‹ Le curé Meslier [microform]Chapitre 4 sur 29 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

;: . DES JBGRITURES SAINTES ,

g 1er. — De l'ancien Testament

Nos cbrîsticoles mettent encore au rang des motifs dé crédibilité et des preuves certaines de la vérité dé leur témoignage, les prophéties qui sont, prétërident-îls, des

tàmement prédire les idhoses futures^ si longtemt»' ayant qu'elles soient arrivées, comme sont celles qui- ont été'prédites par les prophètes. " - ^

Voyons donc ce que c'est que ces prétendus prophètes,et si Ton en doit faire autant d'état que nos christicoles le prétendent.

Ces hommes n'étaient que des visionnaires et des fâçnâ^ tiques, qiïi agissaient et parlaient suivabt les impiirtaons^ bu les transports dé leurs passions dominantes; et «gym s'imaginaient cependant que c'était par l'esprit dë^j^ieu- ^lï'ils agissaient et qu'ils parlaient ; ou bien c'était: des imposteurs qui contrefaisaient les prophètes, et quir poitHr> tromper plus facilement lès ignorants et lès^mplès/sè; Tantàiènt^d'àgir et de carier par resprît de IMeù;r - B ;S

Je voudrais bien savoir comment serait Teçu-ùnÊzêcfiicÈl?

Îftii dit que Dieu lui avait fait manger à son déjéiitter une ivre dé parchemin, lui a ordonné de se faire 'lier comme un fou, luia prescrit dese coucher trois cent quâtréivingfc dix jours sur le côté droit, et quarante sur le gaucbe;Vlui; a commandé de manger de la merde sur son pain, et en^- 8uite« par accommodement, de la fiente de bceuf? Je demandé comment Un pareil extravagant serait reçu chez^ les plus; imbéciles mêmes de tous nos provinciaux. : ' ^

Quelle plus grande preuve encore de la fausseté de ces; prétendues • prédictions, que lès reproches violents que ces prophètes se faisaient les uns aux autres, de ce^qu^iisïçiïiï'r-îaîent\fanssement au nom de Dieu; reproches mêmes qu'ils se faisaient, disaiènt-îls, de la part de Dieu?

Ils disent tous: gardez-vous des pmx prophètes iconijxk^eé ^rideurs de inithrîdate disent r gardez-vous dés pititleseon^ irefàites. .' ^ '"'']./ ^^ - -. . :;^.- - ^.4--;•;:.^

.Ces malheureux font parler Dieu d'une manière dontun: èrochéteur n'oserait parler. Dieu dit, dans Ë^échiel, que là jeune Oôlla n'aime que ceux qui ont membre ^d'âne^èt spermede cheval.Commehtces idurbesinseiisës auràiéntrals connu i'ayenir ? Nulle prédiction en faveur de leur nation juive n'a été accomplie. -

Lé nombre des prophéties qui prédisent la félicité et là. grandeur dé Jérusalem, est presque innombrable V aussi, dîra-t-on, il est très naturel qu'un < peuple vaincu et captif; se console, dans ses maux réels, par des espérances imaginaires : comme il ne s'est pas passé une année <ïePFïs la destitution du roi Jacques; o^OiQ lès Irlandérfs^dé son pàTtî. n'aient forgé plusieurs ptôphéti

Mais si ces promesses faites aux Juifs se fussent efiec-

.^ÂiA - - TESTAMENT

tlyement trouvées véritables, il y aurait déjà longtemps, que la nation juive aurait été et serait encore le peuple le plus nombreux, le plu& puissant, le plus heureux et le plus triomphant.

I II. —• Du nouveau Testament

Il faut maintenant examiner les prétendues prophéties contenues dans les Evangiles.

Premièrement ; un ange étant ap]Daru en songe à un nommé Joseph, père, au moins putatif, de Jésus, fils de Marie, lui dit : < Joseph, fils de David, ne craignez point c de prendre chez vous Marie, votre épouse; car ce qui est « dans elle est Tou vrage du Saint-Esprit. Elle vous enfantera « un fils que vous appellerez Jésus, parce que ce sera lui qui délivrera son peuple de ses péchés. > Cet ange dit aussi à Marie : t Ne craignez point, parce que vous avez trouvé « grâce devant Dieu . Je vous déclare que vous concevrez t dans votre sein, et que vous enfanterez un fils que vous c nommerez Jésus. Il sera grand, sera appelé le fils du Trèsç Haut. Le seigneur Dieu lui donnera le trône de David, «son père ; il régnera à jamais dans la maison de Jacob, « et son règne n'aura point de fin.

Jésus commença à prêcher et à dire : « Faites pénitence, « car le royaume du ciel approche. Ne vous mettez pas « en peine, et ne dites pas, que mangerons-nous ou boi- « rohs-nous, ou de quoi serons-nous vêtus? Car votre « père céleste sait que toutes ces choses vous sont néces- « saires. Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu i et sa justice, et toutes ces choses vous seront données « pour surcroît. *

Or, maintenant, que tout homme qui n'a pas perdu le sens commun, examine un peu si ce Jésus a jamais été roi, si ses disciples ont eu toutes choses en abondance.

Ce Jésus promet souvent qu'il délivrera le monde du péché. Y a-t-il une prophétie plus fausse ? Et notre siècle n'en est-il pas une preuve parlante ?

Il est dit que Jésus est venu pour sauver son peuple. Quelle façon de le sauver 1 C'est la plus grande partie qui donne la dénomination à une chose : une douzaine ou ^eux, par exemple, d'Espagnols ou de Français, ne sont pas le peuple français ou le peuple espagnol; et si une armée de cent vingt mille hommes était faite prisonnière de guerre par une plus forte armée d'ennemis, et si le chef de cette armée rachetait seulement quelques hommes, comme dix à douze soldats ou officiers, en payant leur rançon, ~bn ne dirait pas pour cela qu'il aurait délivré oU racheté sou- armée. Qu'est-ce donc qu'un Dieu qui vient

hdrreufîi

Jésus-Ghrist dit qu'a n'ru qii'à::dèmahder et qïi*oirréc#|; yrà, qu'à cherchier et qu on trouvera. Il assure que ttpufe ce qu'on demandera à Dieu en sonhom, on robtiendra 5 ^ et que, si l'on avait seulement la grosseur d'un grain de moutarde de fol, l'on ferait, par une seule parole, tràùs-t porter des montagnes d'un endroit à nn autre. Si cette pcbî messe est véritable, rien ne paraîtrait impossible à nos christicoles gui ont la foi à leur Christ. Cependant le coùtraire arrive. 5 ^

Si Mahomet eût fait de semblables promesses à ses sec-; tateurs, que le Christ en a fait aux siens sans aucun suc^ ces, que ne dirait-on bas ? Oh crierait : « Ah le foïirba ! r f ahrimposteur I ahles fous de croire un telimposteurl» Les voilà ces christicoles eux*mômes dans le cas > il 7:;: a-, longtemps qu'ils y sont sans revenir de leur aveuglé-: ment ; au contraire, ils sont si ingénieux à se tromper^ qu'ils prétendent que ces promesses ont eu leur accomplissement dès le commencement du chistiahisme : étant pour lors, disent-ils, nécessaire qu'il y eût des miraclesi ï^nde convaincre les incrédules de la vérité de la religion; mais que cette religion étant suffisamment établie, les miracles n'ont plus été nécessaires. Où est donc la certi- , tude de cette proposition?

D'ailleurs, celui qiii a fait ces promesses ne les a pas restreintes seulement pour un certain temps, ni pour certains lieux, ni pour certaines personnes en particulier ; , mais il les a faites généralement atout le monde, a La c foi de ceux qui croiront, dit-il, sera suivie de ces mirà-^ cles-ci : ils chasseront les démons en mon nom, ils parlec ront diverses langues; ils toucheront les serpents, etc.* j

A. l'égard du transport des montagnes, il dit positivement gue quiconque dira à une montagne : Ote toi de /a, et te jette dans la mer y pourvu qu'il n'hésite pas en son cœur, mais qu'il croie, tout ce qu'il commandera sera fait. Ne-sont-ce pas des promesses qui sont tout à fait générales, sans restriction de temps, de lieu, ni de personnes?

Il est dit que toutes les sectes d'erreurs et d'impostures prendront honteusement fin. Mais si Jésus-Christ entend seulement dire qu'il a fondé et établi une société de sectateurs qui ne tomberaient point dans le vice ni dans l'er? reur, ces paroles sont absolument fausses, puisqu'il n'y a dans le christianisme aucune secte, nisociété et Eglise qui ne soit pleine d'erreurs et de vices, principalement la secte OU société de l'Eglise romaine, quoiqu'elle se dise la plus pure et la plus sainte de toutes. Il y a longtemps qu'elle

::Hiv^ testinième dans des erreurs qui sont contre rititentiqiivleà - :^ ; .C sentiments et la doctrine â& son fondateur, paisc[u^éll$: à ^ >-; : contre son dessein, aboliles lois d^ juifs qu'il -apprôu-r k^ ■::}-;: yaïky et qa'ilétait venu lui-même, disait-il; pour les accom- ^ .. plir et non „ pour les détruire, et qu'elle est tombée daub •les erreurs et l'idolâtrie du paganisme, comme il se voit , :^- par le culte idplâtrique qu'elle rendà son Dieu de pâte, à

; - ses saints, à leurs images et à leurs reliques. . ^: Je sais bien que. nos christicoles regardent comme une vi - grossièreté d'esprit, de vouloir prendre au pied de la lettre •les promesses et prophéties comme elles sont exprimées; :;- ils abandonnent le sens littéral et naturel des paroles,- .î : pour- leur donner un sens qu'ils appellent mystique et spi« rituel, et qu'ils nomment; allégorique et tropologique ; / disant .par exemple, que par le peuple d'Israël et de Juda, -, a qui ces promesses ont été faites, il faut entendre non les Israélites selon la chair, mais les israélites selon J'esprit, -; c'est-r à-dire les chrétiens, qui sont l'Israël de Dieu, le vrai peuple; choisi ; que, par la promesse faite à: ce peuple escla^ de le délivrer de la captivité, il faut entendre une ' délivrance corporelle d'un seul peuple captif, mais la déUr- • vriance spirituelle de tous les hommes de la servitude du

- > démon j qui se devait faire par leur divin sauve tir ; que^ par l'abondance des richesses et toutes les félicités temporelles promises à ce peuple, il faut entendre l'abondance ' des grâces spirituelles ; et qu'enfin, par la ville de Jérur salem, il faut entendre non la Jérusalem terrestre, mais la. Jérusalem spirituelle, qui est l'Eglise chrétienne.

Mais il est facile de voir que ces sens spirituels et allégoriques n'étant qu'un sens étranger, imaginaire^ un subterfuge des interprètes, il ne peut nullement servir a faire voir la vérité ni la fausseté d'une' proposition ni d'une promesse quelconque. Il est ridiculede forger ainsi des sens allégoriques, puisque ce n'est que par rapport au " , sens naturel et véritable que l'on peut juger de la vérité oude la fausseté. Une proposition, par exemple, une pror messe qui se trouve véritable dans le senis propre et natu- ' rel des termes dans lesquels elle est conçue, ne deviendra pas fausse en elle-même, sous prétexte i qu'on voudrait lui donner un sens étranger qu'Ielle n'aurait pas : de même que celles qui se trouvent manifestement fausses dans leur sens propre et naturel, ne deviendront pas r véritables en elles-mêmes, sous prétexte ! qu'on voudrait leur donner un sens étranger qu'elles n'auraient pas. On peut dire que les prophéties de l'ancien Testament, : ajustées au nouveau, sont des choses bien absurdes et

sous^pisétèixté ôncôïe que ctet îÂbfaham avait «a ^eàic: îîl|i;:" -^|: dont l'ûftqtiî était de la servante^ figurait feTièux^esta^ ^ ^i in€nti(et>raîitreiqtii jetait, de son 'éponsey figiiradt-Ie*AQït$ • veau 'TestaiKent. Qui ne^ rirait d'une si ridicule Uckîtrinel^^ ^(Bst-ii pas «lïcore plaisant qu'un morceaiï 4c>^ «tràj^ : rou^^xposépar une putain, pour servir de signai à 'dès espions, dans; l'ancien Testament, soit la figure du,- sah^ de Jésùs-GÏirist répandu da.ns le nouveau ? ^^ -

Si, suivant cette manière d'interpréter allégoriquemèiit tout ce qui est dit^ fait et pratiqué dans cette ançienn#ldi~ dèsguifs, oniroulait interpréter de même allégoriquémënt -tous les discours, toutes les actions et tontes les' ayentcires du fanieux Don Quichotte de la Manche^ on y trouViaràît certainement autant de mystères et de figures^

C'est néanmoins sur ce ridicule fondement que ^oiité 1* religion chrétienne subsiste. C'est pourquoi il n-ést jpiréscrae rien dans cette ancienne loi, que les docteurs- chnsticMés : ne tâchent d'expliquer mystiquement.'

La prophétie la plus fausse et la plus ridicule qu'o ait jandais faîte est celle de Jésus dans Luc; il est prédit qu'ily aura des signes dans le soleil et dans la lunejet;(|ué le /Sb de Phomme viendra dans une nuée juger les hommes;, et il prédit cela pour la génération présente. Cela éstr^ arrivé f Le /M* de l'homme est-il venu dans une nuée ? ■

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