CHAPITRE X
DE l'influence DE LA RELIGION SUR LA MORÀLlf; ^ ^ ; LA RELIGION NE PEUT EN ÊTRE LA BASE , ^'•"•
Si, comine on vient de le prouver, la Religion^ p^apses principes mêmes et parles cpnséqaences nécessaires que Ton en tire, ne peut être que nuisible à la saine politique, et tend à détruire tôt ou tard la tranquAlrtè^v des Etats, il est évident que c'est faussement qu'on nOusv vante les avantages qu'elle procure à la morale^ dont on prétend qu'elle est l'appui le plus solide. Ce qui niiif/ à la société né peut être avantageux aux membres qui la composent; ce qui est contraire aux vues c?é tout bon i Gouvernement^ ne peut être utile à ceux qu'il doit pratéger et faire vivre paisibles entre eux ; ce qui bannît la concorde des nations ; ce qui rend l'homme ennemi : de son semblable ; ce qui a semé si souvent la discordOr entre le souverain et les sujets; ce qui met sans cessé < les citoyens aux prises; ce qui se modifie diversement dans les esprits de tous les hommes, ne peut jamais servir de base à la morale, dont le but invariable doit être de rapprocher les mortels, de confondre leurs intér rêts, de leur inspirer la justice et rhumanité, de réunir leurs volontés et de les faire travailler de concert à; leur bien-être réciproque, toujours lié à celui de là société.
Tels sont les motifs et les devoirs que la morale annonce aux hommes; si la Religion les fortifiait et les rendait plus, sacrés, quelqu'incompréhensibles que ses dogmes pussent paraître d'ailleurs, on ne devrait point la rejeter pour cela ; il y aurait delà frénésie à vouloir l'attaquer si elle contribuait réellement à rendre Içs
^^^^ jSommes meilleurs; chercher àTanëantir,'ce.^er"aH cons*- ^^^-'^ pifer contre la société. Mais doit-on des ménagements à ft^tl ^ des systèmes d'erreurs et de préjugés dont les principes ^< , 'primitifs sont d'interdire l'usage de la raison, de fermer ^jj v ses yeux à la véritéi de se haïr 9oi-môme, de détester tous ceux qui ne voient pas des chimères des mêmes yeux, d'enivrer les mortels d'espérances frivoles et de -~ craintes désespérantes sans les 'çendre plus vertueux ? * Tout homme qui s'interesèè au bonheur dé ses semblables et qui sent ce qu'il- doit au genre humain, n'est- il pan autorisé à combattre dés fantômes qui depuis xànt DE SIÈCLES servent de prétextes aux pa:s$ions et au:^ fureurs des tyrans, des imposteurs, des extravagants, d^s orgueilleux, des avares et des fanatiques, qui prétendent guider les nations, et qui se croient ii^térëssés à tromper, à rendre leups éscli|ves méchants et malheureux? Détromper ses concitoyens de ce fatal système, en montrer la. fausseté, faire sentir le dapger dé ses prin- ^ - cipes et leurs conséquences pernicieuses ; lui sn|istit;uer des vérités, qui en éclairant les l^ommes les rendront toujours plus humains et plus sensés, ne peut être fCrgardé comme un attentat que par ceux qui recueillent les fruits des égarements du gei^re humain.
Quand même, comme on vient de voir, on supposerait la possibilité d'imaginer une Religion conforme à L'intérêt des hommes, comme cette Religion serait toujours nécessairement fondée sur des chimères et des faussetés, il faudra nécessairement qu'elle dégénère en abus, en disputes, en fureurs, eiqu^elleproduisaitôt outard desçxcès et des folies, proportionnées à l-importance que le^ peuples y attacheraient. Quand méipe dains l'origine le corps sacerdotal serait composé d'hommes les plus vertueux et les mieux intentionnés, il faudra nécessairement' que ce corps, en possession de commander à la crédulité, se serve de la Religion et de la Bivinité pour autoriser ses passions, pour augmenter son pouvoir, pour multiplier ses richesses, pour favoriser ses vues intéressées, {^eu à peu les Prêtreis persuaderont à leurs disciples que
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à^k â'isltiii efâèhtk ^'â^riui 4tié ré âd fém^^fi
âvêùiîrmfnti riBmâlep îeui» raison ^è réurpip6|[r¥ nlt#^\: i là Di^inilë, qui jamais né parlera qiie suivant Vèh inté^ '3^ rets de Beiix qui Ik fôrbât parler: î^près les avôii* âilitL/^ rendus aèràiébnhablesi il sera facile âiix i*rôtrés'de/2 les pousser aux plus graiids crimes btî dé Teur faii*èl ] violer les devoirs les ^lu's sacrés de rhbmbîô', abus pÏÏé:- - ] texte de àe confdrniei* àdi vdlButes dé Dieu, ili&sî tdfifè ^ Rëli^ibh ^ui prétendra sôiimettre i'hbîiimé à l'etti^irf -d'un Dieu, le soumettra réêllëiiient â des PHtres. Tbilfl '- R'eligidii qui Idî pl'oposlsH jpôur î-ègle dé sa coddûitb Jk -: volonté divine, ne lui proposeraréeUeméiit J'ëUf'fîl^el 1 que iëi ^blbntéâ âBrbrl&é^ëâéérdbtàll s^iil éii pblièsitfei yj ; d'iiiterprëtér et d'ànâbncer ièi décrets dS W WM^fB Àiiisi dbâ iibihmés intëréls^s âèviëndH>iit i^skrBii^l^l dés inoôurs et dô la cbndditè deà jiéùpléèî^ét lëé i^ëiiSrbil^ injustes élr malfaisante quàiidléurs Vils intérêts Tiii je^|: rdiit^ lîiié mofalé religieuse ne sera jâmâil ^u'îmé mofj^ râlé iEiccbmmbd^é aux viiël du bacérdbéé| cëlui-ôi^jBl^ trouvera rilii làepliis imj^brtaâi que d'àvéti^lériei^#^i^ plès, afin dé lés faiiré sànë çébàe trâvaillei' â sa prBj^rëi :^ grandeur; en léiir ^ërsuâdâiit qu'ils rèiiipliifdittt^^^ la^ tbuà lëdrs de\rôiri ëiivers DieUl ^^ ^ ^^^-^^^^ ' v
Vbybiis d'âlibrd si nous pbuvôiks ioiider ûbtré mbràlé^ c et riSgler iiÔs détbiiB suiî le bârabtSre nibt*âl delï^îH-^ ; vihilé ^ttë i'bii nbûà pifdgosé pBui* iiibli'éle: iDii'à-t-bh quB ■! Diëù est ijbiil Mars il né l'est^bifiirélàîivëinyiità larâëé' hûmàiïie îbtsqu'il l'iMige par des calaiiîités; isà bonté Se 5 dëméiitdbâc et n'est pbiiit iminuâBlé ; âihâi Diëii est çâ-^ } priéiéux et changeant, il détruit ëbuveiit ééttë M^- C monië; ce bel brdrë qiié l'on admiré dàiisl'ùnivérs.NbiiS: appelons bonté dans unhommela disposition constantebù/^ il est d.e faire du bien à ses semblables: dès que cette disposition changé en lui ou dés qu'il fait du mai» nb»s lui retirbiis iibtrë ëstinie et nous l'appelons méchàût: î>irà- ^<>^-^ûé toMëkt juste? MàiB ëèttè jîisiicë se déi^iii : pareiUetoentj sii comme on est forcé de l' avouer j l'innoeence et la vertu soiit âbuvëiit dans l'iîifbrtiiiiëi et si ■
gjt- '^ .172 ,' ' CE -QUE "SOIfT LES PÎŒTRES/ , '- ' ' '
ji^^^ - dans le monde que nous habitons les personnes les plus ^V . honnêtessontsouventles plus malheureuses. Nous disons rt-^.-, qii-un homme est juste lorsqu'il est dans, une yblorité permanente de rendre à ses semblables ce qui leur ap-. par tient et de les traiter suivant leurs mérites ; ainsi dès que la vertu souffre sous un Dieu tout-puissànt, ,.npus sommes forcés de l'accuser d'injustice, et il ne peut êjaep le modèle de la vertu que nous appelons Equité. Si l'on nous dit que Dieu ne doit rien à ses créatures, on détruit aussitôt son caractère moral, il n'est plus un modèle de justice, il n'est plus qu'un Tyran fantasque et déraisonnable^. ^
f Si les spéculations Théologiques influaient constamment sur la conduite des hommes, rien ne serait plus propre à détruire en eux toute idée de vertu que les qualités dangereuses que toutes les .Religions de la terre ont assignées à leurs Divinités. Les mortels accoutumés à supposer que leur Dieu est un être parfait, dont il n'est point permis de blâmer la conduite, qu'il faut imiter et suivre de loin, doivent chercher à lui plaire en agissant comme lui: qu'en peut-il résulter? Si l'on m'assure q\ie le Dieu que j'adore est jaloux, vindicatif, prompt à s'irriter, de quel droit pourra-t-on mé dire que je ne dois pas être-envieux, que je dois m' abstenir de la vengeance, qu'il faut mettre un frein à ma colère, qu'il convient d'étouffer la jalousie dans mon cœùr?\Si l'on me montre des ambitieux, des zélés féroces, des assassins, des rebelles, des conquérants, des voleurs, des parricides, des adultères, comme des personnages agréables à ce Dieu, comme des êtres inspirés par lui, comme des hommes selon son cœur, comment peut-on me dire
1. On fait consister la vertu à ressembler â.la Divinité. Un Païen qui se serait proposé Jupiter pour modèle, eût-il été bien vertueux ? Un Juif, ou un Chrétien, qui voudraient imiter le Dieu de la Bible, auraient-ils une morale bien pure? Cependant, il est évident que le Jupiter "des Palens| était un Dieu moins méchant que le Dieu des Chrétiens. Si la conduite du second invite à commettre des assassinats, les Européens n'ont point gagné à changer les Dieux de leurs ancêtres.
' ensuite qu'il faut aVbstehir du -Lien dés autres,, aâ^IIr^^ faut aimer sa patrie, quMlfaut observer le Droit, dèi*' Cfens? Si l'on me pé^rsuade que la Divinité, sensible aux^ J présents, exige une portion de mes biens, est l'esclave t d'un intérêt sordide, comment pourra-t-on me prouver '\ que le désintéressement est louable ? De quel droit jf''' Paganisme, adorateur d'un ^S^aiwrTie qui détrône cs(w&^ père, d'un JtipiterciQi mutile le sien et qui remplit!?^!!^ monder de ses adultères et de ses débauches; dé (^bM|| droit, dis-je, une telle Religion pouvait- ell(BrecoiB§*^i^ mander la piété ûlMe et la décence dans les mœurs )Si|| Ton prétend que le Dieu perfide et séducteur que^e^f ^ chrétien adore se plaU à tendre des embûches àsës fàir^â bles créatures, ne doit-il pas en conclure que la trahiàoui V| lafourberie sont permisçs, et que la fausseté est àpprou--*:i5 vée par la Divinité ? Si l'on assure que ce DieU, : d-un^#; caractère si dangereux, s'offense des pensées, déslparor 3 les, des actions et des omissions des hommes, ne doîtril v pas conclure que rien ne peut le dispenser de partagërv V; ses sentiments, et que pour lui plaire il doit plonger lé; ^^ couteau dans le sein de tout homme qui Toutragè?? D'après ces funestes idées chaque mortel devient jné»-;^ cessairement ennemi de son semblable : chaque nation j doit détruire, combattre et troubler celle qui déplalf à son Dieu : la société du genre humain, runion^ des fa- ; milles seront troublées ; les liens de la patrie, du sang, > de l'amitié doivent â chaque instant se relâcher et se briser, . ^ : ^ •
C'est aux idées odieuses, absurdes, informes et contradictoires que les différentes Religions du monde ont ■ données de la Divinité, que l'on peut attribuer rignpr^ rance et l'incertitude continuelle où la plupart dés ; hommes sont sur les. devoirs de la morale. En fondant" cette morale sur des puissances invisibles, dont souvent le genre humain éprouvait les injustices, enrétablissaiit . sur des révélations incroyables, sur des oracles iiiihtélligibles, sur des préceptes divins perpétnelliemént ; contradictoires, et souvent destructeurs des sociétés,
If '~ IMdêMekts de ëut^ maMlë. Ee supëpstftiètii îie sait M:' h' - jamàill ^tibi s'eû teiiir : tin Dieu, 4ti'on lui représèiite ^^>^^ ' ëomine le plus crUel des Tyrans; ciJiiiine uii être càp- Pt '- ' tleiix, coiiiiné un despote insensé, lui ordonne d'être bon, i,- X ■ (l'être humain et sincère : lé même Dieu qui lui défend |;V* ai voler, lui ordonne de dépouiller l'Kgyptien par la h-aiiàé, et M s'ëm^irëi* dii pàjs et dé ses vbibiris : le mimé pieii ijui liiî prëlëritlà doiicéurj lui iiispirelëzêlë, le ïànàtistiiê et iâ fiii?eiir.
Si nBiiâ vBulbns remonter a là sdùfcé véritable de la dépravation des ikiitirs cÉëz iin grand nombre de peuples nous verrëiiâ ctùé c'est iaUxiiotions affreuses i^iié la Kieligipk leub â dënnëës de lëui-iî Diviïiités, qu'ils en furent rêclëVablëâ. Si dâiis une nation noiis trduvbïis qiiëliiuë iîiâ^e iniiumàiii; abominàBlë; révoltâiiti nous nëtis Ifbiinpérbns rârëiiiëiit eii Jirësiîinàiii qttë c'est la sUpërs-
ënfàhtâ ; c'est pôiii? cbiilénteï' là^àlbùsiè de Sdii Diëii qiie lé ifuif iëlë pbrtàit lêîer et la flaîniiie ëhéz éës voisiiis ; c'est pbîir âatisfkitë la passion de gbii Dieu lubrique qde là ïfeiniii de Bâii^biië allait ië pbstitùer dans: ^bh temple, c'est Miis ridëëdl lèrvir rMinèur viMibàtive etjàlbuië agkorii5iën; qui le cbMên depuis tant dé siècles féjMiifid^vbir dé touiment^^^ Hë |ônir, db vëxér et dl BRiiiiER Bëiix qu'il àtipïibsë ses éhriëniië; G'ëit pour apaiser la faim de son impitoyable idole ^tîé le MëiiëaiB^ lui liûmblâit â la fois lëi liâbitâiits d'Uilë Ërotihëèi ëhtiërê.
liés usages les plîià^ ëti*an^ës, l'es |luk chbqu'âbtsi lés plus b^{ibiës à là nâtùt>ê ont bbmiiiiinëinëht la Këligibh pdui" ^riûcipë ] ëllg seule à le pbdvbir d'ëtbuflfei^ dans les cœiirs ti'ude iatîbii ëiitiPS les sëàtiiiiëiits les |ius brdiàkiirèâ, de tMiiëfBrmër lés Ubiniiiés ëii dëi bêtës fë- -î-bëës ëîiîiiênsiës *; UMë lïibrâlë qili iïi piii avoir qiië
"■■-rut- ; tî-*- *<r*t? * ^ '• Xl-^
à. bant rMè de Fbmèsë, la Aèligiôa ordonne aux foinmesî qui avaut
^6itf«bj'éî,eil:farm ie dilpaFMtrt devàiit M fijg >^ crîiel^ 'ôupépie'up à là ûàtûrd et à la, raison/ dow îei"'; ôtdrès ne pbuveiit être discutés. Il faut être inhiiiniinj ~""^ injûsié; fBui:>be et de mauvaise foi sôds une Diviniië â /: qui Ton attribue ces iiidignes dispositions ; toiité kbralê ,. est incompatible avec une Religion qui là proposérapxiuir 'g:;^
tantôt là m^; la iiiorâlê divilnt^ilif ëriMiri| p^lls^ âdôratëifr§; bMëunii'etii st :feBâ M â^ilèmë âé c<ii^f|;^^^ àà0 ieqiiël il né iulV^a ^'Hiitifë régie que sàÛ prpjj^<r^ tëmpërâMëiii/ Èii Bbns^iibiiBI; il sera paliiBl^ Ôli tur|iil; biilénij hdiiiaiii ott itiàlMàiiti dëvpi fo%ti^urjBti Hiv|âi g jiàdiûquô, jiïsté oti iâjùsie; sliic^fô- oii dilsiMulëi iii- ; tyiivérà dans sdh Î5iëil bliàiigiéliii et dâiil ébs brdrek^fî; discbrdàiits dés râiêoîis égalëmëHi fërtëâ pbiiî^ jûstifierijil uiife cbndiiiië quëIbont[Uë.,Eh Bqniié fôi, ^Mle sl^ràlt/îj donc une morale qui déjieiiïîi^aiit du baj^riëë. éï ^e j'iiilè- 1; rôt de biiâq[dé bbintiië, ëi cjui n'aurait â'âutrë ^é^^Jue^ 'J ébn tëikpérâniebt bu sbii brgâniMtioii pârtibdliere, ^tte^ ^ le mbli^eiidéiit piu§ bu niBiiiy Bapîde de sbii iattg,qiiè lès ^ idëes vrkieâ bu îaiiiâës ^'bn lUi âiipâit inspir^él ? . - UM iSibl^àlê poiii? itrfevrlie doit êïM là mêm| pbu|^^^^
pour se rëiidrô uivmbifiies^.8ë trottâssôiit lé èorps avec ia graissé dl leurs ®?*'i^'*** piles ^dans ,uû mo^tjen^ i>aii9: presdu^èi tout rindostan; là Âeligibn .
atiira twtiÀ. t . ieS-.: '■• t-'-Â.!. 1 ' i- i-j . : j- 1 : iî o; i '■
^^^^ ^A^^s lualheoreuses gémissent toute leur vie dans lè chàgria et daiis
É^ ^r0s de réspece humalneTyivaat en sdciétë^ liés liomî^ v^ -mes, péud'accôrd sur leurs Dietix et sur les quajyités l^^f ^jùlls leur donnent, sur les cultes qu'ils leur rendent, ^i^;^ sont forcés de s'accorder sur les principes généraux de 'vi : la morale. Si dans leur conduite ils dérogent quelquefois J; à ces principes, cela vient de leurs -erreurs, de leiirs ^ préjugés, de leurs passions, de la perversité de leurs •institutions religieuses et politiques qui les obligent à { ' devenir sourds au cri de la nature, et qui les empêchent de connaître ce que la raison exige d'eux. L'ignobange . dvàns laquelle les gouvernements, d'accord avec les ; ' Prêtres, plongent les nations, est le plus grand obstacle que la morale ait à vaincre; les hommes ne sont si vicieux et si méchants que parce qu'ils sont ignorants; ils
- ne sont ignorants et dominés par des passions dange-
- reuses que parce que leurs Dieux, leurs guides spirituels ■ et temporels, leurs instituteurs, aveugles ou méchants
eux-mêmes, ne songent point à les éclairer sur leurs devoirs, à leur développer la raison, à leur inspirer le .«roût de la vertu, à leur montrer les rapports qui les lient à leurs semblables, à leur faire connaître et leur —^tracer la vraie route du bonheur.
S'il était possible de se figurer un Dieu constamment ^ favorable à l'espèce humaine, c'est-à-dire j dont la beauté, l'équité, la sagesse ne se démentissent jamais ; dont les volontés toujours d'accord avec elles-mêmes ne prescrivissent jamais à ses adorateurs que des actions honnêtes ou utiles à la société, dont les interprètes parlassent toujours le langage de la raison ; dont les Représentants sur la terre ne fissent que fortifier les ordonnances par l'autorité des lois; un tel Dieu pourrait
- servir de base à la morale, son culte serait cher et précieux aux hommes, ses oracles ne seraient que les lois de la nature rendues plus authentiques et plus sacrées; la Religion n'en serait que la promulgation, ses instructions les retraceraient perpétuellement au peuple, etle gouverneioaent les inviterait ou les forcerait de s'y con-* former : mais un Dieu vu diversement par chaque homme
ou pip cha4u« peuple, ne c'eut être la mesuré des deyoiç|:l^ de tout le genre humain; ses volontés exprimées si di-s .'versement dans différentes contrées, et si contradie^r toires dans la même Religion, ne peuvent fournir des 1 , règles invariables; enfin ni les préceptes de seaf inter^;;^! prêtes, continuellement en disputejs, ni les lois^^^fS^ vj Souverains, presque toujours injustes et partîales;§nti s^ les usages, souvent insensés, lies peuples ignprsmts- )e]^:/:j^ mal gouvernés, ne peuvent être les vraies règles des^;;mœurs^ ne peuvent s'accorder avec les intérêts commun|j: des^habitantsdeT la terre. X^jy^^î
Si je parcours la terre en demandant à chaci^n de.ses~ ^: habitants ce quli pense de la bonté, de lajustice,,deia -> douceur, de la sociabilité, de Thumanité, de la bônnei ; ^^ foi, de la sincérité, de la fidélité dans ses engagemen;ts»^: ^ de la reconnaissance, de la pitié filiale, etc., sa répoiïse ne sera point équivoque, chacun approuvera ces quafvC^ lités, il les jugera nécessaires, il en parlera avec élpgé : <Z^ mais si je lui demande ce qu'il pense de son Die^, ce que f ^ prescrivent ses ordonnances, ce qu'enseignent ses Prê- très, ce que disent ses lois et ses Souverains, ce que ses usages demandent de lui, jamais nous ne pourrons nous entendre, jamais nous ne tomberons d'accord sur rien. Si je m'adresse aux enfants d'Israël, ils me diront qu'il faut voler et exterminer les Idolâtres réprouvés piaip leur Dieu ; le chrétien zélé me dira que tout c^ que son Dieu commande ne peut être que juste, que ses ordres ne sont pas faits jaowr êtreexaminéSy et qu'il faut adorer ses décrets lors même qu'il commande le crime. Un peuple féroce et conquérant me dira qu'on peut sans scrupule piller et ravager ses voisins; un peuple commerçant m'assurera que tout est légitime pour la prospérité de l'Etat; le Sauvage prétendra que la vengeance est permise, et, doit être cruelle ; le citoyen policé prétendra qu'elle est un mal. L'Indien 6u le Français me diront que l'adultère n'est rien; l'Espagnol et î' Arabe me diront que c'est un crime affreux; le Tartare vagabond prétendra que l'on peut tuer son père lorsqu'il n'est
£: jrusbciii à Héti; lé Spkpti&te assurera (jne,%l© bi>» ^ ~:-'-^- dé l'Etat exigé que l'on tùè Ses enfants contrefaits.. Si *
je bonsulte Tes sujets d'un Despote; ils ine diront que-sa ". vôîontè fait la toî] que ce qu'il ordoîine est toujours Ck jpt*e; éi que lui obéir ne peut jamais êlre un criuje. I EH^n si je bbiisùltè la rî^sbn j'ajiprends à qiii m'ei^ tenir f ^r toutes ces dééisibiis si discbrdkntfeS J elle mé dit que ,!•'. (puîbé 'i^ùi est cdhètàrÀmènt ufiîè au yenrje humain é5îf UN ^BiiNi et ^ûë tôîit ce qui par soi-même ou j^ar B; Ses éoiisëqiiëiiéës liébëssâirbis devient nuisible à la ;J société est un mal très réel; c'est lâ-desëtis que j'pabiis tihé iabRÀiiiÉi et d'àj^rès les idées si différeiitës ■ ' ^vié ^e trouve répandues parmi les hommes, je m'àjier- ^ çbîi^ueni les JDiéùxi ïiilëB Prêtres^ ni les Gpuverne- ^ mentsi ^ des l'ois infbrhies tié peuvent nous prescrire dès dévoirjj contrâii*es à là iiatùre, à l'ôssence du gehré Mîiilaiin, aii bien dés èbeiétës, j'éû conclus que leurs ôrablés, dictés Souvent par là passibh; par l'inexpérience et Ib déliré, né peuvent être les règ^lëS immuables dé la conduite dé rhbmnié, C'est nôkc èuRtiNÀtuRË que la morale nbiT se fonder. > - Tàiitqiie rhoifamé sera un être sensible capable dépenser, il sëi'à force d'àiitiér jà vértti et de haïr lé criine ; il né se trompera dans Ses jiigeinëhts que Ibrsqiie l'ignoràucé, là passion, la précipitation Tempécheront dé juger sainéiiiént. Toutes lés fois que nous vërroiis l'iibmme ' niécliànt, iioùs trouverons en reinontaht à la source dé ses dispositions, qu'elles sont dnësisi ses préjugés politiques et reXigie-ù.x\ â son éducation, à ées habitudes viciëiisés, â dès bpiiiions fausses dbiit son esprit â'é^t iinbu; le inëcËàiit est Un hoihme bù mal brgahiâë, bu dépravé par séâ preljiigé^.
V enthousiasme et VimposiUjCrè ont inventé lés Religions; lëû préjugés de chaque pëujilé ont fait naître, son éuité; lés besoins et les circbnstaiicës dé chaque nation diii pirdduit et mbdiiàé sbn gouvet>neinéhtj s^^ ses lois; inâi^ c'est réxpériëhcé de rhommë|àidéë par des réflexions sUr sa propre hatilrë^ ce sbiit" lés soins
invarialilèslét'consîants deFespèce humaine. ^i ^i^-^ pour toujours sa mtorale. ^^ > '-- ^ ^ V .^
'" Ùesî^'^omme çn a dit tant de fois, àans^Viginoranee < /brcde^où les fip,mmes sont retenus^ dans les '^pr^/ugéi qu'on les oblige de regarder comme sacrés, 'dansées / vicias dé leurs' 'gouvernements et de leurs Religionç^uè nouT devons 'chercher l'origine de cette dépravation'^^'' n^ra?^ que nous trouvons dans les mœurs; il fandi^ait les éclaireç,' feup montrer Ta vérité, leur apprendre^îi . faire usag¥ 'dé la raison, les gouverner avec équité, les élever âins de Jownes^oz^ ,* alors on ne serait point dans^ ^la nécessité de les tromper. Les hommes sont partout traités comme des enfants, on les effraye par des fan- tômes^ pu qn les apaise par des* chimères', qui jamaisne peuvent tenir lieu d'un bonheur présent et^réëï. Souverains des nations,, voulez- vous des sujets vertueux, éclairez^les, faites-les instruire^ ipvitez-les à bién'faire, mais surtbuï rèndèz^és heureux rreV¥ci«r népeuiéfre % d'une utilité passagère et trompeuse que pour ^éeikà ù{ qici sont inipapàbles-de leur procurer ïtn bien-être vérî^ ' ; iahle 6^ qui n'en ont point l^
Vainement en effet s'ést-onpi'bmis jusqu'ici d dier à la perversité de l'homme en combinant la moràîff avec la Éètiffion; on s'est faussement imagihë'qué c^^é- >: tait un chef-â'œuvre- de pblitiqué de réunir 7e jp6«t?d'ir^ des Dieux -à' celui de la ràisoin; cette alUàncé' mbni^r truense ii-^iâit pas faite pour durer ;' pàr'cétté assdéîa^ tion trop inégàlV, la iftaison,^^^ de îa Nature et dé ia Yëritéi fiit accablée; ou éclipsée par là Keïigibn;*fiiiô du I^^ervéillëùx et âe Puissances invisibles à qlii là Nâr tiîre'elt èïïe-même subordonna morale:
liit unie li" la su^érsCitiôn, cellé-ci^ p VasceiadantlBur elle elle et finit"toùjburs p|r ràssérVir à èôn caprice"; eil»! BÎé put marcher lui* la mêm:e ligne (ju^nei cônipàgne enpi^u^iUie^ Ispn pngin^ "ïiit forc^e^àë
pliersoils'Çlîe eif de sef'préîérîi ses méiMroilïésl ii^ses iPROStures. Ainsi ra morale, avthe par la Mèltèion^ devint un FANATISME PUR, qui, uniquement enivre aa se?
iM^ràliste Teligieùi perdit dé ^uéjà terre y^spiï^spïpit^ fut occupé que des rapports fictifà qu'il supposa eiifrè Jes faibles mortels et la Divinité dont il n'eut point d'idées. Guidé par les leçons du Prêtre, l'hotame ne- connut point ce qu'il devait à ses semblables, ne s'occupa point de la société, se négligea lui-même, ne regarda la terre que comme un passage, fut absorbé dans ses rêveries inutiles, et se prolongea <lans une apathie dangereuse; ou bien, lorsqu'il eut de la chaleur dans le sang ou de Tenthousiasme, il ne devint actif que pour tourmenter ses associés ou pour se nuire à lui-même ; ses yeux perpétuellement fixés sur un point éblonissaût né virent rien autour de lui, toute sa morale se borna à ne point détourner un instant ses regards des fantômes qui l'aveuglaient. Ainsi la morale religieuse ne fit jamais que des hommes engourdis, des frénétiques, dés visionnaires, sans jamais faire des êtres raisonnables ni -de vrais citoyens.
Un homme instruit par la raison, formé par une éducation honnête, retenu par de bonnes lois,- est saisi d'horreur à la vue ou au récit de toute action criminelle t nuisible; celui qui est guidé par la Religion, ayant eu dès l'enfance l'esprit corrompu par des préjugés, ne suppose jamais de mal que dans ce qu'on lui dit de contraire aux ordonnances de sa Religion, et de nuisible à ses intérêts; il ne voit rien au, delà. Des pratiques négligées, des cérémonies omises, de pieuses minuties, dès fautes imaginaires, lui font bien plus de peur et lui donnent plus de scrupules que des fautes réelles, que des crimes avérés. Persuadé que toute offense contre sa Religion est le plus grand des attentats, il se fait des monstres des omissions les plus légères, il éprouve des remords pour des transgressions puériles, et se pardonne aisément les choses les plus graves. Le dévot, stupidement effrayé des menaces de ses Prêtres, ne voit rien de plus important que leurs ordres ; ébloui de leurs promesses, tout le reste lui devient indifférent; il est
Blyihîtèi qu^il suppose plus facUe sur le mai qu'on^Mt^^^^ ses créatures que jsur le mépris de ses prétendues^ jpisî^ â^v; Fier de ses petitesses, qui le mettent bieii avec soiiDiéit^i^ ir méprise la terre et se croit un modèle de vertus y^^^, même en se permettant des injustices^ des vices, etsouiv |^ vent des forfaits. • : ^-i>â
G'eist ainsi que la Religion, subrogée trop souvent ai ^^ la morale, l'anéantit tout à fait et ne produit que des Vf dévots sans vertus. Les hommes les plus reUgieuœsont€:. raretnent les plus honnêtes et les plus sociables; quant '3 au plus grand nombre des hommes, la Religion les laisse' •?; tels qu'ils sont, ils persistent malgré elle dans les habi- ^ii; tudes qu'elle condamne; elle na peut rien contre les; :| passions violentes et habituelles ; elle est moins forte ;t que l'usage j que l'opinion, que l'intérêt présent; v,et S; quand les intérêts des hommes les échauffent, elle ne C; peut résister au torrent qui les entraîne ; dès que la Re^ ^^ ligion leur paraît ineommodef ils la rejettent, ils. la mjé- < prisent, ils se débarrassent de son joug, sans suivre pour cela les règles de la morale, sans recourir a la raison qui les gênerait encore bien plus que la religion ^; alors à la* tyrannie religieuse succède quelquefois la licence la plus complète ; accoutumé à voir la morale uniquement fondée sur la Religion, le méchant se.flatte que celle-ci une fois bannie, il n'existera plus de frein pour lui, et qu'il pourra se livrer impunément au torr rent de ses désirs; il a discuté bien ou mal, mais tou^
i. La même Religion, qui permettait et approuvait autrefois les coipkats '^ singuliers, les défend angourd'hui, sous peine de damnation éternelle^ cependant, dans les pays les plus superstitieux, nous voyons des duels, ; parce que l'opinion publique, plus forte que la Religion, fait regarder ' . ceux qui refusent de sa venger d'une injure, comme des lâches et. comme des personnes déshonorées': d'ob nous devons conclure que ridée jdé l'opinion publique e^t plus forte que la Religion. Les Courtisans sont cbm-.. munémeat les plus corrompus des hommes, et les plus disposés à sacrijiér ^ leur honneur et leur conscience à leur avancement, ils disent, comme les Grands du royaume d'Achem : Dieu est bien totn, Wwiia U Roi est foui prèê
.:1B2' ' -OÈr'ôUE SONT, LES' -PRÈTÏtES.
J0âps avec pai^tîalifô le systônre qui le gène"; et après avoir entrevu que sa Religion n'est qu'une .sottise^ il en conclut fort imprudemment que la morale vnVst pas mieux foirdëequ^eMe.
S'autres^ incapaMes de discuter, ne peuvent bannir de ieur esprit lesldëes religieuses dont ils ont été nourris dès leur enfance ; ils font alors un pacte avec la superstition, ils la concilient avec leurs dérèglements; s'ils se rséparerit d'elle pour quelque temps, c'est en^e praméttànt néanmoins tôt ou tard de s'en rapprochfer par la suite, et de recourir aux moyens qu'elle est toujours prête à fournir aux transfuges qui lui reviennent. C'est ainsi que la plupart des hommes, quoique persuà^ dés que la rapine, rinijustice, la Tiolence, la débauche déplaisent à leur iDieu, n« laissent pas de s'y livrer dans la ferme confiance qu'ils pourront un jour se réconcilier avec le ciel qu'ils outragent sciemment * : ou bien dans les intervalles de raison que les passions, la dissipation et les plaisirs leur laissent, ils idemandent pardon à la Divinité des fautes qu'ils ont commises, «t qu'ils commettront de nouveau toutes les fois qu'ils y seront sollicités. Les nations sont -remplies d'hommes vicieux qui savent allier la superstition avec le crime ^ qui périodiquement offensent et apaisent le ciel, ou ^qui se promettent d'expier dans la vieillesse ou à la mort lés forfaits d'une vie remplie d'iniquités. îls se flattent que leur attachement peu raisonné pour la Religi^^n, pour ses dogmes étonnants, pour ses pratiques puérites, leur tiendra lieu de ce qu'ils doivent aux hommes, et leur rendra toujours la Divinité propice.
"1 . Le Christ dit dans TEvangile : faites-vous des amis dans k ciel nvee les richesses injustement acquises. Ces paroles né sont-elles paa 'i)ien^consôlantes pour tous ceux qui pillent les peuples et qui sont assarès d-oîitenir le pardon de leurs vols, en faisant dies largesses aux.-pauvT«i1 C'est peut-être en conséquence de-^cé principe que l'on voit tant'devdlears publics et particuliers chez les Chrétiens. Les Princes pillent les peuples, occupés à se piller 'les uns les autres. Les marchands les plus déyoto'sé permettent des frauSes et des supercheries.
Ainsi lâ-mopale' ii!*a-qu*à p wdre . lorèqti'>^e est a«iiôci^e>~^ «»«è"?aiBeft*<7îpn; celle-ci fat toujours prête à pardcm^^ner, àexpierles'outrages qu'on faisait à cette moralftC d'ailleurs la Religion veut occuper l'homme sans par-; tage; elle montre de rindulgenoe pour les crimes^ /qui ne regardent que les hommes^ inais elle exagère et trail^v: avec rigueur les fautes qu'elle invente, les moindré^;> violations de ses règles, les omissions de ses pratiqtt^, en un mot rinfraction des devoirs fictifs qu'elle impose^^ <5uand le Prêtre tient la balance pour peser les actions humaines, 11 la fait toujom^s pencher du côté de »pit propre intérêt ; il trouve que les crinies les plus affreux^? les plus dignes du courroux céleste et des châtiméntts;: des hommes, sont ceux qui nuisent à sonpropré empipej- Si il change en fautes impardonnables des actions totale-, ment indifférentes à Isi société; il accoutume ses disei* pies à regarder avec horreur les personnes peu sou- , mises à ses dogmes, réfractaires à ses caprices, dédai- , gneux pour ses mystères et «es leçons, peu pénétrés ^ d'un saint respect et pour ses rêveries et pour les objets qu'il propose à la vénération; les peuples plus" nourris dans ces préjugés sont bien plus révoltés d'un,e foule de crimes imaginaires que de ceux qui sont réellement pernicieux ou qui portent le désordre dans la se- '^ ciété ; les taots vagues de profanationj d'hérésie:, d'twjpiêtéy de sacrilège f font sur les esprits une' impression bien plus forte que l'assassinat, la trahison, Tinjustice, ~. le vol, radultère *. Le vulgaire imbécile s'accoutume à regarder un homme qui n'a pas la même croyance que son Prêtre, ou qui n'est pas soumis à ses décisions,
!• Quant on vient à examiner de prés les sens des mots terribles sous lesquels les -peuples croient communément désigner les crimes les plus af^eux, on trouve que réellement ces mots ne désignent que des choses déplaisaiites pour les Prêtres, et très peu intéressantes pour le reste des hommes.: L^Aer^jtenCest qu'une fagon de penser différente de celle du, Clergé; il en (est de même de Vimpiété, des blasphèmes, àe% sacrilèges, qui n'ont jamais pour ohjet que des choses que l'intérêt du Clergé voudrait faire passer pour vénérables et saintM,
CM: 1S4 .; CE'QXIE SONT LES;PRÊTRES. . . .-. \ r
'.';'■ r comme Lien plus criminel que celui qui outrage la.nature^ " f ' ou la raison, ou qui fait un tort évident à ses semblables. g5v Bi ces préjugés sont avantageux^ à la Religion j)u à ses ?fv;; ministres, iis sont propres à éteindre dans les peuples l?-;^ toute idée de morale : par là les nations deviennent suï - iverstitieuses sans avoir la moindre idée de vertu. §: D'après de semblables principes il ne faut point être
Ît; surpris si nous trouvons une ignorance profonde de la f* y morale, une honteuse dépravation dans la conduiie, w« -' oubli total des lois les plus simples dé la raison.et de ^ y V humanité dans les pays les plus soumis à la supersti- V tion et à ses Ministres; là les devoirs prétendus delà -; - Religion absorbent tous les autres ; les actions les plus atroces trouvent de l'indulgence et de la faveur, dans C les Prêtres; les temples sont ouverts aux meurtriers, aux voleurs, aux scélérats; ils y trouvent des asiles y contre. la sévérité des lois; ainsi le Sacerdoce rend son
-Dieu le protecteur et le complice du criaae, tandis que ,. > pour des opinions, souvent cachées, il a le front de faire - égorger ou brûler des citoyens vertueux.
Quelles peuvent être les idées de morale d'un Espagnol, d'un Portugais ou d'un Italien, qui voit la puis- . sance temporelle et spirituelle se réunir pour' faire souffrir les tourments les plus recherchés à un malheureux Hérétique, à un Juif, à un homme qui par légèreté aura tenu quelques discours un peu libres sur la Religion, ou qui aura violé quelque ordonnance de l'Eglise, tandis qu'il voit le temple de son Dieu fournir une retraite sûre à un assassin dont les mains fument encore dit sang de son semblable? A la vue de cette conduite si favorable à l'ennemi réel de la société, et si cruelle pour celui qui a péché contre la Religion, l'homme qui on est le témoin ne doit-il pa^ se convaincre que le meurtre, le vol, la trahison sont des fautes très légères en comparaison de celieé que la Religion punit avec tant de rigueur i? D'un autre côté, dans les pays^ ©ù
1. En Espagne et ea Portugal, le pewple fait, dit;on, des efforts pour
Tordre^ sacerdotal jouit d'un grand pouycir, d'une autô-;rité non disputée, d'une entière impunité ; oxl la P.uis- sànce temporelle n'a point le droit de réprimer/^ éa?-^j| ces des Prêtres y ot. GQXïH'Qi nagent dans l'opulence; ttr|^ vivent dans une honteuse oisiveté, leurs mœurs ne tacf^^^ dent point à se corrompre ; le yinQ impuni devient bien^]?| tôt éfftonté ; le sacerdoce insolent de ses forces renoncjs^i à toute pudeur, il se permet toutes sortes d'atteNt- s-J TATS, et le peuple accoutumé à ne point critiquer l4>^^i; conduite de ses guides, à les imiter, à les justifier^se^'ri?; corrompt d'après leurs exemples ; des Prêtres igaorant^-^ étrangers à la morale, dissolus et criminels eux-mêmes, le laissent croupir dans une ignorance complète desçs: vrais devoirs, lui montrent de l'indulgence pour Ip^^^^ vices dont ils sont eux-mêmes souillés, se prêtent façi> lement à remettre des fautes dont ils sont eux-mêmes coupables, et dont l'expiation devient toujours très idi' crative pour eux *. '
soustraire un meurtrier aux poursuites dé la justice; il favorise son > évasion et sa retraite dans une Eglise ou dans un Couvent. D'un autre. ^ côté, lorsque l'Inquisition poursuit quelqu'un, chacun s'empresse dé prétoir -' main-forte et de le faire saisir : le père est forcé de livrer son fil3,lé,marr v de livrer sa femme, sous peine d'être punis comme fauteura d'hérér tiques.
1. Tout le monde sait à quel point la débauche, la dissolution et là ' lubricité sont portées par les Prêtres et les Moines Espagnols et Portugais:^ soustraits au pouvoir temporel, qui les soutient et les respecte, ils se ' livrent impunéjoaent à leurs vices et à leurs passions criminelles ; l'Auto-^ r. rite séculière ne peut les punir, même pour les crimes les plus noirs, quel;' de concert avec la Puissance Ecclésiastique, qui rarement consent que^ l'on punisse ses sujets, dans la crainte sans doute du scandale. L'on sàit^ ' d'un autre c6té, que ces nations les plus dévotes de l'Europe^ sont léa plus dissolues, les plus vindicatives, et celles oU les assassinats sont les' plus fréquents, où la vraie morale est la plus ignorée, oli le peuple est la plus malheureux et le clergé le plus- puissant. Il est de l'intérêt des ^ Prêtres que le Peuple soit sans mœurs, ils ont alors l'oceasion de faire de» expiations plus fréquentes.
Ahm -: " GÈ^ cm'mifT^im-vi^mmï,
„. CHAPITRE Xr . C
DES PRiÉTENDUS DEVOIRS, DES PRATIQUES ET DES FAUSSES - TERTUS DE LA RELIGION. DANGER DES- EXPIATIONS.
\ Tels sont les importants services que la superstition rend à la morale; voyons maintenant l'utilité que la science des mœurs peut retirer des devoirs et des pratiques que la Religion enseigne aux hommes; analysons ces vertus sublimes auxquelles le sacerdoce attache le plus haut prix, dont il fait dépendre la Menveillance du ciel, dont l'omission lui paraît le plus affreux des crimes.
Si les idées que les prétendus interprètes de la Divinité se formèrent et donnèrent de l'Etre suprême ne purent être que fâcheuses et contradictoires; si leurs systèmes théologiques et leurs spéculations mystiques ne furent jamais que des amas d'absurdités, les cultes qu'ils prescrivirent et les devoirs qu'ils imposèrent ne
~ furent ni moins inconcevables, ni moins déraisonnables que les Divinités qui les enseignaient. Rien déplus étrange que les caprices de la superstition ; rien de plus incompréhensible et de plus ridicule que les- actions qu'elle ordonne ; rien de pins extravagant et de plus inutile que les vertus desquelles ses Ministres font dépehrdre la faveur du Très-Haut. La raison est forcée de rougir dès qu'elle entend les préceptes bizarres qui sor-
- tent de la bouche de ces législateurs inspirés par le. cieL L'un crie à Son peuple de retrancher le prépuce
- de ses enfants, de se laver fréquemment, de s'abstenir de certaines chairs abominables aux yeux du Seigneur, de renoncer à tout travail en certains jours^ d'offrir de fréquents sacrifices, d'observer avec le dernierscrupule quelques cérémonies futiles. Un autre prescrit comme une chose importante au salut éternel que l'enfant, coupable avant même de naître, soit lavé et régénéré dans les eaux, qu'il s'abstienne de Tiande à des jours
marqué)?;' qu'il ^a<squiftô' fid^l^aiwit cfest eliféilb^l mystiques auxqueHes' les grâce» ^em fiant- sonti âtf^: cfrées, qu'il' se aroumette^ pâpiodiquement à* des riïesj sacrés devenus les eanauxrde» grâces de son- Dieu-;' qûes^ par dfes génuflejdoris et de»' mxjuivemeiiifs fréquents ^tdu corps et des lèvres, par dès formules invapiablesj.Jl fasse descendre lés faveurs du Tout-Pùissant. Le Bramine dit à ses disciples de se laver dans les eaux dû" Oânge ; illeur persuade que cette eâu possède-la faculté; merveilleuse de purifier les: âmes db leurs souillures^ '^il leur recommande surtout de respecter la vie dé téiîl: animal ou insecte, dont la mort attirerait infarlliblemeatj le courroux céleste sur lui.
On ne finirait point si l'on voulait rapporter toutes-'les pratiques et les inventions puériles auxquelles l'a Reiiîf , gion a dans différente pays attaché la complaisarice^ ou la colère des Dieux. Le boni sens; est dérouté en voyant les devoirs ridicules que la superstition caprieieuisè^Haî' posa toujours aux hommes ; l'esprit ne peut point deviner les motifs des bizarreries que' le sacerdoce a iuv&ifeT tées pour apaiser le ciel ou pour mériter ses bontés; Là Religion se plut toujours à mettre la raison en dé foui; elle se crut intéressée^- ne montrer au vulgaire que- dés symboles, des emblèmes, dés énigmes^ dés mystères; dès cérémonies qu'il adopta sans examen, auxquels sacré dulité le soumit, avec lesquels Thabitude le familial risa, dont il ne sentit jamais le ridicule, et qu'il retiut avec opiniâtreté parce que leur obscurité même les lui rendit plus chers. Les peuples ne furent jamais qu& des, enfants qui se laissèrent guider par leurs Prêtres ; ceux? ci les tinrent pour toujours en tutelie^ au moyen de l'aversion qu'ils leur inspiTèrent dé bonne heure contré la raison. 11 fut évidemmentdel'intérêt de ceuxquivou.lurent asservir les hommes de les jeter dans des embaôfras continuels, de mettre très souvent leur obéissance à Pépreuve, de les habituer à plier soub leurs caprices afin de les façonner au joug, de multiplier leurs fautes,^ leurs scrupules et leurs expiations. Voilà sans doute
b,-»-jf Vite"'"''" , -' l'^^^x,;
r^y-. I>^pourquoi les Ministres delà Divinité sont parvenus dans ^^'^ tout pays à lier presque toutes les actions de la vie au
:v ^système religieux ; ils augmentent par là leur influence i? et leur pouvoir, ils se rendent* nécessaires, ils trouvent dans la crédulité des peuples une source intarissable de irichesses *.
Les pratiques et les devoirs prétendus que la supers- V tition prescrit aux hommes seraient indifférents en euxmêmes s'ils n'avaient partout pris la place des vrais devoirs que la nature leur impose ; mais. le superstitieux - pénétré de l'importance de sa Religion, persuadé que srien de ce qu'elle ordonne ne peut être inutile ou méprisable, convaincu que rien n'est plus essentiel que de se -conformer aux ordres de son Dieu, s'imagine avoir rempli tous ses devoirs en suivant servilement les règles . éisJolies par ses Prêtres, en montrant une exactitude /scrupuleuse dans les pratiques futiles dont jamais il ne pénétra les motifs; il crut avoir des vertus et être quitte envers la terre en adhérant aux dogmes inintelligibles qu'on lui annonçait, en faisant plier sa raison sous l'autorité, en omettant jamais la moindre chose dans les r lois sacerdotales que le préjugé lui montrait comme^sa- -crées. Les expiations, les ablutions, les sacrifices, les cérémonies religieuses de toute espèce ne sont que des inventions funestes, par lesquelles l'homme substitue des mouvements physiques de son corps à des mouve-
, 1. Dans le catholicisme, le Prêtre ne perd pas son disciple un instant de vne. Il le baptise, il l'élève, il le marie, il le réconcilie, il le guérit ûq aea scrupules, il apaise ses remords ; la mort même ne le garantit pas de la tyrannie et des actions des Prêtres : dans quelques Sectes Chrétiennes, le Clergé tire un plus grand parti de ses esclaves morts que de
: ses esclaves, vivants. Un habitant de l'Indostan n'est pas moins que le Chrétien infesté par ses Prêtres; ceux ci sont perpétuellement occupés à .; le purifier de ses fautes et à lui tirer son argent. Pour peu que l'on réfléchisse on demeurera convaincu que ce que l'on nomme le culte de Dieu
- n^est au vrai que le culte des Prêtres, qui n'ont imaginé des Religions en tout pays, que pour leur propre utilité. Le seul malheur qui résulterait p.our un Etat, de la suppression du culte et des systèmes théologiques, serait de forcer une foule d'hommes oisifs et méchants à chercher une façon de subsister plus honnête que l'imposture.
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ments honnêtes et régldà de don cœur; à des hal>îtitcEé|^ll| utiles à la société. Toute Religion, où Von expie î^tnuifi^f^^ à se rendre criminel. Or toute Religion suppose ià^a^F" moyens corporels et faciles d'apaiser la Divinité, d'ôi^il"' suit que toute Religion, est une source féconde de déprà- ' rations, dont le Clergé tout seul i^exxi recueillir 1^3^ fruitSi
Si la Religion et ses Prêtres eurent tout à gagnerl en' représentant la Divinité comme intéressée, comme en-; vieùse des biens des hommes, comme avide de la chair des animaux, comme flattée de la fumée des sacriâces,> fJ la morale eut tout à perdre par l'indigne trafic qui s*éta-^^ blit entre le ciel et la terre. Les expiations, comme on ^1^^ a vu, doivent enhardir au crime, le méchant devient Xfi plus téméraire dès qu'il se persuade qu'il existe des^ J moyens d^ apaiser son Dieu : jouit-il de l'opulence,' il ^j^ se tient assuré de pouvoir acheter de lui le droit de \-^ nuire à ses semblables ; il entre en composition avec lui, il se conduit à son égard comme les Ministres des-:4^ Tyrans de l'Asie, qui achètent de leurs avides Maîtres ^j la permission d'opprimer et de piller impunément leurs - 3 sujets, ou qui à force d'argent ohiïennent d'eux le pai^ y^ don des injustices, des vexations et des rapines qtt'ils^" "' leur font éprouver. Socrate observe avec raison qCîe . celui qui donne à ceux qui n*ont besoin de rien^ entendùP^ bien peu Vart de donner ; et Platon demande ce quelès -f^ Dieux doivent penser des présents des méchants^j puisr^:^'^^^ qu'un hotnme honnête rougirait de recevoir les dons *'1^ d'un scélérat. - 'V|
Mais les passions des hommes, leurs habitudes vi--^^*^ cieuses, leurs penchants déréglés, leurs fantaisies cri- ■'^J minelles et momentanées, font qu'ils sont bien plus dis- y?^| posés à écouter la superstition facile que la sagesse ^ austère ouque la saine morale. Celle-ci condamne avec rigueur les actions déshonnêtes, et montre au méchant toute l'horreur de sa conduite ; l'autre le console par l'espoir de se réconcilier avec le ciel, et calme ainsi ses craintes et ses remords. L'homme vicieux et criminel
^-aa
^^-1ajéŒve dans la Religion, des ress0areesdiifinîeBrC(xn>tee |.t^ 1%3'reproches de sa canscience t iLluî est bien plu» ai^é fe- '^récquiescer du bout des lèvres à des dogmes^ qu'il n'en- ^ç/' fenâ. point, d'adhérer à des systèmes qu'il ne; s eî donne ^c'f^p'oint la peine d'examiner, que de consulter' une mprald ^^ gênante, il préfère sans peine des pratiques qulledis^ ^y^ :pènsent de changer de conduite, de combattre ses pen- 1^ /chants, de renoncer à ses habitudes : disposé à se |-/ troîiïp^r M-méme! et de moitié avec sè^n prêtre, il se X' 'Pi*omet que des prières, des mouvementài du corpsy des ^> sacrifices, des offrandes, quelques regrets stériles et ^^^ passagers le remettront en faveur avec, slpn Dieuv quiv '' touché de ses préseots et de ses bassesses, luipardon- '; "^ ^ nerales outrages qu'il a faits à ses semblables : il trouve ; :. bi^ plus commode d'égorger des agneaux, de bâtir des rj\. temples/ de faire des largesses aux Prêtre^v deleur '\<^ cowfesser ses crimes,, de répéter quelques-prières, de se y^ mettre- dans une posture humiliante, que de sacrifier son ^ " ambition^ son avarice, que de résister à des habitudes J .criminelles, que de briser les liens qui rattachent ,! " au. vice. Si frappé des instructions et des menaces de sar ; , !lfêeligion, l'homme corrompu renonce pour quelque /""tom|)s à sa conduite déréglée, il ne tarde point à la ;^- reprendre, assuré que cette Religion le recevra fou- .'^ jours à bras ouverts, que son Bien intéressé et fléchi
par ses soumissions lui pardonnera ses écartSy eiçpte - ' son Prêtre lui fournira des moyens de se débarrasser -7. DU FARDEAU DES REMORDS. Une pente facile conduit au "; crime ; on n'oppose qu'une faible résistance; à ses désira
dès^u'on se promet de pouvoir à volonté se réconcilier /-avec son Bleu. « Va au Temple, dit la superstition;
« immole des victimes; humilie-toi en présence delà
« Divinité ; adresse-lui tes prières ; accuse-toi. devant ■i . «. ses Prêtres, et tes^ péchés- seront remise > Ainsi par ' ; la lâche complaisance do la Religion la; vie du< erimi- " -. nel devient un cercle de; crimes et d'expiations,': un ■ '^' Dieu sévère cède aux instances de ses Ministres et leur
donne le pouvoir de remettre en son nom les outrages
créatures^:> Un* r^epentir qui. n'aura point de sditéffriil^^
pour calmer' la^ canscîence, et^^le méchant estpardoni
tandis que son cœur est toujours^ le' ménre '. C'est ains^ que quelques formules, quelques regrets^ périodiques^elt^S passagers, quelques prières suffisent pour rétablir -fàr'^^ pai^ dans râm&injnsted'uff prince, dont la vi& est'mai^j^' quée par des oppressionfç continuelles ; d*on courtisaa^r| aipidey vindicatif et fourbe ; d'un concussiânnaire^^qut;^ s'engraîksè de la substance dii' pauvre, de la veuveiMlE^^ l'orphelin; d-ùn jug-e: qui tient une balance inéigafe;^;^ d'une femmeinfidèiff qui souille' la couche de son marï^il Cessons donc d'être surpris si les hommes lé» plus -,^3 pervers, les plus livrés à la débauckcj à dès habitttcfi^j^Jcriminelles, à des vices honteux, sont souvent attachiés^-] à la Religion qu'ils outragent par leur* conduile; ils^Ia^ 4 regardent comme uner ressource; iis^^ sont sur» qu*ôU'e^s| les recevra lorsqu'ils voudront reicourir à elle, ils» savBiri^cî qu'indulgente elle sera toujours- preste » les laveirdo^ij leurc iniquités ; ils croient que leur Dieu facile- ne-peut^ti manquer de leurpar donner lorsqulls fléchiront lo grâoïrC^ devant ses Ministres. Voilà pourquoi nous trouvons~lf dit j^èle d'ans ceux mêmes que leurs mœursr corf^Âf-r-^ pues sembleraient devoir' rendre les ennemis, de^ ta^ v^ Religion ; ils ne peuvent souffî*ir qu'on l^ur ôto'Iaper^ -^^ pective des ressources dont ils espèrent tôt ou tard se^J servir; ils craignent qu'on ne les prive des moyens. ^ commodes qui, sans gêner leurs passions^ en diminuent' lès remords. Que le méchant qui refuse obstinéaiént
1. PhilipBe II, Rôi d'Espagne, faf, aihsf çae Eouis XIV, Roi de Pfâice,' - . uâ débauché et un Tyran trèa dévot. Jbviénv qui.succédisi à l'Emperêttr '' Julien, tout capricieux' qu'il^était, préférait* sa fbf à' l'Empire, qu'il ne ~ voulut accepter qu'à condition d"e-ne.pointr^ner sur dësPâlens.'Louîs-XT "^ demandait à. là Vierge Marié là perinission' de commettre ses assassinatii^ ' ~* qu'il. expiait ensuite par des' présents à rËgUsej des confessions et-des ^communions.. Là confession est un gprand encouragémeiai au criine'; 'si "' elle retient' quelques hommes, VàbtoVutîon qu^élle procure en: pervertit' " bien d'autres. '" -
àô renoncer à ses ' dérèglements, à ses crimes, soit fi''-à,éyové de honte et de remords, qu'il en soit déchiré ; }^p e* est trahir la société que de le sowZap'er; qu'il ne. 5P trouve du repos que dans une conduite honnête; qu'ij ^1^ ne se pardonne à lui-même que lorsqu'il aura répare le ^: .mal qu'il aura commis, et que des Prêtres impudents ne fffev s'arrogent point le droit de remettre au nom des Dieux gî;-o ; des ftiutes dont les hommes sont les victimes. |3v -Les Prêtres en tout pays ont réduit en tarifa les dé- HJ litsdes mortels. Ainsi les Ministres du Très-Haut ont U: prétendu mesurer jusqu'à quel point il était permis de pvM'outragerl La vraie morale n'a qu'une mesure inva- |1 riable pour fixer la grandeur des fautes; les plus nuisii>:-. > Jbles" à la société sont les plus grandes à ses jeux : elle f^ : iious ordonne de ne point agir tant que nous sommes lii / dans Tincertitude sur les effets de nos actions; elle 1'^, blâme indistinctement tout ce qui par soi-même ou par fe> s^s conséquences éloignées produit sur nous-mêmes et ïv;;> sur les autres des effets destructeurs; elle ne trouve '£(^1 permis que ce que. la raison approuve ; et la raison n'ap- :/.? prouve que ce qui est conforme à notre nature propre j;;^^^^^: e^ où nous vivons. Quelles que
fe v^ôf^t les décisions de la Religion, de la loi, de l'usage, ;^> "de Topinion, la saine morale ne peut regarder comme p vertueuses que les actions vraiment utiles ^ et comme
1. J'ouvre ce Livre infâme, appelé la Banque du Pape, qui prouve
•I odieux trafic que les Papes ont fait de la discipline de l'Eglise pour
.-amasser des trésors, et je lis, page 138, titre XXXII, des Parricides :
€ Les Pab rigides et ceux qui auront tué leur mère, leur frère, ou leur
sœur, payeront pour chaque meurtre quatre tournois, un ducat, huit
carlins. « Ainsi donc, pour commettre les plus grands crimes, on pouvait
consulter sa bourse et s'affranchir à l'avance du remords qui s'attacha
aux cœurs pervers. Mais, qui le croira ? Il en coûtait plus cher pour avoir
- tué un Evêque que pour avoir égorgé son propre père..., car on lit :
page 136 : « Celui qui aura tué un Evêque, ou quelqu'autre Prélat aj'ant
droit de supériorité, payera trente-six tournois et neuf ducats. » Je ia'a,r-
: - réte, car les réflexions naissent on foule, et je ne m'attache qu'à celle-ci:
c'est qu'il est affreux qu'à la honte de l'espèce humaine, de pareils
- monstres cient pu si longtemps exister !
criminelles queles actions nuisibles au ""genre humain^ji enfin elle décidera sans hésiter que toat ce qui nons^'C; nuit à nous-mêmes est une folie, et que tout ce qui tend . à troubler la paix des hommes, à les opprimer, à les" rendre malheureux, est un crime, que l'autorité duciel ^ et de la terre ne peut jamais j ustifier.
Sur quoi tombent pour l'ordinaire les scrupules et ^-^J les remords que la Religion fait naître? Quels soi^^^ les crimes que ses Ministres reprochent avec le plue v^ v d'aigreur? Quelles sont ces transgressions qui, selon it^ eux, allument toute la colère divine? Hélas! les fautes j| que la Religion condamne avec le plus de sévérité oiit, y ■ comme on a vu, rarement le bien public pour objet; elle ;| nous apprend à frémir devant des mots, à éviter avec ' horreur des crimes fictifs, par lesquels elle prétend/, qu'un Dieu impassible est vivement offensé. Ainsi des;: actions indifférentes, des paroles peu considérées,. des ^^ opinions involontaires, irritent le Tout-Puissant contre ses faibles créatures. Aux yeux de la droite raison, rin-' justice, la rapine, la médisance, la calomnie, la fraude^ ^ l'ingratitude, la dureté, sont des crimes plus réels et alpins graves que ces fautes prétendues qui ont pour objet ■un Dieu, à la gloire ou à la puissance duquel on devrait ; supposer que l'homme est incapable de nuire, d'après.^ les idées mêmes que la Religion s'efforce de nous en/ ? donner. Les fautes que la superstition nous exagère, et que suivant ses idées les hommes punissent avec le plus de rigueur, sont communément des choses qui n'inté- ^ ressent aucunement le repos de la société.
Est-il rien de plus propre à confondre nos idées sur —^ la morale que le droit que. le sacerdoce s'arroge. de , forger des crimes et des vertus! Quelles sont en effet ces vertus si vantées auxquelles la superstition attache exclusivement la complaisance du ciel? La première dé" ces vertus consiste dans une soumission aveugle auxy dogmes et aux opinions que le sacerdoce nous propose, vertu à laquelle on met un si haut prix que quelques Docteurs ont eu le front d'enseigner qu'elle sufarait ,
fj - poHE sauver les hommessans le»^œiïTrtô. Ilfant coibf('^^- Avenir en effet que' cette prétendue vertu est la plusiutMe à la Religion et à ses MinistEes=;vellie: doit être Mea ' ch^re. aux méchants^ qui,:en; acquiesçant sur parole: aux systèmes qu'on leur prescrit,; o« en se dispensant de l'embarras de les examiner, se trouvent assurés ndfes bontés de leur Dieu, même sans rien- changer à leur conduite criminelle, ou sans montrer aucune vertu aux êtres de leur espèce. Cette foi, ce pieux aveuglement^ ce 'renoncement total à la raison est une disposition si nécessaire dans les principes de la Religion moderne^ des Européens qu'elle a le front de proscrire les vertus Tes plus avantageuses au genre humain, dans ceux qui d'^aiTleurs ne sont pas soumis à ses décisions, â son culte, à ses Mystères ; elle traite insolemment de vertus fausses toutes celles qui n'ont point sa croyance pour base. Est-il donc rien de plus destructeur" pour la moral'e que de faire mépriser ou de montrer comme des criines les actions les plus honnêtes j les plus fiéroïquesi les plus nécessaires à la race humaine? La modération d'Un Aristide; la sagesse d'un Sbcratej l'inflexible équité d'un Gaton; les rares vertus d'un Antonin ne sont donc que des péchés aux yeux des hommes qui prétendent enseigner la morale! La tempérance, la bienfàisàiice, l'humanité, l'équité, la modération d'uu infidèlév d'un idolâtre^ d'un philosophe, sont-elles donc des qualités moins- estimables quej'injustîce, la fiérocité, la barbarie d'un dévot ou d'un Prêtre ?Gardons^^ous de lé- penser ; la vertu ne dépend ni du caprice, ni des rêveries' théologiques; l'homme qui est bon et vertueux à Pékiiii ne peut être un méchant ni à Rome, ni à Piaris, ni à- Londres. Il n'y a que la superstition- qui puisse fasciner TespTit, aupoint de croire qu'unf homme puisse être honnête sans ajouter foi à ses fictions absurdes.
Cependant l'intérêt du clergé voulut que des opinions si ridicules' s'établissent ; tous ceux qui lui résistent deviennent inutiles, et pour les rendre odieux k la- société, il les défère comme' des hommes sans mœurs et
quivnè sonf point soumis à sa Religion sont de ma#^isk : r^ citoyens, et qu'il n'est d«> vertus réelles que celles^que' \.^ prescrit le capriee de' son Prêtre-: celui-Kîi ne règ'fe^Ja^ , -v morale que sur son intérêt. Les espérances quo l'a sa- - - "^îi ceriàocfe^ donne pour une autre vie ne sont destiiiéesf qù^5:ir^ pour ceux qnir lui auront été Men soumis dans la? viiai^^ préisente, qui M auront humblement sacrifié- leur ïïh^/'V^ souy qui auront aveuglénieirt adhéré à* ses dogmes^ ^rlll auront été soigneux à remplir les devoirs qu'il a fixésf v i;^ qui lui auront fait des largesses, qui se seront montrés^ zélés pour ses intérêts, qui auront marqué beaucoup;: d'amour à une Divinité, que dans toutes les Religions du monde ses Ministres ont représentée sous les traits les plus propres à repousser les cœurs. Gomment aimer sincèrement un être inconnu par sa nature, mais que ses Prêtres pour leur intérêt ne laissent pas de peindre en tout pays comme le plus terrible et le plus malin d:es Tyrans? Par quelle fatalité la raison est- elle forcée dé méconnaître les vertus que la théologie nous recom- v mande?' Par quel délire la superstition proscrit-elle les vertus que la raison approuve?Nous offensons les Dreux lorsque nous refusons deregard'er comme des vertus le zèle farouche, la cruauté, la persécution qui sont des suites de l'amour divin ; nous offensons la nature- et là raison et nx)us dévenons très ntdsibles à nous-mêm«S et à nossemblables dès que nous tendons suis, perfections fanatiques qvLe la Religion nous propose.
La nature' nous dit d^ nous conserver, de jouir, de travailler à notr» bonheur, de rendre notre existence agréable: la raison nous apprend que pour faire partager aux autres les sentiments de- l'amour que nous avons pour nous-mêmes, pour obtenir leur estime, leur reconnaissance et leur secours, nous devons leur faire du bien ou leur montrer des vertus : qiaels motifs auronarrious pour faire le bien, si- la- R&ldgionn«^us ordonne de nous haïr nous-mêmes^ de fuir réstime des autres, de nous avilir à nos propres yeuXj de n'agir qu'en vue d'u» Dieu
/ "^ que nous ne cx)nMissons points de r i^nonCer ptoùç^lui? ^^^^J "": j' plaire aux douceurs que, la nature nous présente, dô iibus détacher des objetsnécessaires à notre félicité ? ' - Eu nous vantant cette abjection d'âme qu'elle nomme humilité, la Religion ne brise-t-elle pas l'unique mobile^ qui dans ce monde pervers pousse l'homme à bien faire^ la seule récompense qui reste à la^ vertu? Gomment veut-on que celui qui s'est rendu insensible à l'estime de lui-même, ou à qui l'on fait un crime de s^ aimer , soit jaloux de mériter la tendresse et l'estime de ceux avec lesquels le Destin le fait vivre * ?