leurs ridicules décisions ; iîr ne i s'aperçurent jamais que la Divinité, qui parlait par leur . bouebe, souventencôntradiction avec elle-même; ordba- .; hait et' approuvait dans un temps, ce qu'elle' avait dé- : fenidu et condamné dans l'autre. Da Haine, la discordev ; lapersécution et les furies évoquées dès enfers pat* lé ?} -pouvoir magique des ministres du- ciel, se répandirent chez les peuples, et bannirent de la terre l'kffèction j là^ justice; la concorde et la paix. En un mot; on peut leur appliquer ce que- Virgile dit des Harpies :
'; Tristius haud illis monstrum, nec ssevioi* illis^
Pèstia et ira Déûm stygîis se sd'extulit Uttdifti
y C'est pour récompenser ces bienfaiteurs du g»îipe humain que les Nations aveugles ont accumulé* des ri^i cbesses et des bonneurs sur ces dépositaire» des volonté* -divines; qui ne furent d'accord sur rien' de ce que lai ]>ivinité demandait dès hommes: Les peuple* se sont réduits à la mendicité pour payer ces<pepsonnagesï ; révérés deleurs spéculationsiiicertàineff^ deletips prière»* '-- stérilesj de leurs sacrifices superstitieux, de leuis^ opi^ nions variables; de leurs subtilités inintelligibieSj dé^ - leur obstination in vincible^ de leurs r^wo/fes-ei dés dé^' : sordres quUls excitaient dans lés Etats ; Par les inventions sacerdotales l'unité des sociétés politig[ués- fut' rompue'^ les peuples furent soumis d DE0X LdâîStA.^- TroNS IMPOSSIBLES A' coKoiLiBR ; l'àtitorité' dès sOûve-raihs fut presque toujours en guerre avee celle desi' Dieux, etlorsqu' elles se réunirent, lés sujets furent acoa-blés. La morale fut incertaine, celle de la nature ne^put jamais s'accorder avec celle des ministres inhumaîtis^dâ^' la Divinité; Enfin le bien public devint le jouet contî^
nnel^dè^^elqrejs mauvafe dtoyeifs,' qui- prëtefndii-ônf'M^r r^ fômV que dic ciel les ÎHigfts^qné les Natidnâ leur iraient" .i aceordés- bu qu'ils en avaient obtenus par là fi*audhi ' Cependant céS^enfants"^ ihgfrats^ déchirèrent nfillèfbis^ïë^ S seitt^dë Ik^pattdeil^Pâns dansiè pouvoir et /îic^wa^ VoppresHorVy suivant qu^éï leurs intérêts l'exigeaient^ oi^^ les vit^îffmer' tour à tour Ifes nïains dës^ snjèts^ contre} ;^ l'autbrité légitime et cett^e autorité devenue tyrariiiiqp^i;^;^ cx>ntr6 ses propres sujetsï des Hoffiffie» célestes etirèô^}tantôt Ik^assêSse dé^secondor les vues injustes des^s^ 2 potesj ilsiittàttèrent ces lionsv ils nourrirent leur vo!i«-: 5 citëy pourvu qtt^àpprivôisés par' eux setils^ lier fuSséiif( t prêts^âdétïmire leurs ennemisv On leur vit toût^ÇSï^ '^ mettrô à la^ tyrannie superstitieuse^ et liéS^peuples^fttrëlM^ J contenus; mais lorsque des^ Monarques saiges^ ont votfli^^J diminuer leur pouvoir, contenirleur^ ^è?è c?esW*MtîiPéfî«^ ?J fermer leurs^ bôuclies empoisonnées^ les^faire rentifél^^ ■ dans^rbrdre ;iàttsSîtôtlespeuplérfurent alarmés; et sbu^ -^ levés; la révolte^ les assassinats, le poison^ latfaHièqW vengèrent leoièl des outrages^'que^roti^fâisait âésés^r^pï^-^ ^:: sentants. Gëfùt^ct^mmunément au- n^m dëf Dieu et poiiï** venger sa gloire quo^ les plus grénds" forfaits sef- son^cbmmis^sûr la teitfe^*.
Là: droite -raison et la saine politique nous' prôuvëiitque c*'èst*^l'utilitë qui devrait ê^tre^làr seule mesure crôi«î^ tante^dè rattachementi de la rèconiïaissatïce, des'pi'èïo-*^ gatités et dès récompenses^ que chaque sociiété^ dôit!^ atîcorder à ses membres ; mais cette utilité n'est jamais que relative; tant que les nations seront nourries dans , là super slMovi^^Q^ ne verront n'en de plus utile pour-
i» Gàmhtéti dë'I*rîii&ââ mââsaci^éisî par ïe cotrtèîiu sacré! LTBfnipSrelïif H^ii VI fût ewjroiàroimé (lêins une hostie cMââcrôë^ par'ttn Mofiab Ifémi-' njicaitt; Ce piitiee- avaît' eu^ le" malhettlr" de dé jlàîrô au PkpV Cïénnfetit' VC - Le Ptffrô-Sîitè Vprtnion^a dèvaMt' ses Cki'aîûattX Téiôgô' dik M<iinecpit aVaif ^sassitté Heûtt'Iir; roi de F?aitî©:Bàroiiiur assure qtfô" le atiïïiâtSre dtr Pape est' doxtblè, que i*Hit cfôiftbrtë^ «'pôîir«' et Tàutiref à:til«r. Ces" riatitaear'iJtmt fôirr acofcièmtes ptttTBnr' lëîf'Prttres : Samuôl'cottpa" Ite-ifiônïô^ le roi Âgag en morceaux.
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iOj4 , ' - -CE QUE SONT LES, PBÈXREéV ' - i-
elles que isE cvLTE de leur Dieu, et les personnages qu'elles regardent comme sesmînistres^ fies organes, ses ^ interprètes et ses favoris; ceux-ci, malgré 4ous leurs excès, seront les plus chéris, les plus considérés, les mieux récompensés, les plus Mèlement obéis; on croira que leurs crimes mêmes sont approuvés du ciel, et jamais on ne distinguera le Prêtre de son Dieu; on ne consentira point que la puissance profane réprime la puissance sacrée, dont le ressentiment attirerait celui du Très- Haut ^. Dans une nation superstitieuse le Monarque ne sera jamais que le premier esclave de la superstition ou de ses Prêtres ; les intérêts de VEtat seront forcés de tédèr à ceux de la Religion ou de ses ministres, et ceux-ci seront toujours en droit d'être inutiles et nuisibles; ils recueilleront des fruits od ils n'auront semé que des ronces et des épines. Us seront récompensés de leur oisiveté, de leur inutilité et même des troubles, des guerres et des révolutions qu'ils excitent si souvent au sein des nations.
Jusques à quand, peuples aveugles, nourrirez-vous, caresserez-vous, réchaufferez- vous des enfants ingrats qui vous dévorent? Jusques à quand, victimes et dupes de vos faiblesses, soufirirez-vous dans vos murs des hommes étrangers à l'Etat dès qu'il faut le secourir et qui ne veulent être citoyens que pour l'appauvrir et le TROUBLER ? Quels avantages réels la politique peutelle se promettre d'un corps qui subsiste aux dépens de la société, pour laquelle il ne fait rien? Ne vous lasse-
1. Ce ne fut jamais sans des peines inccojahles et sans un courage inflexible, que les Souverains sont parvenus à mettre les Prêtres à la raison. Les mots dUmmuniUs et de droit divin furent des barrières que la politique n'osa jamais franchir. Les immunités ecclésiastiques consistent à ne point contribuer comme les autres citoyens aux. besoins de l'Etat, et dans le droit de troubler impanément l'ordre de la société. Le fameux démêlé de Paul V, Pape, avec la République de Venise, était fondé sur ce que le Sénat avait défendu aux Prêtres de faire de nouvelles acquisitions et voulait punir un Moine pour avoir violé une fille d'onze ans et l'avoir ensuite assassinée.
rez-vous donc jamais de travailler, de vous réduire" è^/)>, l'indi^encef de combattre pour entretenir l'ambition, le \.^^^ faste; ravarice, l'obstination de quelques Prêtres haur;^l^ tains, qui en échange de votre sang et de vos trésors liéQâ vous donnent dépuis tant de siècles que des instructicms^p insensées, des systèmes obscurs, des mystères impéné- M^r trables, des cérémonies vaines, des prières dont jamais^ ïjJ jusqu'ici vous n'avez goûté les fruits? Les sacriflcesmUl- ; y':^ tipliés, les vœux fervents, les pratiques et les ofErandés -| de ces prétendus médiateurs entre le ciel et vous ont-» ^^ ils rendu votre destin plus doux? Ont-ils fait disparaître /^ de vos contrées les stérilités, les contagions, les famines^ -j Ont-ils diminué, ou plutôt n'ont-ils pas augmenté la :4nombre et les fureurs de vos guerres ? Leurs exhortations 3t réitérées, leur morale si vantée vous ont-elles vraimeMr JJ éclairés sur vos devoirs, vous ont-elles rendus plus J humains, plus justes, plus indulgents, plus sages? Vos ; "; enfants, élevés par leurs soins, ont-ils été plus soumis,; v^ plus reconnaissants, plus attachés, plus disposés à servir '^ la Patrie? Ces interprètes respectables de la Divinité^ ri autorisés à parler à vos Souverains, les ont-ils rendus plus équitables, plus actifs, plus vertueux ? Ont-ils fait-^ tonner la vérité dans leurs oreilles endurcies? Ont-ils brisé les chaînes de l'oppression, de l'iniquité, de la tyrannie? Hélas I bien loin de là, ces hommes que vous respectez n'ont fait que troubler votre raison, que vous rendre aveugles, qu'appesantir lejoiig affreuoG du Desr^ potisme sur vous.