PRINCIPES FONDAMENTAUX DE TOUTE RELIGION
' .n n'est, sans doute, personne qui ne soit Indigné ou af>
^ fligé à la vue des effets terribles que nous venons de rapporter, et qui ne soit obligé de convenir de la réalité des
- maux qui furent les suites des opinions religieuses des hommes ; on nous dira peut-être que ce n*est point à la Religion elle-même, mais à l'abus de la Religion que sont dus les excès dont nous avons parlé ; on prétendra
V que l*abus des choses les plus utiles peut devenir nuisible, et que c'est aux passions des hommes que l'on doit attribuer les fureurs dont la Religion ne fut que le prétexte.
Je réponds que c'est <^<:iw5 les principes de la Relî-
' ^gion même, dans le Dieu qui lui sert de base, dans les idées funestes que le genre humain s'en est faites, qu'il faut chercher la source des malheurs qui n'en furent et qui n'en seront jamais que des suites nécessaires. Les hommes qui, comme on l'a déjà remarqué précédemnaent, éprouvent alternativement des biens et des maux
1. C'est uns maxime établie à la cour de Rome, que l'on ne doit-point garder des engagements pris avec des Hérétiques; d'où il suit que jamais une nation protestante ne peut faire uq traité solide avec un Prince Catholique.
nîïé tdôjtqût :cé?j^
vent, Jiuéiqu er^É)rf qu'ils, fassent, lui aifriJèi^i^M^ bonté pernianeutè ; d^s ^qu'ils souflîpent^ ilâ •dwyénîSili:^! craindre ; et dès qu'ils la- craignent ils doivent la^suf^J^ ser méchante, ou du moins ils sôiat forcés de s&MÈs^^ de ses dispositions, tantôt bonnes, tantôt mauvàîsel;^^ pour eux. Un Dieu qui sait tout, qui peut tout, sans |î^ permission duquel rien ne se fait ici-bas, ne peut êtreïj regardé comme invariablement bon. Le Dieu terriMéiJ: doit toujours éclipser dans l'esprit des hommes le Dieu i^ favorable. Le Dieu dangereux les occupera bien plûs^| que le Dieu rempli de honte dont ils n'ont rien à craîn-'ï:;^ dre ; ainsi l'idée de Dieu réveillera nécessairement jîe^^ sentiment de la frayeur ; sentiment qui supposé de Iç^J méchanceté dans l'objet qui l'excite. <'^M^
LaReligion ramènera toujours les hommes à ?acmm^Vj tout objet vague qui les fait trembler les occuperar saihè-î^j relâche, fera fermenter leurs esprits, excitera des d^rv:^^ putes entr'eux, et les portera tôt ou tard à des extîré-î t^ mités. Toute Religion demande pour premier saeri^cè:;^ un renoncement total à la raison ; dès que les hoDa-^-Ûj mes cessent de prendre la raison pour guide dans; ^ l'examen de la chose qu'ils croient la plus impbrtaiitô ' ^ peureux; ils n'auront garde d'être retenus- par elle toutes les fois qu'il s'agira de la Religion ; ainsi leur conduite ne sera jamais qu'une suite d'égarements. Si- Dieu est Tau leur de la Religion, elle doit commander à la nature même ; elle doit lui imposer silence lorsqu'eirèaura la témérité de contredire ses volontés, ou ceUes.dé ses interprètes. Si c'est la volonté divine qui décide dit | juste et de l'injuste. Dieu est le maître de la vertu;^ à sa voix le crime peut devenir vertu et la vertu peut devenir crime. Voilà donc la morale subordonnée aux caprices des interprètes de la Divinité. Dieu est le premier sout^J verain des nations ; il commande aux Rois mêmes, il règle^le sort des empires; ainsi la politique .doit être soumise à la Religion ; les intérêts passagers et tempo-
■Ç0èy iriài^bn; la:; mdi^âlê^, . là" vërfô^ 1^' MiSI-^ïm des" ;pt^^sî^n1^dbnc faite ^Wr'û^i^à' Id Ê^îï0ofè^ qtii; "^èmfâWè' de; ï'arlîtitrè souveraîiï dès Kdinmefei et- d'ës-dfibsesi ; doit' ii'éèéfes'àirëniént trïoni^phei^ d^Houï ce' qiii' s'ôppbsè-=
fc "Tdâtes ëës^ ribtibns sbntrdfes' GôVblîàii^e^^tirë^ dëf prè^ : mfèWpbfncîpe's sur le^^ael's' toute É^llïgion' est fo^U^é; 0*pii' l^oii.f bil; qù^ les hbiiitn^ès sbntfiriîcbiiisëiïuëtfts'tbutés' : ieir^èis qii W d^nieiitferfï par" lbUp"<idYiaiiîtfe le s^^têtiàô' ;;d-âî^^' Ibpèi iiy^^ jiarfeiit*;' il' rië lët* 'e^pbîïli^^ i^éj^ihis" J^0jf6gët ai réiîrs' principW, et lorsqu'ils' ë'ë'cartënt de 7lai:'oiilfe nëbës^rè'iqug là'ÊJëli^on fèur'tr^
dent sans doute coupaKlës' ënvëi-'é' Èîëri: Lbr's^ii'ilé' fbU- :• drbW èfe ôbnWé'qti'étitfe, il^é'cbtit'ërôiit sWnârépPlîqîie^lëé ' ordïèl qu on lëurdoniiërà de la pâ'pf du ciel, ils^rebëvrbnt àv^^dbbilit^'lës pàs^bnis qu'où' voiixii^ letii^ iMS^irë^ au -nom d^é Éiôii, ils d'éti'uirbnt iridisûhcteinëht les' ennèrûis^ . 'de- sà^ ^loï?e; ils' sèf vifbiit leis cotnplbf^ die ëëù± qui cbh- ; naiMs'éiit ses prbforids'd'essëins ; ef's'îl'le faut; ilë' poWe-' 'Vrontle ttbuble daiis la' sbbiëté, ils risqueront' de la' diS"-! vi^oMî^, ibi?s^ue Diëti dënrâiidérà qu'on' lui' ett' fasse 1^ V sabrificè^"
'.r' JG'bst donc â'ûi' priiicipes' inêMés de Ja Ifelî^ibîi que' nous devons attribuer les folies' et les excêâ dbtft' elle' fut tbujburs là cause ; les hbmriies tî'oiïlpès sUi* la' Biviriiiïé,, tirèrent de leurs principes les inductions les plus nuisibles à leur bonheur ici-bas ; leur conduite' devint 'nécessairement une longue chaîne d'extravagances. Lâ'^ Religion, qu'il n'est jamais pei*mis de contredire où- .^d'exàtniiler, rendra toujours' respectables aiix peupleis' lefe furétirs des ambitieux, des enthousiastes et des -fourbes qui mettront habilement sur le compté désBîèuaf les hbrréùrs enfantées par leurs passions détestabiës. >QUbi dé plus odieux qu'un mantëàù' toujours pr<êt à couvrir les forfaits les plus avérés I qlibi de' plus légititiié'"'
sea DROITS >s.?ir^^^j)/irji;^rreifr,,^ê sentirait-il p.aijue"^ tQlit^pe^jmipgrsoi-Tmême.pu p^r sçs,?mf ^^ ftéces^aiççi^^^^V le,ti?oqWe,4a^ns h ?Qci.é,té; ,tput ,Qe gui b^ngit> cp^^pgj|dè-, entEe dâs.^tcfis destinésj à^g'.îqç[^er, à §e spcpurip mgtpeK iement; tppt ce.qjii lejir fq^rnit .des .préte^t^s p^jij^se: haïr/se tmrqa£nt(^ ^t s'é^org^r; gnfîn, tpi^tje^g||i.|es; a^seryit^t ^^^s .Cf^i^d .içal^eureiix ,|^e ^^p^ift J^é,çç^0È
.flipniôt; aîi:ffi^B?|Sf ^ \^^S
JUne §1® fl^itioi^ qv^ jaur^jppiir ,,9bj£t^de .^(^ v^îç^I^^Hg Dieu J^p»î?tble, >^&B[^fi&, .crn&l ^et j^gjaîyigii^/JIfnjt?^ finir !tôt:Ptt*taPdfpar -j^ire ^4^s ^fgna^giiôs, i^ fe0j^i^a^ .«iastes, ,des.|](iié]a;nfipliqBes,^4QSrifpçieux,;.#j^ ^§i^ifaD^t^ les ipains des jtyrgn^x^t i^i^s 4mppgtei|H?S;^gse a^RSa^^ÉCifci poup^eîiisanglanterle mPOde ètipp^urr|;e çemplir 4§îi^
heur6uxa^i.destfcrtirl)es,4étrpiiap/é3 dîuftPitpl^^
la fontiSerw à iJmirs iwies, ,si ;des flfi»»§^(|g^^ >^^j^t|
et intéressées tTouif eut ^n,^Ue. de&mç^^^m^deiiQor^t^j^r'^
leur avarice ; vsi jdes 4»#^<^« jS^en^sprvôntfppup i^^*^êr'", ^ieur orgueil, .ii,s ne iRÈa^BiViJ^JSs^ tJhMtaB^ d indignes, projets, iBilenvB.,^
déesj^ardéa peuples stupi(^e;s>M.44vipts iÇui /îEpiesi ^e^ ^ bonne foi ^sa^rendre agcéables 4 lp.ur>I>ii9?i, i^n j€^ prêiai^t ; 'aux.crimes..prdonaéSipar ses iMinistces, pjii utilea^^ipX} ITyparis, qui jcommandent. en uSp^n nom. vÂ^yec l^ , Qc^j^^le plus droit.etdlâme la plus^rboniLétev x!eluijqui.e§tiP^]^^^^^^ deia crainte. de son iDi^M-ns -pâi|t :S?empj0Akdii4^{V^^^ ceux que saiReligion-^MiVd^si^ne comme il(3s i«w«fiî^^ ■ce Diei^; si .ce rDieu e^t .un Monarque jalpux, il i^'^it régner sans partage; s'il n'y a q\i*uRe seule Religion^fixâ lui plaise, if faut l'établir pabiout; quelqu'un s'oppo'se- Jril àjse^^i^9^rès, iZ ^î«#;Ii'E3^£iBMMER. '«istwellè attaquée, il faut prendre son parti,il faut périr pour. ell é
IV;-- ;i44 -> . r CE QUE SONT -tES BRÊmEs;: ' ' -^ >
; - 'Tolérer un autre Religion^ c'est permettre "un feluite^ ||,?r /' que l'on croit ^offensant pour son Dieu ; c'est faire céder i^:^- / " les intérêts de sa gloire à une politique humaine, aKo- 1^^ \ , minable à ses yeux ; rien dans le monde n'est plus impor-^ ^&$^^^ tant que Dieu, c'est de lui quedépendl>3 sort dès humains^ pif^;^ -^ l'essentiel est de lui plaire ^ il est assez puissant pour spcVw rendre les sociétés heureuses et florissantes sans le se- ^^- cours de l'homme ; ne vaut-il pas mieux qu'un Etat soit U^ r languissant et dépeuplé, que de renférnier un grand nom- 1^ > bre de; citoyens infidèles qui attireraient infailliblement Ji :S sûr lui la colère des Gieux ? Il faudra donc que les Prin- II i-^ / ces. Lieutenants et Représentants de la Divinité, chargés |:^f dev^wger «es c?r'02 j5s, défenseurs de sa Religion, s'arment l^i;^^ dû glaive pour extirper l'impiété et l'hérésie de leurs 1^^-^' Etats ; qu'ils bannissent, persécutent et détruisent ceux ||5 ^ -d^ que le Glergéleur dénoncera commie. les
f^^i.-'-' ennemis c?^ i^tew. S'ils négligeaient d'obéir àsesMinisb|^ ;^ ^res; si un gouvernement trop doux refusait de tremper ses 10^^ .'mains dans le sang, si l'intérêt de J'Etat l'engageait à fer : * demeurer neutre entre le ciel et la terre ; enfin. si les |:îf^-V; opinions du Prince étaient offensantes pour Dieu; dès M"^:-: ^ lois , il serait indigne de le représenter, et comme tel |ï -v ^^ traité par le Clergé en impie, qh rebelle, en tyran\ peu tejj^ fait pour commander à un Peuple fidèle *. ^ç^ii Telles sont, et telles devaient être pour un esprit con-
\' - séquent, les maximes d'une Religion fondée sur les ^-, oracles d'un Dieu partial, jaloux de sa gloire, qui veut f- V régner sans partage, qui s'intéresse aux opinions des hommes, qui a cent fois ordonnéij^ meurtre et les assassinats. Ceux qui en adoptant une pareille Religion sui- V vent des maximes contraires, sont des raisonneurs peu
conséquents, bien plus touchés des intérêts futiles de l'Etat, des préceptes d'une morale humaine, qui consul- ^ tent plutôt la douceur de leur propre caractère, le cri de
. 1. Autrefois le Pape déclarait hérétiques tous les Princes qui lui résistaient; dès-lors lis étaient déchas de la couronne, et les Peuples absous du serment de fidélité.
ritablement'déTot doit nécessairement lai sacrifier 4oatei' les antres considérations. Si ce Dieu est terrible, il est ^ un prévaricateur, un insensé toutes les fois qu'il refuse^de complaire à son atrocité. Sons un Dieu colère et mé-^ chaiit la tolérance est wne lâcheté crtwîtn«î?e^ c'est Uitio fi vêtitahle trahison. ■ ■■■^y^^;'':
Ainsi, qiié le chrétien religieux étouffe le cri dé là; nature s'il yeut être conséquent à ses principes. Eh yaiity se flatterait-il de concilier la tolérance avec le Dieu ter^f ribie qu'il a reçu des Hébreux. Le Dieu qui n!a créé scyou^^ premier père que pour lui tendre un piège, n'est-ilj donc pas un Dieu rfon* il faut se défier? Lé Dieu qui com-,.manda le sacrifice de son fils unique à cet Abraham qn'ir. honora de son alliance, n'est-il pas un Dieu crMe?^ Lé Dieil qui ne voulut s'apaiser que par lamortdeson propre fils, n'est-il donc pas de tous les Dieux /^ "o lus implacable? Le Dieu de ce Moïse, dont le Christianisme révère les oracles, de ce Jephté qui sacrifia sa fillB,^ de ce crnôl ; David qui fut ten homme selon son cœur, de ces Phiné'es et de ces Lévites qui furent choisis pour le servir en récompense de leurs assassinats, n'est-il pas un Dieu fu* rieuoG ? Le Dieu qui se dit le Dieu c^es armées éi des vengeances, qui ordonne d'exterminer les nations et leurs Divinités, qui fait nager les . villes des ^ Cananéens dans le sang, qui veut que l'on massacv'e les Rois, qui ordonne par ses Prophètes de j)£i«^r les femmes, les vieillards, les enfants au fil de Vépée, est-il donc un Dieu bien rempli de bonté ? Enfin Je Dieu qui veut que les adorateurs pleurent, gémissent, semor- . tîfient, et qui destine à des flammes éternelles la plus grande partie de ses enfants, est- il un père bien tendre, un Dieu favorable ? Non, le Dieu des chrétiens est un Dieu de sang; c'est par le s^ang qu'il veut être apaise ; c>st par des flots de sang qu'il faut désarmer sa fureur; c'est dans le sang qu'il, faut éteindre son foudre allubô par les crimes de la terre ; c'est par des torrents de )at*
;ï4^.iu*a tmt lay^^ ses inigu^Jfïf ; jç'est par (|es ofu^uf^| qjl'il f^t luL JéBipi^iiep^oii ^è^e ; f'e§t par la fçéii^sio ({ji'il iaut lui prouv/sr sa soumission. L'e^pfft dû Çh T,is^ titinis'^e ^st tm ^sjpxit destructeur : son Dieu ordonna la d9str3iict|on ; ainsi que tout chrétien détruire ses ennemis ; qu'il détruis.e^on propre corps ^'il yeutluiplaii;è; ,qu'il persécute, qu'il comliiatte, au. risque de périr Igimêmey et qu'il serve un Dieu vengeur qui v^Qom^j^jif sera son zèle, et qui punirait sou indiffjepeuçe gf sa tiédeur.
iOn ne manquera pî^s de upus dire que le I^ieûfles -chrétiens, si sévère autrefois, ç'e^f r<i<?owp?V depuis qu'il s'est réconcilié avec le genre humain par la mort de son fils; que ses préceptes ont changé ; que fi dans le temps de sa cplèreil exerça une justice, rigoij-réuse, désarmé maintenant, il leur commande l'hun^anité, la justice, la concorde et la paix. Ainsi donp c'est de la bpnche'd'uQ Dieu immuable que nous yoyons sprtii* 4es ordres si contradictoires ; il condampe aujpur4'hui cp qu'il prescrivit autrefois : d'après des volontés si discordantes quelle conduite faudra-t-il donc tenir ? Pàut-ril aimer ou assassiner ses ennemis ? N'est-il pas aujour-r d'hui comme alors également irrité des penséps et des actions des hommes ? Ses adorateurs ne sont-ils pa^ maintenant aussi intéressés qu'autrefois à lui montrer 4e l'aiffection et du zèle ? Sa cause doit-ellp être àî pr^sp]gi|; trahie, abandonnée, méprisée, et si jamai? ellp eujt^esoin du bras des hommes pour la défendra?,, ppurqîJpi h^àtiràit-ellè pas encore besoin de leur secours? ^pjçs Uïi Dieu ■vindiPatif peut-on avoir trop de zèle, le parti 4e îa dëùceùp ne serait-il pas uû parti dangereux? Quand même il l'aurait recommandée, PPUt - pn supposer qu'il pût savoir mauvais gré à ceux qui transgresseronf ses ordres paîp un excès d'attachement pour M? '
C'est de la diversité des cpmimandements que le même Dieu dôiina en différents teinpé, que résulte la diypwt.é déè bi>îniohs que les Chrétiens ont adoptées snr la Toté-
par LE î:bu, p?r^ le FEE^par les ^iî?îplîcbs ; ilà^kfÈ:£\ veulent qu'on s§ consente de gémir gp §ileîMj§-:pS?r les erreurs de ses frères égarés, et qu'on remetjfeattr?^ Tout-Puissant le soin déjugée et de se venger luî-mêm^. Les uns ne prêchent que le sang et le carnage; les^anfïi^és se contentent de haïr intérieurement ou de ïnép^g^l^;^ ceux qui ne pensent point comme eux ; car airfiJiijS^/^ est impossible au déyotd*aimer sincèrement et spn^fiô^ et ceux qui roffensent. Les uns préfèrent leur I>i0if|^|i jnprale,Ji la yertu, au nepos de VEtat ;leB autres ï(pa|v^ crifient à la douceur des mœurs, à leur tempérànteiip] honnête, à la bonté de leur cœur, à l'équité niM;ùreU^Byli^| l'intérêt des nations. :':,■:'' '■^^-^^:'^^
Si le bon sens et la raison avaient à décider entre ^î^;^' opinions si contraires, les Jiommeé sauraieitt bîéntôl^^ quoi s'en tenir ; mais 6n rie les consulté jamais dès/^iqûîÉ^!^ s'agit de la Religion. Ainsi les adoratenris du mênie Biè^ç^ n'ont pu convenir jusqu'ài présent s'il était plus expêr' dient et plus conforme à ses vues de persécutëp qué^^ ^ tolérer Ses adversaires : les deux partis admettent uji^v Bleu terrible^ miais qui se dit néanmoins le liieudè/îk^, paix; chacun des disputants autorise son opinioii^pjar'r^ des preuves également fortes, par des exemples égal^' ment décisifs, par des ordrès'^aleuierit îbrmels^?fi|È(? ■ milieu de c^s querelles leB chrétiens étonnés rie sayeut poirit encore s'ils doivent être bons ou niéchànts, crtiois ' ou pacifiques, justes ou injustes, indulgents ou émpbif^* tés. L'un participe avec joie au sacrifice qu'on fait d'uri ' hérétique que ses inquisiteurs ont condamné aux flairimes : fl rie^dôutè pas'qùe son supplice rie soit un sâOrîfice de bonne odeur, propre à lui attirer les faveurs du ; ^l^lî l'f^utr^ détourné ayec horreur' se^ yeux dé cette ' affreuse tragédie, et voudrait arracher du bûcher le riial-^ fiepepf g^nf le crjme ë^ de Vê® ItroppéT ' '"" ^; ^r^t
JNe soyons point surpris de cette discorda^e dan^ 1^
?c7 jqûès cii^constànces ordonna fbmelïement le m^^
Ivîïyjdstice/ le crime et la vengeance ; il approuva le vpli -^ i'uçùrpation, le meurtre : il vonlut qu'on traitât avec là, ~ ' dernière barbarie tous ceux qui ne connaissaient ni sdii n0mj ni sa loi. Dans d'autres occasions, ses intérêts /
ayant changé, ce même Dieu recommanda la douceur, défendit la violence, ordonna Za «owwemon auajpuisT sances-.de la terre, modéra le zèle fougneux de ceux qui s'ingéraient de défendre sa cause, se réserva le soin de se venger, et voulut que ses sectateurs observassent les règles de rhumani té.
Gomment régler sa conduite sur les volontés.d'un Dieu - si visiblement en contradiction avec lui-même? Ne voiton. pas clairement que ses ordres opposés ont été les effets des circonstances, du tempérament, des passions, dés intérêts de ceux qui à différentes reprises ont fait parler la Divinité ? Ne sent-on pas qu'ils ont consulté lés disipositions, les mœurs et les idées des peuples à qui ils annonçaient ses décrets? Si un Législateur cruel, assuré de son autorité sur un peuple de brigands et de voleurs, lui ordonna le meurtre et le carnage, un imposteur, dénué de forces et de pouvoir, fut obligé d'annoncer un Dieu plus modéré, dans un pays où lui-même avait besoin d'indulgence; il eût été extravagant, il eût révolté les esprits, s'il eût prêché V Intolérance. Moïse,
: - maître absolu de ses Israélites sauvages, stupides et indigents, leur parlait selon leurs vues en leur disant d'exterminer et de piller; le Christ n'eût été qu'un insensé
- ;. s'il eût tenu le même langage à une poignée de malheureux qui s'étaient attachés àlui *.
1. Malgré l'esprit de modération et de douceur que les Chrétiens attribuent à Jésus-Christ, l'Evangile nous le montre quelquefois très emporté et sous les traits d'un perturbateur du repos public. En disant ouverte-, ment des injures aux Prêtres de son pays, et en chassant sans autorité les vendeurs du Temple, il ne montra pas assurément cet esprit paçifigue- . que ses disciples nous vantent. -Il est évident que le Christ fut Vehnemi
-r-v' ^- c^^^^^.f'- CE. QXJE SONTXES'>E»ÊTRÏ».' -^^ . ^'i^^
, Les Apôtres d'une Religion naissante - et jopprûi^é S; furent donc obligés de recommander la patienèe, ;iâu,^, tolérance et la douceur; parvenue ao pouvoir elle chan-' gea bientôt de ton; pour lors elle ne prêcha que ven- 7 geance, que fureur^ et ût du monde entier un vaste ' ^ cimetière. La conduite ordonnée par la Religion dut J changer avec les circonstances de sesMinistres;leur pp-r^gj litiqué versatile fut forcée dé s'accommoder aux tenigf||| humble, rampante, facile dans l'origine, elle ne sè"pér| jl mit d'élever sa tête et sa voix, de rendre ses sécfatiwiMîî^ turbulents, de semer la discorde, de braver la pùissâacefe^ civile, de ravager la terre, que lorsqu'elle se sentit as^srl» forte pour le faire impunément.^ Ce ftireht toiyours^éàl?! intérêts, des guideis spirituels des peuples qui Hgl^c^alJjf; leurs jpassiohs ; ils rendirent à volonté leurs seetatBOirs p doux ou emportés, patients ou féroces, soumis ou rebelle^;;^^ humains ou barbares, suivant qUe les circcmstâiu^S^ l'exigeaient. Les Prêtres dès chrétiens ont de tous temps ë soumis les intérêts publics k leurs propres caprices,^ iai^!; Morale à leurs fantaisies, la conduite des hOmnies jà ^^ leurs décisions ; ils trouvèrent, quand ils voulurent, 3; dans les oracles du ciel des raisons pour justifier les opinions les plus contraires ;rambigùïté et les contràdîô-^^ tions de ces oracles les mirent toujours à portée ^è;;. décider de la manière qui leur convenait le mieux; des r ordres clairs et précis, des lois qui ne se contredisent point, des commandements conformes à la raison n^ont Çv pas besoin d'interprètes; c'est rautorité qui expUqùèét . qui décide toutes les fois que la raison est forcée dé s<4 taire. r
juré des Prêtres, de leurs autels, de leurs temples, de leurs sacrifices ; et cest précisément sous ces traits que nos Prêtres d'aujourd'hui dépeigaent uq impie et un citoyen dangereux. Si plusieurs passages de l'Evahgile des Chrétiens semblent recommander la tolérance, heaucoup d'autres ordonnent formellement la haine et la persécution. Jésus dit qu'il est venu apporter, le glaive; qu'il est venu séparer le fils ^avec son père; que cehii qui n'écoulera pas VEghse doit êire regardé comme ùti Païen et un PuBli-^ cam- Saint Va.nl oràonn& d'éviter vn hérétique comme un'Homoîe pervers. Saint Jean défend àe recevoir et de saluer un hérétique, etc.
C ";;Mai|iî^ rince'rtitudë dans laquelle iô langage àe la^ ^ ^ -'Divinité et de ses Prêtres semble^ làilsér le chtëtién âkh
de la tolérance iie peut être le plus sûr ; il le sentira s'il fait âtlehtion au càrac soii Dieu, et àirx traits
'èôuvënf fait massabrer dès milliers d'hommes pour ;: qiielqUë 'offense ou frans^rëssious^: lès adorateurs, -V ; aVs-je, d'Uî^ ce caractère ne pëîiyént/êtrë tolé-
û RAN Prêtres iie peuvent sans le ti^àhir ou sans
d nuire àjéur câiisë être sincèrement pàcià'qùes et iîip-
gér^si uii ;^rêtrè tolérant perdrait liieiitôt son erhpire;
r son iiitërèt exigé que l'on égorge et que l'on pèrsëcute;
. , il fàiit iiser de vibiénce pour ihculqhër des ôpinioiis àbti surdes ; la ljbertM îjè penser sera, toujours FUJsËbi\E au
■ SACERDOCE. En vàiîi lui dirâ-t-on que le Dieu qui s'est
V montre si terrible, si sanguinaire, est deveiiu depuis
V pilis niimainèt plus jfaciié, l'idëë de sa férocité primitive . est bi^n plus utile à des imposteurs méchants que celle
de sa boiitë sùbséqûéiite ; cette idée est bien plus propre
a troubler lé cerveau dii fanatique et dii zëlé ; ils se crpi-
vront donc ïôrcés d'être cruels, ils justifieront ieiir liàr-
, barië par rèiëmplë dé leur Diëii et des persbiinâgés
- révérés qui ont eii le boiaheur de lui plaire ; leurs Prê-
i, La Bible nous apprend gue Moïse {qui était le plu^ d^iJUI à<i!S hommes) fit.égorgér pli\s de. quarante mille Israélites, pour avoir désobéi à aea , cpmraabdêinênts : la, tribu dé Lévi ., fut promue au sacerdoce pour avoir exécuté âés ordres, sanguinaires. Les Papes ont, fait immoler à laReligiôuj ft'estrâ-Ilirë^à ,/éMçî i^^/érêf«, dés mijlions^de , Chrétiens. LeisÊspà-? gnols et I.ês. Portugais traitaient les Jbàbitants des Indes comme des bitesi lés^rèmiers ont, dit.-on, massacré plus de .vingt miLlions .d'ÀméricainSf lies Mkhométàns ù'ont .^pini etè moins feroc«s dan» leurs «onqùêtes •rdoaa««s par leur Prophète,
temps peut lui défaire dànà Un kvîïte ; ilè leiir iaBifre^^ rbnt dakè dès lîi^res saiâis des réyoltês^ dès assàisid^àj ei des soulèveiiients rapportes àvècëloffe, et leùr^ i)iéùx, sectateurs ëroîrbùt ces action^ louables et jpèrMâelEr^ ïàuieà les fois qlië les iàtérlts dû èîél rèiigërSnt <. ; Z Èh un mot dès ^Vbn supposé un I]iiëu séf ëiré ët-^ruèl; ia sévérité ei la criiâiité doivent toujdùris i'éin^brtëif MjT la tolérance et là douceur ; 1^ persëbhtibn est hû 'àérBir]
qiiî âëpîpisôni k iM I^iviiiitël^Bii càrâètëî'è MBriil sSffi^ ^our^Mer lès iâcërtitudes diî îiëvôt ; iî 3*y ia i|ié cfêal^ indifférents); dès ilëhès, deà serviteurs peii âttâcfi^s qHi vî puissent coiisëùiari dèiiieuf ër tra&qiiiliës oii pëi^âëtlili: | qù'oii pifenéë le MSnârquié bélëâtô. Aiissi: voybns-^ua^ presque tbujburs qiie là jR,elig;ioh eût IS pot^pîrdtii^^i) ser i^s èi|o;^Hs, de lés niittrè aiM prises; à*ii<3Îtep^^^^%'^ ^ërsëcùtibns, et de prddiiire Héâràvâ^èà iiaBkï|l'lj*êiftnt: J de paix ne put rien contre reinportement des paâsibn^q[ûè lë z% It ^ipre I le ïââatilip >iëtbËëSi iti^ÉSMâ voix de iâ nature, dé rKuMôilë, dô là t)ôiiii5iîi 1 1^ douceur ne fut le partage ^iië «de ([jûéiqiiës âmëâ MiiÉiri^ tes, trop faibles ilourârfôtët là fbupë dël 1^Hs| Ëif? Prêtres et des ï>ëùpiël; fbi^BMël. J?\)^^Hir Bu; ||^; furent presque ioiijbuf I des iyiio&y^îii ^biir lei dévo^ et lés î*rêtrés. Eè pkltisân d'è îa 'dSucëiir fut fi|àpae
1. Josiié extermina lés peuplés de Gâhaàii; Âhbd tùâ Eglôn son roiv-à l'instigation de Samuel. David se souleva contre son maître. Les Pror poètes des Hébreux furent toujours des séditifsux, les Rois de Jttda no tarent agréables à Dieii que quand ils jurent des monstres, té Pape s'est arrogé le droit de déposer les Souverains; et de dispenser les iSujéfs du sermeot de fidélité. Jacques .Clément assassina Henri III, roi de. France. Henri ly fut lue par un fanatique élevé par les jésuites qui biit toujours prêché ter ée/tcidé étjà Jjersëeiition. Ceiiè dbctriidé è^i irôS cbnfôkiîeià lespnt. du.ehristiaiiiame; un Chrétien né. doit ^rien|>référar' à, l(k^(^ln^0f ff5«»- •Personnçn'ignore que ce sont Iw Jéauitéé qui oui trim« là (Ç«il^r»UmS$sp6ûdr(is, ^ ^ ^1
5!<-152 CB QU£ SONT LES PRÊfUES,.
~ comme un fauteur du crime; il n*osa point montrer ses
sentiments: odieux et pour le despotisme et pour le sa-
;fcv cerdbce, il fut réduijt à gémir en secret des maiix d© sa
J-^, Patrie qu^il voyait la victime d'un zèle destructeur ^ù
V^yjVimepoliftquetrop aveugle ou trop timide pour con-
; : tenir les fureurs des Prêtres, Les gouvernements
\3t5duits par eux ou dans la crainte de leur déplaire, traii-
tôrent en sujets rebelles tous ceux qui refusaient de se
^;^ jconformer à leurs opinions; et souvent la persécution
;- - força les sectaires de se soulever en effet contre unean-
V torité cruelle qui leur faisait sentir ses coups, sans jamais
J leur faire éprouver ses bontés.
Une faut donc point s*étonn6r si nous ne voyons nulle part la Tolérance vraiment établie parmi les, chrétiens, ni même dans le monde entier. Partout la différence
- ■ des Religions met une différence très marquée entre les
bitoyens du même État : dans les pays mêmes qui se ; vantent d'être les plus libres et les plus dégagés du fana-
- tisme religieux, si Ton y permet l'exercice de quelques ; Religions différentes de celle qui domine ou de celle du , : Souverain, c'est toujours à regret avec beaucoup de restrictions, et ceux qui les professent sont au moins haïs et méprisés parles partisans du culte dominant; ils sont
: ^ exclus des places, des récompenses et des grâces ; ils sont forcés de vivre inutiles à la société, et les talents
' les plus éminents ne peuvent vaincre les obstacles que la Religion oppose à leur avancement. Partout nous voyons les différents sectaires se détester. Le nom seul de la Religion d'un homme diminue l'estime et l'affection de ses concitoyens pour lui, et les Gouvernements n'ont ni assez de sagesse ni assez de courage pour tenir
t une balance égale entre tous leurs sujets : les sectateurs
'- de la Religion dominante, semblent être les seuls enfants de l'État, la partialité que le Gouvernement a pour eux doit nécessairement exciter l'envie, la jalousie et la haine de ceux qu'il rejette ou qu'il exclut des faveurs ; par cette politique stupîde, l'État se remplit de sujets, qnidès r^n/îïwc^apprennentàs'envier,àsemépri-
:^.^ - -i ; . . ' -V . i/s!' -, -. ti ' ■'- ». V ^-^--r i.-'f'-. jr^^
CBlgOEr^SONTLES PRÊTRES. ^ -^^ ''^*"ïp»:
ser, à se regarder avec horreur, et qui se persuadent ^e;6 ceux qui ne pènse&t point comme eux ou. qui sûîyent.'àn^] cufte différent sont des êtres d'une espèce différente fe;
la leur'*. ■-■;-"/ -.^-^111^
Partout la secte la plus puissante (c'est-à-dire ^jeâtt^i qui a pour elle le souverain et ses cohortes) éeraMpS dédaigne et gêne toutes les autres j et le 0ouverttemènfc| se règle sur les opinions théologiques^ dans la. c6ndtti|e|; qu'il tient envers ses sujets ; partout les Goiiverneaieç^^S ne semblent travailler qu'à se faire des ennemis secri^ts ii de tous ceux qui ne pensent point comme eux/ L'on 3a|^^^ peut être soldat si Ton ne souscrit aux décisions de la th^^ logie; l'on ne peut être magistrat ni prend rorp art àll'aà|;^ ministration publique, ni soutenir la puissance civile^j si l'on n'est parfaitement soumis à la puissance sacér-rj-s dotale; Ton rie peut prétendre être récompensé dé ;sés^^'^ services si l'on admet des formules, des articles de foivdes opinions imaginées par les spéculateurs qui ont' ; fixé la croyance; l'on ne peut enseigner les arts ou leà:' sciences lés plus étrangères à la Religion saris avoir ■ son attache. En un mot tous ceux qui n'adoptent pointa le système dominant de l'État ou dri Prince sont comjgie' des PESTiFÉRJÊs, que l'on séquestre des autiijes, delpeur:"^ qu'ils ne les infectent de leur contagion. D'après ces notions ridicules la société perd les secours et ses droits ;' sur la tendresse d'un très gra;nd nombre de ces erifants : qui demeurent toujours comme des étrangers dans leur , propre patrie.
Jusqu'à présent le plus grand effort de la raisoii ■ humaine et de la politique se borne à permettre à, des
1. Ëa parcourant Thistoire du monde, l'on ne trouve une toléranceréelle établie qu'à la Chine, sous la Dynastie des Princes de la race de / Gengiskan; ces Princes admettaient dans leurs Conseils des Idolâtres, des " Arméniens, des Juifs, des Mahométans et des Sectateurs de Confucius. I>a Religion ne cessera de causer des troubles dans les Etats, que lorsque les G-ouvernements seront, assez sensés pour ne pas plus inquiéter' les Citoyens sur leur façon de penser que sur les mets qu'ils font servir sur leurs tables.
i;ii?Ï54 Cte QtJfî'-SONT LBB PRETRES
;\v BFétéii Jiié tolérance ceiîx diii n'biit point la tHeolôgié du VPrince ne laissent pas d'ëproiiver de continuels.
"déboires, des injustices marquées, d'essuyer dès prëfél'Mces dbùlbitreuàes, d'être sans cesse .les Yictimès du
j^^pm et de là partialité, (d'est dâias les princii>ês ,du
■ëiiristiânismë même qii'il Muï ^hèrdiiér la source .d'uiié ëoMiiitë si péii morale et si contraire au bien des Etats; topît hbnime absêz yaiii pour se crdiréle favori (iesoii i)îèu doit Biëprisér tous ceux 'qiii ne joiiissént point^'un ijiâréil kvâlitagé. Tout Homme qui ci?oit , que son Bieu s'irrite diéâ fàiik i?ais6niiemèiits ou dii àutte des autres i^ ddit ^bini iês supporter; il doit, se sépai'èr d'avec ëûiv bu dii moiiis il né cloit les sôiiffrir qiié qiiând il iie
^jlëut faire âiiti'emënt.
Les préjugés despèûpiës et la cbiicîùitë des Gouver-
" nëinéntà ëiivërs les citbyëiis qiii diflërènt cië la lîeiigibn (fôininàntë, se inësùrent toujours sur le crédit plus ou. iiibiiis grand dont le biergë jjoûit dans lih pays. Tbutes iéè fois que lé sacerdoce à du crédit, il tourmante, il J)éi^§ëcutëi il fait périr quicbiiqùë ne pense point coinme
iàiëieâ Prêti'i
âyëii^lë |)dur ses décisions, est la chose là plus importante; rdniission de ses praii^ës est une faute impâpdx^iiiiâiîiè \ l'iièifësië, bii la ïibertê de penser, sont dés crimes d'Etat, une parole indiscrète contre la Religion^ 6xk le réïuë 'àe se conforihêi; a sëk rites, sont des forfaits iJiGNÈS ibà iioRT. Nourri dans ces idées le peuple ne voit un hérétique qu'avec horreur ; il le regarde comme un monstre, il contemple ses tourments avec curiosité, |t gpiissë sa férocité dévote jusqu'à voir sa mort avec édification; ii ïipplaudit à ses boiirreâux. En Espagne et en Portugal ië jbiii?. (lestinë aux, sacriôcës huinains que i'ËUi bfli'e à son Dieu ou à ses Prêtres; est un jour soienniEîl qui iioiirrit la dévôtibh d'tiii jiéiiple ëmpi?essë de prendre part à une fêtjb si sainte»
-V • ,^ -^ llfe^iuS StfNT CES PRÎTRES. / •
- il glh^ilâiMkifu'ii-u.e MémI Religion grôfêlil |r3 des nations mfrérëntes, n'éprouve (iesiltépàaonéîsi Ûtî "Princes et les Ëtàts sont rivaux en politique, . œs Prélrès sont rivaux en sùjperstùion ; l'intérêt et l*oç-^. gueil persuadent à chacun d'eux qu'ils sont les s'eàlft^^ dépositaires d'une foi j^ure, et chaque peuple est coËl::' l vaincu que ses guides sont les meilleurs. Toutel les^ sectes môdcJrhès qui divisent et l'Eûi*c)|3»é iet l'Alie l|p;^s!;i îhqntrèiit deà exemples sans liotiiBij^B dô i^'^s&ej<:pMlf|^ r^tïpitsi^i Lé M ^'Oiîiar dl^sre^p^i
Pôrsah ^îii Mit la iëcte d'Alj^ tJn Anglais miéprill^^l Finançais parce 4në (^liii-bi est altâchié à T]?ieir^' J[||^ dbgiïiès que le pi?élniëi? a jîig^s ridibules ; le Frâni^si^l son tbui? mëprisëTBspagndl et le ï^rtug-ais qui^-^^ trouvent ribn de pliis ii^turel que de lœiflër ibu| tieffi qui n'ont pas une foi aussi implicite que làTlëur. Eà ^|tfri; gion pliis encore que Tés bornés dés Etàte éë|iârë leurs^^ j hàbitàiitâ ;^l'ihdifféi?enéè totale pour là Reliii'îon e^t'lm | pas essentiel pbUr rendre les Mtiofis pMs hiiffiâii^ï^tl^ pltifs sociables. ; ':^^ ' ^
Parmi léâ àHifieës doiil la pbliti^dé âaberdbtiîé p'^ï^^n dé tout téiiapâ Servie pour conserver ^n emjîîrërliir lis. esclaves j lé plus âçiroit fiit jdô lëiir i^enidré baiéi£les> ^ séctâteîiris idés autl^él Rëli§:ibiisj ilè rompre toûiiiépSï|^^< mùnibation sBclàlé âVëb eux ; Ùe lëîii* interdire iôi^i|^|1 liahbë-, tbdtâ liâisbii avec des hbnimës qu'elle leur r'nt/ regarder cbïiime des ëilnçinis, dbs méchànb, despïi^- x crits. Le peuple se persuade même que son Dieu attache ^'^ quelque signe dé réprobation a quiconque né le sert' point à sa manière ; il a de la peine à regarder un Héré- tique, tin ïdblâtrèl'uu jtiif boiiimé iih hbtntiie ordinaire.: les Prêtres savent très bien que la conversation familière et le cbminei^éë dé la vie pburi^âiéàt d'ésâbûtir feurs disciples^ et leur montreraient que cet homme j . qu'ils rég:ardënt comme bdiêuxi a pourtant sbU^éiitWsJ 5^ërtùs et Jàiërite ieur estime ; Iceâ décpiivertes^serâienî, sans doutev nuisibles au sacerdoce/ dobt riiitérôt%t toujourg de séparer son troupeau de céiiiiidë sel nvâûl"^
: ^ et >c^leyer entM SjBS esclaves ^jt ceux desiuii^ ":^
r de sépapation. i)e là toutes les déclamations co>ïlfre?a , tolérance; delà ces lois si barbares ; ces usages si chof" quants que nous voyons établis dans un grand nombre de pays contre les infortunés que la Religion rejette. Le véritable intérêt du Prêtre est que l'on traite comme un animal immonde et nuisible, tout homme qui a le màl> - heur de n'être pas de son avis ; la Religion rendra toujours les hommes insociables *. L'intérêt, du sacerdoce veut que tous ceux qui ne lui sont pas soumis soient comptés pour des ennemis de VEtat; le peuple ignorant ne pourra jamais consentir à montrer de l'amitié à d^s êtres que sa Religion condamne ; et le Gouvernement ne peut, sans attirer sur lui et sur sa nation lé courroux céleste, tolérer les ennemis du Dieu auquel il est soumis lui-même.
Cela suffît pour nous faire sentir la futilité de la distinction que l'on fait de la Tolérance religieuse et de la Tolérance civile ou politique; la première est impossible; elle serait incompatible avec tout système religieux, que chacun n'admet que parce qu'il le suppose plus agréable à Bleu que tous les autres. Elle aupposerait que la Divinité n'a point fait connaître ses volontés aux hommes, et qu'elle voit d'un œil égal tous les cultes qu'on lui rend ; ce qui n'accommoderait point la vanité àxk CX&r^é i^m. veut seul avoir rencontré juste. Enfin la Tolérance religieuse ne s'accorderait point avec ses
1. Les Hébreux, dans les temps les plus reculés, n'admettaient à leur table que ceux qu'ils admettaient à leurs autels. Voyez Gemae., ch. xuti, V. 32. L'intolérance est fort ancienne dans le monde. Saint Jérôme nous apprend que, suivant les Traditions Judaïques, le Patriarche Abraham pensa être brûlé pour avoir refusé de reconnaître la Divinité du Feu adorée par les Chaldéens, dont il. avait quitte le culte. Yoyez Hierohymi traditionea in Genesim, ii, 2S, 52. Les Juifs appelaient le Temple de Sama* rie, le Temple du fumier, et quelquefois sicnar, le mensonge. Les Samaritains, de leur côté, appelaient le Temple de Jérusalem Domus stércoris. Plus les sectes ont de rapports, et plus elles se haïssent; ce sont alors des parents qui se détestent.
intérêts; il veut que ses sujets" spimaels pour -ifâtrô^ soumis et réunis aient une môme crojance^ou la mê^n|is:f : crédulité, et ne puissent jamais briser aucuns,des chai- ^ nous qui les attachent à lui. L'unité d^aveuglement ~ ou l'accord dans la démence sont nécessaires à unemul^'titude que l'on veut asservir et retenir facilement ^ous ^
Umg. :','/■.. .-'',...;. ■■■■.■-SÊM
ïià Tolérance civile n*est guère plus possible. Qùalâb^ bien même le sacerdoce consentirait à s'y prêter jQCîfî?! QUE L'ON NE DOIT POINT ESPÉRÊÏl) le sou^pi|| n'est41 pas spûs l'empire de son Dieu ? Lui serait^jUI permis dé temporiser avec ses ennemis ? Ne se ji?a|i'f| drait-il pas coupable d'une indifférence criminèlle^^^ trahissait les intérêts de sa Religion ï Ne doit-il pas^^Qç^? cuper du bonheur, du salut éternel de ses sujets fJjéwi^^ permettra-t-il de s'égarer et de se perdre à jamais ^If fi? doit-il pas se servir de son autorité pour les forcer ^e ^ rentrer dans la bonne voie, et de sauver leurs âmes bieavii plus importantes que leurs corps ? Ne dôit-it pas usi|ri:| s'il le faut, d'une cruauté sALUTiLiRS pour les ob]igerôd|tï se rendre dignes du plus grand des biens i? Ainsi 1(^ Gouvernement, s'il est pénétré de ramour^ de Dieu 0tj des vérités de sa Religion, ne peut jamais consejcrtiii^ tolérer l'hérésie, à conniverà l'impiété, à permettre gue: ses sujets se damnent. Aussi voyons-nous partoiut que; rintoiérance religieuse entraine nécessairement l'intp!?: lérance civile : celui que la Religion proscrit nejQutt^ nulle part de tous lesavantages du citoyen.
Je le répète donc, Thistoire religieuse du genre ;hu-c main nous montre toujours un esprit d'intolérance etdè persécution dans toutes les superstitions du monde. Dans
1. Les Gouvernements qui tyrannisent les consciences convrenflear infamie du prétexte de l'intérêt qa'ili prennent au salut âex'âmeè.Pn: pourrait leur^dire de ne point s'inquiéter des âmes qui seront toajoars très bien, quand lés corps seront contents. Les Princes sont chargés du •oin de rendre leurs sujets heureux en ce monde,. c'est l'affaire de ;chacun des Citoyens de chercher les moyens d'Mre heureux daiia l'aiitrK'
- Valti'4tiiïé îk plWs FUciiî'éôjf nbtis toybiis les partisans îié" ^ifféreiitâ Dieux ennemis les uns des autres. Sans libus"
~ arrêter à ces Hébreux dont les ordres exprès de leur
"Dieu jaloux ou de leurs prophètes firent des monstres
de cruautés et des àéàux pour leurs voisins, nous voyons
Jdes guerres sacrées eh Egypte entre les adorateurs des
lldieux divers de cette contrée si fertile en superstitions *.
?^:^^^;Jjfâ Pplrse qui adorait Oromàzè sous rem^Blèiné dii feu
: ; itcri, ^t l'ennenii diéâ Dieux des t>rëps et det ■É|:Jpiitn^ 'et détruisit |)iar zèle tous les fétàples et lès riioles
^: â(^j3bntrëès ôû ii p6i*tâ ses armes victorieuses. Biles \I*qiytiiéi^ies ii'eurèht point pbiii* i*oi*dihairè iin zélé
y àùsâi àihèr que les àdoi?âteui?s li'ùh seul Diëii, cèpen-
f &it iâ Religion niit quelquefois le ti^buble entre eux; -î| iemjplë de Dèlphéâ pilliè oécâsibnna; comme bh èâit,
r pârihi les G^i'ecs la j^iierré qiii fut iibmméé sàèr^e. Si ïb dësir de faire des jprobélytëë bu d'acquérir dé hbuvéàiix sujets â lbnt)ieu f lit l'ârnë de quelques Religions, par.
; ûhé façon ditféreiite d'envisager les chosbs, qitëlqiies Ibupies furent jalbui dé ieiiifs Diéui et dé leurs
i 'çuitès; et lié voulurent point, biî dû hioiiis diiïïci-
V lliiEéîit en fàiirè p^rt àiix étrangers. Tel paraît Ivbir été l'éspnt de lia Religibh dés RbiiiaiiiS ihêmes,
; "^Ui né ^ei^ihiréht jàiiaàiâ qu'à dès peuplée alliés, amis, 'favorisés, de faire des offrandes à Jupiter Ciapitottn. >N<Jus rèti^puvBîiâ le inemë èspi*it exclusif dàné lés Brà-^
. Mih'és db i'iiidbstâii,; ceux-ci rëgardëiit les éti'aiigêrs co^Daine indigiibs d'âdôrëi* leiirs Divinités ou dô partiôipèr â îMrs biëiifâits. D'bu l'on voit que Ik Religion rend au inbih^ ôi'i^ueiiiëux^ jalbux et d'édàighëux bëîix qu'elle hb rëiid ^oiîit iiitbléi'àhts et bruëis;
* *ïj
l..ph, prétend, que Basiris, qui était un T^rân, ;dans la vue de diviser ses sujets et de les empêcher de se réunir contre lui, les, rendit eiinemis jes uns 'des autrek, en leur donnant des i)ieux. différents, ou différents emblôines de. la pivinit§. .,:,., .. . >. .... r-i: -i ; j ...-.s
Un. Chat tué par un Soldat Romain, pensa càusvr une révolution en Egypte,
comme.
que Bieu cruel dont les. Prêtres intéressés à fair.e tr^ror'^ hier les mortels rendirent le culte effrayant, atominablè;^ les' Phéniciens, les Tyriens. les Carthaginois dônrièrenfev leurs^^ppres enfants. &ÙL repas à leur Dieu. BnouPPJt^^ p^ar la Religion, d^sfemm sont parvenues à yaiB^i^î^ la ten<^resse maternelle ; elles assistèrent à ces crueyi} sacrifices,, qu'elles furent obligées de contempler a'iilî œil seo; elles entendirent sans ëmotipir les îtris d*0^à|sS victimes arraciieies d^ leurs, mamelië?. îfeiis v^i^l iï^ presque partout les affreux Ministres âes autels traniSl formés en bourreaux, s'armer du couteau sacré, et sorsi^ ter un œil curieux sur les entrailles palpitantes -dé--^ l'homme. Loin de désabuser les p couples de ces rii(|S\ji^ abominables, ils se crurent intéressés à les enti^ieprH; dans une férocité sombre et à rendre la Reîisidn t;er?rrî rible. Le culte de Diane, qui demandait des viMimg|| humaines, nous prouve que la Religion des Gréc^i ::^H,Bv ! l'on regarde communément comme remplie dé gai4t|rl^ fut crUellé et sanguinaire, au moins dans son prigmejv; Nous trouvons que les Romains ont immolé des domines; dans les commencements de la République. Ghacuii saitque les combats des g:ladiateurs étiaient dés iisages^sa*^ cr es. Si ces nations se départirent par la fàAà dej j^cel ; usages détestables, c'est que peu à peu là raison j^Çorga^ ia Religion, de prendre uni toA plus §pux. Les homi^ô|| comme on l'a si souy^ent répété j puisèrent comiiiuii^JQcf©n|/ dans le sein des malheurs leurs idées sur la î)ivinit|f il-.
iï C'est à rôccasibn de ces cruautés religieuses ^ué Liicrëce s'éeria :
Tàntum Éèiîi3î6poiuit siiàdèVe mdÎQ^
Aii môin's est- il c'ettain 4^3 l'oii ji>ratiqu'àiî Ses bêremomes éru^Ues et àbônii&aliies 'dans les ihystères iiù paganisme .qui sont .appelésff»Ârîçii^ Myttfiriçf^iQsi-'JUyttères ,AoiTt6fe».:.Le M.agistrfit ftit souvent obligé>de^f abolir. , On • remarquera que lès . iny stôriés fiirèjit iàës" folies i'niimîénte^ tânif que le Magistrat civil y préisi9k; mais ils devioréilt crùéla et detëstàïiiësi. quand les Prêtres en eurent la direction.
, " faillit des siècles de prospérités ou \<d progrès très^lent
tlè la raison humaine pour les rendre plus doux et moins
r.eligieux; mais de nouveaux malheurs renouvelèrent
" souvent les idées noires qu'ils s'étaient formées de la
■^ E^iigion^ :
' L'on ne peut présumer que des Religions souillées de pareilles abominations, fondées sur des Divinités si bar- ; bares, entretenues par des spectacles si révoltahts, /pussent être humaines, indulgentes, tolérantes : dès < qu'on se suppose l'ouvrage d'un Dieu cruel, il faut lui K ressembler, il faut le servir selon son goût, il faut lui imiûoler des hommes, il faut s'immoler soi-même. Les sacrifices d'Abraham, de Jephté et du Dieu des Chrétiens, et les horribles massacres des nations de Canaan, J supposent, comme on a dit, un Dieu aussi avide de sairg, aussi cruel, aussi ennemi du genre humain, et peùt- - être même plus atroce que les Dieux faronches des Grecs, des Phéniciens et des Mexicains. Il n'est pas un . Chrétien qui ne frémisse lorsqu'on lui parle du culte affreux de ces derniers, et qui ne s'efforce de disculper son Dieu des actions abominables tju'il a tant de fois ordonnées.
Toutes les fois qu'il s'agit de la Religion, les hommes , sont si aveugles que jamais ils ne s'appliquent à euxjnêniesles jugements qu'ils portent sur la conduite des ^ autres. Un Chrétien condamne aujourd'hui, les Dieux r ^ barbares de l'Antiquité Payenne, les sacrifices qu'on . leur faisait; il est saisi d'indignation contre ces Prêtres ; infâmes qui leur immolaient des hommes et qui entretenaient les peuples dans d'horribles superstitions dont la nature frémit; mais ne s'aperçoit-il pas que parla même raison il devrait condamner son Dieu, à qui des Prêtres, également odieux, immolent aujourd'hui des hérétiques, au nom duquel ces mêmes Prêtres prêcJient la guerre et le carnage, et que les Princes croient servir en tourmentant leurs sujets? Le même Chrétien qui à le front de blâmer le zèle destructeur du Musulman, qu'il voit le glaive et l'Alcoran à la main ravager et l'Asie
GBTquE SONT'LES^-PREmBSi ~. - ^A-SW?:^
et TAfrique, a-t-il donc le courage de blâmer- ce l^oi^eîî]^ ce Josaé, ce Gtéàéon qui au nom de Jéovah vont piULer-^ et détruire des nations? Est-il un Dieu dans les Religions anciennes ou modernes à qui l'on ait sacriûé /en tout temps un plus grand nombre de victimes bumauiei^l^ qu'au Dieu des Juillet des Chrétiens? Le Dieuiittjy^ lui-même fut-^il jamais honoré de sacrifices aussi teçri^^l bles que ceux qu'oiStirent aux leurs les peuplés de Fl^ -' rope,âiTisés pendant des siècles parles démêlés S]Dp(^:s-p titieuxdes Papes et des empereurs? Chaque homme ^^^ pardonne à son Dieu ou à ses ministres les action^ 1<^^^ plus noires, et les suppose exclusivement en cbSoit^c^ commettre des crimes. Telles sont les suites de l-avejir'-^ glement religieux, il suspend dans les hommes rusa^;^ de leur jugement, il les empêche de voir dans leurs Re-tf ligions, dans leurs usages, dans lés choses mêmes qui s&>; passent sous leurs yeux, des infamies et des horreurs^ ! qui les révolteraient s'ils n'étaient pas les dnpejs à^^^^ leurs préjugés. M '
Tel spectateur s'attendrit jusqu'aux larmes ou brttle ' d'indignation et de colère lorsqu'il voit au théâtre lar^^ peinture des effets du fanatisme dans la tragédie d'Jphigénie : il déteste l'imposteur Calchas, en voyant qjU;iise!| sert du nom des Dieux pour forcer un père tendreté | consentir au sacrifice révoltant d'une fille chérie* ce : même spectateur méconnaît les mêmes crimes dàps|le sacrifice d'Isaac ordonné par son Dieu ; dans lesacri^Ciê' de Jésus-Christ eidgé i^av ce même Dieu. Il ne fait point attention qu'il n'est point de. tragédie qui présente des forfaits aussi grands que ceux que ses livres saints attribuent à un Moïse, un Josué, un Samuel/ un Dàyidî; une Judith, etc. Est-ce que la Religion change ressence; des choses? Est-ce que des noms changés font disparaître le crime? N'est-ce pas anéantir l'idée d'un Dieu que de; supposer qu'il ait pu commander d'horribles infamies ?^X
Cependant tous les Dieux furent toujours peint^^ sous des traits abominables; tous les cultes furent lugubres et inhumains ; toutes les Religions rendirent les hommes
- r tristes et msociaoles ; tous les Prêtres. ont régné par la. ,•" TERREUR, la violence et lé crïmè. Pliis lés Ministres .' du. Ciel eurent de crédit et de pouvoir, plus les peuplés [; ■ Mrént stupidës ei déraisonnables. Partout ou le sàc^r| ^^Q^è eu le maître jVès peuples et les Souverains sbni ^^î^: întplëi^hts ; là liberté de penser est proscrite. Là râî- 5- son est étQùft'éè, lascienGe est baniiiëi là superstition ^ JK»ibmtt^^ dès àèiitimentà de là iîâture et du i)bnHëùr ; des Etats. Lès nations qui se flattent de jouir de là ; îeifdressë de leiir Dieu et qiii donnent le plus de :i< pouvoir à séà frêtreâ iie ébrit pour i'ordinaii'é iii feà ; Jjlus ncKës, iii lès. piiig pëiiplée's, ni les pliis puissantes jiii les plus fortunées. Dans cëà coiitrëés oîi lé Preti'é ihsoleilt et le Gënbbitè iiiutilë sbnt Seuls opulents;
îthargiijùë qui le sëiilimeiit niêiiie dé ses maiix. Uii cîëèoura^êiiiênt total s'empare des esprits, les talents, les arts, les sciences, mfahts de la liberté, sotit avilis et dégradés, bu ii'bnt ^e inoBiles qiie beui: que la siijiër'stitioii leiir dôiiné*. ,îj'agricuiiurë, le ccjriimërcë; l'indiistrië réçbivérii dés Ihtra^ôâ continu èllëâ. L'État ëil plbhge dans une stàghâtibhiatàlë ; lé peuplé se ïlvvà devoteniënt à lâpàrëésé,
1; Depuis quinze siècles,, nous ne voyons, dans, toute l'Surope, d'autres monuments que des Eglises de mauvais goût, oraées depeinttiresJiidÊUses ,èt dégoûtantes; des Monastères i^ichëihënt dotés pôiir nourrir des l^binës fainéants ; des Universités rëiidues opulentes pour faire pùlliilër des Prêtres et des superstitieux. Dans les . temps où le? Peuples furent les plus pauvres, on trouva le secret d'élever des Cathédrales et des Temples très coûteux. L'entretien de la Divinité fut tou jouira l'àirticle le plus considérable de la dépense des nations. Que de millions sont possédés en Italie, en Portugal, en Espagne, en France, en Allemagne, par les plus inutiles et les plus méchants des hommes! Combien les nations seraient-elles florissantes, si elles eussent employé en choses essentiellement utiles, leSi sommes qu'elles ont. inutilement dépensées à nourrir des hommes oisifs, à bâtir des églises somptueuses, à payer des Théologiens, à enrichir des Prêtres et des Moines! On assuré que l'Eglise càthédi-ài* de Tolède possède un trésor estimé cinq cent miMe livres sterling. Notre'^ Dame de Loretta «st, dit-on, plus Mck» àcctre.
ëi se ô>oii assez néureux d'avoir une .foi pur(B el:iîria--x ': veur de son Dieu. Le Souverain lui-même est pauvre et .. .. débile, et Iq guerrier qui prodigue son sang dans les " < combats, a la douleur dé voir gue le Prêtre qui lèvVseâ ,/mains âûciël, ou que le fanatique qui trouble la sbciëté',-;- sont mieux récompensés qu'il ne l'est pour ài?<nr;jiéi^y^
lAl patrie.
IvSi î-.isl.'Uii'
d'est àiiisî qiie par les suites néçèssàîres de rinîoië^S ?5* ifâncé^ âès ^ërsëBuiiioîis et du despotisme lèmporeref^^ ^Jiritùél, iîbus voyons des nations, autrefois i?éspêop= il tables et florissantes, presque totalement anéanties^ | dépeuplées, engourdies. Les contrées de l'Europe;- v^ pour lesquelles la nature seinblait avoir épuisëx ses j^l bienfaits: soiit inbiiltëS ëtlâii^ui^si(ntës^ ci^ôUpissenè^âs ^^^1 la ihisère, . gémissent sous un double despotisme^, et 13 chérissent LiiciiîfiiiiËNt te jôuq d'une Réligiôh çnHnïMsiM DEVORE* C j^st elle en effet qui a, pour; .ainsi dirft,> ;??^ anéanti le Midi de l'Europe, plus superstitieux qûcH^;!^ Septentrion ; le! descendants avU^ des ïloînâin^ eM^ fiers îbériens sont aigourd'hui des esclaves sànsnc<>^Ur|;^ l'âge; ^àns activité, sâiis inœuifs. Partout ou le ISâBefcr?^^ docè commande, les terres et les esprits demeurent* sans cult'urëi là vraie moK<*Zi? ëStiSûoréé; /a itôferïe et la science sont^bannies, riiidiislifîé est gen^è, Tç> herf des Etats S'àffàibliti et la nation tombe ëil déçadëbcë ; tout est force de céder ;a la superllitidn yictorie^ rignorancë enracinéci à des préjugés invinciblésii aii/ dë|p5tismë dëstruetëur, à la paressé ëngéë en t;^^
îîidépënciamment de la ligue toujours subsistante que nous avons montrée entré le despotisme et lâ^âiiîV perslition, la Tyrannie politique est nécessaire a îâ tyrannie religieuse ; là première détruit le bien-être des.; peuples et les force d'être siiperstitiéûx ; dë^ naiioiis ' heureuses, abondantes, izère^i instruites,, éclairées j négligèràiëîit les Prêtres et leurs pratiijueà potir s'o^J; cupër d'objets utiles. .C'est sur un peuple malHeureux qûè la Religion "a le plus de pôiivbir; le sacé¥d6c^ "est toujours sur que Vin fortune et tes calamités ramène'
ÎBSONT LBS-I^BETRSS.-' '
^ rontà ses pied& des esclaves que le bien-être rendrait audacieux et rebelles à ses ordres. C'est ainsi que le
' despotisme et la superstition se prêtent réciproquement les mains ; ils s'unissent pour tout détruire ; rintojérance leur est nécessaire, et la félicité des peuples ne peut résister a leurs efforts réunis*.
Ge qui vient d'être dit suffit pour faire voir que toute Religion est essentiellement intolérante par ses prin-^ cipes et pour ses intérêts; ainsi tant que l'on regardera
.lo culte comme la chose la plus Importante, il faudra
1. Gela est si vrai, que les Rois, n'osant pas résister aux volontés des Prêtres, étaient forcés, au détriment des Peuples, de céder aux. moindres réclamations qu'ils faisaient, lorsqu'il s'agissait surtout de les assujèttir> comme tous les autres cito^'ens. à de justes impositions. .
La bulle In Cœna Domini déclare le Clergé exempt de toutes contributions, et notre Eglise gallicane avait bien au en proliter.
En 1749, Louis XV ordonna la levée du vingtième sur tous les citoyens.
Il faut lire les remontrances que lui fit le Clergé. C'est un monument immortel des obligations que la France a aux Prêtres. J'en reproduirai quelques phrases ; voici comment s'explique le Clergé de France :
< Un événement auquel rien ne devait les préparer, amène aux pieds <.^u trône les Ministres delà Religion, justement effrayés des atteintes «'que l'on veut porter aux imtûunités de l'Eglise.
« Les immunités que nous réclamons sont essentiellement liées avec la • forme et la constitution du Gouvernement.
« Tous les Corps de l'Etat jouissent des privilèges qui les distinguent»
< Le Clergé, dont les biens sont spécialement consacrés à Dieu, destinés « au culte divin et à l'entretien de ses Ministres, a des prérogatives beau- « coup plus étendues. Il est exempt dk tootbs impositions, de qurlqub « KA.ri;RB qd'blles soient. L'époque de ce privilège sacré est la fondation
< de la Monarchie. Il est appuyé sur l'ancien usage et- la coutume de I France, et doit être mis au rang de ces lois primitives et inébranlables. « qui fondent le droit des nations. Aussi le Clergé en a-t-il joui dépuis ■ Clovis jusqu'à Votre Majesté, et les révolutions les plus affligeantes n'y
< ont jamais porté aucune atteinte.
« Vous protégerez, avec le même zèle que tous les Rois vos prédéces- > seurs, cette Religion sainte, qui sera toujours le plus solide fondement « de l'obéissance dei Peuples et de la grandeur des Souverains. »
Ce dernier passage était clair. Il avertissait le Monarque que, s'il régnait paisiblement, c'était par la grâce de Dieu moins que par celle du Clergé, et que toucher aux biens des Prêtres, c'était toucher à l'arche, détruire la Religion et ébranler la Monarchie. Aussi, les Prêtres furentils exempts de payer les vingtièmes successivement établis sur tous les vautres citoyens; il serait curieux de calculer à quoi -se porteraient lessommes quo le Cliirgé n'a point payées depuis Clovis, comme il le dît.
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tout lui ^sacr-ifi^r^nsqn'^ la prospérité, àla pui8sànc|^^>c=i^ et au repos, des États; le, zèle ourâttachemèntï>ou^;f' la Religion remportera sur les règles de la politique et^ .rj de la raison. Quand les peuples seront paisibles et to- -1lérants, ils ne devront leur tranquillité momentanée w qu'à une heureuse incohiséquencé ou à des intér^s piÉ-|§|s| sents, qui leur feront perdre de vue des pnndpes hâii#J^| rélleiident propres à les rendre féroces et ciliels. Le^ - ?:^ intérêts de ce monde triompheront alors pour un temps;^! dél^rocité des Dieux ; leurs ministres seront fprcés^de^^ se contenir, ou de ne point débiter des maximes coh-s-.gl traires au bien public; TBtat 'pi)urra jouir d'un, repoè^l passager jusqu'à ce que la fanatisme renaissant dê^^j^ ses àendres, reprenne de nouvelles forces, ou que favi#i ; |i risé par des circonstances twpr^rwe*, il produise dè^^:> nouveaux embrasements. M
Le Prêtre n* est indulgent que quand ilneluiji^éfi^i point permis de persécuter; dès qu*il se sent en Fcmfasa -M la cruauté ne lui coûte rienj et il trouve que le crime }f^ est nécessaire pour soutenir V imposture.
Voilà les funestes avantages que la Religion a procurés > et procurera toujours aux^ Gouvernements et aux moeùr»; qu'elle se vante dé soutenir; utile pour un temps aux seuls Tjrrans, elle nuit aux bons Princes et aux nations; inquiète et turbulente elle produit continuellement des querelles ; arrogante et présomptueuse elle se ferait tili ' crime de céder à la raison. Toujours en délire, ses sectateurs seront toujours disposés à se battre sans savoir pourquoi : toujours en contradiction avec eux-mêmes, ses Prêtres, suivant leurs intérêts présents, prêcheront;la tolérance ou la persécution, l'obéissance ou la révolté, à douceur ou les assassina,ts ;m^i9^e% principes mêmes sont destructeurs ; ils ne sont propres qu'à mettre en fermentation les esprits et à causer des troubles ; lia: Ileligion sera toujours implacable, elle ne peut sincère-: ment pardonner à ses ennemis ; si elle fait une trêve avec eux, elle se fera un devoir de la rompre toutes ^
re§lfpis:-gu:ejie^ e^ ^jija ï'qccisipn^eYla^iyyiny jujjir ' fiera toajbnrs ses infractions et ses crimes.
Que la raison, qu^ la sain§ politique jug^ent après cela de 1^ réalité des avantages gui peuvept résulter des systèmes religieux. Est-il bien vrai qiie la Religio|i pu qu§ les préjugés sacrés sçieytt v-écMiàir^es au gpuyeçr-. Bernent des peuples ? pst-il si^Yaiita^eux de les trompej;, de les aTeuglér, de leur cacher la Vj^rité ? E^t-ii da^g^ feux de les d^s^feuser de ces gîiim^iies qui sonf ppur eiîx tune source de crimes, de combats e|; de fni^eur^? Serpnjtils donc bien malheureux d'être délivrés des fers de ce^ Çfêtres qui les asservissent à d^ux jpffgs égal^^e^^ pnéreux? -
Les per^pnnes de bpnne foi rpppnTiaîtrpnt^ sans dputç^» la vérité du tableau qui yipnt d! être tracé ; elles ?ivpueront que toutes les Religions imaginéps jusqu'à présent et subsistantes aujourd'hui sont inutiles et dangereuses. Mais oh nous demandera, peut-être, si la Religion, ayant une influence si marquée sur les tiôihmes et se trouvant si propre à lès pervertir, ne pourrait pas entre des mains habiles devenir un mobile très puissant pour les pprtei; à la vertu. On demandera si un Législateur plus honnête et plus éclairé que peux qui jiasqïî'icipnl; appprté des cultes aux nations, ne pourrait pas intrpidufre un pieu formé sur le modèle dfun hpnii^e yraimentJ|)pn, équitable, renipU de sagesse. En iin mpt pn demanderii §'il ne serait pas possible dP présente^ aiix mprtels une Religion WAiV^exit utile, Q?i^M^. d§ fes ïepdçe ^ipjifaisants, équitables, paisibles et yertiieiQX?
If pus aypns déjà en partie r^éppçidu à pette queçtip^ {, ]^pus ayons fait voir qu'en supposant qji'un PJpji pplèye est If auteur de toutes chpseg, \l était imppssible <|@,lpi attribuer une bienfaisance, une équité, jine pçéYpyance qui ne ge démentent jamais. Ainsi pe pieu np {^e|;ai jamais un modèle à proposer aiux hommes.
entre les hommes et lui ? A quoi seryiyaiei^t les ï>]Pi|p^i les cultes, les sacrifices, les I*rêtr^p daps' uae Rpligion." « qui supposerai^ up Dieu const^mijiept ^ppice ? 1} ]^aut- ^ donc nécessairement un Dieu colèpe dans toute Hê}]^- ' gion ; il faut qu'on puisse Tapaiser po|i? le ramener âja -: bonté. Gel^ posé la sévérité n'en imposera jamais gu*Ji\.* l'homme de bien, dont souvent elle troublera le cecveau, tanqis qu« sa bonté rassurera le méchant, qui, comptera toujours pouvoir facilement 1 apaiser. |ja Religion étant l'ouvrage de l'imagination^ ne ^^ut jamais avoir de principes assurés, elle détrùir^ toi|jours d'une main ce qu'elle établira de l'autre; les expiations anéantiront dans les cœur^ les effets de la crainte que pourrait y faire naître l'idée d'un Dieu sévère.
D'ailleurs l'ignorance où les hommes seront toujours sur l'Essence divine, fera de la Divinité un yrai ériitée, que chaque homme sera forcé de ^qir diYerse|nenJ,,et ' de conii^oser à s| manière; cet arbitra||^e fe^^^ rement éclore des querêjles et des animosités entre œux qui s'en occuperont, surtout à cause de limpor- . tance quils atta(^herpn| à leurs ppinions. Ceux mês||s qui annoncent ce Dieu aux hommes et, qui se donnent . pour les interprètes de ses volontés célestes seront-ils C jamais d'accord entre eux? Né voyons-nous pas que leurs importantes rêveries ne font que les diviserXLes i nations ne sont-elles pas assez folles pour prendre vpartie dans leurs querelles «ans même y rien comprendre? hes ministres de la Divinité ne sont-ils pas en ^^ tout pays en droit d'inquiéter les consciences et de tout mettre en combustion? Dès qu'on suppose un Dieu très irascible, il faut un culte, il faut des expiations, il faut f des Prêtres, il faut des penseurs qui s'en occupent, qui ; en raisonnent, qui en parlent aux autres; et comme les O^ hommes sont toujours des hommes, ils se tromperont ^;
étix-mimes^ ^ Hs &
passions, des intërêt^f des éxtràragai^ (jètiiqiii
les prendront pour guides, en croyant plaire à leur Dieu/ ne seront quo les instrûniénts des folies on des impostures de ses Prêtres. .
Enfin toute Religion fondée sur une révélation sera toujours fondée sur le mensonge, et ne se soutiendra que par 7ér mensonge bt la. forgé. Ceux qui trompent les hommes, toujours méchants eux-mêmes, ne seront jamais disposés à les rendre bons, honnêtes et rèrtueux; le plus grand intérêt des imposteurs est de les rendre souples et déraisonnables; il n*j a que la raison et la VÉRITÉ qui puissent rendre les hommes solidement heureux; si le mensonge leur est utile, ce ne peut être que pour des moments passagers; ceuœ qui sèment du vent finiront tôt ou tard par recueillir des tempêtes i.
Si l'on nous parle de la Religion naturelle^ dont bien des gens vantent l'utilité, nous dirons qu'il n'existe point de Religion naturelle ; que la nature ne nous apprend rien ni sur les rapports qui subsistent entre elle et les êtres de l'espèce humaine, ni sur les moyens de lui plaire. En un mot la nature ne peut point nous découvrir aucun système religieux, l'expérience et la raison ne peuvent point en produire; toute Religion est, |i!✠son essence, toujours en contradiction et avec la nature et avec elle-même.