‹ Le curé Meslier [microform]Chapitre 13 sur 29 · ALLIANCE DE LA TYRANNIE ET DE- LA'. SUPERSTITION · texte numérisé non relu

ALLIANCE DE LA TYRANNIE ET DE- LA'. SUPERSTITION

La faiblesse, rigûorance, les vices^ et la méchanceté des Princes les mirent presque toujours dans l'impossibilité de se passerdessecours du saicerdoce; ils en enrent besoin pour tyranniser sûrement et contenir des sujets, que leurs caprices et leurs folies faisaient gémir sans cesse. Privés de lumières et de talents, engourdis dans la mollesse, endormis dans les grandeurs, trompés^ par la flatterie, et plus souvent encore emportés par des passions auxquelles ils n'avaient point appris à résister, lés souverains ne connurent presque jamais leurs devoirs, les rapports nécessaires qui subsistaient entre eux et leurs sujets, les mobiles qu'il fallait employer pour les^

- faire concourir aux vues de la politique, lès intérêts qui

les liaient à leurs peuples, les lois qui convenaient lé

:, mieux à leurs besoins. En un mot ils ignorèpent presque

toujours en quoi consiste la vraie puissance d'un Etat,

' et la vraie grandeur d'un Souverain ; il fallut régnérpar le préjuge secondé de la force ; le caprice fut leur unique loi ; un i^ouvoir sans bornes fut l'objet de tous leurs vœux, et devenus les ennemis les plus cruels de leu/s peuples, il fallut chercher des moyens surnaturels pour- ' les contenir, pour les empêcher de résister au mal qu'on leur faisait éprouver, enfin pour éteindre dans les cœurs V amour du bien-être et de la liberté. Il n'y eut que la Religion qui put opérer ces miracles ; c'est à elle seule qu'il appartient de triompher de la raison,, d'étouffer la nature et de rendre les peuples complices des maux dont

-ils sont accablés. Par son secours les Souverains pour

iapliipairt de^yinrèjitdes Tyrans, et crurenfen'avoîr pôuitfN^; à craindre les inconvénients, de la Tyrannie.

L'e:xpérience nous montre en effet que les mauvais' Souverains furent communément les fléaux des nation^i les ennemis de leur repos, les destructeurs de leurf4&^ ^ cité, les sources véritables de leurs calamités^, Bififg0 n'eût été iplus heureux pour les Etats que d'avoir da^s ^^ leursein des citoyens ^privilégiés, respectables pour i<^ Tyrans eux-mêmes, qui pussent sans danger leur annoiicer la vérité, réprimer leur licence par la crainte to: Très-Haut, et stipuler les intérêts du genre kumatm- Un emploi si. noble semblait appartenir de droit à dos^ honimes qui se disaient les organes d'un Dieu juste et v^v terrible. Combien se fussent-ils rendus cbers àdêursv concitoyens, déjà siprévenus en leur faveur, s'ils eus- "lsent voulu leur servir de rempart contre l'injustice -et ^; la tyrannie I quelle considération n'eussent-ils pas acquise, si au lieu de s'occuper d'inutiles rêveries, ils eussent avec vigueur prêché l'équité, l'humanité j lai.pâiXr f et s'ils eussent appuyé les droits du genre humaîu de ' l'autorité du Ciel I Qui eût pu leur reprocher leur pou^ voir ; leurs prérogatives, leurs richesses^ s'ils en eussent ' fait usage pour lebien.des sociétés, ou pour contenir ces fiers despotes dont aucune force sur la terre né peut: arrêter les .passions? Jje Sage eût été entraîné à leur < pardonner leurs erreurs, leurs. fables, leurs mensonges' mêmes, s'ils s'en fussent du moins servis pour effrayer : ces Monarques que leur inexpérience, et leur aveuglement tiennent, pour ainsi dire, dans une enfance perpétuelle.

Hélas I ce ne fut pointlà l'esprit du sacerdoce :. cour tent. d'obtenir pour lui seul les richesses, la considération, : l'indép endauce, il ae se servit de ses armes divines que .; pour contenter ses propres passions ; il "aima mieux, .et trouva bien, plus QOVLVt d& flatter les vices. des Tj/rans pour obtenir le crédit et la faveur : illes aida dansileurs efforts pour BCRASEU les peuples ; il asservit ceux-ci à leurs maîtr esles plus indignes : et les intérêts d'un vtîl

,T08 CE QUE SONT LES>iœTRkS.

gàire méprisé furent honteasement sacrifiés à leur politique insensée, à-leur ambition, à leur avidité.

Le sacerdoce privé, comme on Ta vu, du trône ne perdit jamais l'espoir d'y remonter; il ne fit que changer de batteries ; les vices, les passions, les folies des mauvais Princes leur rendirent les Prêtres utiles, et la superstition des Tyrans fournit aux Ministres des Dieux les moyens de les tyranniser eux-mêmes ; ils régnèrent sur eux par leur faiblesse et leur crédulité, ils furent assurés par là de régner sur leurs sujets. Ils encensèrent donc la grandeur, ils eurent une lâche complaisance pour elle, ils sanctifièrent ses prétentions arrogantes;par là ils encouragèrent ses excès, et bien loin de l'effrayer par les menaces de la Religion, ils promirent en son nom des expiations faciles pour les crimes qui pouvaient encore exciter les craintes et les remords du despote effréné.

Ainsi le sacerdoce, pour son propre intérêt, sema de fleurs le chemin de la Tyrannie, soulagea ses scrupules, apaisa les cris de sa conscience, la rassura contre le ressentiment des peuples, et fit entendre à ceux-ci que le ciel ordonnait qu'ils souffrissent l'oppression sans murmurer. Par là les sujets furent livrés à leurs Despotes, qui les traitèrent en esclaves que les Dieux n'avaient formés que pour contenter leurs fantaisies. On fit parler ces Dieux, ils autorisèrent l'injustice, ils permirent la violence, ils prescrivirent aux nations de gémir en silence. En un mot les Rois devinrent des Divinités sur la terre, et leurs volontés les plus iniques furent aussi respectées que celles que l'on prétendait émanées de l'Olympe.

Ce fut sans doute en reconnaissance de ces importants services que les Despotes devinrent les protecteurs et les appuis de la superstition ; il y eut presque toujours un pacte entre eux et le sacerdoce ; ils se liguèrent contre les peuplesj et rien ne put résister à leurs efforts réunis. Les mauvais Rois, les Tyrans, les Conquérants, tous ces guerriers inhumains qui firent gémir la terre sous le poids de leurs crimes éclatants, tous ces Souve-

Eainsvôlùptaéuxi indolents/ corrompus, dont les ^ceE^ fgi et les folies furent les vraies causes des malheurs .des -:'?"^ . nations ; en un mot tous ces Princes ou faibles ou perverâ Jî qui furent lés sources visibles des malheurs, des stérilités, ' "^,.^ des contagions," des famines et des guerres quLdé.so- ~\ laient les Etats, furent très disposés à prêter Toreille à -Z des flatteurs qui, sans gêner leurs passions, expiaient f tous leurs crimes, calmaient leurs inquiétudes, les récon- . >ciliaient avec le ciel, et persuadaient aux peuples que 7 c'étaient les Dieux qui étaient les auteurs des maux^du? ' aux extravagances cruelles ou à l'incapacité de leiir^ ^ chefs. - > /

L'on mit donc sur le compte de la Pivinité ce ^ui était ; ^ visiblement Teffet d'une administration înîqué^etviolenteif^i Les mauvais succès des entreprises les plus imprudentes, Hl'agriculture opprimée qui produisit des disettes^ ié& t ï campagnes dépeuplées par la misère et des èxtorsiiDià; î^"^ sans nombre; dés revers causéspar le défautd'expiénenc^ v ?^i et de talents, ne furent jamais attribués à leurs>érita^ tS^ - blés auteurs ; on calomnia les Dieux ; on leur attrUxua^ï^; ces maux ; ces événements furent annoncés comme des^rr^; châtiments du ciel : les nations, aveuglées par l^rsfK^ idées religieuses, méconnurent la cause évidente délèùrs ^désastres; elles ne virent jamais que leurs infortunés étaient dues aux chefs insensés, à des conseils éxtrkva^^ gants, à des hommes sans vues qui décidaient de leur i^ sory follement persuadéesquelèursmaux venaient delà ; : fureur du frès^Haut, elles ne virent point qu'ils ne par* ; taient que du trône sur lequel étaient si souvent assis :: des hommes indignes de gouverner ; elles eurent^ comme on a vu, la simplicité d'expier les crimes et les folies de Trieurs Souverains, qui seuls étaient coupables, et dont lès \ sujets étaient déjà les victimes habituelles. Il est raje ": que le ciel fasse longtemps éprouver sa colère aux peuples dont les chefs sont justes, éclairés, vigilants ; de tôls Pi^iuces parviennent bientôt à réparer ou suspendre' ' l€^s injustices du sort. Plus les peuples sont malheureux , ôt lés Souvèraînis pervers, plus les offrandes aux: Dieux ^

HllO^ " icJB Ï2UE ^SONT laSi-MÊ^âES. '" ~ - \^ '^--

les^^expiaticms-eiies prières deviennent viiécassaires: des Prêtres ont donc de pins grand intérêtià faire Viurer^la méchanoeté 'des maîtres et la misère des esclaves. X^ Prêtre n-esij^amûmyphis heureuœ qû'^cm seinichs^àia^ mités,

iAussilajReiigioniet^esjninistoesijusfciifièi'eat-ils.presçue toujours les forfaits de la Tyramnie ; ils. aimèrent Jiaiettx accuser et aïoircir .les Bieux que d'oflfënser les 0}ypans : et commeparuneifatalité trop commune les nations if ujrentîSQumiseSipour d'ordinaire à des Princes <peu dignes de. commander, peu capables de ^rendre les^peuples hJeureux, les calamités n'eurent point de fin, les mauxse ■perpétuôapent.îGiestainsiijue le iDespotume eftilasuperstiUon:s*aliw,enièr^nt réciproquement ;tle8nvLlïons, iovL' jours i-nfortunéespar leurs gouvernements, crurent le ciel constammenti irrité ; -elles furent oWlgées d'expier, elles 'devinrent fsup erstieuses, ipoupifairefcesser les imaux que i«ur faisait 1« despotisme autorisé par la superstition ; elles ne furent réconciliées avec les Bieux que dansies -intervalles très courts où des» Souverains écMi?és jet raisonnables permirent à. leurs sujets de respirer et d'être heureux*.

- L'éducation -que treçdivent, pour l'ordinaire, ceux que la inaissance -destine au trône, les instruit 'bien moins des vrais devoirs qu'ils auront un jour à remplir que des naines chimères ide la Religion ; ainsi >remplis de préjuigés, ^dépourvus yde principes, étrangers à lâsaine morale, ignoruant leurs obligations, Ite ont de la religion sans jamais avoir -de la vertu. Les terreurs et les imenaces dont 'on effraye leur enfance sont communéiment des barrières ^trop 'faibles contre la furievdes passions qui les ; assaillent dans l'âge mûr, d'est-à-dire, dans un:temps où le pouvoir et la flatterie les mettent à

1. Dfes que les nations éprouvent de grandes calamités, elles ont recours là ;des superstition)?, et les Prêtres .yiïemédient par 'des .prières puhlifpies dont ils. sont .bien payés. .L'iailtilité de..ces,Yaiaes,priôJfes n?pn a point encore désabusé les peuples.

^^u^lqù^fols >lôs remords 'les 'tourmentent, ~^C)ôat ^ïsiù. "'^ plus -pour «des fautes lâégères :que laiReUgion Jeurr^groaiit;^^^ ,^^^^ que pour- des iigustices affceuses/ jpour ?des;nQmisat^s >^ 'Crimiuéiles,!pour de ^coupables négligences deâitid»(Saift?;^ffl -tions entières soirf5fent'Sans=intepmissioni lEn^flfetiq¥M?is>|iJ^ -sont^lescrimesypow? lesquels i|a superstition eaccitod^apj^^^ regrets des Souverains? ce sontïdes vices caus4s parînjit-^||; tempérament #!a^lo; ce sont ^es voluptés,^ condap^-v | ^ableSj^sans doute^iloraqu'eliles détournent .un^ouyeEaiiï^^ dei'^tteution çpi'il doit à ses p^uples^ maisihien ;smoms> ^ û| criminelles que des guerres inutiles, 4es ^rapines joœÉ-^Ei^ nalièresy des e^orsions multipliées, des HMrasiorisc6n«-^;r^::| tinuôlles^de4a:^if6er^ et €eia propriété de aleur6^siKJet&^/-f: On ne ieur apprend point à rougir • ouaà tgémir: deiJ«ar ' 'j^, condescendance funeste pour des ifiavoris jindignésyini ~v nrênie de ces'briilants forfaits pour iesqudsde^angiOt^ \:;^ lesitrésors de leurs peuplés sont indignement rprodigiiâs;f -^^ La B/eligion ou ses nainistres^eîleur Eepro(d^ntpo%t^^^^ ^^ Tiniqtiité de fleurs récompenses, l^im;punité ^dont ils ^J laissent jouir ceux qui les approchent, iîinjusttce^ui^és v ^ guide dans la distribution des grâces, îles rrécompenses^^:; qu'ils ealèvent au mérite, à la KVffl?tu, pour les donner souvent au Yiceet à l'incapacité. On neleurffait'point des :; crimes de leurs attentats éternels contre leurs voisins; de cette affreuse politique qui tend àitout iécraser et i :; tout envahir ; de ces usurpations violentes ou frauduleuses qu'ils décorent ^u nom de conquêtes, de ces r traités violés, -ni de ces parjures qui Ues^ déshonorent. Tels sont pourtant les èrimesqueila-raison condanô^ et dont les suites -sont funestes à ^des nations en- , tières; cependant nous voyons les Princes les plus dévots i les commettre sans scrupules, tandis que la

.l.,Le .faAatic[u.e,Zoîiw,/X, ,par eiçemple,,avaitTil .î)esoiii d'épniser.Ies peuples' pour aller dans la Palestine conquérir le prétendu tombeau de Jésus, quelques' clous, une croix, une couronné d'épioés f - Ces sanglantes ijolies sa OAtîî^itfairô ua .a^^tj n^algré.qu'il.spit laprtjd'^^aermaladie:^^^^^

.112- ' CE QUE SOKT LES PrÉpr"e§. ' .^ '

transgression de quelque devoir superstitieux, Tomission de quelque cérémonie futile excitent tous leurs remords. Jje sacerdoce excuse et pardonne aisément dans les Princes les fautes qui influent sur la société, il les. remet au nom de la Divinité; il n'a point la même indulgence quand il s'agit de ses droits prétendus ou de la transgression des devoirs qu'il a lui-même inventés. Un Monarque superstitieux croit n'avoir rien à se reprocher pourvu qu'il n'ait omis aucune des pratiques insensées que la superstition lui impose ; il est sûr de laver par leur moyen ses crimes les plus nuisibles et les outrages les plus cruels qu'il fait à la morale et à la raison.

Les Souverains éclairés, équitables, vertueux, qui s'occupent sérieusement du bonheur de leurs peuples, n'ont point besoin de la Religion pour régner, ni du sacerdoce pour contenir leurs sujets, ni de leurs expiations pour apaiser des remords ; ils savent que le premier de leurs devoirs est d'être justes, que leur plus grande gloire est de faire des heureux; assurés de l'affection des peuples ils ne craindront point l'inimitié des Dieux, guidés dans leurs démarches par un amour sincère du bien public, ils n'auront pas besoin que l'on trompe les hommes dont ils font le 'bonheur réel et actuel. Les Dieux, le sacerdoce et les fraudes religieuses ne sont utiles ou nécessaires qu'aux Princes qui n'ont ni la volonté ni le talent de bien faire; des sujets opprimés, mécontents et malheureux ont besoin d'être contenus par des prestiges, il faut les bercer de fables afin de les endormir sur leurs peines. Des Souverains faibles, ignorants et méchants, méprisés et détestés de leurs sujets, ont recours à l'autorité divine pour se faire obéir et respecter; ils mendient les secours du sacerdoce pour éblouir les peuples; il faut qu'ils les trompent par un respect réel ou simulé pour la Religion ; si à leurs vices ils joignent de la dévotion, ils croiront devoir apaiser la Divinité qu'ils offensent avec remords, et ils se flatteront de la corrompre ou de la mettre dans leurs intérêts par des bassesses, par des présents, par des

pratiques ef dès "cérémonies, ou bien par un zèle des^tructeur qjâi leur coûtent toujours bien moins qu*une' conduite équitable, que des soins vigilants, que des vertus réelles. *•

Si« nous examinons les choses sans préjugé, tout nous:, aonvaincra que la Religion ne fut inventée que i^ôur^i suppléer aux lumières, aux talents, aux vertus et auî; soins de ceux qui gouvernent les peuples; incapîîbleSv pour l'ordinaire de leurs fonctions sublimes, peu instruits des vrais mobiles faits pour agir sur les hommes,' nour--ris dans une ignorance profonde de leurs véritables; devoirs, endurcis par rinexpérience de la misère, r enhardis par l'impunité à donner un libre cours à toutesleurs passions j entretenus dans tous leurs vices par là flatterie, corrompus par le luxe et la mollesse, et sanscesse forcés de recourir à l'injustice pour contenter leurs fantaisies continuelles et l'avidité de leurs courtisans, il fallut emprunter le secours des illusions pour éblouir et^ faire trembler des peuples qu'ils n'avaient ni le pouvoir' ni la volonté de rendre plus heureux. Il fallut que de tels Princes achetassent par des honneurs, des richesses et des grâces l'alliance du sacerdoce, qui fut toujours le maître des passions des hommes; il fallut se fortifier de son secours pour annéantir la raison et le bonheur des sujets.

Voilà pourquoi la Religion fut de tout temps regardée comme le plus puissant des ressorts de la politique. Aristote dit avec raison qu'un Tyran doit paraître inviolablement attaché au culte de ses Dieux, et que son zèle pour eux sert à écarter de lui le soupçon d'injustice. Cette maxime, adoptée par Machiavel, fut toujours fidèlement suivie parles Princes qui voulurent plus sûrement tyranniser les peuples; les Rois les plus injustes ne furent point lés moins religieux *.2)e concert avec le

1. Personne ne fut plus dévot ni plus ami des Prêtres que Louis Xî, Gh^rles-Quint, Philippe II, Catherine de Médicis, la reine Marie, Louis XIV et Jacques II. Ce so^t assurément ces princes qui ont fait le plus de mal

pâmèrent à<néle ver leur pouYoiç saihiisfire- surles^^puînes^ delà féli^it^publiqiie; vie pouvoir- absa^liloti<la' facultéde tyranniser fut la récompense de leur lâche complairsfBàice pour les Prêtresy do leur honteuse hypocrisie,, ou dô4eur' dévotion pusillanime.

Oui, je le répète,vc'est^la B/elig4on âeule que lesïlK)!?-t€tssbnt> redevables de Taffreux despotisme^ qui règuév pa0 toute la terre, et qui fait Kobjiet deô désl^^â de tous les' Souverains du Haonde. Le M>ahoinétaa> est esclave,: parce ^ù*il prend ses Souverains' pour des Dieux. L'Es*pagn'ôljiFIndieny leFRAiNÇitis et le Siamois-,. l'Mricain et le- Btt&^o- soîït des* esclavesj; pareil qu'ils croient quo letirgi^ chefe- leur commandent de^ dtt)it divia.L^Auglais s0^î4 encore- esclave, s'il n'avait secoué le j.oug-de ce' hOfiitèUsî^ préjugé;

Touô^lbs esclavages! se tienà^ent ;-. lès hommes accoutimés à dérâîsontter sur les Dieu'X,: à-trembler sous leur vSr'gfë, à leur; obéir' saés examen,, ne raisonnent piuis sur ri^. P'èrëuàid^s qu^ les Dieuls- sont des êti^es jalouSs,, cMéis,- ifléchanfêv à' qui l'injustice- est permise,, ils se pô!^!£idént' ^é leur& Riois jouissent des mêmes' prérog$iiVes. Les protniéfs Législateiw?s ou Souverains des^ nâtatotfs'f iiïiënt, comme! on' a vu, dés Prêtresv des Envoyés^ des Représentants de la Divinité ; lorsque le pouvoir téiûpo5?ei' fiït^ aiifrîaché' dés* mains de- ces Prêtres Bois on de'- léUi^s suCèesâeur^S:» losiRois profanes trouvèrent lespeuptes déj à depuis^ longtemps accoutumés^ au pouvoir abséM> et à l'obéissance- la moins^raisonnée; ils continuèrent dofiVî à-réghéir ■sM»'lieg'm!êmes priumpes que le sacerdoce,. efrà'j<)uiï*d'W'û'po'MSî?o?> iMw^té comme- 1& sien: ou bienî

à leurs sujets et à leurs voisins. Je crois qu'en général les nations n'ont point de plus grand fléau à craindre qu'un despote ignorant et dévot, et surtout lorsqu'il est entouré de flatteurs hypocrites, qui lui prescrivent, au nom du ciel, des actes violents qui finissent par épuiser ou dépeupler l'empire. La révocation de l'édit de Nantes est la preuve dé ce que j'iavance.

^-•-ji!:'i;k;:ïiTfti?5&2^»;r^i^^ >. ---.-^^^i?»»»!^?^^

1 es^Brînc6»Lp(rofa9«s' > s'apeisçucëiiit^biusiitô^ qxBSîipiaiBrppH? ^^ J,^ p(rimi&Frles> peufliôSilmpunénsant ijj&tllait ainploDF^prasma^ ; \;^ puissaEte4â l'oRiNiONv dont les Prêtres^ fusent: tanjonurs;. ' ~ Ids /vrais, dépositîdfes^ Ceuxî-ci^^ en possessiefi^^ieÉ^oŒ*^ ^ ^- ^ mander à la crédulité des nations, établirent l'autoB^^^ | rite des;Monaw}ne&aacla<mêmfrbaseiqne la leuiBj;: ïlasiïes^^^^^^^ 1^ enyironnèpent die; l'éclat de; la ; M^ie^é5l)ivinovvila4eÉft : ;i^ annoncèrent, comme les représentanitst et lesi iw»agw«î«Éri ï?^' la Divinité f iU en ûveut des Dieux^sur^ terre^ ils micentv > g le&peopflesià ileiurs pieds^, et paK>dnreni^ à leuc^persiiâèeiP'i: -.f^} qjiQ^ l^ahomïaesii, au;s^els ils consentaient- d'^iéiir>p;attr£i? r!| raYantagô^ dev^^la? société,, étaient dôs^ Etres d'im^ordistri" 1^ supérietip,. plus favorisés du ciel,, plua éelairé*.dia S]M& ^^ i' lumières, quine tendent leur pouvoir qii&ide^Mieii^eul^ ^^^^ qui n'étaient, comptablesr de; leurs actionaiiqariitlni^e*^ ' ^^ dont les ordres^ commeles siens,, ne devaient point^troiib^- . : | vers de résistance^ r :.: ^- ■ ^'y-:^-

Ainsi à l'aide de la superstition tomt Mamarqtie cfe^r 5! vint UN: DiBU ; sa nation anéantie devant lui ne fUtphex^i ii rï^w:;^ commander fut le partage de l'un, obéirsanaré!? > ';^ pliquer à ses ordres infaillibles fut. le partage de l'autre» ' ~ L'imagination^ayant formé ses^ Dieux, siur le! modèle des Rois absolus et souvent déraisonnables, la Religion. Vjforma, les RoiS: dei la terre* sur le modèle; db' sesi ' Dieux ;; les Monaajqu^a divinisés furent desi Despotes?^ comme eux^ ils ressemblèrent aux Etres>qai'ïlis de-- ,valent représenter* Le) pouvoir; et l'impnniité fiireoiti ' naître en. eux la licence yleurspaasions- etleu^racaprieesi; furent sans cesse écoutés; la raisonécraséè sous le^pcâdsr dui pouvoir religieux et politique n'osa, plu» se fciire? entendre; ïst liberté^ fut bannie, l'opinion prit la placer: de la vérité, les erreurs religieuses inâuèrentsurla po-j . litique, et les nations, dupes de leurs superstitions,:; ' gémirent sans relâche des maux qu'elles se crurent obli- .; gées de souffrir en silence ; elles ne cessèrent d!'adresser des voaux. fervents au ciel, et d'apaiser les Dieux pour ^ le» crimes qire commettaient leurs licencieux Représeirtants ; ceux-ci, contents de jouir d'un pouvoir qaôl'or^-

:^v^quérir aucun des talents et des vertus nécessaires au. ,

>;;■ gouvernement ; les peuples d

^:J . fantaisies ou de celles des favoris qui gouvernèrent pour

1 ;■ Tels furent, et tels seront toujours les effets àe Vas-

,: ^ sociation cruelle que nous voyons subsister entre la

V tyrannie et la superstition ; ces deux fléaux se sont con- : fédérés pour rendre les nations aveugles et malheu-

'-. reuses; tous deux régnent PAR LA TERREUR, par l'ignorance et l^opinion; tous deux sont les ennemis jurés de la raison humaiyie et de la vérité ; tous deux se donnent un appui réciproque : la superstition égare,

y -■ enivre les esprits, la tyrannie les subjugue et les ter- - rasse ; la première justifie les excès de la seconde ; Tune ^

r - fait expieraux peuples les crimes qu'elle permet à l'autre ; l'une fait regarder ce monde comme un passage où les mortels sont destinés à gémir, afin que l'autre y puisse librement exercer ses ravages. En un mot nous voyons partout que le Prêtre fait trembler et désarmer le sujets afin que le Despote le dépouille impunément*.

Si les Souverains n'avaient pas trop communément une volonté permanente de nuire à leurs sujets, de les dépouiller, de les asservir, ils n'auraient pas un besoin ; continuel de se liguer avec des imposteurs^ ni de partager avec eux l'autorité souveraine et les dépouilles des nations. Mais quand un Prince ignore ses intérêts ; quand plongé dans la mollesse il n'a jamais songé à ses devoirs ; quand enivré d'encens il s'est accoutumé à ne

- : voir aucune de ses passions contredite ; quand il n'a jamais appris ni ce qu'il doit à des hommes ni l'art de les gouverner; quand il se croit intéressé à opprimer des

1. L'Empereur Justinien établit le premier un Inquisiteur contra les hérétiques, afin de s'approprier leurs biens. Voyez Procopii hist. (ircàna. Ferdinand V, roi d'Aragon, érigea en 1484 le tribunal de l'Inquisition en Espagne, en Sicile et en Sardaigne, afin d'avoir un prétexte pour s'emparer des biens des Maures et des Juifs, sans avoir l'air d'un Tyran. Le saint homme!...

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étires àfnôùreua! de là liberté] il est nécessairement force:de les plonger dans rignorance, de les retenir dans^lèurs préjugés *, et de se servir des fantômes que Terreur a placés dans leur imagination pour troubler leur enteii^ ;; dément, pour les effrajer, pour les rendre complicesf dii i mal qu'il veut leur faire, et pour lès empêcher de s'élever contre un pouvoir qui les accable. La Religion^ j^:^: le répète, ne semble faite que pour dispenser les BLois d'acquérir les connaissances nécessaireffpour régner ;lâv^ protection supposée de la Divinité suffît pour les faire respecter des malheureux qu'ils écrasent ; il «s#, sans doute, plus aisé de tromper les mortels qued'avoirïd :. vigilance et les talents propres à les rendre heureux r Le Despotisme est de toutes les manières de gouverner là : plus facile ; il faut des soins, des lumières, des vertus pour gouverner suivant les règles de l'équité, il ne faut que de la force dans le Monarque et de l'ignorance dans : les sujets pour gouverner d'après le caprice.

Il est donc aisé de voir pourquoi la superstition, si ■ favorable aux vues ambitieuses et à l'incapacité des - Princes, en fut toujours chérie et protégée, au point même de faire souvent d'un grand nombre d^entre enx> les persécuteurs et les bourreaux d'une portion de leurs sujets fidèles, et les vils instruments de la vengeance de leurs Prêtres. Des Souverains crédules, ambitieùxv avides, furent sans doute intéressés à soutenir une Religion qui leur donnait le droit d'exercer la tyrannie, en. les mettant à l'abri de ses conséquences. Leurs esprits rétrécis, leurs âmes lâches et cruelles, leur ivresse con— tinuelle les empêchèrent de voir^ que le Despotisme-est un vautour qui se déchire lui-même et qui finit toujours par périr des blessures qu'il se fait ; leur peu de sagà>cité ne leur permit point de lire dans l'avenir les suites de leurs passions momentanées ; ils ne virent point que ce pouvoir énorme que la superstition plaçait dans leurs

1. Aussi prend -on bien soin de catéchiser les enfants avec un zèle qui n existait pas lorsque les frocards étaient gonflés d'opulence.

r.V"'.1.18 ' \ iCB,QUE',SONT'T:.ESnP^ÈTRES.^'' -,' uV;. -^

'^ ' mlinsj ne leur procurait .que pour un temps^ le funeste avantage de^ comm^ander à des forçats- mécontents et' :'^ malheureun^,) giue la- même superstition pouvait à tout s m^oment déchaîner et soulever contre eux-é^ilsne-sentirentpas^ qu'un peuple superstitieux^ rendu furieux par .l'excès de ses maux^ devient souvent un animal fé- ^ roce, qui à la voix d'un ï*rêtre fanatique est prêta s'éïafifeer sur le conducteur rigoureux q^î le tient dans ~' .ses'fers ou qui a provoqué sa fureur ; enfin ces Politiques insensés ne virent point que partout où le Prêtre a du pouvoir, le Souverain n'est jamais que son premier , -sujtet,iSon satellite^ l'exécuteur de ses arrêta ; ils ne vi- - rent.point'que'les peuples ne sont soumis à l'autorité , ; civile (p'autant que celle-ci l'est à l'autorité spirituelle,que " le Mien-être de l'Etat et ses intérêts les plus chers sont sub^rd'onn-és auxprincipe&du sacerdoce et d-e-1* Religion \ que Ifes abus ne peu vent être retranchés parce qu'ils sont devenus sacrés ; qU'C le Despotisme Religieux et Politique prive les nations do^ raison, de vertus, de sciences, de^fôrcos,;d'activité,i d'industrie^ eique^^dès qjae la superstition! domine,- tout tombe^ dans la^ langueuri dans le dé- , couragemeiît, dans la misère. Dans un pays superstitieux-iln'ja que le Prêtre qui soit puissant et considéré ;. . dans un pays soumis au brigandage despotiq.ue, le tyran n'a de pouvoir que' celui que le Pré tre lui laisse ;; l'union " de leurs forcés écrase les peuples- sans- ressource, leur désunion- finit toujours par être fatale au Des-pote. PlusKmi^ Religion dégrade l'homme^ plus elle eon- , vient a^cv sujets d'un Tyran \ tout Prince qui voudra ^ tyranniser impXinêtnent doit régner par les PnÊTRiES , et les mettre dans ses intérêts. Le Despotisme- est l'ou- - vrage de la superstition, mais elle le détruit dès qu'il cesse de vouloir se laisser guider par elle. Il ne fallut pas moins qu'une dé gradation totale de l'espèce humainie, un- abrutissement hont^ux^ un renoncement complet à la nature et au bon sens, pour que l'homme qui par essence désire le bien-être, consentît à se laisser opprimer, souffrît qû'oii àfrâchât dé ses mâifis lé fruitde ëo'ft tra^

~ yîoVP^^^^ à'.âièsrfatDmiaeaiceiaoEiBM (îe dispos^rde ^oâ:&^.r \ sftBgfdeaes biens^ â& ssb ^î&erâ^, dasaparsoDiie^ saas^C <^ qu'il em résultât aaeusa. avantage pboaRlaiHaaêrBe. G^eat k^ i la Rediglonj qae ee^ miraeleifut réser¥é ^ lea^fables ati^çe» f5 qn^eiie; débiita. siar» leî coinpée deiSOKxsPtteUeasSI^rKB^ pecaiiasdèvenfeà l^hoiiame^ qa'63a£^^ Monde ied9!OQhettir^jé~ v .^^1 taH pioittt f ^ pour lui, et çue le» décrsets de la^ppc^V ^^g d^iice<v»ufcdeiUj quIiB y SQOiffHfc.^ lie» i menace»^ docét luLfireat craimdpe de tcavailler àison bienvétre^ èfe î. 1 lui ôtiteatiiniêiia'e la: pensée de résiatejp auix^manxx[i^OBi^^^ ï lui faisait^ épBonci^ery les €ppâ!si]seâ»Tagne»dout on papaiK; ^^ 1 ^oûimaginatiDm liritfiBefit;^<ïiid)ll«E ' ses inifortiiine» ppé-^ y:;^

doivent afflipiieinent le< déckaaimagerdesestpainegi;^^-^ /^^ dueatiDii raccouticûxka c?é£ i^enfance- à poctepleejbiig; ^ rhabitndie lui rendît ce; jaug; njécessaire, la tyraimieifè^^ ,^^5 força dénlô pocter toiirte' sa yie, r^aoraneè; Feoïj^ofe :; ! de coMtaitce sa propTe di^M ei d' examiner ies drvièts:^ ^ ^ de ceux qui le foulaiîent à ieuEspiedst. G-'est ainsi que r' la supei!stiùion reniait rhoBamepaptoatieaclavedesBJèiEr^^^^^ et des hommes; lie Despotisméest le pcésent laaesté* que le eiel ai à la terre ;^c'es* lui ^i fut là boite deJ^àr^ dore d'où les guerres, lesipestesy les faminey^ et. lô** ^ crimes sont sortis po^r ravarger notre tBiste^séJouTir

i>E LA COltKTJITTOW DES'MOStrKS'ErDES FRÉÏU"€fÊS BSTirODtJltS PAR LE DESPOTISME ET LA SUPfîRSTITION.

Four peu que nous ayons, le courage de remonter: aux.

Traies sources de».ch,Qses, nQUS;tEouyepoasdoa&, dan» la . superstition,, ou dans les erreurs sacrées du genre. h,Ur-. main, V unique cause des calamités morales qui les afflir--'

-ç<: v:i^ii;ï:V?;j?S,^cA^a^ ^tSSPKrjwS;^-

: geïlit/ dés mauvais gouYernëments qûî lies bppnnre^ ^^les passions qui les tourmentent, des haines qui les ^H-" yisent et de ces mœurs dont la corruption est ppes;qiie devenue incurable, parce qu'on en a toujours méconnu les remèdes. Vouloir corriger les mœurs des hommes et les rendre plus sages sans cAara^^r leurs gouvernements^ est Un projet impossible; ces gouvernements dépravés sont fondés sur les notions dont la Religion les nourrit et les abreuve dans l'enfance, que l'habitude enracine dans leurs esprits, que l'exemple confirme et fortifie, que le préjugé rend sacrées et inviolables, et que la violence appuie et rend nécessaires, il faut donc détromper les hommes de leurs erreurs Religieuses, qui influent sur la politique d'une façon si marquée, si l'on veut les conduire au bonheur. La vérité, répandue peu à peu, les empêchera d'attacher du prix à des préjugés dont ils sont les victimes ; les intérêts de l'humanité bien connus feront disparaître ces animosités et ce zèle furieux qui ne sont propres qu'à troubler le repos des sociétés : une MORALE, dont les préceptes ne seront point contredits par des Dieux méchants et des Princes pervers, ramènera les sujets à la vertu sans laquelle les Empires ne peuvent être ni heureux ni puissants.

L*homme, comme on l'a dit, s'est fait un Dieu de la V même nature que lui-même, mais cet Etre humanisé ne fut point ainsi que l'homme soumis à des devoirs : il n'eut besoin de personne, par conséquent il ne dut rien ; il n'eut d'autre règle que sa volonté ; il eut toujours la force de se faire obéir, on reçut ses bienfaits comme des faveurs, on se soumit en tremblant aux calamités les moins méritées, qu'on crut venir de sa part ; même en le craignant on s'efforça de l'aimer malgré les injustices, qu'on n'eut jamais le courage d'oser lui imputer. La religion, qui semble faite pour renverser toutes les idées, ne permit jamais qu'on jugeât ses principes d'après les notions ordinaires ; les hommes furent assez aveugles pour approuver dans leur Dieu ce que la raison les forçait de condamner dans leurs semblables. Ces proportions gigau-

CE QpB S(HiT LBS">P«ETRESi ^ ^ >

vJ!,^"* '

tésiïues éloignèrent ce-Dieu,'oxi plutôt cetHomme divi-,?l nisé, de tous les antres êtres de Tespèce humaine ^-^il ' . eut pourtant comme l'homme des intérêts, des passions,- . des fantaisies >et des vices, mais Sia toute-puissànce^lJBiïïf^ donna le privilège de les satisfaire ; il n*eut point dé ^jj décencéTii de mesures à garder avec ses créatures ; qiiph^^ qu'il les eût formées pour luirendre leurs hommages^ellés v|5 n'étaient point nécessaires à sa félicité; quoiqu'elles i l'ofiensassent à chaque instant, elles ne pouvaient point ^;f mettre des obstacles à ses desseins; malgré ses promesses ;^ formelles, elles n'étaient point en droit de rien exiger <^ de lur; sans crime elles ne pouvaient se plaindre dés ;; afflictions non méritées qu'il lui plaisait de leur envoyer^ 5 ; Ainsi asservir Dieu à des règles, limiter son pouvoir, se; -; plaindre de ses caprices, exiger qu'il eût de la raisôii - ^ fut regardé comme une révolte, comme un crime de" <■ Lèse-Majesté Divine, comme le plus grand des attenr-;^^ tats. La toute-puissance fat donc d'un côté, la faiblesse, :î la soumission, l'anéantissement furent de l'autre ; leg-^r: hommes durent tout à Dieu, celui-ci ne leur dut rieii ; -^ les premiers furent liés, l'autre fut indépendant. ?

Cet Etre si peu moral devint pourtant le modèle déis-' Rois qui furent ses Représentants et ses images : indé- :;. • pendants comme lui, la société leur dut tout, sans qu'ils Ç dussent rien à la société. Un petit nombre de morlels/ 5 d'une espèce privilégiée reçut donc de droit divin le :? pouvoir d'être injuste et de commander aux autres ceux-ci, en faveur de leurs chefs, se crurent forcés de renoncer au bien-être, de travailler pour eux seuls, de combattre et de périr dans leurs querelles ; en un mot de se soumettre sans réserve aux désirs les plus extra-^ vagants et les plus nuisibles des maîtres que le ciel leur avait donnés dans sa colère.

Par une suite de ces fausses idées l'art de régner ne fut plus que l'art de profiter des erreurs et de l'abjectiba d'âme où la superstition avait plongé les peuples. La politique ne fut que l'art de contenir les nations même en les tyrannisant, en les immolant aux intérêts lès plus

^ ris4s,p0ur tromî>er et dépouillej? tous les-^autres^ Facto at

'^iesMtiâiap^ûes, acmés dii pouvoiE

l teiïî» des gi^âces, maîtces absolus de disposer des biens ^

: désicés paî? les hommes, seuls à portée de faire naître

; les désirs j et possesseurs exclusifs de la faculté de les satisfaire, firent germer dans les cœurs de leurssujets une; foule de passions, telles que l'ambition ou la soif de

- la grandeur, l'avarice ou la soif des richesses, le luxe,( 1? faste, la vanité, et toutes ces folies qui naissent

; de l'envie ou de la comparaison fâcheuse de son état avea- celui d'un autre que Y&n suppose plus heureux., quô soi. Par là les intérêts des citoyens se divisèrent ;/

...chacun d'entre eux fut le rival et Tenneml de tous les^autres; plaire à la puissance souveraine fut le su^

: p-rême bonheur, l'unique but des efforts de tous^ ceux, qjui purent en approcher ; la jalousie impuissante, la 'faibless-e et la misère tourmentèrent ceux qui ne purent '

^ se faire jour jusqu'au trône. Ainsi le Souverain, source

, unique des grâces, éclipsa la société et 1* divisa pour régner ; la nation réduite au néant, et devenue par son ./imprudence incapable de veiller à sa propre, sûreté,, derésister- au-mal qu'on pouvait lui faire, ou de récomp;enser , ïes-services qu'on lui rendait, fut oubliée, négligée^ ïuéoonnue^pai? ses enfants; iln'j eut dans= chaque- contrée qu'un être unique et central, qui allumât toutes les- passions;, qui les mît en jeu pour son avantage personnel,et^qjui récomp^ensât ceux qui lui parurent les plus utileS'

: k ses vues* La volonté du Mona'rq^ue prit la place d© la. raison ; son caprice devint laloiy sa faveur futla mesuro de l'estime, de l'honneur^ de la ôonsidération publique y il créa le juste et l'injuste ; le vol cessa, d'être, un crime aussitôt qu'il l'eut permis ; l'ap.jkression^ fut légitime, dès qu'elle se fit en. son nom ; l'impôt n'eut pour objet que de fournir àses^foUes dépenses et d'assouvir la vora^d de ses Courtisans insatiables. La propriété fut envahie par un maHre qui prétendit que tout était à lui* JLa.li-

" deîKë%uités'éteigiiii?ënt dàns4o«te»leS:âi»eS5 les^oyë»» f^ ^ apiplasidiirént à. leuop propre ruiAe. Eit seinranit le Soâyé?fé; ^^ pain on crut servir la Patrie ; le guerrier crutétrdiitllé r vi;^ à sôB: pa^ en le tenant saus Ifrjoug et en leior§anide 4;^^ plier sousles caprice^de son maître;. le concussioiïiii*M?eK^ se ppétendM un homme très nécessai^se ; le juge ettren-r" ^ daàt des arrêtsidicf es par le crédit^, ne f atpoint dég'hono^ïé^f^^^^^ le Bep^résentant d^la nation s!a vendit pour de rarge»t?>^;: et trafiiqua de sa propriété. Xe- Ministre fat estime en?: ;,^ raison des moyens fii'iitrcyuvsÉ d'étendre leis^^ppérôgativei^ t ; du Frince et les misères de TEtat. :>

G'est ainsi qîue les Sou<verains<y divinisés par 1» Rèît- b, î: giion et corrompus par Ses- PrètrôSy eorpompi'pesit ib lear : " ; tôûtHes ceeursde^toîrs leurs sojetSjles divisèrent d'in^.-i tététs, anéantirent les rapports qui subsistaient eEtres^it eœsj.lés rendirent ennenii& lé» uns des autres^ et-détruÊ*: o^ sirent la morale pour eux, Après^ avoir exeitéîdaB>-U:; toute» les âmes une soif ardente,, que seuls ils" punpenfc apMser^ les cliefs des nations réservèrent le bieni^Ôtreïsv '' ropulencey la grandeur et les plaidirs' pour eettx qui: ♦ surent' trouver grâce à leuir» jeuix^ onme leur plutqu'ett ; servant leurs' passions^ e». âattanl^ tous leurs vieesy ei^

. faisait plier la soGiété sous leur» volontés dérégléesv^: Dès lors la justice ne fut faite que pour le misé^rable^ les grands, les favoris, les riches, les heureux Jurent : disipensés de ses rigueurs ;, tout le monde sôupiîîa pour ; le rang/ le pourvoir, les ti<tres,r les dignités^ les em^' plc^s; toutes k^ voies^ qui les procurèrent furent rép««, tées> légiitimes et honnêtes ; chaeun vou-liii se soustoarre ai la: forée pour Feixereôr sur les autres»; chaeu* 'Voulut acquérir les moyens d'être méchant sans péril. De cette ^ manière, les citoyens partout se sont partagés en deux . d8îsfee»i;.Ku«e, beaucoup moinsi nembrseusey ©pj^Ma*^ rktftre, eoiMposéô dé k miïlfittfdê, fut opprimée j fiiisEolence, Torgueil^ le faste,, le ÎH^e,. les plaisirs* teentl^

^^^T^RiS^^'^'^r^v'^r^:*^^

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^^âr-tà^é^e lapremièrè ; lë:^và^^^^

Ia faim et les larmes furent le partagé de la secondé ; l'une eut le privilège de piller, d'outrager, de vexer le

^malheureux; l'autre n'eut pas même le droit de se plaindré, et fut obligée de digérer en silence les affronts les plus sanglants.

Les peuples accoutumés à craindre la Divinité, tremblèrent non seulement devant les Rois, mais encore de-

^ vaut tous ceux qui eurent du pouvoir; le crédit, la grandeur ne furent plus que la faculté d'opprimer et de nuire; rautorité tint lieu de raison et de justice ; on envia bientôt ces citoyens privilégiés que leurs Monar-

vques avaient mis à portée de distribuer des grâces, ou de se rendre formidables. De même que les grands, par des bassesses, des vices et des crimes, s'étaient le plus

. souvent élevés au faîte des grandeurs, l'homme obscur les imita de loin, leur sacrifia sa conscience, s'avilit de-

f vant eux, se rendit le complice et le ministre de leurs extorsions et de leurs infamies. Ainsi peu à peu l'honneur, la probité, la décence furent bannis des nations.

; Le Monarque fut entouré d'une Cour déréglée, qui de proche en proche corrompit le vulgaire ; la vertu ne fut le partage que de quelques âmes trop aitièrespour ram-

. per sous le vice puissant, ou de quelques citoyens honnêtes, dépourvus d'ambition et contents de leur sort, qui n'eurent rien à demander à la grandeur, devenue méprisable à leurs yeux, et dont d'ailleurs ils n'auraient rien obtenu ^

Par une suite nécessaire de la perversité que la licence produisit dans les chefs, la politique intérieure fut ignorée, ou ne fit qn' étendre les plaies des nàûons. La législation, réglée par les fantaisies d'une cour vicieuse, ne fut qu'une gêne imposée à la liberté des citoyens : la

1. Il est moralement et physiquement impossible que le mérite conduise à la fortune dans un paya tyrannique, vénal et corrompu. Le mérite y devient une cause d'exclusion. La vertu élève l'âme; elle ne sait ni ramper, ni acheter le crédit, ni flatter le vie© et l'mcapàcité.

raiïe des idées obscures ètfaivLaséà- qu' dl e; dQûiîst ^^ rdqùité. Les récompenses furent le prix de l'intrigu^ lespeines ne se proportionnèrent q^u*aux intérêts dç^spuissants ; en un mot les lois, au lieu d'assurer le hon^ heur de foM5, ne servirent qu'à mettre lesriches et les, grands à Tabri des atteintes des pauvres et des faiblesjque la tyrannie voulut toujours tenir dans ropprobre et la misère : l'agriculture fut négligée, le cultivateur opprimé fut forcé de renoncer à son travail, les Provinces furent dépeuplées, le commerce reçut des entraves: delà part d'un gouvernement avide ; enfin le despotisme,^; au lieu de chercher à contenter les peuples et à conserver les mœurs, fut dans une défiance continuelle de Ses proprés sujets; il remplit ses Etats de délateurs, de sycophantes, de traîtres, occupés à calmer les inquiétudes des souverains, des Ministres et des Grands, qui eurent la conscience de la haine et des murmures que leur ; conduite devait exciter.

La politique extérieure ne fut pas moins déraison- > nablejles Princes injustes envers leurs sujets ne le furent pas moins entre eux; ils furent perpétuelleinentC jaloux de leurs avantages réciproques; les nations se virent continuellement en guerre pour des querelles qui ne les intéressèrent nullement; elles parurent n'être placées sur la terre que pour leur destruction mutuelle;'' on vit partout et sans interruption des combats furieux entre des ^.èuples, ennemis sans savoir pourquoi; ils périrent successivement dés coups qu'ils se portèrent, et des plaies inutiles que leur firent le caprice et l'ambition dé leurs chefs inquiets, orgueilleux et remuants. Les nations firent consister leur puissance et leur grandeur à mettre > de grandes richesses dans les mains des Souverains, afin de leur fournir les moyens de les corrompre et de les asservir elles-mêmes.

Que la race humaine cesse donc de chercher dans les fautes de ses pjères la cause delà dépravation des mœurs et des calamités répandues dans le monde; l'erreur àa-;

I ; (Èf^ui^^itvfrit lit; porte? âtKÊBaaîax duï ^loôie hiii3!fcîti3& i? c^^ies^ i l^^^eienôô! deiBieu qui fat. pouB lui le< /rwe'é^ cî^^nc?««; • ' ç'^è^ pdup avoir voulu le goââer^ qti^ il s'est pBTiiuw. G'est -ppttsavbir. formé la Bii^rinité sur leimoiàèle3des plifô. mé- :, cjiaiifedesrhommesj c-est pour avoir cru que les^Boisétaient 5ÔS imagesy c?est pour avoir donné à ces Rois un- ^oxmiïi! illimi^^ gomme le sibn, c'est pour, lesi avoir: Mssés les maîtres absolus des vbloMés et des^ passions xiés-p'^uples, que lermœurs etilav félicité: sDiot disparues dB;la terre;. Ges! Souverains divinisés ont> rempli les^ so- ei^^tés é& traîtres, d'ambitieux,. d'avares> d'envieux^ de - 3alsoux,.'D'ENNB&H'Si DE LEUR PiLTRiB, suF qui ni la raisoui ni la morale ne peuvent rien, parce que tout les force ' d^tre méchants, ',ou de renoncer aux choses dans lesrqueiliesleipréjugé leur apprend à placer leur bonheur. ■ Teïiesî fuirent les suites; de K erreur qui persuada auxmortels que: les Dieux étaient des Rois, et que les Rois ' . étaient des Dieux dont jamais les nations n'avaient drpit de contredire: les volontés ou; de* limiter le pouvoir. Les Princes sont partout les maîtres; des mœurs et de la félicit-é* d«: l^urs sujet»; les mïBurs des uns et des autres ne '-\ seront honnêtes et les Etats heureux^ et florissants qu:e . loTSqvLe les volontés des chefs seront forcées^ de se conformer auoo. lois invariables^ de la nature^ de Véquitêj . delaradsony et non aux modèles déraisonnables qu^e Tignorancei et l'imposture ont placés dans les deux:.

Les Souverains tiennent leur pouvoir ou de Diéu; ou: des- hommes ^ s'ils le tiennent de Dieu, il doit être absolu,, ou du moins les Prêtres seuls sont en dlroit de le limiter; si leur pouvoir est absolu, il doit nécsssaireiment leur corrompre et le cœur et l'esprit;, des intérêts aveugles étant souvent les seuls mjobiles des; actionsi humaines^ qpiels motifs de bien faire^ peuvent avoir des ; êtres indépendants, qui n'ont rien à espérer ou ai craindre de la part des hommes, qui méprisent leurs jugements et sont insensibles- à l«ur affection, qui; n'ont aciipiis ni le goût, ni Thabitude de: la vertu? Sides Rois

(feff attlà?esif et si notas pemoatod®' àr leuts s©toPoe!^<B<«]^;J; les verrons toujours sortir des préju^»îrdiigie«g^i^oatï^^^ leigenrô' liumamœst^mfést^ ;r ©îést'dd-ia! s»pèrsti1â?È>ifcqÀè : sôi>tent toiis^ nos ppéj,u'grëB pxjlitiqiies'; Troriïpés! voiet fs^^r (teais nos- idées- sur les^ ©îéux. et soi? les souYërai»^ .^^^^ : led reiprésentént^. ttfiife le système de no» opinionsfi^li^esfc^^ pius^ qu'une- lon^e clfâîîjie de préju^péS'.iEft effet Sur. q^ sô' fondent nos sentiments d'admiirati'OSi de- respetet-^ ét^'r d?affectroa pour le^ rang,! la grânàein?; la^ naiissarteevï. iesH ;^

titres et les honneursj entunfmi&tijfoar toiiteS lescîistiîter'^ tiK)iii$ que lié gonvernement n'ac(^rdëipour l'opdiiïaipBs^; : qa'ansi^^ sollicitationsy aux intri^es^ sxm bâssesî^esjet auxiA: tra;M€rons' de* quelques' cito>f<ïn^ pius^i intrigants^^ ^ias¥ V^ aéroits, ou* plus mé«liants^q^s- Im autres ? Dao» presque' J téusieSpaysilafavearv les préjugés- et lès intérêl^-dé^j , Cour» sont l'unique^m'esure des^ugements quei'on pôrtè^: v sur les hommes; on- n^e les estime- jiamiais d'aFprès/ftux*»^;^ mêmes ;; leiïrsi 1/alen*s,.leaiB: mérite personnel, lents 'ver^--\ tttS,i lés serwc'es réelsi qu'ils rendent k la patrie^ sdnt/^ : coDQpt^fe pour rien' ; onSne les juge^eti ne les ceasidèrô -v ; que d'î^rèsil/a plaee qtt'ilà'occupent auprès dû! MonaCquev diaprés l'opiniion qu'il en a, d'après; les honteux* servicesi/ qu^ils lui rendent trop souvent. Que; de maux ne-décou^>, leni pas de ee^funestes préjûgésîi pai^ ea>£le cpédîln^esti^ plusiqùela faculté d'être injuste impunément et d'écran séria faihlésse innocente ; lés titres^ le» emplois^: lôs1 honneurs! ne sont que des signesimp^antsyqui couvrenfc^ l'ignorance et Tincapaeité^ et les déeorent aiix yeuîs:* des^r peuples éblouis : enâi^le^ hasard de la naissance^ .Un^f prétendue noblesse danB quelque» citoyens leur fdemniéùt^i li^eu de talents et de^vértuSj les appellent aux-honnôurs^;,. leur prbcurent des ddstinetions^ leur donnent deisp^i^-^ lèges? "If détriment dedeurs concitoyens «?^^»<!?^îv*iils^

le préjugé et la partialité du Prince leur confèrent son- - .ryent le pouvoird'être injustes, de s'éleyer^u-dessus des : lois,: les mettent ènrdroit d'opprimer et dé mépriser leurs semblables, qui se croient pétris d'un limon bien moins pnr que ces grands altiers qu'on leur fait regarder comme des Demi-Dieux, dans les pays où régnent l'opinion et le délire.

Les flatteries du sacerdoce et les opinions religieuses Tendirent les Souverains licencieux, et remplirent les peuples d'idées fausses dont ils ne sentirent point les conséquences : ceux-ci ne trouvèrent rien de grand, de respectable, d'estimable, que ce .que leurs Souverains leur montrèrent comme tel ; ils furent à genoux devant la stupidité, l'ignorance et le vice même, lorsque leurs préjugés les leur firent respecter. Si les nations, si honteusement déprimées à leurs yeux, eussent été capables 4é recourir à la- raison, elles se seraient, sans douté, aperçues que leur volonté sEULEpouvait conférer la puissance souveraine ; elles auraient reconnu que ces prétendues Divinités sur la terre devant qui elles s'étaient prosternées n'étaient au fond que des hommes, chargés par elles-mêmes de les conduire au bonheur, qui devenaient des brigands, des ennemis et des usurpateurs dès qu'ils abusaient contre elles du pouvoir qu'elles ont déposé dans leurs mains. La moindre réflexion n'eût-elle pas dû leur faire sentir que c'est pour leur bien-être et leur propre sûreté que le gouvernement fut institué ; que c'est pour les nations que les Rois sont faits et non les nations pour les Rois ? Les peuples ne verrontils jamais que ces guerres inutiles, ces victoires fatales, achetées aux prix de leur sang et de leurs possessions, ne serviront jamais qu'à perpétuer leurs misères, aies épuiser, aies conduire à la ruine ? N'ouvrirontils jamais les yeux pour voir que la terre est plus grande qu'il ne faut pour nourrir, contenir et rendre ses habitants heureux, et que l'ambition des Princes cherche à étendre leurs domaines, sans jamais s'occuper du soin d'étendre le bonheur des peuples qu'ils gouvernent? Quel

CE QXIE.'SONT LES^PRÊTRES. ~ ^ ^ /"-'.:129s^

bienrësulte-t-il en effet de ces guerres continuelles pàî^^^-; lesquelles notre globe est devenu le séjour du carnage "-^^^ et un repaire de bêtes féroces occupées â se détruire ?^S^ Ne voyons-nous pas les nations successivement effacées f;l de la terre par le délire des Souverains qui lesmetteiï%^ aux prises, et périr des plaies affreuses qu'eUes se font v6 réciproquement?. Quels fruits retirent- elles de cesintei^€| valles si courts qui suffisent à peine pour cicatriser^leiirs^ f^ Messures ? Sont-elles donc bien rassurées par ces traité3v# insidieux que la fraude et Tambition sont toujours prètés;iy| à violer ? Ne se lasseront-elles jamais d'être les jonets^p d'une politique odieuse, qui les sacrifie à chaque. instàirtiS^ aux futiles intérêts de quelques .che& qui jamais ne; son^^g gèrent à les rendre fortunées,^ «t qui dépourvus, de Jus-ï;J-| tice et de bonne foi font du monde entier le tbéâtre.dev;0 leurs passions eUteénéQ^l Désabusées de leu^s pr^ugêsJTà religieux et politiques, ne briseront-elles jcimaisjèj^ charme de VojPfinion.qui^bien plus encore que la force,: ?^ les tient enchaînées .? Ne lieront-elles point a leur toufi% les mains de ces Monarques redoutés pour les enypêcKçinJM de leur nuire? Seront-elles. toujours obligées de;gémi%| pendant des siècles entiers des folies passagères de leiujs^; Maîtres insensés ou de leurs indignes ministres, et s'ob^r ,>| tineront-elles à expier leurs fautes et apaiser le çiél;^i^ pour des forfaits auxquels la volonté n'a point de par0^:;- Enfin ne reviendront-elles jamais de ces préjugés ayt-' lissants qui leur persuadent que leur sang, leur personne A et leurs biens appartiennent à des hommes divinisés;^ et g que le Très-Haut n'a fait tous les peuples de la terre que W^ pour contenter l'orgueil, l'ambition et le faste d'.un'^x petit nombre de Princes devenus les fléaux du reste d^es ■ humains? "-^

Si les Souverains eux-mêmes consultaient la nature.et leurs vrais intérêts ; s'ils sortaient de l'ivresse où les 3 plonge l'encens des ministres deJa superstition^ la^ rai- { son leur montrerait qu'ils sont des hommes subordonnés ;^ au grand tout qu'ils gouvernent, au bien-être duquel ils !' sont intéressés, chargés par les nations de travailler -à V

' . Ms!;«n-Ter.tu de ces «ecvices^ et perdant d^(>U8ijl€»ui;s,!èrQits - dès tu ils «manquefflt i:à ieucs tengageinenta. slls /t^onnjï^- , :5tpsïiettt «qu'ils isout leS' serviteurs et les guides de >ces -lûi^ \ iidnsi leurs ^Représentants et inon lesiiQages âesfl)ieuz ; ^ ils «eii:tiraientqu*fun pouvoir étaJbli !^ur le icoa^enit^ent r des peuples, sur leur ^eiction, sur deuEs4iitérêts.^féiRit'ables ^st îbien plus solideique celui -qui se cfonde isur des . préténtiaus imaginaires. Ils trouveraient que la; 'Vajale ; gloire consiste ^â rendre les hommes heureux ; que la 'vraie puissance consiste aies iré^^^^^ volontés et d'intérêts ; que la ^raie ^gran^ur consiste dans l'activité, les talents et les v^tus. Tout leur appirtendràit iqué 4a justice ^st une barrière qui .protège légalement le sujet > et le iRrince ; que cette justice veut qvke >les.h,ommes ~ ' soient LiBBiES sans yêtr es iiieençieuop^qtie lu libeKté^peut ■' SEULE former des citoyens < génév^eux ; que la vérité '»en fait des êtres raisonnables-; jque l'éducation suffît «pour lesrendre vvertueux';"que la loi doit ^réprimer dev.orime ; quejles récompenses udoivent exciter les ialentS'; et qu'un îRoin'^st^pHissant ql^^àJ•a tiête rd'une nation généreuse et contente. Enftn, au lieu de consulter des yBn^ires qui les 4rompenty ^'ilst app elai.ent la aîaisen à leur recours, ilS' verraient que la Batrie pour /être ^chàre 'dojt procurer le : bonheur à tses -.membres*; uque la ioi pour être respectée doit être jutile -et jus^e ; que jl'^utorité poup4tre 'aiméedoit^trei bienfaisante. . .

aHÀPiT,R:E ym

;DES ,GREBlR,Eg„D,BJ^SU(5^0îî.S ilT .ÇÇRMc.U,W.Q^^

Laisuperstition-ne servit jamais qu'à /corrompre les Princes et'en faire des Tyrans soupçonneux, qui devin'-

' :«m^ï>i^uôïd<B>îformer aux ^[^ans des^^sclapre^^/ej:^^!^ Typans en^cliaiigô ^exo: irnmolèpeni tous ^c;eui>=qiii> ^-J fusèreitt' de fl'humiliôP deyaitt eux^^Ën^^eâtet^cms^iKo^iii^^ fpresque partoutile«acerdoc«, aidé dèJapuissaoe^^B^aa^K;^^ -por&Ûe^j^tàbMr ses. dogmes à coups d'ëpéei«t ifaœe®a£^" ^ voir ses dëcisionsâ force de violences, depEoaeBiptiftiis^ de carnage et de €ammes. C

Indépendamment des intérêts qui client lie jBespcite: 'avec -son OBrêtre, nous trouvons dans la JReliglonfidlè:^! . même 1« germe des fureurs qu'elle exciie si aoayent^sapla terre. Tout «système religieux fondé ssur unsDieuiisii: jaloux de ses droits qu'il s'offense des actions <6t>^s pensées des hommes, un (Dieu vindicatif let -qui creut qu^on défende sa cause, une tell« Religion, tlis-r<jte,^doiit rendre ses sectateurà inquiets, turbulents,, linhumains^v méchants par principes ^ et implacables par ^devoir. ^Elle doit porter -le trouble sur la^erre, touj ours ^remplie:vâa spéculateurs dont les idées^ur la Biivinité ne s'accorderont jamais ; elle doit appeler les peuples^ucombatt^a-^ tes les fois'qu'pn leur ^dira ^ue ^Vintérét^du ideîXemffe, MaisBieuneparle jamais auxmortekquepar des interprètes, et ceux-ci ne le font parler' que suivanMeursipropires^ intérêts^ et ces intérêts sont toujours très apposés^àiceujÈ i de la société . Le vulgaire 'imbécileme disting ueraj ama|s son Prêtre de son Dieu ; dupe de sa confiance iaveugle^il n'examinera point ses 'ordres, il marchera tête .baissée contre ses ennemis, 'ôt -sans ^s'informer jamais du-sajet de la querella (qu'il serait d'ailleurs incapable d'entendre, y il égorgera sanssori^puîe, ou s'exposera jà mourir pour ila défense d'und cause dont il n'est pointiinstruit. Sa fureur se proportionnera néanmoins à ila grandeur du Dieu qu'il croit intéressé dans la querelle •; et commédl sait que ce Dieu est tout-puissant et que toijit lui est p ermis, il ne mettra point de bornes à sa prqpre haine, -^i sa férocité ; il les regardera comme des efferts

légitimesîdu zèle que son -Dieu doit exciter dans ses àdo- 'rateurs. «

ik;- "' , ^Voil à pourquoi les guerres : de ,Religioiï sont les pliis

fl i cruelles de toutes. Aussitôt que l'on fait sonner te nom .

: :^ de la Religion dans l'oreille des peuples, une terreur

:^; sombre s'empare des esprits, des inquiétudes vagues les

Ç agitent; on écoute le Prêtre ou l'Inspiré dans un morne

:rx silence; la crainte est de toutes les passions la pluscon-

r. tagieuse •, celle des Dieux n'ayant point d'objet pour se

~ fixer va toujours en augmentant, chacun tremble sans

'> ensavoir la cause ; chacun redouble les craintes de son

; voisin et multiplie les siennes propres, l'inquiétude et la

consternation se répandent sur tous les visages, et tan-

, ; dis que le prophète parle à l'imagination, le fanatique

;^ aiguise déjà son glaive ou son couteau.

Si à ces dispositions se joignent encore des malheurs : pudlicSf des mécontentements^ des calamités, a' est alors que le peuple avale à longs traits le poison du fanatisme; au sortir des leçons de son Prêtre il va détruire sans examen les objets de son courroux et de ses déclamations. Dans une nation superstitieuse le sacerdoce est v~ toujours maître de troubler le repos de l'Etat, et d'exciter les passious du peuple contre les prétendus enne- : mis de son Dieu. Les Souverains dont les sujets sont malheureux doivent trembler /owfe5 ?es /bzs g'w'wn j3»'^^re fanatique monte dans la tribune auûs harangues. Il '\ peut de là ébranler leurs trônes et donner à leurs sujets . le signal de la rébellion.

Dans les guerres politiques l'intérêt dont les combàt- ^, - tants sont animés est bien plus faible à leurs yeux que dans les guerres religieuses^ dani celles-ci chaque soldat se persuade qu'il est personnellement intéressé dans : la querelle; il se croit le vengeur de son Dieu, sous les yeux duquel il s'imagine combattre; il voit ce Dieu prêt à le punir s'il montrait de la mollesse, ou s'il ne se battait point avec l'ardeur qu'il doit au Souverain céleste de qui 7 dépend son éternelle félicité. Enivré de ces puissants motifs, le père méconnaît son fils, celui-ci méconnaît l'auteur de ses jours; le frère égorge son frère, le citoyen son voisin ; tout combattant devient pour l'autre

' -'..^ -f" .4ïB'QUBlS0NT LES ,PàjÈTRB$;/- ' ^ •- " I3Ç J

un ennémlpersonnel ; chacun croît mériter la rémission ^ '^ de ses crimes et se rendre digne des récompenses éter- nelles à proportion qu'il se montre plus cruel. Ilala ., folie de se persuader qu'il lave ses péchés dans soncpi^-^^ |i pre sang et dans celui des autres: le meurtre, la trahie- 1 son, la fraude, la violation des droits de la nature se 7 changent en vertus à ses yeux ; les actions les plus' :^ noireslui semblent légitimes contre des victimes dévouées. ^ à la vengeance céleste ; il cesse de regarder ses semblaj-v ^ blés comme des hommes, il suppose que leur révolte contre le ciel les a transformés en des bêtes, à qui il ne V doit plus rien et sur qui il peut exercer la cruauté la plus étudiée. En un mot toute âme en qui le fanatisme ^ religieux n'a point éteint les sentiments de l'humanité, < est brûlée d'indignation et déchirée de pitié à la vue des ' barbaries, des perfidies et des tourments recherchés que Ha fureur religieuse a fait inventer aux hommes; leur cruauté devint ingénieuse toutes les fois qu'iLfut ques- tion de leur Dieu. La Religion, qui se vantait d'apporter la paix ;à la terre, a fait éclore elle-même dans le sein des • nations des noirceurs et des atrocités plus dignes des Cannibales et des Anthropophages que des sectateurs d'un Dieu clément et miséricordieux. -

Nous avons vu que les autels de presque toutes les Divinités du monde ont été arrosés du sang humain ;r mais ce sang ne fut point toujours répandu dans des tem- < pies, les ministres d'un Dieu qui s'appelle à la fois le Dieu des vengeances et des miséricordes^ ont pendant des siècles entiers couvert en son nom la face de la terre de carnage et d'horreurs; des Royaumes vastes furent leurs autels ; les Rois et les peuples se sont chargés du soin d'égorger les victimes pour eux. La Religion moderne, qui se vante d'être l'appui de la politique et de la morale, a coûté plus de sang aux habitants du monde que celles qui ordonnaient formellement les sacrifices les plus révoltants. Jusqu'à nos jours les Prêtres du Dieu de paix y les ministres d'une Religion dont on vante la pureté, lorsqu'ils en ont le pouvoir, perpétuent clioz '-

^: - ; -quelques :peu|*lôs des Jidlooa^feMouk^

qui neale iîèdent euiPien ,5pourila cpuauté^ à%%éux que ^S Prêtres ^barbares offraient chez jles Meadcai^ns £ iteurs cDieux abominables ^. Lorsqu'ils ne «jouissent point 4a droit de se'^engerpareux-pmâmes^ilsrneilaisseDt'.pasde soufder le feu delà discorde, et 4'animer pour 4eurs •querelles les peuples et les. citoyens à leur destruction réciproque. -CJn Dieu ^an^ptwinaar.e ne .peut avoir djBS - ministres *bien doux : un iDieu jaloux ne peut #¥oir des sujets pacifiques et ttr an quilles. Dès qu'il s'agit dâ la Religion, tous les liens du sang, de la .morale,. de da politique doivent être rompus par celui qui se pepsuade. que cette Religion est plus importante que i7a;Pa<»î&, que la famille, que la vertu. 'Un superstitieux, 'Conséquent à ses-principes, ne doit voir que le ciel, ;il doit

.; fouler aux pieds son père, sa -mère, ses parents, ^ses amis, ses concitoyens, pour ^se faire un chemin versées récompenses, qui ne seront-le prix -que des sacrifices qu'il consentira de faipe à ceDieu ; tout 'homme qui lui est sincèrement attaché nepeut se dispenser démentir ^t de montrer ila plus forte antipathie contre -quiconque , ' lui paraîtra l'ennemi de =sa<:Rieligion, la cause delà colère divine, un obstacle à Ja gloire de son ^Monarquccéleste; s'il en a le pouvoir il doit immoler sans hésitertousKieùx ^ qui s'opposent aux promesses de son règne; ce -^Monar-

1, Le -fameux Torquemada, Inquisiteur d'Espagne, se vantait d'avoir

- fait périr, par "le <fer et par le -"feu, plus de cinquante, mille: Hérétiques >

«t çe^èle^br^lant.ljiiiiYalut un .chapeau j de, «ardinal. ILie .m^ss^çr^ ^^}^

Saint-Barthéjeray en fit périr autant dans la^seule ville de Paris, ^e

massacré d'Irlande coûta la vie à cent cinquante mille: Protestants vDans

la croisade contre les. Âlbigepis, on brùjia.les habitants de>plasie}irS;Villes

entières, I^es .assasi?ins poussèrent la barbarie jusqu'à promener, au bgut

d'un pieu qu'ils leur avaient enfoncé dans les parties naturelles, des

jeunes filles nues^ Quelques-uns. mangèrent la cervelle. frica!jS9.e,dQipetits

enfans. égorgés. On ne .peut Uré, sans .frémir ^les.çruautes^e&e|;(^es, jgar

~ ordre du Clergé, contre les Vaudois, les AÎiàbaptistes, les Protestants -de

France, de Savoie, de*Hongrie.^Les Prêtres sont évidemment > les plus

absurdes et (les ipl^s {néçhants des jh.ommes;^ <^'-^st àr force de\aupplices

<Xu'ils veulent faire aimer la Religion, ou plutôt leur maxime est la mémo

que celle d'un Tyran : ODERINT DUM METÛÀNT. ' " "

'créèKtïH^s^r-^;;-.;^: '::::'::■:::■ ^ ■"'. -^ '. "-.'•■- ^ / '■ ■'''-^^■c'^•'^■■■

BWù* l'on' voii« i^ife' daafe unenatioa» dévoue^' à» là stf-' p^stitiotfj-jrintepgtèté dès volontés da'Tïès-Bà\i* doit \

du^Souvéï'aiii' et^ dé» stj^etsv itl luisuMt'do- crier àl'wwT^e?: ;^ pour f àii'e- égorger tou'C Prince' qui » lui déj^kît'OU • totlt mortetijui résist^e^ à sie^ dé&i»ion^ saéréosi- Èe- stip«Fst*^" tieUxira^Ml exaHiinfei> ses' ordres'?- rion^saîia douté»^; il? lui su#t=^de savoir q«e sonsBcêlïf&çAlcie aunoiftduct&r do'Kf leS'déci*et& in^énétraMos ne sônfrpoin*' farits'pour: être 'éxaminég^;- L'Etat dût-ii^^périF^il- £ant qw'îl détruise totis- ce U'X' quo la^ veûgeanoe divin©: voudr» lui? dësi gaer ^ il faut qâe' sur l'ordre de son Dieu il^ dovienife sitfu#4 aux' oi^is do ' la- naturej^ insensi-blo à la^pifeié^v indifféi^ént ^ sur lé-'benhetir dief sa Fatrieii effc ppô^à<troi*loFso»repd&^^ pour expier SOS ppopreË fantes'. '

Né' soyonçf doné'pbintîswrpris^^ noiis^vdydnsla'Religîon^^ armer si-sdûveiit ^ le» mains des' liommes' et l^^ rendro inhxiinaih#' par pi^té; Jr» sïtpêrstition Pempoi^tatow—^ joUrs' sur^ leC pùlïHqu'efda' mxmvle et'larmsow, sestei*reurs'étbdffer'ent- là' nature, brisèr^ent les ndsitds ieff pliis; ^ sacrés oti métamoirphbsèreûtt'hoiilime en- un» tîgro affamé de carhiàgOi

PouT sb convaincre' que nous? n^avonB point exagéré letaMoaîu de# eflfel^ pernicieux de lai supèrstitibn e1> des= ravages qu'elle^ à^ causés' dans le^^ nationsy que l'on- jeftto les- yeux sitr nos aûnà'les' sacré èfe : lions y voyons' un peuple' clioisi» par sbn'DièufpoiMP éfcre leiâK^aw,- l'exterminateur de ses voisins, rus^rpateiir de lenrs possôssioriSf lepeptuTbateur ' do^ lettr reposi Gonswltoii^nos'projpries annales i-iie^vwrbns'-no^ ^aS ' dïirâîit'tiûe longiie' suite de siècles notre^ Europe • eii^ràissë'ef du sawgî des adbrâï^ tenk-^ d'uni miêiiieBiîôU'? Nous trouVerbas rA-llemâgno et rit«ltt cbnveïtes-dosf cadaviJéS'dèf cenîxqurontipé^^^ da^» leâ' qiieïelles dei Sacerdoco et de FEmpire; Nous verrons qti#o*éBt rainfeitionipontiâoâiie et là' frênéèié religieù^

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