CE QUE SONT- LES PREUVES
qui firent entreprendre des Croisades extravagantes, qui,' sous prétexte de recouvrer la Terre-Sainte, armèrent des brigands chrétiens, persuadés par des Saints qu'ils laveraient dans le sang des infidèles leurs horri- Mes forfaits. Nous verrons des millions d'honumeSassurés d'acquérir par là la rémission de leurs crimes, se livrer sans pudeur aux plus affreux excès. Par une suite de ce délire nous verrons l'Europe entière dépeuplée par des Souverains insensés, injustes, usurpateurs, qui transportèrent leurs sujets en Asie, où ils trouvèrent le tombeau que la folie leur avait creusé. Partout nous trouverons les traces ensanglantées de la férocité religieuse Nous verrons la France déchirée par d'af- FRÈDSES guerres CIVILES ; sa capitale dans une nuit inondée du sang de cinquante mille citoyens; deux de ses Rois successivement égorgés par le couteau de la Religion. Nous verrons dans notre Patrie un Roi, enivré par la Religion de ses fausses prérogatives, monter sur l'échafaud et devenir la victime mémorable de son entêtement pour d'indignes préjugés. Nous verrons la Tyrannie couverte du manteau de la Religion, ordonner la persécution chez le Batave, et l'obliger de iSombattre contre son odieux Tyran. C'est la Religion, qui servant de voile à l'avarice, alla chercher des victimes dans un nouveau monde. Les nations de l'Amérique écrasées, tourmentées, asservies par les disciples du Dieu de paix, eurent sans doute lieu de regretter longtemps les Dieux cruels de leurs ancêtres.
En un mot, c'est la Religion qui depuis tant de siècles est presque seule en possession de faire massacrer les Rois^ de soulever et de diviser les sujets, de rompre l'union des sociétés, de leur donner le signal de la guerre, de les lier ou les séparer d'intérêts, de faire éclore partout des extravagances et des fureurs, inconnues dans l'antiquité à des peuples qui permettaient à chacun de suivre paisiblement le culte de ses pères. Ces peuplés, que Ton nous peint comme des aveugles, ne se sont point arrogé le droit affreux de tyranniser la pensée ;
ilrne trouvèrent pas à chaque instant, comme nous,- des , v motifs renaissants pour se haïr et pour s'exterminer'^ C.1 ce fut à de» nations qui se prétendent les plus favori- - .'■ sées du ciel et instruites par la Divinité même, qu'il était réservé de subtiliser la Religion, d'inventer des moyens ingénieux pour mettre les esprits à la torture,- - ' et de porter le trouble jusq[ae dans les consciences des ^^ hommes^. :;^t^
Si la superstition permettait de consulter la nature, la; -J raison, l'intérêt des nations; si la Religion ne faisait i '^ point aux hommes un devoir de fouler auxpieds toutes vi les considérations humaines, ils sentiraient que l'équité^ ' ^ | la modération, l'indulgence et la paix sontla base de toute -W^ la morale, et les soutiens de toutes les sociétés politiques; ; ils verraient que leurs idées religieuses ne peuvent être les mêmes sur des objets que chacun voit diversement ; ;ils se convaincraient donc que les opinions religieuses . peuvent varier, mais que les devoirs de la morale^ -ê fondés sur leur propre nature, doivent ne varier jamais. 1 Ils regarderaient comme dès furieux et des ennemis de 1^ leur espèce (^q^ prétendus organes de la Divinité qui né : font servir ses lois que pour troubler, diviser, armer les nations ; ils imposeraient un silence éternel à ces fana^ tiques qui prêchant la discorde, le zèle et le carnage^ ^ ï et qui sous prétexte des intérêts du ciel portent la dé' ' . solatioYi sur la terre. Si les prestiges de la superstition n'eussent point engourdi et fasciné l'entendement dès
i. L'Antiquité Païenne parait avoir ignoré le secret de tourmenteriez consciences. C'est au Christianisme qu'il était réservé d'inventer des symboUi de croyance, des professions de foi, des formuiatres« etc., quesous peine d'être persécutés Ton fit souscrire à ceux dont la façon de penser'était suspecte aux chefs de l'Eglise. Il est aisé déjuger par là si l'Europe a beaucoup gagné en se faisant chrétienne. L'on pourrait pronostiquer avec assez de certitude € la chute prochaine du Christianisme » ; il ne pourra subsister dès que les hommes auront assez de lumières pour sentir qu'il leur fcst plus important d'être humains et sociables, que- d'avoir une foi bien orthodoxe. L'intolérance essentialle à cette Religion, plus qu'à toute autre, doit nécessairement en dégoûter les gouvernements, dès qu'ils entreverront les premières lueurs de la raison et dès qu'ils s'occuperont des intérêts les plus évidents.
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"' part de ses Dieux, on lui avait fait sucer avec le' Mt' l'a' htine la pl^s fôHé' cdiii^e' toti^ èM:^(^i;iiè'pëïîsâiéi^^ poi^t cbmm'e'lui', q^i ô'ad-ôràîënt î>â(s ïè' m^tii^ l!)iéu, qiïf ' ^ jië siïi^aienf pbînt lé' niêniB c'ùftë', 6ii qu"! éâ' iEldorâ-nt" t& • ' mécdë Dieu l'ht>ribrjtiéliï diveipi^iflèrtft . M^ lé^ nations^ se' d^vinïenf rëcipî'ô^à'é'ài'èiif' odi^ùèfesi les ëùjéts* d^ùn' même État,4èÉ mëmb'fe's- d'ùné liiMW sttciét-é, d'un'mé'me^ cpV^s, d'uriéiïiêiiiéfà'mîl^éV:6i^éiitiéë imsp^^ d è^ étrain gëi^?, d'és' éîiii'ëtiïîs et" se" rè'g'ardîèi^éïH? à'v'éti' hbr-reùip. La ïtéligîôti' AP^oiÉtTA lé citAivB é'ù'ti^ë eiix, et les sé^àï'à'pôu'^'t<Ji!ijoiar^, ï^^ éâi'piî'ës fd^ëht' éipbéés âr des ÎQfiàéii\2ii\6iià Q,mhMÛ^ ;' les dfc^eii^ fotfjbùi^g prêtéà se h'iàïr, à se tourin'èMër', à s'égbi*gëî*'âu'pfëttiîèT?'s%'iial - d'un D'ëspôtë ôK d'un Pr'êïi^é', et tfhèectiîi së^fl^tfii^ point d'iibii^ii'ëtir'd'ë lôas^acrër' bu de' p'ëri'r ; ëê à&èiiét où dé réô^\^ôî]? 1^ 3!ûibi*t, pottY UTiè' :6'ëlïgib!i^^ ^^^^ dom-
fout iibiMià# i^kiâoMa'Éte^ est ëbttslrô^ïi^ë et fbàt^eë' de géiïÉt ëù vbyaïî't cbœ èiéiî il en a coûté atte' àatïbîi^'pbù:)? ufiëfbùïë' d'bp inions, de d'o'gmesv d'artîelës d'e ifè'î, dô prati(jues arbitraires, ridicules, bizarres que le sacerdoce voulut leur imposer. Aux yeux du superstitieux rl-en de ee qui touchée sa Religion ne paraît* inditférent, tout e"^ de là d'ei-nière ittip'bï'tâncé, tou* iat^reissé sï)* sâluî éternel' ;. les moindres //iworéù'onsiifan^ là doc^îiie, les moindres* cïtang«Bl^t^ daas te* cultei= les^ ai-t^rations* le"ë' plus Té gères dans une' céï?éiïïôliië, HTênî tbujbii'r's^ pour les'pejipl^S'des' sources' intarissables de diéputesy dêpefëé'cmi'bÏÏâ et dë-gùè'r'fè's'i. IlMliif dë^^ ûè>'é\^^ d# ,
1. Ce fut le désir d'mtVodûiVc lô Surpllë- éf Irf ÉiVtJrgië'jSfeêliel&ë^cW
toujours, ètjeurs secfatmf'^^ùrtàpé^se^liM^èis^i0 firent la guerre, sans jamais avoir d'idées précisés de^|^ ol^ets qui les divisaient. Il ne faut point en être surprî|3l^^^g Dès qu'il s'agit de fantômes qui n'existent que dans n^^^sîj magination, des rêveries qui ne peuvent être uniformè^,^ ^;t^ des siècles de disputes né péuvéri£ rien terminer) l!e^^ ;^ ternité elle-même ne pourrait concilier des systèinils^ t; qui ne portent que sur dés suppositions faussés, et s1i#;Vrj des absurdïtés én&lféës^plaïf d'é^ itàîposfeu^^ dMâé^d'inr ef térêts, ou par des cerveaux dont les délires ne purenlp^' j;^ êtite les mêna'es; \^B?
Il n'appartient qu'à la vérité de nrettre' les hoimné»^ ' d'accord ; Texpérience et la raison étant pour toujours 5>'^ exclues des disputes théologiques, la force, foginiâ-/^^ treté, la violence restent' seules en possession du éKamp Çï débâtàille, et aemèuréht en droit de décider, Jjef :^é:fy^ forte', lés' plus adroits, iW pins' ôfrstiiiés fiùissetit' p'àrf" J stf^iigtier leé'iiliig ^bfes; et ipi*eâci*îvèiït âtbtîsléîé' opî-f? ,1 nîôm qïi''iïs e^ à sttivf è i céiJÊè qtt# &m îés' ¥ïMmi^éi'^ pôtHp eux pr^iënt^ efxclusîvi^ le^ titrés fastueux (fe;:;: fldélés\ de Hrcèis à^ùi/âms\ êdrtho^àfes^^ et ^xifféH^^i leurs adversaires odieux ils leur prodiguèrent les n-on^de' d4ûs:pkiMtéurs\^impies\ dUhérmfqûéS, ^infCdèlës'^ Gètix â (Jtii' l'on appliqué ces dénominations in^iitéè# pïà»lli fâi'è'iJi? flîëéïo^i^tfôV perdent- dès lo^s totif d:j?ôit dâH^ là\ sfoci^été, lifùi cessé de lés^ rôgiàrder comBOfô^ dés?
Ecosse qui fit périr Charles 1er sur un éehafaud. Au dernier siècle, il y eut- . dé* gïgûïaîr ti'ôOlïles' à-ïïa-mhotirg^, àr roccasioii- de la- dispote^qttira'étaifc' élevée entre deux Ministres, dont l'un soutenait que dans l'Oraison^ pôniiSiidàafe il fàlïailf dire' PlH nûffé] au lieu' de Nuire Pèr€: toute la - Villë^piâl;' pià'rtî dJEiiw^^ cette' importante" querelle. ILes'Ghrétiens drit été'ei»^. âi^^ut^''-pegdlàtft diés sîëcles' sur lfe= temps d© là- célébratioà' de la"-Pâque^ sur des mots, des lettres, dés virgules.
S^lïoiùm^s ; la supèrstitibù anéantit^les xrapi>prts (jm Nsubr ■ ^^^^^^^^^^^ g^sis^âient entre eux et leurs concitoyens. Lôsacerdpee k'dèclMa souvent que lés fidèles ne devaient ni justice^ ;;^M l)onne foi, ni indulgence, ni pitié à des êtres qui s*é- -;f étaient révoltes contre ses décisions*.